Cabinet Kohen Avocats, droit du travail
Avocat maladie professionnelle à Paris : tableaux, reconnaissance et indemnisation
Maladie inscrite au tableau ou reconnaissance hors tableau par le CRRMP : deux chemins vers l'indemnisation, un même enjeu de preuve. Et derrière, la faute inexcusable qui change l'ordre de grandeur.
Réponse rapide et confidentielle. Analyse de vos documents et premier cadrage de votre dossier, à Paris et dans toute l'Île-de-France.
Maître Hassan Kohen
Avocat au Barreau de Paris — droit du travail et contentieux prud'homal.
Fiche officielle sur l'annuaire des avocats de France (CNB) · 4,9/5 sur Google (233 avis)
Page mise à jour le 11 juin 2026.
Le tableau présume
Conditions du tableau remplies : le lien professionnel est présumé, la CPAM doit prendre en charge.
Le CRRMP ouvre l'hors-tableau
Conditions incomplètes ou maladie hors liste : le comité régional peut reconnaître le lien direct.
L'IPP se conteste
Capital ou rente dépendent du taux : une contestation médicale bien menée change l'indemnisation.
Réponse rapide
Les tableaux de maladies professionnelles annexés au Code de la sécurité sociale listent pathologies, délais et travaux : conditions remplies, le lien est présumé (L. 461-1). À défaut, le CRRMP peut reconnaître la maladie hors tableau sur lien direct, voire direct et essentiel. La déclaration est faite par la victime avec le certificat médical initial ; le taux d'IPP détermine capital ou rente et se conteste. La faute inexcusable de l'employeur ouvre la réparation des préjudices personnels devant le pôle social. Le cabinet Kohen Avocats conduit reconnaissance, contestation et réparation. Confidentiel, au 06 89 11 34 45.
Comprendre votre situation
La maladie professionnelle, expliquée
La maladie professionnelle est régie par le Code de la sécurité sociale : tableaux, CRRMP et faute inexcusable forment trois leviers successifs. Tout ce qu'il faut comprendre.
La reconnaissance
Deux chemins vers la prise en charge
Présomption du tableau, ou démonstration devant le CRRMP.
Maladie inscrite au tableau, conditions remplies (désignation, délai, travaux) : présomption d'origine professionnelle.
Conditions incomplètes : CRRMP sur lien direct avec le travail habituel.
Maladie hors tableau : CRRMP sur lien direct et essentiel, avec un taux d'incapacité minimal.
Déclaration par la victime, accompagnée du certificat médical initial.
Le taux d'IPP fixé après consolidation détermine capital ou rente : il se conteste médicalement. Et lorsque l'employeur connaissait le risque sans protéger, la faute inexcusable ouvre la réparation intégrale des préjudices personnels.
La défense
Reconnaissance et taux : deux fronts
Chaque refus et chaque taux se discutent.
Obtenir la reconnaissance
- Vérifier les conditions exactes du tableau : délais, durée d'exposition, liste des travaux.
- Construire le dossier CRRMP : exposition documentée, littérature, postes occupés.
- Contester le refus CPAM devant le pôle social du tribunal judiciaire.
Contester le taux et réparer
- IPP sous-évalué : contestation médicale et expertise.
- Faute inexcusable : majoration de la rente et préjudices personnels.
- Rechute et aggravation : des droits qui se réactivent.
Le conseil du cabinet : l'exposition se documente poste par poste, avec dates et tâches précises. C'est la matière première du tableau comme du CRRMP ; les attestations de collègues anciens comptent énormément.
Les pièces d'exposition décisives :
Votre défense
Comment le cabinet vous accompagne
De la déclaration à la réparation.
Analyse du dossier
Certificat initial, fiches de poste, exposition : qualification tableau ou CRRMP.
Dossier de reconnaissance
Conditions du tableau démontrées ou mémoire CRRMP construit.
Contestations
Refus CPAM, taux d'IPP : pôle social et expertises.
