Avocat travail dissimulé à Paris : contrôle URSSAF, défense pénale et sous-traitance

Réponse rapide

Le travail dissimulé expose l’employeur à un double front : contrôle URSSAF et procédure pénale. La priorité est de préserver les pièces, de répondre dans les délais à la lettre d’observations, de vérifier le procès-verbal, puis de préparer une défense sur l’intention, le lien de subordination, la sous-traitance ou le chiffrage du redressement.

À Paris, le dossier doit être traité comme un contentieux hybride. Une même affaire peut conduire à une mise en demeure URSSAF, une saisine de la commission de recours amiable, un recours devant le pôle social du tribunal judiciaire, une convocation pénale, une audience correctionnelle et des demandes de salariés devant le conseil de prud’hommes.

Le cabinet intervient pour les dirigeants, sociétés, indépendants, donneurs d’ordre et sous-traitants confrontés à une accusation de travail dissimulé par dissimulation d’activité, dissimulation d’emploi salarié, recours à un sous-traitant irrégulier, prêt illicite de main-d’œuvre ou marchandage.

La stratégie dépend du moment où vous nous saisissez : avant le contrôle, après la lettre d’observations, après la mise en demeure, à la réception d’une convocation de police, pendant une garde à vue, ou avant l’audience devant le tribunal correctionnel.

Qu'est-ce que le travail dissimulé ?

Ce que recouvre vraiment le travail dissimulé

Le travail dissimulé n’est pas seulement le cas caricatural du salarié payé en espèces sans bulletin de paie. Il peut aussi résulter d’une activité non immatriculée, d’une minoration d’heures, d’une déclaration sociale incomplète, d’une fausse indépendance, d’une sous-traitance qui masque de la main-d’œuvre ou d’un détachement étranger qui ne correspond pas à une activité réelle dans le pays d’origine.

Dissimulation d’activité

Elle vise l’exercice d’une activité lucrative sans immatriculation obligatoire, sans déclaration sociale ou fiscale, ou avec une partie du chiffre d’affaires dissimulée. Le texte de référence est l’article L. 8221-3 du Code du travail.

Dissimulation d’emploi salarié

Elle vise notamment l’absence de déclaration préalable à l’embauche, l’absence de bulletin de paie, la mention d’heures inférieures aux heures réelles ou l’absence de déclarations sociales sur les salaires. Le texte central est l’article L. 8221-5 du Code du travail.

Sous-traitance et vigilance

Un donneur d’ordre doit vérifier son cocontractant au moment du contrat puis périodiquement lorsque les seuils légaux sont atteints. L’attestation de vigilance, le Kbis, les déclarations sociales et les conditions réelles d’exécution sont déterminants.

Fausse indépendance

La présence d’un auto-entrepreneur ou d’un prestataire ne suffit pas. Si l’entreprise fixe les horaires, impose les méthodes, contrôle l’exécution et sanctionné les manquements, le lien de subordination peut être discuté.

En pratique, les requêtes les plus utiles tournent autour de la sanction du travail au noir, du contrôle URSSAF, du redressement forfaitaire, de la sous-traitance et du prêt de main-d’œuvre. La page traité donc le dossier comme le voit le client : que répondre, quelles pièces préparer, quel délai respecter et comment réduire le risque pénal et financier.

Contrôle URSSAF : les points qui changent le dossier

Un contrôle pour travail dissimulé ne se résume pas à une discussion comptable. Il faut vérifier la régularité du contrôle, la qualité des auditions, les documents utilisés, la période retenue, la méthode de chiffrage, la qualification juridique et le caractère intentionnel du manquement.

