Avocat refus d'obtempérer à Paris : permis, garde à vue et défense

Réponse rapide

Un refus d’obtempérer se prépare dès la garde à vue, l’audition libre ou la première convocation. Le débat porte rarement sur une formule abstraite : le tribunal vérifie si l’ordre d’arrêt était clair, perceptible, adressé au conducteur, donné par un agent identifiable, puis si la conduite a créé ou non un risque direct pour autrui.

Depuis la loi du 24 janvier 2022, le refus simple est puni de deux ans d’emprisonnement et de 15 000 euros d’amende. En cas de risque de mort ou de blessures graves, les peines peuvent atteindre cinq ans ou sept ans d’emprisonnement, avec suspension, annulation, réduction de points et confiscation du véhicule.

Maître Hassan KOHEN, avocat au Barreau de Paris

Maître Hassan KOHEN, avocat au Barreau de Paris

Maître Hassan KOHEN intervient en droit pénal routier pour les conducteurs poursuivis après contrôle de police, course-poursuite alléguée, convocation au tribunal correctionnel, rétention du permis ou confiscation du véhicule.

Profil officiel avocat.fr de Maître Hassan KOHEN

Le cabinet intervient à Paris et en Île-de-France devant les services d’enquête, le parquet, le tribunal correctionnel et, lorsque le dossier l’exige, devant le juge des libertés, le juge d’instruction ou la juridiction d’appel. Une première analyse permet de distinguer le refus simple, le refus aggravé, le délit de fuite, les vérifications d’alcoolémie ou de stupéfiants et les infractions routières associées.

Refus d'obtempérer : ce que le tribunal vérifie

L’article L. 233-1 du Code de la route vise le conducteur qui n’obtempère pas à une sommation de s’arrêter émanant d’un fonctionnaire ou d’un agent chargé de constater les infractions et muni des insignes extérieurs et apparents de sa qualité. La défense consiste donc à contrôler le fait de conduite, mais aussi la qualité de l’agent, la visibilité de l’ordre, la destination de la sommation et la perception réelle par le conducteur.

Le refus d’obtempérer ne se confond pas avec le délit de fuite, qui suppose un accident et la volonté d’échapper à ses responsabilités, ni avec le refus de se soumettre aux vérifications d’alcoolémie ou de stupéfiants. Il peut toutefois être poursuivi avec d’autres infractions : grand excès de vitesse, alcool au volant, conduite sous stupéfiants, conduite sans permis ou blessures involontaires.

Point vérifiéCe que le dossier doit montrerAngle de défense
Ordre d’arrêtGyrophare, sirène, geste, barrage, injonction verbale ou signal clairement adressé au véhicule.Visibilité, bruit, distance, circulation, confusion avec un autre véhicule.
Agent identifiableFonctionnaire ou agent habilité, insignes extérieurs et apparents de sa qualité.Véhicule banalisé, intervention peu lisible, absence de signe apparent.
Risque aggravantCirconstances exposant directement autrui, ou les agents, à un risque de mort ou de blessures graves.Vitesse, trajectoire, environnement, piétons, carrefour, vidéos, distance réelle.

La première urgence consiste à qualifier précisément les faits. Un refus simple relève de l’article L. 233-1. Le refus aggravé relève de l’article L. 233-1-1 lorsque les circonstances exposent directement autrui à un risque de mort ou de blessures de nature à entraîner une mutilation ou une infirmité permanente. Lorsque le risque vise directement les agents, les peines sont encore plus lourdes.

Le procès-verbal doit être relu avec les horaires, le lieu, la météo, la circulation, les axes empruntés, les vitesses alléguées, les obstacles, les caméras disponibles et les déclarations des agents. Une qualification aggravée ne doit pas reposer sur une simple impression de danger : elle doit être soutenue par des faits concrets.

