Avocat tentative d'infraction à Paris : actes préparatoires, désistement et défense
Par Maître Hassan KOHEN, avocat au Barreau de Paris. Mis à jour le .
La tentative d’infraction se joue souvent sur une frontière très fine : l’accusation doit prouver un commencement d’exécution, une intention de commettre l’infraction et une interruption indépendante de votre volonté. Si les actes restent préparatoires, si vous avez renoncé de vous-même, ou si l’élément intentionnel est incertain, la qualification peut être contestée.
À Paris et en Île-de-France, le cabinet intervient dès l’audition libre, la garde à vue, l’ouverture d’information judiciaire ou la convocation devant le tribunal correctionnel. L’enjeu est de reprendre les procès-verbaux, les vidéos, les échanges téléphoniques, les repérages allégués et la chronologie exacte avant que le dossier ne soit enfermé dans une lecture trop sévère.
Les dossiers les plus fréquents portent sur la tentative d’escroquerie, la tentative de vol, la tentative de cambriolage, la tentative de violences graves, la tentative d’homicide ou la tentative d’agression sexuelle. Dans chaque cas, les critères ne se résument pas à une impression de danger : il faut rattacher les actes matériels à l’infraction précisément poursuivie.
La tentative en droit pénal : définition et cadre légal
Ce que le parquet doit prouver pour retenir une tentative
L’article 121-4 du Code pénal assimile à l’auteur de l’infraction la personne qui tente de commettre un crime ou, lorsque la loi le prévoit, un délit. L’article 121-5 exige ensuite un commencement d’exécution et un échec dû à des circonstances indépendantes de la volonté de l’auteur.
| Point à vérifier | Ce que l’accusation doit établir | Angle de défense |
|---|---|---|
| Acte préparatoire ou commencement d’exécution | Un acte directement rattaché à la consommation de l’infraction poursuivie. | Montrer que les faits restent au stade du repérage, de la discussion, de l’achat de moyens ou d’une intention non réalisée. |
| Interruption extérieure | Police, résistance de la victime, obstacle matériel ou autre cause indépendante. | Prouver une renonciation volontaire avant la consommation, ou une absence de passage à l’acte. |
| Intention | La volonté de commettre l’infraction principale, pas seulement une imprudence ou une ambiguïté. | Exploiter les messages, le contexte, l’absence de cible précise, les contradictions et les explications alternatives. |
| Délit tenté | Un texte qui punit expressément la tentative du délit visé. | Contrôler la base légale : tous les délits ne sont pas punissables au stade de la tentative. |
Tentative d’escroquerie
La demande frauduleuse, le faux justificatif utilisé ou la sollicitation d’une remise peuvent marquer le passage à l’exécution. Une simple idée de fraude ou une déclaration incomplète ne suffit pas nécessairement.
Tentative de vol
Le débat porte souvent sur le franchissement du seuil, la présence dans le véhicule, l’usage d’outils, la fuite et les images de vidéosurveillance.
Tentative de crime
La peine peut rester très lourde. L’analyse doit isoler l’acte matériel, l’intention et la cause de l’interruption, notamment en matière de tentative de meurtre ou d’assassinat.
Désistement volontaire
La renonciation doit venir de vous, non de la peur d’être découvert, de l’arrivée de la police ou de la résistance de la victime. Les preuves de votre décision personnelle sont déterminantes.
Construire la défense : chronologie, preuves et qualification
La première étape consiste à reconstituer la chronologie minute par minute : arrivée sur place, appels, messages, achats, présence d’outils, échanges avec la victime, intervention de tiers, arrestation ou départ volontaire. Une qualification de tentative se gagne rarement par une formule générale ; elle se gagne en comparant chaque acte à l’infraction visée.
En audition libre ou en garde à vue, la priorité est d’éviter une phrase qui transforme des actes équivoques en aveu d’intention. Lorsque le dossier contient déjà des déclarations défavorables, la défense peut encore porter sur leur contexte, leur imprécision, leur traduction juridique ou leur contradiction avec les preuves matérielles.
Pour un proche convoqué ou placé en garde à vue, le rôle utile de la famille est de transmettre rapidement les coordonnées de l’avocat, les justificatifs d’identité, de domicile, d’emploi, de santé, les messages ou documents de contexte, sans tenter d’intervenir directement auprès des enquêteurs.