Moment du dossierAction utilePièces à réunirErreur à éviter
Avis ou début de contrôleorganiser les documents, nommer un interlocuteur, cadrer les échanges avec l’inspecteurDPAE, bulletins, DSN, contrats, plannings, factures, attestations de vigilancerépondre oralement sans conserver la trace de ce qui est transmis
Lettre d’observationsrépondre point par point dans la période contradictoire prévue par l’article R. 243-59 du Code de la sécurité socialepreuves de déclaration, explications de chiffrage, pièces de sous-traitance, échanges comptablestraiter la lettre comme une simple relance administrative
Mise en demeureexaminer la saisine de la commission de recours amiable et le recours devant le pôle social du tribunal judiciairemise en demeure, réponse URSSAF, accusés de réception, décompte des majorationsconfondre contentieux URSSAF et recours administratif devant le tribunal administratif
Convocation pénalepréparer l’audition, l’audience correctionnelle ou l’appel avec une défense pénale autonomeprocès-verbal, auditions, pièces URSSAF, justificatifs de régularisation, attestationspenser que le paiement URSSAF efface automatiquement l’infraction

Le redressement peut être majoré de 25 % en cas de constat de travail dissimulé, et davantage dans certains cas aggravés ou de réitération. L’article L. 243-7-7 du Code de la sécurité sociale doit donc être lu avec la mise en demeure, pas séparément.

Lettre d’observations et enveloppe de notification
DPAE, DSN, bulletins de paie et registres du personnel
Contrats de prestation, factures, devis et bons de commande
Attestations de vigilance et vérifications tous les six mois
Planning, badgeuse, relevés d’heures et messages opérationnels
Échanges avec expert-comptable, conseil, sous-traitants et salariés

Sanctions pénales, redressement et prescription

Le travail dissimulé est un délit. L’article L. 8224-1 du Code du travail prévoit trois ans d’emprisonnement et 45 000 euros d’amende pour une personne physique. Pour une personne morale, le montant maximal de l’amende se calculé selon l’article 131-38 du Code pénal, soit jusqu’au quintuple de l’amende encourue par la personne physique.

RisqueBase juridiqueCe que l’avocat vérifie
Poursuites correctionnellesCode du travail, articles L. 8221-1 et suivants, L. 8224-1 et suivantsélément matériel, élément intentionnel, auditions, contrôle de la qualification
Amende personne moralearticles L. 8224-5 du Code du travail et 131-38 du Code pénalresponsabilité de la société, organe ou représentant, proportionnalité, peines complémentaires
Majoration URSSAFarticle L. 243-7-7 du Code de la sécurité socialetaux applicable, réduction possible, période, assiette et preuve du travail dissimulé
Annulation d’exonérationsarticle L. 133-4-2 du Code de la sécurité socialeannulation totale ou partielle, proportion limitée, lien avec les rémunérations dissimulées
Prescription pénalearticle 8 du Code de procédure pénaledélai de six ans pour les délits, date du dernier fait, actes interruptifs, infraction dissimulée

Le prêt illicite de main-d’œuvre et le marchandage doivent être distingués du travail dissimulé même lorsqu’ils apparaissent dans le même contrôle. Le marchandage est défini par l’article L. 8231-1 du Code du travail ; le prêt de main-d’œuvre à but lucratif est encadré par l’article L. 8241-1. Cette distinction peut changer les arguments, les sanctions et les pièces à produire.

Défense : ce qui peut faire baisser ou annuler le risque

La défense utile ne consiste pas à nier en bloc. Elle consiste à isoler ce qui est contestable, à régulariser ce qui doit l’être, et à éviter que le dossier URSSAF soit repris tel quel au pénal sans analyse de l’intention.

Contester l’intention

Le travail dissimulé suppose une soustraction intentionnelle. Les échanges avec l’expert-comptable, les formalités commencées, les erreurs de paramétrage, l’absence d’antécédent ou l’ambiguïté du statut peuvent nourrir une défense, surtout lorsque les obligations applicables n’étaient pas évidentes.

Discuter le lien de subordination

Dans les dossiers d’auto-entrepreneurs, freelances ou sous-traitants, le coeur du débat est souvent le contrôle réel du travail. Il faut comparer le contrat écrit aux conditions d’exécution : horaires, outils, pouvoir disciplinaire, intégration dans l’équipe et dépendance économique.