Demander la procédure complète avant toute reconnaissance trop large.
Identifier si la poursuite vise L. 233-1, L. 233-1-1, ou plusieurs délits routiers.
Vérifier la réalité de l’ordre d’arrêt et sa perception possible.
Contrôler les vidéos, appels radio, procès-verbaux et horaires.
SituationPeines principalesPermis et véhicule
Refus simpleDeux ans d’emprisonnement et 15 000 euros d’amende encourus.Suspension jusqu’à trois ans, annulation possible, réduction de la moitié des points, confiscation possible.
Risque grave pour autruiCinq ans d’emprisonnement et 75 000 euros d’amende encourus.Suspension jusqu’à cinq ans, annulation de plein droit possible selon le cadre, confiscation obligatoire sauf motivation contraire.
Risque grave pour les agentsSept ans d’emprisonnement et 100 000 euros d’amende encourus.Annulation et interdiction de solliciter un nouveau permis jusqu’à cinq ans, réduction de points, discussion sur le véhicule.

Depuis le 11 juillet 2025, l’article L. 224-2 permet au préfet de prononcer une suspension administrative après rétention du permis en cas de refus d’obtempérer. Le délai, la notification, la durée et l’articulation avec la décision pénale doivent être vérifiés rapidement, surtout si le permis conditionne l’emploi.

La défense ne se limite pas à dire que le conducteur n’a pas voulu fuir. Il faut construire une lecture vérifiable : pourquoi l’ordre n’était pas compris, pourquoi l’arrêt immédiat était dangereux, pourquoi l’itinéraire ne révélait pas une fuite, ou pourquoi l’aggravation ne correspond pas aux éléments objectifs du dossier.

Garde à vue

Préparer les déclarations, demander l’avocat, éviter les explications improvisées sur la peur ou la panique sans avoir lu les faits reprochés.

CRPC

Ne pas accepter une reconnaissance trop large si l’aggravation, la confiscation ou la durée de suspension peuvent être discutées.

Audience

Produire vidéos, itinéraire, photos des lieux, attestations, contraintes professionnelles et éléments sur le véhicule.

Appel

Contrôler la motivation de la peine, la proportionnalité de la confiscation et l’individualisation des conséquences sur le permis.

La Cour de cassation a déjà admis que la confiscation puisse être discutée au regard de la libre disposition du véhicule et de la bonne foi du propriétaire. Cette question devient centrale lorsque le véhicule appartient à un proche, une société, un employeur ou un tiers qui n’a pas participé aux faits.

Après une convocation pour refus d’obtemperer, la priorite est de preparer une défense documentée avant la première audition. Rassemblez la convocation, les procès-verbaux disponibles, les videos, les photos des lieux du contrôle, les messages échanges au moment des faits, les documents du vehicule et les éléments professionnels lies au permis. La première déclaration fixe la version officielle pour le reste de la procédure : il faut donc l’anticiper avec un avocat et éviter toute reconnaissance imprecise.

Le delit est prévu par l’article L. 233-1 du code de la route, qui suppose une sommation régulière de s’arreter et un refus de s’y conformer. La défense doit interroger trois points : la regularite des sommations, leur perception effective par le conducteur et la gravite des circonstances reprochees.

Sur la confiscation du vehicule, la Cour de cassation a recadre les juges dans un dossier de refus d’obtemperer aggrave (Cass. crim., 4 sept. 2024, n° 23-81.110, Bull.). Elle exige du juge qu’il etablisse « que le condamné en à la propriete economique réelle et que le tiers n’est pas de bonne foi » avant d’ordonner la confiscation d’un vehicule loue par une société qu’il dirige. Cette décision impose une motivation rigoureuse, particulierement utile lorsque le vehicule appartient à un tiers ou à une société.

Le cabinet intervient des la convocation pour preparer l’audition, neutraliser les aggravations evitables et discuter la confiscation du vehicule.

Oui, le régime du refus simple a été sensiblement aggrave par la loi n° 2022-52 du 24 janvier 2022. L’article L. 233-1 du code de la route punit desormais le refus d’obtemperer simple de deux ans d’emprisonnement et 15 000 euros d’amende, contre trois mois et 3 750 euros auparavant. Le delit s’accompagne de peines complementaires lourdes : suspension ou annulation du permis, confiscation du vehicule, stage de sensibilisation et reduction de la moitie des points.

Cette aggravation ne change pas l’exigence de preuve : il faut une sommation régulière de s’arreter, emanant d’un agent dans l’exercice de ses fonctions, percue par le conducteur, suivie d’un refus volontaire. La défense doit donc vérifier la chaine factuelle dans son ensemble.