Les erreurs qui aggravent une accusation de tentative
Une personne convoquée pour tentative cherche souvent à expliquer qu’elle n’a « rien fait jusqu’au bout ». Cette formule peut être insuffisante, car la tentative sanctionné précisément une infraction qui n’a pas abouti. La bonne défense consiste plutôt à situer le dossier sur le bon seuil juridique : préparation, commencement d’exécution, consommation ou repentir actif.
Parler avant d’avoir lu le dossier
Répondre trop vite peut donner une cohérence pénale à des faits encore ambigus. Avant une audition, il faut distinguer les éléments certains, les suppositions des enquêteurs et les points qui relèvent seulement d’une intention prêtée.
Confondre peur et désistement
Dire que l’on s’est arrêté parce que la situation devenait risquée n’aide pas toujours. Le désistement utile doit être présenté comme une décision personnelle, antérieure à la découverte, à la résistance ou à l’arrivée d’un tiers.
Négliger les preuves numériques
Messages supprimés, recherches internet, géolocalisation, applications de paiement, photos et vidéos peuvent être interprétés à charge. Ils peuvent aussi montrer une hésitation, une absence de cible ou une explication alternative.
Oublier le texte spécial
Pour un délit, il faut vérifier si la tentative est expressément punie. Cette étape paraît technique, mais elle peut changer la discussion sur la qualification et sur les poursuites possibles.
Le cabinet travaille donc sur trois plans en même temps : le fait, le texte et la procédure. Le fait permet de discuter ce qui a réellement été accompli. Le texte permet de contrôler si l’infraction poursuivie peut être retenue au stade de la tentative. La procédure permet de vérifier la régularité de la garde à vue, de la perquisition, des saisies numériques, des auditions et de la présentation au magistrat.
Cette méthode est aussi utile pour les victimes. Lorsque l’infraction n’a pas abouti, il faut démontrer que le passage à l’exécution était suffisamment avancé pour justifier la poursuite et l’indemnisation. Les preuves à conserver ne sont donc pas seulement les traces du dommage, mais aussi les éléments qui montrent le danger réel, la proximité du passage à l’acte, l’interruption extérieure et les conséquences concrètes subies.
Tentative d’escroquerie, vol ou violences : les points qui changent le dossier
Les recherches des justiciables portent souvent sur la tentative d’escroquerie, la tentative de vol et le désistement volontaire. Ces requêtes correspondent à des situations très concrètes : fraude en ligne interrompue, déclaration à l’assurance, tentative de vol de véhicule, intrusion stoppée, violence interrompue avant le résultat redouté.
| Situation | Question décisive | Action utile |
|---|---|---|
| Tentative d’escroquerie | Une remise ou une demande d’indemnisation a-t-elle été réellement sollicitée ? | Comparer les messages, formulaires et pièces produites à l’article 313-3 du Code pénal. |
| Tentative de vol | L’acte dépasse-t-il le simple repérage ou la possession d’outils ? | Exploiter les images, l’emplacement exact, le seuil franchi et l’intention prêtée. |
| Tentative de violences graves | L’intention de tuer ou de blesser gravement est-elle établie ? | Discuter l’intention, la direction des gestes, la distance, l’objet utilisé et les secours portés. |
| Victime d’une tentative | Quelles preuves démontrent le passage à l’exécution et le préjudice ? | Conserver plainte, certificats, messages, vidéos et éléments de préjudice pour la constitution de partie civile. |
Pour une victime, l’analyse n’est pas seulement pénale. Il faut préparer les demandes d’indemnisation, la chronologie des faits, les preuves de peur, de préjudice matériel, de perte financière ou de traumatisme, puis choisir entre plainte simple, plainte avec constitution de partie civile ou intervention à l’audience.
Jurisprudence utile : trois alertes pratiques
Attente armée et intention homicide
La Cour de cassation a validé le renvoi devant la cour d’assises dans un dossier où l’intéressé attendait longuement la victime avec une arme chargée et des éléments d’intention discutés pendant l’information. Cette décision montre que des actes encore antérieurs au contact direct avec la victime peuvent suffire lorsque le contexte est très chargé.
Repentir actif et désistement volontaire
Après un acte dangereux déjà engagé, aider la victime ou limiter le dommage peut jouer sur la peine ou l’appréciation du dossier, mais ne suffit pas toujours à effacer la tentative. La défense doit donc prouver que la renonciation intervient avant le commencement de consommation.