Réduire le chiffrage

Le redressement forfaitaire n’est pas toujours intangible. La durée exacte du travail, la rémunération réelle, les périodes sans activité, les salariés déjà déclarés et les exonérations partiellement conservables peuvent modifier fortement l’assiette.

Préparer l’audience

Devant le tribunal correctionnel, le juge regarde aussi la régularisation, la gouvernance de l’entreprise, le rôle réel du dirigeant, les mesures de conformité prises et les conséquences économiques d’une peine complémentaire.

La Cour de cassation a rappelé en 2025 qu’une société étrangère qui exerce en France une activité habituelle, stable et continue ne peut pas toujours se retrancher derrière le détachement pour éviter les déclarations françaises. Cette décision est utile dans les dossiers de sous-traitance internationale, mais elle impose aussi de vérifier les faits concrets : chiffre d’affaires en France, organisation logistique, lieu réel de travail et déclarations accomplies.

Autre point récent : l’URSSAF ne peut pas obtenir automatiquement des dommages-intérêts pour un simple préjudice moral en se prévalant de l’atteinte à sa mission. La décision publiée du 20 mai 2025 obligé à distinguer le préjudice moral non indemnisable et les éventuels surcoûts matériels réellement démontrés.

Enfin, en matière prud’homale, la chambre sociale a jugé le 24 septembre 2025 qu’un travail accompli pendant un arrêt maladie n’ouvre pas mécaniquement droit à l’indemnité forfaitaire pour travail dissimulé : la qualification exacte reste décisive. Cette précision évite de confondre manquement de l’employeur, rappel de salaire, dommages-intérêts et travail dissimulé.

Accompagnement du cabinet

Le cabinet peut intervenir en urgence pour analyser une lettre d’observations, préparer une réponse URSSAF, saisir la commission de recours amiable, contester une mise en demeure, préparer une audition, assister un dirigeant en garde à vue ou défendre l’entreprise à l’audience correctionnelle.

Contrôle et redressement URSSAF

Analyse de la procédure, réponse contradictoire, contestation du chiffrage, vérification de la majoration, CRA et recours devant le pôle social du tribunal judiciaire.

Défense pénale

Préparation audition ou garde à vue, stratégie d’audience, communication de pièces, négociation sur la peine, appel éventuel et défense des dirigeants.

Conformité et régularisation

Audit des pratiques de déclaration, sous-traitance, auto-entrepreneurs, attestation de vigilance, DPAE, contrats et procédures internes.

Honoraires

Les honoraires sont fixés sur devis après lecture des pièces. La première analyse permet d’identifier le canal utile : réponse URSSAF, recours social, défense pénale ou mise en conformité.

Maître Hassan KOHEN, avocat au Barreau de Paris

Maître Hassan KOHEN, avocat au Barreau de Paris

Kohen Avocats est un cabinet situé au 11 rue Margueritte, Paris 17e. Le cabinet intervient en droit pénal et en contentieux du travail lorsque le dossier combine contrôle URSSAF, poursuites pénales et conséquences sociales.

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Envoyez la lettre d’observations, la mise en demeure, la convocation ou les pièces URSSAF afin d’obtenir un premier cadrage.

La lettre d’observations URSSAF, prévue par l’article R. 243-59 du Code de la sécurité sociale, ouvre un délai de trente jours pour formuler des observations écrites. Ce délai est strict ; son expiration emporte presomption d’accord sur les redressements proposes.

Trois reflexes sont essentiels. Premièrement, ne rien transmettre spontanement sans analyse juridique : toute pièce est susceptible d’être versee au procès-verbal et utilisee penalement. Deuxièmement, contester l’integralite des chefs de redressement par observations motivees, faute de quoi la contestation ulterieure est compromise. Troisièmement, anticiper le risque pénal : le procès-verbal de l’URSSAF est presque systématiquement transmis au parquet en application de l’article L. 8271-7 du Code du travail.