La jurisprudence reste stricte sur la motivation des peines complementaires touchant le vehicule. La Cour de cassation, statuant pour un refus d’obtemperer aggrave, a censure la confiscation d’un vehicule loue par une société en relevant que « le condamné en à la propriete economique réelle et que le tiers n’est pas de bonne foi » doit être établi (Cass. crim., 4 sept. 2024, n° 23-81.110, Bull.). Cette exigence vaut a fortiori pour le refus simple, ou la peine encourue est moins severe.

Le cabinet documenté la chronologie de l’interpellation et travaille la motivation des peines pour limiter l’impact réel d’une condamnation.

Oui, la relaxe est envisageable lorsque l’élément intentionnel manque. Le delit suppose, en application de l’article L. 233-1 du code de la route, une sommation régulière et la conscience par le conducteur que cette sommation lui est destinee. Le juge doit caracteriser, au-delà du seul fait matériel, la volonte du conducteur de ne pas obeir.

La défense reposera sur des éléments concrets : configuration des lieux, signalisation lumineuse et sonore des forces de l’ordre, position du vehicule de police, distance, vitesse, conditions meteorologiques, casque ou autoradio, présence de plusieurs vehicules sur la voie, denonciation éventuelle d’un autre conducteur. La video, les déclarations des temoins et la geolocalisation sont souvent decisives.

La Cour de cassation rappelle aussi que les actes de procédure doivent permettre un debat contradictoire effectif. Elle a casse une décision rendue alors que « les debats avaient debute des l’examen de cette demande » sans que le prevenu ait été prealablement informé de son droit de se taire (Cass. crim., 16 oct. 2019, n° 18-86.614, Bull., dossier de refus d’obtemperer aggrave). Cette vigilance procedurale s’ajoute au debat sur l’élément intentionnel.

Le cabinet identifié les angles factuels et procedurals pour soutenir une relaxe ou, a défaut, requalifier les faits.

L’argument du choix d’un endroit sur peut être defendu lorsque le comportement du conducteur, apprecie globalement, ne traduit pas une volonte d’echapper aux forces de l’ordre. Le delit prévu par l’article L. 233-1 du code de la route suppose un refus volontaire ; la simple recherche d’un emplacement adapte n’est pas en soi un refus.

La défense doit etablir que la conduite du vehicule reste cohérente avec un arrêt raisonne : ralentissement, allumage des feux de detresse, distance courte, absence de fuite réelle, absence de manoeuvre dangereuse. Les pièces utiles sont la video du vehicule de police, la cartographie du parcours, les photographies du lieu d’arrêt et les déclarations des forces de l’ordre.

La Cour de cassation a rappelé dans un arrêt recent que la sanction du refus d’obtemperer reste indissociable d’un comportement traduisant la volonte du conducteur d’echapper à la sommation. Elle a ainsi ecarte la qualification de delit de fuite lorsque le comportement etait intentionnel et non accidentel : « le dommage ainsi cause ne presentant pas le caractère d’un evenement fortuit et ne pouvant donc être qualifie d’accident » (Cass. crim., 1er oct. 2025, n° 24-86.411, Bull.). Ce raisonnement souligne la necessite, pour chaque infraction routiere, de caracteriser un élément intentionnel propre.

Le cabinet construit la chronologie précisé du trajet pour démontrer l’absence d’intention de se soustraire au contrôle.

Oui, le tribunal peut prononcer la confiscation du vehicule, peine complementaire prévue par l’article L. 233-1 du code de la route et par l’article 131-21 du code pénal. La confiscation porte sur le vehicule ayant servi a commettre l’infraction, sous reserve qu’il appartienne au condamné ou qu’il en ait la libre disposition.

La Cour de cassation impose au juge une motivation rigoureuse lorsque le vehicule appartient à un tiers. Statuant dans un dossier de refus d’obtemperer aggrave, elle a juge que la cour d’appel devait démontrer « que le condamné en à la propriete economique réelle et que le tiers n’est pas de bonne foi, ce qui est établi dès lors qu’il sait ne disposer que d’une propriete juridique apparente » (Cass. crim., 4 sept. 2024, n° 23-81.110, Bull.). La haute juridiction a précisé que « la libre disposition ne peut resulter du seul fait que le condamné use librement d’un vehicule loue par la société qu’il dirige ».