Faute inexcusable
Manquement de l'employeur prouvé ; préjudices personnels chiffrés et plaidés.
Le cabinet propose un premier rendez-vous d'analyse au tarif d'une consultation, suivi d'un devis forfaitaire écrit : honoraires transparents, stratégie chiffrée.
Chronologie
De la déclaration à la réparation
Le parcours type d'une maladie professionnelle.
Certificat médical initial
Pathologie précisément désignée : la base de tout.
Déclaration à la CPAM
Par la victime ; instruction contradictoire.
Tableau ou CRRMP
Présomption si conditions remplies ; sinon comité régional.
Consolidation et IPP
Taux fixé ; capital ou rente selon le seuil.
Contestations
Reconnaissance et taux devant le pôle social.
Faute inexcusable
Conciliation puis pôle social ; réparation des préjudices personnels.
Préparer le dossier
Les pièces utiles à réunir
L'exposition professionnelle se prouve par l'accumulation.
Certificat médical initial et suivis spécialisés.
Fiches de poste et contrats successifs.
Attestations de collègues sur les tâches et expositions.
Décisions CPAM et notifications de taux.
Documents d'entreprise : sécurité, expositions, registres.
Arrêts de travail et historique médical utile.
Transmettez ce que vous avez, même incomplet : le cabinet hiérarchise et complète avec vous en urgence au 06 89 11 34 45.
FAQ
Questions fréquentes
15 réponses détaillées, sourcées sur les textes et la jurisprudence.
Maladie professionnelle et tableaux ?
La maladie professionnelle se définit comme une affection contractée du fait du travail habituel, dont le régime est fixe par les articles L. 461-1 a L. 461-8 du Code de la sécurité sociale. Le mécanisme repose sur les tableaux annexes au livre IV (article R. 461-3 et suivants) qui désignent les pathologies, les délais de prise en charge et la liste limitative des travaux exposants. Lorsque les trois conditions du tableau sont réunies (désignation, délai, travaux), la présomption d'origine professionnelle de l' article L. 461-1, alinéa 6, du Code de la sécurité sociale dispensé le salarié de prouver le lien avec son travail. Cette présomption est lourde car elle ne peut être combattue que par la démonstration d'une cause totalement étrangère au travail. Les tableaux les plus mobilises devant le pôle social concernent les troubles musculo-squelettiques (n° 57), les pathologies du rachis (n° 97 et 98), l'amiante (n° 30 et 30 bis), les affections du genou (n° 79) ainsi que les troubles auditifs (n° 42). Les pathologies psychiques peuvent également être reconnues par voie hors tableau. Le cabinet vous accompagne dans le choix du tableau pertinent, la vérification stricte des trois critères et la constitution du dossier devant la caisse primaire d'assurance maladie.
Présomption origine professionnelle ?
Maladie désignée tableau + toutes conditions remplies = présumée origine professionnelle sans preuve victime. Conditions variables : maladie, délai prise charge, durée exposition minimale, liste travaux. Cass. 2e civ. (9 juill. 2020, n°19-13.851) : présomption tableau 98 rachis lombaire. Condition manquante : présomption pas joue, reconnaissance possible CRRMP mais victime doit établir lien direct et essentiel travail habituel. TJ Nanterre (28 oct. 2024, n°21/01460) : mécanique présomption, caisse doit prendre en charge et verser prestations si toutes conditions tableau remplies sans exiger démonstration lien causalité.
CRRMP reconnaissance hors tableaux ?
Deux hypothèses. 1) Maladie tableau mais condition manquante : CRRMP peut reconnaître si directement causée travail habituel. 2) Maladie pas tableau : reconnaissance si essentiellement et directement causée travail habituel + décès ou IPP 25%+. Avis CRRMP s'impose caisse (reconnaissance obligatoire si favorable). Avis pas lie juge. CA Pau (17 oct. 2024, n°21/03900) : juge pouvoir souverain, peut s'écarter avis. CA Nancy (26 avril 2022, n°21/01425) : juge peut solliciter second CRRMP contestation, apprécie souverainement. CA Rouen (19 oct. 2022, n°20/00977) : impossible statuer hors tableau sans avis CRRMP. TJ Lille (18 juin 2024, n°23/01204) : preuve lien direct essentiel incombe demandeur.