La chambre sociale juge que « le caractère intentionnel du travail dissimulé […] est caractérisé lorsqu’il est établi que l’employeur a, de maniere intentionnelle, mentionne sur le bulletin de paie un nombre d’heures de travail inferieur à celui réellement effectué » (Cass. soc., 5 juin 2019, n° 17-23.228, publie au Bulletin, arrêt consultable ici). Le cabinet intervient des reception de la lettre d’observations pour éviter les déclarations prejudiciables et orchestrer la contestation.

Non. Le paiement du redressement URSSAF n’eteint pas l’action publique. Le travail dissimulé, sanctionné par l’article L. 8224-1 du Code du travail, est puni de trois années d’emprisonnement et de 45 000 euros d’amende pour les personnes physiques.

Les deux procédures sont autonomes. La regularisation des cotisations supprime le redressement URSSAF mais n’efface pas l’infraction pénale. La chambre criminelle juge que le delit est constitue des l’usage intentionnel des dispositifs de dissimulation (déclaration préalable à l’embauche absente, bulletin de paie minorant les heures, déclarations mensongeres aux organismes sociaux). Le procès-verbal est en pratique transmis au parquet pour une enquête distincte.

La chambre sociale précisé que « le caractère intentionnel du travail dissimulé […] est caractérisé lorsqu’il est établi que l’employeur a, de maniere intentionnelle, mentionne sur le bulletin de paie un nombre d’heures de travail inferieur à celui réellement effectué » (Cass. soc., 5 juin 2019, n° 17-23.228, publie au Bulletin, arrêt consultable ici). Le cabinet pilote en parallele la contestation du redressement URSSAF et la défense pénale, sur deux fronts coordonnes.

La contestation de la mise en demeure URSSAF releve du pole social du tribunal judiciaire en application de l’article L. 142-1 du Code de la sécurité sociale. La saisine préalable de la commission de recours amiable de l’URSSAF est obligatoire, dans le délai de deux mois suivant la notification de la mise en demeure.

Après rejet ou silence de deux mois de la commission, le pole social peut être saisi dans le délai de deux mois. La procédure est orale, sans representation obligatoire, mais l’assistance d’un avocat reste vivement conseillee compte tenu de la technicite des regles applicables (lettre d’observations, procès-verbal de travail dissimulé, qualification du lien de subordination).

La chambre sociale juge que la dissimulation d’emploi salarié suppose un élément intentionnel : « le caractère intentionnel du travail dissimulé […] est caractérisé lorsqu’il est établi que l’employeur a, de maniere intentionnelle, mentionne sur le bulletin de paie un nombre d’heures de travail inferieur à celui réellement effectué » (Cass. soc., 5 juin 2019, n° 17-23.228, publie au Bulletin, arrêt consultable ici). Le cabinet conduit la procédure devant le pole social et coordonne avec la défense pénale.

Le délai de prescription de l’action publique pour le travail dissimulé est de six années, en application de l’article 8 du Code de procédure pénale, le delit etant puni de trois années d’emprisonnement par l’article L. 8224-1 du Code du travail.

Le point de depart depend de la nature des faits. Pour la dissimulation d’emploi salarié consistant en l’absence de déclaration préalable à l’embauche (article L. 1221-10 du Code du travail), la prescription court à compter du dernier jour de la prestation de travail. Pour la dissimulation par minoration des heures sur les bulletins de paie, le délai court à compter du dernier bulletin minorant les heures.

La chambre sociale rappelle que « le caractère intentionnel du travail dissimulé […] est caractérisé lorsqu’il est établi que l’employeur a, de maniere intentionnelle, mentionne sur le bulletin de paie un nombre d’heures de travail inferieur à celui réellement effectué » (Cass. soc., 5 juin 2019, n° 17-23.228, publie au Bulletin, arrêt consultable ici). Le cabinet examine systématiquement les délais avant tout dépôt de plainte ou contestation.

