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Maître Hassan KOHEN, avocat au Barreau de Paris
Maître Hassan KOHEN
Avocat au Barreau de Paris

Avocat refus d’obtempérer à Paris — défense pénale

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Vous avez été interpellé après un refus d’obtempérer. Une garde à vue est en cours, ou vous êtes convoqué pour audition libre. Le risque immédiat est connu : déferrement au parquet, comparution immédiate, mandat de dépôt si la mise en danger est retenue. Cette page expose le cadre légal du refus d’obtempérer, les peines applicables depuis la loi du 24 janvier 2022, les lignes de défense possibles en garde à vue et à l’audience, ainsi que le contentieux des sanctions administratives parallèles.

Vous êtes en garde à vue
Avocat pour un refus d’obtempérer à Paris.
Intervention en urgence dès la première heure de garde à vue. Stratégie sur le droit au silence, contestation de la mise en danger, préparation du déferrement.

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Vous êtes convoqué ou déféré
Comparution immédiate après refus d’obtempérer.
Préparation du dossier de personnalité, plaidoirie du renvoi, défense sur le contrôle judiciaire face à un mandat de dépôt réclamé par le parquet.

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Partie I

Peines refus obtempérer et cadre légal de la défense.

01Quelles sont les peines du refus d’obtempérer simple ?+

Le refus d’obtempérer simple est défini et puni par l’article L. 233-1 du Code de la route. Le délit suppose un ordre régulier de s’arrêter donné par un agent ayant qualité pour le constater.

Code de la route, article L. 233-1, I : « Le fait pour tout conducteur d’omettre d’obtempérer à une sommation de s’arrêter émanant d’un fonctionnaire ou agent chargé de constater les infractions et muni des insignes extérieurs et apparents de sa qualité est puni d’un an d’emprisonnement et de 7 500 euros d’amende. »

S’ajoutent à la peine principale le retrait de six points sur le permis de conduire, la suspension du permis pour trois ans au plus, et plusieurs peines complémentaires. La récidive double la peine d’emprisonnement. Art. L. 233-1 CR

02Qu’est-ce que le refus d’obtempérer aggravé depuis la loi du 24 janvier 2022 ?+

La loi n° 2022-52 du 24 janvier 2022 a renforcé la répression. Le refus d’obtempérer aggravé est désormais défini par l’article L. 233-1-1 du Code de la route lorsque la fuite expose autrui à un risque de mort ou de blessure.

Code de la route, article L. 233-1-1, I : « Lorsque les faits prévus à l’article L. 233-1 sont commis dans des circonstances exposant directement autrui à un risque de mort ou de blessures de nature à entraîner une mutilation ou une infirmité permanente, le conducteur est puni de cinq ans d’emprisonnement et de 75 000 euros d’amende. »

S’ajoutent le retrait de six points, la suspension du permis pendant cinq ans, la confiscation obligatoire du véhicule si le conducteur en est propriétaire, et l’annulation du permis avec interdiction de le repasser pendant trois ans. Art. L. 233-1-1 CRLoi n° 2022-52 du 24 janv. 2022

03Comment se déroule la garde à vue refus obtempérer ?+

La garde à vue dure vingt-quatre heures, renouvelable une fois sur autorisation du procureur, soit quarante-huit heures au maximum pour ce type de délit. Le mis en cause est informé de l’infraction reprochée, de son droit au silence, du droit à l’assistance d’un avocat, du droit à un examen médical, du droit de prévenir un proche et son employeur.

Code de procédure pénale, article 63-1 : « La personne placée en garde à vue est immédiatement informée par un officier de police judiciaire ou, sous le contrôle de celui-ci, par un agent de police judiciaire, dans une langue qu’elle comprend, de son placement en garde à vue, ainsi que de la durée de la mesure et de la ou des prolongations dont celle-ci peut faire l’objet. »

L’avocat assiste à toutes les auditions et confrontations. Sa présence dès la première heure conditionne souvent la qualité de la défense ultérieure. Art. 63-1 CPPArt. 63-4-2 CPP

04Quels arguments l’avocat oppose-t-il à la qualification de mise en danger ?+

La distinction entre refus simple et refus aggravé conditionne tout le quantum encouru. L’enjeu est de contester le « risque de mort ou de blessure » exigé par l’article L. 233-1-1. La défense discute la vitesse réelle du véhicule, la configuration des lieux, la densité du trafic, la présence ou non de piétons, le comportement précis du conducteur pendant la fuite.

La Cour de cassation exige une motivation concrète. La chambre criminelle a rappelé que les juges doivent caractériser, par des constatations précises, le risque effectif et non hypothétique encouru par autrui. Cass. crim., 8 juin 2022, n° 21-85.422 (refus d’obtempérer aggravé, confiscation art. L. 233-1-1 CR)Cass. crim., 19 juin 2024, n° 23-82.664 (motivation art. 593 CPP en refus d’obtempérer)

05Le conducteur non identifié peut-il être condamné pénalement ?+

Non. La condamnation pénale exige l’identification du conducteur. Si la fuite a empêché l’interpellation, et qu’aucun élément ne permet d’identifier la personne qui tenait le volant, la responsabilité pénale ne peut pas être retenue.