Déclarer maladie professionnelle ?
La déclaration de maladie professionnelle releve d'abord du salarié, qui dispose d'un délai de deux ans à compter de la date a laquelle il est informé par certificat médical du lien possible entre sa maladie et son activité (article L. 461-5 du Code de la sécurité sociale, renvoyant à l'article L. 431-2). La déclaration doit être adressée à la caisse primaire d'assurance maladie sur formulaire dédie, accompagnée du certificat médical initial. Le certificat médical initial est déterminant : il fixe la pathologie, mentionne la date de première constatation médicale et oriente la caisse vers le tableau applicable. Le médecin traitant ou le médecin du travail peut établir ce document. Une fois la déclaration déposée, l'employeur est informé et invite a formuler ses observations. La caisse instruit le dossier dans un délai de cent vingt jours francs (article R. 461-9 du Code de la sécurité sociale). En l'absence de réponse explicite, la maladie est réputée prise en charge. Le cabinet vous accompagne dans la rédaction de la déclaration, la collecte des pièces médicales et la coordination avec le médecin traitant pour sécuriser la reconnaissance.
Instruction CPAM ?
L'instruction par la caisse primaire d'assurance maladie respecté un cadre strict pose par les articles R. 461-9 et R. 461-10 du Code de la sécurité sociale. La caisse adresse à l'employeur et au salarié un questionnaire, ouvre une enquête administrative et constitue un dossier auquel les parties ont accès avant décision. Pour les maladies inscrites à un tableau et dont les conditions sont remplies, le délai d'instruction est de cent vingt jours francs. Pour les maladies hors tableau ou dont les conditions ne sont pas réunies, le dossier est transmis au comité régional de reconnaissance des maladies professionnelles, ce qui prolonge le délai. Le respect du contradictoire conditionne l'opposabilité de la décision. La jurisprudence sanctionné par l'inopposabilite à l'employeur toute méconnaissance des règles de communication du dossier, comme l'a rappelé le tribunal judiciaire de Versailles dans une décision du 24 janvier 2025, n° 24/00943, motifs : "Ces règles ont pour but de garantir le caractère contradictoire de la procédure aux diverses étapes de l'instruction du dossier par la caisse, afin notamment de permettre à l'employeur de faire valoir ses observations préalablement à la décision" . Le cabinet vous accompagne pour piloter chaque étape, formuler des observations utiles et soulever, le cas échéant, l'inopposabilite de la décision.
Médecin-conseil et expertise ?
Le médecin-conseil de la caisse primaire d'assurance maladie joue un rôle central : il rend l'avis médical sur l'existence de la pathologie, sa date de première constatation et sa correspondance avec le tableau invoque. Cet avis figure au dossier d'instruction et conditionne souvent la décision finale. Le salarié peut être convoque à une expertise, sans présence d'un avocat lors de l'examen clinique mais avec possibilité de produire des éléments ultérieurement. Le médecin-conseil n'est pas indépendant : il agit pour la caisse. Le salarié a intérêt a se faire accompagner par son médecin traitant, qui peut adresser un rapport médical détaillé. En cas de désaccord sur le taux d'incapacité ou sur la qualification, l'article L. 142-1 du Code de la sécurité sociale ouvre la voie d'une contestation devant le pôle social du tribunal judiciaire, le cas échéant precedee d'une expertise médicale judiciaire ordonnée par le juge. Le cabinet intervient pour préparer les pièces médicales, formuler des observations devant le médecin-conseil et engager les recours judiciaires lorsque l'avis est défavorable.
Contester refus reconnaissance ?