La défense exploite cette grille : statut juridique du vehicule, regularite du contrat de location, identite du proprietaire economique réel, connaissance par le tiers des faits. Lorsque le vehicule est détenu en credit-bail ou appartient à un membre de la famille, la confiscation peut être évitée si la bonne foi est établie.

Le cabinet documenté la chaine de propriete et plaidé la disproportion lorsque la confiscation excede l’enjeu réel du dossier.

Oui, le retrait de points est lourd. L’article L. 233-1 du code de la route prévoit que le delit de refus d’obtemperer entraine de plein droit la reduction de la moitie du nombre maximal de points du permis. Pour un permis a douze points, cela correspond à un retrait de six points ; pour un permis probatoire en première année a six points, le retrait peut être integral et entrainer l’invalidation immediate du titre.

Le retrait n’est applicable qu’après condamnation definitive et information par le ministere de l’interieur. Mais d’autres infractions souvent jointes (vitesse, alcool, stupefiants, défaut d’assurance) majorent encore la perte de points. Le solde réel doit donc être vérifié sur le releve d’information integral.

La Cour de cassation impose au juge de motiver chaque peine complementaire, y compris celle qui frappe le vehicule du conducteur. Elle exige que « le condamné en à la propriete economique réelle et que le tiers n’est pas de bonne foi » avant d’ordonner la confiscation (Cass. crim., 4 sept. 2024, n° 23-81.110, Bull.). Ce niveau d’exigence renforce la strategie consistant a obtenir une peine adaptee, évitant la perte combinee des points et du vehicule.

Le cabinet anticipe l’effet cumule sur les points, le permis et le vehicule, et propose les aménagements qui preservent la mobilite.

La suspension administrative n’est pas automatique mais fréquente après un refus d’obtemperer. Elle est prononcee par le prefet en application de l’article L. 224-2 du code de la route, qui prévoit une suspension d’une durée maximale de six mois, portee à un an dans certaines hypothèses (refus d’obtemperer, alcool, stupefiants, exces de vitesse).

Cette suspension administrative s’ajoute, le cas echeant, a la suspension judiciaire prononcee par le tribunal. Elle suppose une retention préalable du permis dans les soixante-douze heures, suivie d’une notification motivee. Le délai, la durée, la motivation et la notification doivent être vérifiés systématiquement : un manquement procedural peut justifier un recours.

La Cour de cassation rappelle qu’aucune sanction routiere ne peut être prononcee sans constat régulier des éléments constitutifs. Statuant dans un dossier de refus d’obtemperer aggrave, elle a casse une condamnation pour absence d’information du droit de se taire, soulignant que « la cour d’appel a meconnu le sens et la portee des textes » de l’article 406 du code de procédure pénale (Cass. crim., 16 oct. 2019, n° 18-86.614, Bull.). Cette exigence procedurale s’applique aussi aux contestations administratives.

Le cabinet contrôle l’arrete prefectoral, prepare le recours gracieux et le refere-suspension, et coordonne avec la procédure pénale pour éviter les décisions contradictoires.

Le delit de fuite et le refus d’obtemperer sanctionnent deux comportements distincts qu’il ne faut pas confondre. Le delit de fuite, prévu par l’article 434-10 du code pénal, suppose un accident cause par le conducteur, suivi d’une fuite. Le refus d’obtemperer, prévu par l’article L. 233-1 du code de la route, sanctionné l’absence d’arrêt malgre une sommation régulière des forces de l’ordre, sans qu’un accident soit necessaire.

La distinction est cruciale parce que les peines, les éléments de preuve et la strategie de défense different. Le delit de fuite suppose la conscience d’avoir cause un accident ; le refus d’obtemperer suppose la conscience d’avoir recu une sommation régulièrement adressée.

La Cour de cassation a recemment précisé que ces qualifications sont exclusives lorsqu’il existe un comportement intentionnel à l’origine du dommage. Elle a juge que « l’incrimination d’un tel comportement n’est pas compatible avec une déclaration de culpabilite qui caractérisé l’usage intentionnel d’un vehicule, par la personne poursuivie, en vue de commettre un dommage matériel ou corporel, le dommage ainsi cause ne presentant pas le caractère d’un evenement fortuit et ne pouvant donc être qualifie d’accident » (Cass. crim., 1er oct. 2025, n° 24-86.411, Bull.). Cette décision impose au parquet de choisir une qualification cohérente avec les faits.