Code de la route, article L. 121-3 : « Par dérogation aux dispositions de l’article L. 121-1, le titulaire du certificat d’immatriculation du véhicule est redevable pécuniairement de l’amende encourue pour des contraventions à la réglementation sur les vitesses maximales autorisées, sur le respect des distances de sécurité entre les véhicules, sur l’usage de voies et chaussées réservées à certaines catégories de véhicules, sur les signalisations imposant l’arrêt des véhicules, sur le franchissement des feux et passages à niveau. »

Pour le refus d’obtempérer, qui est un délit, l’article L. 121-3 ne s’applique pas. À défaut d’identification du conducteur, le titulaire de la carte grise n’est pas pénalement responsable. Art. L. 121-1 CRArt. L. 121-3 CR

06Quel rôle joue la vidéosurveillance et la caméra-piéton dans la procédure ?+

Les images des caméras-piétons des agents, des caméras de la voie publique et des dashcams sont versées au dossier. Elles permettent souvent de discuter la réalité de la sommation, le moment exact du démarrage, la vitesse du véhicule, les manœuvres reprochées.

La défense exige systématiquement la communication des fichiers source, non recompressés. Une discordance entre le procès-verbal et la vidéo affaiblit le récit accusatoire. L’absence d’enregistrement, alors que la captation était obligatoire, peut être discutée. Art. L. 241-1 CSI

La défense d’un refus d’obtempérer se construit sur les faits matériels.

Texte, preuve, qualification, intention, motivation. Chaque pièce du dossier — procès-verbal, vidéo, expertise, déposition — est passée au tamis. Le quantum dépend du travail fait avant l’audience, jamais à la barre.

Partie II

Refus obtempérer comparution immédiate et sanctions parallèles.

01Pourquoi le parquet privilégie-t-il la comparution immédiate ?+

Le refus d’obtempérer aggravé est passible de cinq ans d’emprisonnement, ce qui ouvre la voie de la comparution immédiate prévue par l’article 395 du Code de procédure pénale. Le parquet y recourt fréquemment pour les profils déjà connus de la justice ou en cas de circonstances jugées particulièrement graves.

Code de procédure pénale, article 395 : « Si le maximum de l’emprisonnement prévu par la loi est au moins égal à deux ans, le procureur de la République, lorsqu’il lui apparaît que les charges réunies sont suffisantes et que l’affaire est en état d’être jugée, peut, s’il estime que les éléments de l’espèce justifient une comparution immédiate, traduire le prévenu sur-le-champ devant le tribunal. »

Le risque immédiat est le mandat de dépôt à l’audience. L’avocat doit avoir préparé en quelques heures un dossier de personnalité solide. Art. 395 CPP

02Comment plaider le contrôle judiciaire contre le mandat de dépôt ?+

Le tribunal peut placer le prévenu en détention provisoire jusqu’à l’audience renvoyée. Il peut aussi ordonner un contrôle judiciaire ou une assignation à résidence avec surveillance électronique, mesures moins contraignantes mais souvent suffisantes pour les garanties de représentation.

Code de procédure pénale, article 138 : « Le contrôle judiciaire peut être ordonné par le juge d’instruction ou par le juge des libertés et de la détention si la personne mise en examen encourt une peine d’emprisonnement correctionnel ou une peine plus grave. Il astreint la personne concernée à se soumettre, selon la décision du juge d’instruction ou du juge des libertés et de la détention, à une ou plusieurs des obligations ci-après énumérées. »

La défense produit attestation d’employeur, justificatifs de domicile, charges familiales, garants, plan d’éloignement éventuel. Elle propose un programme d’ARSE concret pour faire échec à la détention provisoire. Art. 138 CPPArt. 137 CPP

03Comment obtenir le renvoi de la comparution immédiate ?+

Le prévenu ne peut être jugé séance tenante qu’avec son accord exprès, recueilli en présence d’un avocat. Refuser la comparution immédiate est un droit, jamais un aveu.

Code de procédure pénale, article 397-1 : « Si le prévenu ne consent pas à être jugé séance tenante ou si l’affaire ne paraît pas en état d’être jugée, le tribunal, après avoir recueilli les observations des parties et de leur avocat, renvoie à une prochaine audience qui doit avoir lieu dans un délai qui ne peut être inférieur à quatre semaines, sauf renonciation expresse du prévenu, ni supérieur à dix semaines. »

Le renvoi ouvre quatre à dix semaines pour reconstruire la défense, obtenir la vidéo complète, solliciter des actes complémentaires, préparer la personnalité du prévenu. Art. 397-1 CPP

04Comment contester la rétention du permis et la suspension préfectorale ?+

La rétention administrative du permis dure soixante-douze heures à compter de la décision du procureur. Le préfet peut ensuite prononcer une suspension administrative jusqu’à six mois, sur le fondement de l’article L. 224-2 du Code de la route. Cette mesure est indépendante de la procédure pénale.