Le refus de reconnaissance de maladie professionnelle peut être conteste selon une procédure précisé. La première étape est obligatoire : il faut saisir la commission de recours amiable de la caisse primaire dans les deux mois de la décision, en application de l'article R. 142-1 du Code de la sécurité sociale. En cas de rejet ou de silence pendant deux mois, le salarié saisit le pôle social du tribunal judiciaire compétent (article L. 142-8 du Code de l'organisation judiciaire). Le délai de saisine est de deux mois à compter de la décision de la commission de recours amiable. Pour une contestation purement médicale (absence de présomption, lien insuffisant pour une maladie hors tableau), le tribunal peut ordonner une expertise judiciaire. La procédure est sans frais et orale, mais l'assistance d'un avocat reste vivement conseillée pour structurer l'argumentation et produire les pièces médicales utiles. Le cabinet vous accompagne pour préparer le recours amiable, saisir le pôle social, solliciter une expertise judiciaire et obtenir la reconnaissance du caractère professionnel de la maladie.
Indemnités journalières et rente ?
IJ pendant arrêt : mêmes modalités AT. 60% salaire journalier référence 28 premiers jours puis 80% à compter 29e jour. Sans délai carence, sans plafonnement. Séquelles permanentes : taux IPP fixé médecin-conseil terme consolidation. Si taux 10%+ : rente viagère. TJ Nîmes (27 févr. 2025, n°21/00051) : cadre légal prestations et IPP. Date consolidation médecin-conseil marque fin IJ et point départ rente. Reconnaissance faute inexcusable : majoration rente jusqu'au salaire annuel + réparation complémentaire préjudices non couverts (souffrances physiques/morales, esthétique, agrément, perte promotion, incidence professionnelle).
Faute inexcusable maladie pro ?
La faute inexcusable de l'employeur ouvre une indemnisation complémentaire au salarié victime d'une maladie professionnelle. Elle est définie par l' article L. 452-1 du Code de la sécurité sociale : lorsque l'accident ou la maladie est due à la faute inexcusable de l'employeur, la victime ou ses ayants droit ont droit à une indemnisation complémentaire dans les conditions définies aux articles suivants. La faute inexcusable est caractérisée lorsque l'employeur avait ou aurait du avoir conscience du danger auquel était expose le salarié et qu'il n'a pas pris les mesures nécessaires pour l'en préserver. Cette définition jurisprudentielle, ancrEe dans l'obligation de sécurité des articles L. 4121-1 et L. 4121-2 du Code du travail, est constamment reprise par les juridictions du fond, notamment par la Cour d'appel de Paris du 29 mai 2020, n° 18/08108, motifs : "l'employeur est tenu envers lui d'une obligation de sécurité de résultat, et le manquement à cette obligation a le caractère d'une faute inexcusable au sens de l'article L. 452-1 du code de sécurité sociale, lorsque l'employeur avait ou aurait du avoir conscience du danger auquel était expose le salarié et qu'il n'a pas pris les mesures nécessaires pour l'en préserver" . La reconnaissance ouvre droit à la majoration de la rente, a l'indemnisation des préjudices personnels (souffrances, préjudice esthétique, préjudice d'agrément) et à un préjudice professionnel autonome. Le cabinet vous accompagne pour caractériser la conscience du danger, établir l'absence de mesures et chiffrer chaque chef de préjudice devant le pôle social.
Protection licenciement arrêt MP ?