Le cabinet analyse la qualification retenue et discute la requalification lorsqu’elle est mal etayee.

La comparution sur reconnaissance préalable de culpabilite (CRPC) doit toujours être evaluee au regard du dossier complet, jamais à l’instinct. La procédure, prévue par les articles 495-7 a 495-16 du code de procédure pénale, permet d’éviter le procès correctionnel et de figer une peine connue d’avance. Mais elle suppose la reconnaissance des faits, ce qui interdit toute strategie ulterieure de relaxe ou de requalification.

La défense doit donc vérifier trois points avant d’accepter : la solidite de la qualification (sommation régulière, élément intentionnel, circonstances aggravantes), la proportionnalite de la peine proposee, l’impact réel sur le permis, le vehicule et le casier. Sans cette évaluation préalable, la CRPC fige une situation parfois plus defavorable qu’un procès.

La Cour de cassation a précisé que la procédure est strictement encadrée. Elle a juge qu’« une nouvelle proposition de peine ne saurait autoriser, après un refus d’homologation, la mise en oeuvre d’une autre comparution sur reconnaissance préalable de culpabilite » (Cass. crim., 17 mai 2022, n° 21-86.131, Bull.). Une fois la CRPC echouee, la voie ordinaire reprend son cours.

Le cabinet analyse le dossier avant tout entretien CRPC et arbitre entre acceptation, négociation et passage en correctionnelle.

Oui. Le cabinet intervient notamment devant Paris, Bobigny, Nanterre et Créteil selon le lieu du contrôle, de l’enquête ou de la poursuite.

Garde à vue, audition libre ou convocation : les pièces à envoyer

Avant de répondre aux enquêteurs, transmettez la convocation, la notification de rétention du permis, les avis de suspension, les documents du véhicule, l'assurance, les justificatifs professionnels, les vidéos embarquées, les photographies des lieux et tout élément montrant la circulation ou la visibilité de l'ordre d'arrêt.

Si le dossier comporté une suspicion d'alcool, de stupéfiants, de conduite sans permis ou d'accident, la stratégie doit rester globale. Les pages du cabinet sur la conduite alcoolisée, la conduite après stupéfiants, le grand excès de vitesse et l'homicide involontaire routier permettent de préparer les infractions connexes sans les confondre.

Procédure étape par étape

1. Interpellation

Le dossier commence souvent par une poursuite, une interception différée ou une convocation ultérieure. Il faut vérifier l'heure exacte, les agents présents, le véhicule utilisé, les signaux activés et la raison initiale du contrôle.

2. Garde à vue ou audition

Le conducteur doit éviter une explication improvisée. La peur, la panique, la recherche d'un lieu sûr ou l'absence de perception de l'ordre doivent être décrites seulement si les éléments matériels les soutiennent.

3. Parquet et convocation

Le parquet peut orienter vers une CRPC, une convocation par officier de police judiciaire ou une audience correctionnelle. La qualification retenue détermine les peines discutées et le risque permis.

4. Audience

La défense présente les pièces objectives : plan, vidéos, photos, attestations, contraintes professionnelles, propriétaire du véhicule, antécédents, comportement après l'arrêt et absence de danger concret.

Erreurs fréquentes à éviter

Reconnaître un refus aggravé sans avoir vérifié le risque direct allégué.
Oublier de discuter la suspension administrative du permis dans les délais utiles.
Laisser la confiscation viser un véhicule appartenant à un tiers sans verser les justificatifs.
Confondre refus d'obtempérer, délit de fuite et refus de vérifications alcool ou stupéfiants.
Arriver à l'audience sans photos des lieux, trajet, justificatifs professionnels ou éléments sur le permis.
Accepter une CRPC sans mesurer le casier, les points, la récidive et l'assurabilité du conducteur.