Le recours est porté devant le tribunal administratif. Un référé-suspension peut être engagé pour faire valoir l’urgence professionnelle, notamment pour les conducteurs VTC, taxis, livreurs, commerciaux. Une décision pénale ultérieure de relaxe peut aussi remettre en cause la mesure. Art. L. 224-2 CRArt. L. 521-1 CJA

05Quelle stratégie pour préserver l’activité professionnelle ?+

L’aménagement de la suspension du permis pour raisons professionnelles, parfois appelé permis blanc, n’est plus possible pour la plupart des délits routiers depuis 2003. Pour le refus d’obtempérer, la suspension judiciaire prononcée par le tribunal peut, en revanche, être plafonnée ou différée.

Le tribunal peut prononcer un travail d’intérêt général à la place de l’emprisonnement, en application de l’article 131-8 du Code pénal. Il peut différer la suspension judiciaire ou la limiter aux jours non travaillés. La discussion sur la peine se prépare avec pièces : contrat de travail, attestation employeur, justificatifs de revenus. Art. 131-8 CPArt. 132-19 CP

06Que prévoit la jurisprudence récente sur la motivation de la peine ?+

Depuis la jurisprudence dite Cass. crim. 1er février 2017, n° 15-83.984, toute peine d’emprisonnement ferme prononcée à l’encontre d’un prévenu non récidiviste doit être spécialement motivée. Le tribunal doit expliquer en quoi la gravité des faits, la personnalité de leur auteur et sa situation matérielle, familiale et sociale rendent toute autre sanction manifestement inadéquate.

La chambre criminelle censure les motivations stéréotypées. L’avocat invoque systématiquement les ressorts de la défense : situation professionnelle, soutien familial, absence d’antécédents, regrets exprimés, indemnisation amorcée. Cass. crim., 29 nov. 2016, n° 15-83.108 (motivation spéciale de l’emprisonnement ferme correctionnel, art. 132-19 CP, Bull. crim.)Art. 132-19 CP

FAQ

Questions fréquentes.

Quelle est la différence entre refus d’obtempérer simple et aggravé ?+

Le refus simple, prévu à l’article L. 233-1 du Code de la route, est puni d’un an d’emprisonnement et de 7 500 euros d’amende. Le refus aggravé, défini à l’article L. 233-1-1 introduit par la loi du 24 janvier 2022, suppose que la fuite expose directement autrui à un risque de mort ou de blessure de nature à entraîner mutilation ou infirmité permanente. La peine est portée à cinq ans d’emprisonnement et 75 000 euros d’amende, avec confiscation obligatoire du véhicule si le conducteur en est propriétaire.

Mon véhicule peut-il être confisqué après un refus d’obtempérer ?+

Oui. L’article L. 233-1-1 du Code de la route prévoit la confiscation obligatoire du véhicule en cas de refus aggravé, si le conducteur en est propriétaire. Cette confiscation peut être écartée par décision spécialement motivée. La défense vérifie d’abord la qualité de propriétaire, conteste la qualification d’aggravation, et propose à titre subsidiaire le maintien du véhicule pour raisons professionnelles ou familiales documentées.

Combien de points sur le permis pour un refus d’obtempérer ?+

Six points sont retirés sur le permis pour le refus simple comme pour le refus aggravé, conformément à l’article L. 223-2 du Code de la route et à son tableau d’application. À ce retrait s’ajoute la suspension judiciaire prononcée par le tribunal, jusqu’à trois ans pour le refus simple et cinq ans pour le refus aggravé, indépendamment de la suspension administrative préfectorale.

Le contrôle judiciaire est-il systématique après comparution immédiate ?+

Non. Le tribunal peut prononcer la détention provisoire, un contrôle judiciaire, une assignation à résidence avec surveillance électronique, ou laisser le prévenu libre jusqu’à l’audience renvoyée. L’avocat plaide la mesure la moins contraignante en fonction des garanties de représentation, du domicile, de la situation professionnelle, et oppose les obligations envisageables à la nécessité de la détention.

Quel est l’intérêt d’un avocat dès la garde à vue ?+

L’avocat intervient dès la première heure, assiste à toutes les auditions, conseille sur le droit au silence et anticipe l’orientation procédurale. Pour un refus d’obtempérer, la qualification simple ou aggravée se décide souvent à ce stade, à partir des déclarations recueillies. Une assistance précoce conditionne la qualité de la défense au déferrement et à l’audience.

Une relaxe est-elle envisageable pour un refus d’obtempérer ?+

Oui, dans plusieurs hypothèses : sommation non régulière, absence d’insignes apparents, ordre non perceptible par le conducteur, absence d’identification certaine du conducteur, absence d’élément intentionnel établi. Pour la qualification aggravée, la relaxe partielle est fréquente quand la mise en danger n’est pas concrètement caractérisée. La défense oppose au cas par cas pièces, vidéo, expertise et témoignages.

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