Pendant l'arrêt de travail provoque par une maladie professionnelle, le contrat est suspendu en application de l' article L. 1226-7 du Code du travail . La protection est renforcée par l'article L. 1226-9 qui interdit à l'employeur de rompre le contrat, sauf faute grave du salarié ou impossibilité de maintenir le contrat pour un motif étranger à la maladie. Toute rupture prononcée au mépris de cette règle est nulle de plein droit, comme l'a juge la Cour de cassation, chambre sociale, dans un arrêt publié au Bulletin du 14 novembre 2018, n° 17-18.891, motifs : "au cours des périodes de suspension du contrat de travail du salarié consécutives à un accident du travail ou une maladie professionnelle, l'employeur ne peut rompre ce contrat que s'il justifie soit d'une faute grave de l'intéressé, soit de son impossibilité de maintenir le contrat pour un motif étranger à l'accident ou à la maladie, toute rupture du contrat de travail prononcée en méconnaissance de ces dispositions étant nulle" . La nullité ouvre droit à la réintégration ou, à défaut, a une indemnité spécifique au moins égale a six mois de salaire, outre les indemnités de rupture et le rappel de salaire pendant la période d'éviction. Le cabinet vous accompagne pour faire constater la nullité du licenciement, obtenir la réintégration ou l'indemnisation correspondante devant le conseil de prud'hommes.
Maladies psychiques reconnues ?
Les pathologies psychiques (dépression, syndrome d'épuisement professionnel, syndrome anxio-depressif reactionnel) peuvent être reconnues comme maladies professionnelles depuis la loi du 17 août 2015. L' article L. 461-1 du Code de la sécurité sociale dispose que les pathologies psychiques peuvent être reconnues comme maladies d'origine professionnelle dans les conditions prévues aux alinéas relatifs au comité régional de reconnaissance des maladies professionnelles. Aucun tableau de maladies professionnelles ne couvre directement ces affections. La reconnaissance passe donc systématiquement par la voie hors tableau, avec saisine du comité régional. La condition essentielle est l'existence d'un lien direct et essentiel entre la pathologie et le travail habituel, et un taux d'incapacité permanente d'au moins 25 %. La cour d'appel d'Amiens, dans une décision du 6 mai 2025, n° 24/01595, a confirme la reconnaissance d'un burn-out après avis du comité régional ayant retenu un lien direct et essentiel entre l'affection et l'exposition professionnelle, motifs : "le comité régional de reconnaissance des maladies professionnelles a été saisi et a retenu un lien direct et essentiel entre l'affection présentée et l'exposition professionnelle" . Le cabinet vous accompagne pour constituer le dossier hors tableau, préparer les pièces médicales et soutenir la cause devant le comité régional puis le pôle social.
Distinction MP vs AT ?
La distinction entre maladie professionnelle et accident du travail est essentielle car les régimes probatoires different. L'accident du travail releve de l'article L. 411-1 du Code de la sécurité sociale, qui exige un événement soudain survenu par le fait ou à l'occasion du travail. La maladie professionnelle résulte au contraire d'une évolution lente et progressive provoquée par le travail habituel. Le tribunal judiciaire de Coutances, dans une décision du 21 mai 2025, n° 23/00151, a précisé cette distinction, motifs : "L'accident se définit comme un événement certain, identifié dans le temps, soudain et générateur d'une lésion. Il se distingue de la maladie qui se caractérisé par une évolution lente et progressive. C'est donc le caractère soudain de l'événement ou de la lésion, c'est-à-dire l'élément imprévu, instantané ou brusque, qui permet de distinguer" les deux notions. L'enjeu est déterminant : la présomption d'imputabilite de l' article L. 411-1 du Code de la sécurité sociale joue pour l'accident, tandis que la présomption de l' article L. 461-1 joue pour la maladie inscrite à un tableau. Une qualification erronée peut entraîner un refus de prise en charge. Le cabinet vous accompagne pour qualifier correctement l'événement, choisir le fondement adapte et constituer le dossier de déclaration.
Délai prise charge et date constatation ?