Ce que le juge regarde concrètement

Le juge correctionnel ne se limite pas à la mention « refus d'obtempérer » dans le procès-verbal. Il examine la scène : type de voie, densité de circulation, présence de piétons, vitesse, distance parcourue, durée de la poursuite, vidéos disponibles, manœuvres dangereuses, réaction après l'arrêt et cohérence des déclarations. Une défense sérieuse isole chaque fait au lieu de contester tout le dossier en bloc.

Pour un conducteur professionnel, un chauffeur, un livreur, un artisan ou un salarié dont le permis est indispensable, la peine doit être préparée avec des pièces concrètes : contrat de travail, planning, attestations, charges familiales, absence d'antécédents, suivi volontaire et solutions d'aménagement. Ces éléments ne suppriment pas l'infraction, mais ils peuvent peser sur la suspension, l'amende, la confiscation et les modalités d'exécution.

Cas typiques traités en défense

Véhicule banalisé

Le conducteur indique ne pas avoir compris qu'il s'agissait des forces de l'ordre. La défense vérifie les insignes, le gyrophare, le deux-tons, la distance, les horaires et la manière dont l'ordre a été donné.

Arrêt différé

Le conducteur explique avoir cherché un emplacement sûr. Il faut alors documenter le lieu, la circulation, la possibilité matérielle de s'arrêter et l'absence de manœuvre de fuite.

Refus aggravé contesté

Le parquet retient un risque grave. La défense examine si le risque était direct, concret, actuel, et non simplement déduit d'une conduite jugée nerveuse ou rapide.

Véhicule d'un tiers

La confiscation touche parfois un véhicule familial, professionnel ou prêté. Il faut établir la propriété, la bonne foi du tiers et l'absence de libre disposition durable.

Préparer le permis et la vie professionnelle

Le refus d'obtempérer est souvent vécu comme une procédure pénale, mais ses conséquences les plus immédiates sont parfois administratives et professionnelles. La rétention du permis, la suspension préfectorale, la perte de points et l'assurance peuvent avoir des effets avant même l'audience correctionnelle. Le cabinet vérifie donc séparément le dossier pénal, la décision administrative et la situation professionnelle du conducteur.

Pour un conducteur dont le permis est nécessaire au travail, les pièces doivent être concrètes : contrat de travail, fiches de poste, attestations de l'employeur, planning, déplacements, justificatifs de charges, absence d'alternative de transport, ancienneté, responsabilité familiale et historique du permis. Une simple affirmation selon laquelle le permis est indispensable ne suffit pas toujours.

Lorsque la suspension est déjà prononcée, il faut contrôler la date de rétention, la date de notification, l'autorité signataire, la durée retenue et les infractions visées. La défense pénale et le recours permis ne suivent pas exactement le même calendrier. Une erreur de canal ou de délai peut faire perdre une chance de limiter les conséquences pratiques.

Comment se déroule la première consultation

La première consultation commence par une chronologie simple : heure du contrôle, lieu, type de route, véhicule des forces de l'ordre, signaux entendus ou vus, distance parcourue, lieu d'arrêt, interpellation, auditions, permis retenu ou non, véhicule saisi ou non. Cette chronologie permet d'identifier les points qui méritent une demande d'acte, une pièce complémentaire ou une contestation ciblée.

Ensuite, le cabinet vérifie les documents disponibles. Une convocation seule ne suffit pas toujours. L'avocat peut demander le dossier, consulter les procès-verbaux, préparer la personne à l'audience, discuter une CRPC, négocier une peine mieux proportionnée ou plaider la relaxe si les éléments constitutifs ne sont pas établis. Le choix dépend du dossier, pas d'une promesse générale.

Enfin, les objectifs sont hiérarchisés : éviter une qualification aggravée, préserver le permis, contester la confiscation, limiter l'inscription au casier, préparer une audience correctionnelle ou sécuriser une reconnaissance de culpabilité si elle est juridiquement et pratiquement acceptable. Cette méthode permet de ne pas sacrifier le permis ou le véhicule en se concentrant uniquement sur l'amende.

Sources, honoraires et contact

Les honoraires sont fixés après lecture du stade procédural : garde à vue, audition libre, CRPC, tribunal correctionnel, appel, recours permis ou confiscation. Un devis écrit précise la mission et les diligences prévisibles.

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