Escroquerie et demande à l’assureur
En matière d’assurance ou de fraude documentaire, le débat porte sur l’usage effectif du document et sur la demande de remise. La défense doit isoler ce qui relève d’une préparation, d’une déclaration ambiguë ou d’une démarche déjà dirigée vers l’obtention d’argent.
Aucun automatisme
La tentative est une qualification technique. Deux dossiers proches peuvent recevoir des solutions opposées selon la précision des actes, l’intention prouvée, l’état d’avancement de l’infraction et la raison exacte pour laquelle elle n’a pas abouti.
Procédure à Paris : agir avant que la qualification se fige
Le cabinet intervient devant le tribunal judiciaire de Paris, Bobigny, Nanterre, Créteil et les juridictions d’Île-de-France. En pratique, l’intervention rapide permet de préparer l’audition, demander des actes, produire des pièces de personnalité, solliciter une confrontation ou contester une mesure de contrainte.
Avant audition
Identifier les faits reprochés, préparer les explications factuelles, contrôler les documents utiles et décider ce qui doit être dit ou réservé.
Instruction
Demander des actes, expertises, confrontations, auditions de témoins et travailler la qualification avant le renvoi.
Audience
Plaider l’absence de commencement d’exécution, le désistement volontaire, l’absence d’intention ou une peine adaptée.
Victime
Structurer la constitution de partie civile, chiffrer les préjudices et documenter les conséquences de la tentative.
Maître Hassan KOHEN, avocat au Barreau de Paris
Kohen Avocats est un cabinet situé au 11 rue Margueritte, Paris 17e. Le cabinet intervient en droit pénal pour les personnes mises en cause, les victimes et les proches confrontés à une tentative d’infraction.
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Honoraires
Les honoraires sont fixés sur devis après un premier échange et l’analyse du stade procédural : audition libre, garde à vue, instruction, audience correctionnelle, assises ou intervention comme partie civile. Un forfait peut être proposé pour une étape déterminée ; les diligences commencent après validation de la mission et paiement selon les modalités convenues.
Quelle est la différence entre tentative et infraction consommée ?
L’infraction consommée reunit tous les éléments prévus par le texte d’incrimination. La tentative est definie par l’article 121-5 du Code pénal : « La tentative est constituee dès lors que, manifestee par un commencement d’exécution, elle n’a été suspendue ou n’a manque son effet qu’en raison de circonstances independantes de la volonte de son auteur ».
Trois conditions doivent être reunies : un commencement d’exécution, l’absence de desistement volontaire et le caractère punissable de la tentative pour l’infraction concernée. L’article 121-4 du Code pénal précisé : « Est auteur de l’infraction la personne qui (…) tente de commettre un crime ou, dans les cas prévus par la loi, un delit ».
La Cour de cassation a recemment confirme la qualification de tentative d’assassinat dans un dossier ou l’auteur attendait sa victime arme : « M. Q… n’avait pas seulement l’intention de menacer, comme il aurait pu le faire avec une arme non chargee, ou d’exercer des violences physiques sur Mme B…, mais bien d’attenter a sa vie et ceci de façon irrevocable, compte tenu de la longueur de son attente devant le domicile » (Cass. crim., 13 janv. 2021, n 20-85.791). Lien : https://www.courdecassation.fr/décision/600fe839e5e8160929976c8b.
Le cabinet axe la défense sur la frontiere entre acte preparatoire et commencement d’exécution.
Un simple repérage peut-il suffire ?
Le simple reperage reste en principe un acte preparatoire non punissable. La tentative n’est punissable que des le commencement d’exécution, defini comme l’acte tendant directement et immediatement à la consommation de l’infraction.
L’article 121-5 du Code pénal dispose : « La tentative est constituee dès lors que, manifestee par un commencement d’exécution, elle n’a été suspendue ou n’a manque son effet qu’en raison de circonstances independantes de la volonte de son auteur ».