Le délai de prise en charge est l'une des trois conditions cumulatives du tableau de maladies professionnelles, avec la désignation de la pathologie et la liste limitative des travaux. Il correspond au temps maximal entre la cessation de l'exposition au risque et la date de première constatation médicale de la maladie. L' article L. 461-1, alinéa 4, du Code de la sécurité sociale précisé qu'est assimilée à la date de l'accident la date de la première constatation médicale de la maladie, ou à défaut la date qui précède de deux années la déclaration de maladie professionnelle. La cour d'appel de Versailles, dans une décision du 25 mai 2023, n° 22/01270, a confirme l'importance de cette date pour vérifier le respect du délai de prise en charge fixe par le tableau, motifs : "il résulte de l'article L. 461-1 du code de la sécurité sociale qu'est présumée d'origine professionnelle toute maladie désignée dans un tableau de maladies professionnelles et contractée dans les conditions mentionnées à ce tableau" . Si le délai est dépassé, la maladie ne peut être reconnue par présomption mais peut encore être prise en charge en cas de lien direct établi avec le travail habituel. Le cabinet vous accompagne pour reconstituer la chronologie d'exposition, fixer la date de première constatation et défendre l'application des délais devant la caisse et le pôle social.
Reclassement après MP ?
Lorsqu'une maladie professionnelle entraîne une inaptitude au poste de travail, l'employeur est tenu d'une obligation renforcée de reclassement, posée par l' article L. 1226-10 du Code du travail . Il doit proposer un autre emploi approprie aux capacités du salarié, au sein de l'entreprise ou du groupe, en tenant compte des conclusions écrites du médecin du travail. La cour d'appel d'Orleans, dans une décision du 28 janvier 2025, n° 23/01940, a rappelé cette obligation, motifs : "Lorsque le salarié victime d'un accident du travail ou d'une maladie professionnelle est déclaré inapte par le médecin du travail, en application de l'article L. 4624-4, a reprendre l'emploi qu'il occupait précédemment, l'employeur lui propose un autre emploi approprie à ses capacités, au sein de l'entreprise" . Si le reclassement est impossible ou refuse pour motif légitime, le licenciement pour inaptitude d'origine professionnelle ouvre droit à une indemnité spéciale de licenciement (article L. 1226-14 du Code du travail), égale au double de l'indemnité légale, et à une indemnité compensatrice équivalente au préavis non effectué. Le cabinet vous accompagne pour vérifier la réalité des recherches de reclassement, contester un licenciement pour inaptitude prétendument justifie et obtenir les indemnités majorées devant le conseil de prud'hommes.
Recours contentieux pôle social ?
Les contestations relatives à la reconnaissance d'une maladie professionnelle, au taux d'incapacité ou à la faute inexcusable relèvent du pôle social du tribunal judiciaire, en application de l'article L. 142-8 du Code de l'organisation judiciaire. La saisine doit être precedee d'un recours amiable devant la commission de recours amiable de la caisse primaire (article R. 142-1 du Code de la sécurité sociale). Le délai pour saisir la commission de recours amiable est de deux mois à compter de la décision de la caisse. En cas de rejet explicite ou de silence pendant deux mois, le salarié ou l'employeur dispose ensuite d'un nouveau délai de deux mois pour saisir le pôle social. La procédure est orale, sans représentation obligatoire, mais l'assistance d'un avocat reste recommandée compte tenu de la technicité medico-juridique. Le tribunal peut ordonner une expertise judiciaire pour trancher les questions médicales, notamment l'existence et l'origine professionnelle de la pathologie, ou le taux d'incapacité. La procédure est sans frais et l'appel est ouvert devant la chambre sociale de la cour d'appel. Le cabinet vous accompagne pour préparer les écritures, organiser la production des pièces médicales et plaider devant le pôle social et la cour d'appel.
Références
Textes officiels et pages liées
Les sources de cette page et les expertises voisines du cabinet.
Synthèse pratique
Situations, preuves et recours : le tableau.