Toutefois, la combinaison d’un reperage avec d’autres éléments (présence sur les lieux, possession d’une arme chargee, désignation de la cible, instructions précises) peut faire basculer la qualification. La Cour de cassation a admis la tentative d’assassinat dans un dossier marquant : « M. Q… n’avait pas seulement l’intention de menacer, comme il aurait pu le faire avec une arme non chargee, ou d’exercer des violences physiques sur Mme B…, mais bien d’attenter a sa vie et ceci de façon irrevocable, compte tenu de la longueur de son attente devant le domicile » (Cass. crim., 13 janv. 2021, n 20-85.791). Lien : https://www.courdecassation.fr/décision/600fe839e5e8160929976c8b.
Le cabinet examine la chronologie pour identifier la frontiere entre preparation impunie et exécution punissable.
Le désistement volontaire peut-il écarter la tentative ?
Le desistement volontaire ecarte la tentative s’il intervient avant l’achevement de l’infraction et resulte d’une décision libre de l’auteur. L’article 121-5 du Code pénal exige que la tentative ait été « suspendue ou n’a manque son effet qu’en raison de circonstances independantes de la volonte de son auteur ».
Le desistement n’est pas volontaire lorsqu’il est provoque par l’arrivee de la police, la resistance de la victime, la peur d’être decouvert ou un obstacle matériel imprevu.
La Cour de cassation rappelle la rigueur du critère d’indépendance de la volonte : « M. Q… n’avait pas seulement l’intention de menacer (…) mais bien d’attenter a sa vie et ceci de façon irrevocable, compte tenu de la longueur de son attente devant le domicile (…) le commencement d’exécution n’ayant été suspendu ou n’ayant manque son objet que par des circonstances independantes de la volonte de son auteur, en l’espece l’interpellation par les policiers avant le retour de la victime » (Cass. crim., 13 janv. 2021, n 20-85.791). Lien : https://www.courdecassation.fr/décision/600fe839e5e8160929976c8b.
Le cabinet construit la chronologie pour démontrer la spontaneite du retrait quand elle existe.
La tentative de délit est-elle toujours punissable ?
La tentative de delit n’est punissable que dans les cas expressement prévus par la loi. L’article 121-4 du Code pénal dispose : « Est auteur de l’infraction la personne qui (…) tente de commettre un crime ou, dans les cas prévus par la loi, un delit ». La tentative de crime, en revanche, est toujours punissable.
La tentative est expressement prévue pour le vol (article 311-13 du Code pénal), l’escroquerie (article 313-3), l’agression sexuelle (article 222-31), le chantage (article 312-12). Elle ne l’est pas pour de nombreux delits, ce qui constitue un moyen de défense efficace.
La Cour de cassation rappelle l’exigence d’une caractérisation rigoureuse de la tentative : « M. Q… n’avait pas seulement l’intention de menacer, comme il aurait pu le faire avec une arme non chargee, ou d’exercer des violences physiques sur Mme B…, mais bien d’attenter a sa vie et ceci de façon irrevocable » (Cass. crim., 13 janv. 2021, n 20-85.791). Lien : https://www.courdecassation.fr/décision/600fe839e5e8160929976c8b.
Le cabinet vérifié systématiquement si la tentative du delit poursuivi est legalement punissable.
Que faire après une convocation pour tentative d'escroquerie ?
La convocation pour tentative d’escroquerie impose de réunir l’integralite des pièces du dossier. La tentative d’escroquerie est punissable sur le fondement de l’article 313-3 du Code pénal qui renvoie à l’article 313-1 incriminant l’escroquerie.
L’article 313-1 du Code pénal definit l’escroquerie comme « le fait, soit par l’usage d’un faux nom ou d’une fausse qualité, soit par l’abus d’une qualité vraie, soit par l’emploi de manoeuvres frauduleuses, de tromper une personne (…) et de la déterminer ainsi (…) a remettre des fonds, des valeurs ou un bien quelconque ».
Les pièces a réunir sont les messages, formulaires, demandes envoyees, courriers d’assurance, releves bancaires, justificatifs de remise sollicitee. L’avocat reconstruit la frontiere entre projet, acte preparatoire et commencement d’exécution.
La Cour de cassation rappelle l’exigence d’un commencement d’exécution caractérisé : « M. Q… n’avait pas seulement l’intention de menacer (…) mais bien d’attenter a sa vie et ceci de façon irrevocable » (Cass. crim., 13 janv. 2021, n 20-85.791). Lien : https://www.courdecassation.fr/décision/600fe839e5e8160929976c8b.
Le cabinet prepare la défense des le premier appel.
La peine est-elle réduite parce que l'infraction a échoué ?
La tentative est punie des memes peines que l’infraction consommée. L’article 121-4 du Code pénal place l’auteur d’une tentative au même rang que l’auteur d’une infraction consommée : « Est auteur de l’infraction la personne qui (…) tente de commettre un crime ou, dans les cas prévus par la loi, un delit ».
L’echec de l’infraction n’entraine donc aucune attenuation légale automatique. La reduction de peine se construit au stade du dossier, sur le fondement de l’article 132-1 du Code pénal qui impose l’individualisation : « toute peine prononcee (…) doit être individualisee ».
La Cour de cassation impose une motivation rigoureuse de la peine : « Le juge qui prononce une peine d’emprisonnement sans sursis doit en justifier la necessite au regard des faits de l’espece, de la gravite de l’infraction, de la personnalite de son auteur, de sa situation matérielle, familiale et sociale ainsi que du caractère inadequat de toute autre sanction » (Cass. crim., 4 mai 2016, n 15-80.770). Lien : https://www.courdecassation.fr/décision/5fd935cbd700a11842c14ea6.
Le cabinet construit la défense sur la qualification, la personnalite, l’absence d’antecedent, la reparation et la fragilité éventuelle du dossier d’accusation.
Une victime peut-elle agir si l'infraction n'a pas abouti ?
La victime peut agir sur le fondement de la tentative dès lors que les faits caracterisent une tentative legalement punissable. L’article 2 du Code de procédure pénale ouvre l’action civile à toute personne ayant souffert directement du dommage cause par l’infraction.
La constitution de partie civile peut être formee devant la juridiction d’instruction (article 85 du Code de procédure pénale) ou directement devant la juridiction de jugement (article 419 du Code de procédure pénale).
Le prejudice indemnisable inclut la peur éprouvée, le retentissement psychologique et le dommage matériel ou financier eventuellement subi malgre l’absence de consommation. La Cour de cassation a juge que l’auteur d’une tentative engage sa responsabilité civile au même titre que celui d’une infraction consommée : « M. Q… n’avait pas seulement l’intention de menacer (…) mais bien d’attenter a sa vie et ceci de façon irrevocable » (Cass. crim., 13 janv. 2021, n 20-85.791). Lien : https://www.courdecassation.fr/décision/600fe839e5e8160929976c8b.
Le cabinet construit le dossier indemnitaire et chiffre les postes selon la nomenclature Dintilhac.
Quel est le délai de prescription ?
La prescription d’une tentative suit le régime de l’infraction principale. L’article 8 du Code de procédure pénale fixe le délai a six ans pour les delits, a compter du jour ou l’infraction a été commise.
L’article 7 du Code de procédure pénale fixe le délai des crimes a vingt ans, porte a trente ans pour les infractions sexuelles commises sur mineurs avec point de depart à la majorite.
Les actes interruptifs de prescription (plainte, audition, perquisition, ordonnance) font courir un nouveau délai. Une analyse précisé des dates est necessaire.
La Cour de cassation a recemment rappelé : « il resulte des articles 9 et 9-1 du Code de procédure pénale que le point de depart de la prescription doit être fixe au jour ou l’infraction a été commise et que ce n’est que si l’infraction est occulte ou dissimulée qu’il est repousse au jour auquel elle est apparue et a pu être constatee dans des conditions permettant la mise en mouvement ou l’exercice de l’action publique » (Cass. crim., 18 mars 2025, n 23-86.308). Lien : https://www.courdecassation.fr/décision/67d91294c37f3fa02c8a1695.
Le cabinet réalisé un audit complet de prescription avant toute action.
Un avocat peut-il vraiment contester le commencement d'exécution s'il y à des vidéos ?
Les enregistrements video ne dispensent pas le tribunal de la qualification juridique. Une scene captee peut sembler relever du commencement d’exécution alors qu’elle reste un acte preparatoire selon la definition de l’article 121-5 du Code pénal.
La défense reside dans la confrontation de l’image avec la rigueur de la jurisprudence. La Cour de cassation impose un acte tendant directement et immediatement à la consommation de l’infraction, l’intention etant déterminée.