Pour chaque situation : les preuves à réunir, les conséquences juridiques et le recours adapté.
| Situation | Preuves a réunir | Conséquence juridique | Recours |
|---|---|---|---|
| Maladie inscrite au tableau, conditions remplies (délai, durée d'exposition, travaux) | Certificat médical initial, contrat de travail, fiches de poste, attestations de collègues, releve URSSAF | Presomption d'origine professionnelle, prise en charge automatique | Déclaration à la CPAM dans le délai de prescription de deux ans |
| Maladie non inscrite ou conditions du tableau non remplies | Dossier médical complet, expertise spécialiste, justificatifs d'exposition habituelle, taux prévisible | Saisine du CRRMP si taux prévisible >= 25 % | Voie hors tableau article L. 461-1 alinéa 4 CSS |
| Refus de prise en charge par la CPAM | Notification de refus, dossier instruit, certificats médicaux, avis du service médical | Possibilite de contestation amiable puis judiciaire | CRA dans 2 mois, puis pôle social dans 2 mois |
| Inopposabilite à l'employeur (absence d'avis du médecin du travail) | Dossier d'instruction de la caisse, courriers de demande, accusé de réception, décision de prise en charge | Inopposabilite de la décision à l'égard de l'employeur (Cass. 2e civ. 24 sept. 2020) | Action en inopposabilite devant le pôle social |
| Contestation du taux d'incapacité permanente | Dossier médical, comptes rendus opératoires, sapiteur privé, barème indicatif | Revision possible du taux et de la rente | Contentieux technique article L. 142-2 CSS, expertise judiciaire |
| Faute inexcusable de l'employeur | Document unique, alertes CSE, fiches d'exposition, antécédents, plan de prévention, registre des AT/MP | Majoration de rente + indemnisation des préjudices personnels | Saisine de la CPAM en conciliation, prescription biennale interrompue |
Issus de la pratique du cabinet
Cas pratiques anonymisés chiffrés.
Des dossiers types, avec montants bruts indicatifs.
Lombalgie chronique reconnue au tableau n 98
Manutentionnaire dans la grande distribution depuis dix-huit ans, déclarations de douleurs lombaires, hernie discale opérée, taux d'incapacité permanente fixe a 22 %. Refus initial de la CPAM au motif d'une durée d'exposition jugée insuffisante. Constitution du dossier : fiches de poste sur dix-huit ans, attestations de quatre collègues, registre des charges manipulées, expertise médicale.
Issue : reconnaissance du caractère professionnel après saisine de la commission de recours amiable, rente versée retroactivement sur quatorze mois. Indemnisation totale : 38 400 euros (capital représente + rappel d'IJ + frais médicaux). Durée : douze mois.
Syndrome anxio-depressif sévère reconnu hors tableau
Cadre d'une SSII, surcharge de travail prolongée, harcèlement avère par enquête CSE, arrêt de travail de dix-huit mois. Pathologie non inscrite à un tableau. Taux prévisible évalué par le service du contrôle médical a 28 %. Saisine du CRRMP, avis favorable, prise en charge prononcée. Action parallèle en faute inexcusable : conciliation infructueuse, saisine du pôle social.
Issue : reconnaissance de la faute inexcusable, majoration de rente au taux maximal, indemnisation complémentaire de 92 000 euros au titre des souffrances morales, du préjudice d'agrément et de la perte de chance professionnelle. Durée : vingt mois.
Exposition à l'amiante reconnue au tableau n 30
Ouvrier de chantier, exposition documentée sur vingt-six ans dans plusieurs entreprises, plaques pleurales constatées au scanner, taux d'IPP fixe a 8 %. Reconnaissance automatique au titre du tableau n 30. Action en faute inexcusable engagée contre le dernier employeur, sur le fondement de l'absence de protection collective et individuelle malgré les alertes du CHSCT.
Issue : reconnaissance, majoration de l'indemnité en capital, indemnisation des préjudices personnels, et reconnaissance d'un préjudice d'anxiété autonome de 15 000 euros. Durée : seize mois jusqu'au jugement, vingt-deux mois jusqu'a l'exécution complète.
Une maladie professionnelle à faire reconnaître ?
Contactez le cabinet avec votre certificat initial. Nos avocats choisissent la voie, construisent l'exposition et portent la réparation jusqu'au bout.