Elle l’a confirme dans une affaire de tentative d’assassinat : « M. Q… n’avait pas seulement l’intention de menacer, comme il aurait pu le faire avec une arme non chargee, ou d’exercer des violences physiques sur Mme B…, mais bien d’attenter a sa vie et ceci de façon irrevocable, compte tenu de la longueur de son attente devant le domicile » (Cass. crim., 13 janv. 2021, n 20-85.791). Lien : https://www.courdecassation.fr/décision/600fe839e5e8160929976c8b.
Le cabinet sollicite expertises, contre-expertises et critique des conclusions des enquêteurs lorsque l’analyse video appelle un debat contradictoire.
Et si j'ai déjà été condamné par le passé ? Cela affaiblit-il ma défense ?
Une condamnation passee n’est pas un élément de culpabilite. Le passe pénal intervient uniquement au stade du choix de la peine, sur le fondement de l’article 132-1 du Code pénal.
La culpabilite se juge sur les faits qui sont reproches, dossier par dossier. Aucun précédent n’autorisé a presumer la culpabilite à venir. La défense doit donc, avant tout, remporter le debat sur les éléments constitutifs de l’infraction et sur le commencement d’exécution exige par l’article 121-5 du Code pénal.
La Cour de cassation impose une motivation précisé de la peine en cas d’antecedents : « Le juge qui prononce une peine d’emprisonnement sans sursis doit en justifier la necessite au regard des faits de l’espece, de la gravite de l’infraction, de la personnalite de son auteur, de sa situation matérielle, familiale et sociale ainsi que du caractère inadequat de toute autre sanction » (Cass. crim., 4 mai 2016, n 15-80.770). Lien : https://www.courdecassation.fr/décision/5fd935cbd700a11842c14ea6.
Le cabinet axe la défense sur la culpabilite d’abord, puis sur l’individualisation de la peine et la valorisation des éléments de reinsertion.
La tentative peut-elle être retenue même si je ne savais pas que l'infraction était impossible à consommer ?
La tentative impossible est punissable en droit francais. L’auteur reste coupable lorsque l’infraction n’a pu se consommer pour une raison qu’il ignorait, dès lors que le commencement d’exécution et l’intention sont caractérisés.
L’article 121-5 du Code pénal n’exige pas que l’infraction ait pu objectivement être consommée, mais que la tentative ait été « suspendue ou n’a manque son effet qu’en raison de circonstances independantes de la volonte de son auteur ».
La jurisprudence applique cette regle à la tentative de meurtre commise sur une personne déjà decedee, au vol commis dans une maison vide ou aux remises frauduleuses operees par un destinataire qui n’avait jamais existe.
La Cour de cassation a confirme la rigueur de cette analyse dans une affaire de tentative d’assassinat caractérisée malgre l’absence de la victime au moment des faits : « M. Q… n’avait pas seulement l’intention de menacer (…) mais bien d’attenter a sa vie et ceci de façon irrevocable, compte tenu de la longueur de son attente devant le domicile » (Cass. crim., 13 janv. 2021, n 20-85.791). Lien : https://www.courdecassation.fr/décision/600fe839e5e8160929976c8b.
Le cabinet analyse précisément la chronologie et l’intention pour conduire la défense.
Quel est le délai de prescription pour une tentative d'infraction ?
Comment nos avocats préparent-ils une plaidoirie en tentative ?
Y a-t-il une différence entre tentative d'infraction et infraction inachevée ?
La distinction entre tentative et infraction inachevee suppose une analyse précisé des qualifications retenues. La tentative au sens de l’article 121-5 du Code pénal exige un commencement d’exécution.
L’infraction inachevee peut être poursuivie sous d’autres qualifications : complicite (article 121-7), association de malfaiteurs (article 450-1), actes preparatoires a certaines infractions terroristes (article 421-2-1).
L’article 121-5 du Code pénal limite la qualification de tentative aux actes tendant directement et immediatement à la consommation. Tout acte antérieur reste impuni au titre de la tentative, mais peut être poursuivi sous d’autres qualifications selon le contexte.
La Cour de cassation rappelle l’exigence de caractérisation : « M. Q… n’avait pas seulement l’intention de menacer, comme il aurait pu le faire avec une arme non chargee, ou d’exercer des violences physiques sur Mme B…, mais bien d’attenter a sa vie et ceci de façon irrevocable, compte tenu de la longueur de son attente devant le domicile » (Cass. crim., 13 janv. 2021, n 20-85.791). Lien : https://www.courdecassation.fr/décision/600fe839e5e8160929976c8b.
Le cabinet examine chaque qualification pour identifier les options procedurales utiles.
Dois-je plaider coupable pour obtenir une réduction de peine ?
Plaider coupable n’est jamais une obligation, ni même une évidence strategique. L’article 121-5 du Code pénal pose une definition stricte de la tentative : un commencement d’exécution, l’absence de desistement volontaire et le caractère punissable de la tentative.
La défense peut plaider la relaxe lorsque ces conditions ne sont pas reunies. Lorsque la culpabilite parait inevitable au regard des éléments probatoires, la bataille se deplace sur l’individualisation de la peine.
La comparution sur reconnaissance préalable de culpabilite (CRPC) prévue aux articles 495-7 a 495-16 du Code de procédure pénale suppose l’accord de la personne. Elle ne se justifie que si l’analyse strategique le commande.
La Cour de cassation impose au juge qui prononce une peine d’emprisonnement sans sursis : « Le juge qui prononce une peine d’emprisonnement sans sursis doit en justifier la necessite au regard des faits de l’espece, de la gravite de l’infraction, de la personnalite de son auteur, de sa situation matérielle, familiale et sociale ainsi que du caractère inadequat de toute autre sanction » (Cass. crim., 4 mai 2016, n 15-80.770). Lien : https://www.courdecassation.fr/décision/5fd935cbd700a11842c14ea6.
Le cabinet conseille selon les enjeux et l’opportunite réelle.
L'arrêt du 13 janvier 2021 a-t-il durci la répression de la tentative ?
L’arrêt du 13 janvier 2021 marque une étape importante dans la jurisprudence sur la tentative. La chambre criminelle de la Cour de cassation a valide la qualification de tentative d’assassinat pour un auteur arrete avec une arme chargee, attendant longuement sa victime devant son domicile, dans l’intention manifeste de tuer.
L’article 121-5 du Code pénal exige un commencement d’exécution. La Cour a juge que l’attente prolongée, combinee à la possession d’une arme vérifiée chargee et à l’expression d’une intention homicide, suffit a caracteriser la tentative : « M. Q… n’avait pas seulement l’intention de menacer, comme il aurait pu le faire avec une arme non chargee, ou d’exercer des violences physiques sur Mme B…, mais bien d’attenter a sa vie et ceci de façon irrevocable, compte tenu de la longueur de son attente devant le domicile » (Cass. crim., 13 janv. 2021, n 20-85.791). Lien : https://www.courdecassation.fr/décision/600fe839e5e8160929976c8b.
Cette décision rapproche les actes preparatoires du commencement d’exécution lorsque l’intention est établie. Elle elargit le champ de la repression et impose une défense plus exigeante. Le cabinet intègre cette évolution dans la strategie probatoire.
Quelle est la portée de l'arrêt du 27 mars 2019 sur le désistement volontaire ?
Les réformes de 2023 et 2024 ont-elles modifié le régime de la tentative ?
Les reformes recentes n’ont pas modifie le régime général de la tentative. La loi n 2023-22 du 24 janvier 2023 d’orientation et de programmation du ministere de l’Interieur n’a pas touche aux articles 121-4 et 121-5 du Code pénal. La loi n 2023-1059 du 20 novembre 2023 d’orientation et de programmation du ministere de la Justice n’a pas davantage modifie ce régime.
Le cadre juridique reste celui defini par le Code pénal de 1994 et interprete par la jurisprudence constante de la chambre criminelle.
L’article 121-5 du Code pénal demeure : « La tentative est constituee dès lors que, manifestee par un commencement d’exécution, elle n’a été suspendue ou n’a manque son effet qu’en raison de circonstances independantes de la volonte de son auteur ».
La Cour de cassation a recemment rappelé cette construction : « M. Q… n’avait pas seulement l’intention de menacer, comme il aurait pu le faire avec une arme non chargee, ou d’exercer des violences physiques sur Mme B…, mais bien d’attenter a sa vie et ceci de façon irrevocable » (Cass. crim., 13 janv. 2021, n 20-85.791). Lien : https://www.courdecassation.fr/décision/600fe839e5e8160929976c8b.
Le cabinet adapte la défense aux évolutions ponctuelles du droit special.