Non. Pour une personne morale, l’amende maximale se calculé selon l’article 131-38 du Code pénal, qui prévoit le quintuple de l’amende encourue par la personne physique. Les peines complémentaires peuvent aussi être très lourdes.

La défense repose sur la contestation du lien de subordination juridique permanent, critère distinctif du contrat de travail. L’article L. 8221-6 du Code du travail pose une presomption de non-salariat au profit des personnes immatriculees au RCS, au repertoire des metiers ou comme micro-entrepreneurs, presomption renversable lorsque l’URSSAF démontre l’existence d’un lien de subordination.

Plusieurs critères protegent l’auto-entrepreneur authentique : la pluralite de donneurs d’ordres, la liberte d’organisation du temps de travail, la fourniture de ses propres outils, l’absence d’integration au service organisé, la facturation autonome, l’absence d’instructions detaillees et de contrôle hiérarchique.

La deuxieme chambre civile juge que « la presomption légale de non-salariat qui bénéficie aux personnes sous le statut d’auto-entrepreneur peut être detruite s’il est établi qu’elles fournissent directement ou par une personne interposee des prestations au donneur d’ordre dans des conditions qui les placent dans un lien de subordination juridique permanente à l’egard de celui-ci » (Cass. 2e civ., 28 nov. 2019, n° 18-15.333, publie au Bulletin, arrêt consultable ici). Le cabinet construit la défense sur la demonstration documentée de l’autonomie réelle du prestataire.

Oui, dans les conditions definies par l’article L. 8222-2 du Code du travail. Le donneur d’ordre est tenu solidairement avec celui qui a fait l’objet d’un procès-verbal pour delit de travail dissimulé au paiement des cotisations sociales, des impots dus, et eventuellement des rémunérations dues aux salariés dissimules.

Cette solidarite est conditionnee à la meconnaissance des obligations de vigilance prévues par l’article L. 8222-1 du Code du travail : vérification de l’immatriculation du sous-traitant, attestation de regularite vis-a-vis de l’URSSAF, déclaration de detachement pour les prestataires etrangers. La vérification s’effectué tous les six mois au-delà d’un seuil de 5 000 euros HT.

La deuxieme chambre civile juge que « si la mise en oeuvre de la solidarite financiere du donneur d’ordre […] n’est pas subordonnee à la communication préalable à ce dernier du procès-verbal pour delit de travail dissimulé, […] l’organisme de recouvrement est tenu de produire ce procès-verbal devant la juridiction de sécurité sociale en cas de contestation » (Cass. 2e civ., 8 avril 2021, n° 19-23.728, publie au Bulletin, arrêt consultable ici). Le cabinet conteste la solidarite par défaut de production du procès-verbal ou demonstration de la vigilance régulière.

Oui. Le redressement forfaitaire, prévu par l’article L. 242-1-2 du Code de la sécurité sociale, fixe l’assiette des cotisations sur la base de six fois le SMIC mensuel par salarié dissimulé constate. Cette évaluation forfaitaire est contestable.

Plusieurs leviers existent. Le calcul peut être conteste lorsque la durée réelle d’emploi est inferieure à la presomption (par exemple, prestation occasionnelle ou ponctuelle). Le statut de salarié peut être conteste sur le fondement de la presomption de non-salariat de l’article L. 8221-6 du Code du travail. Le caractère intentionnel peut être conteste sur la base de la jurisprudence stricte de la chambre sociale.

La deuxieme chambre civile juge que la presomption légale de non-salariat des auto-entrepreneurs « peut être detruite s’il est établi qu’elles fournissent directement ou par une personne interposee des prestations au donneur d’ordre dans des conditions qui les placent dans un lien de subordination juridique permanente » (Cass. 2e civ., 28 nov. 2019, n° 18-15.333, publie au Bulletin, arrêt consultable ici). Le cabinet conteste le redressement devant le pole social du tribunal judiciaire.

L’urgence impose la transmission complete des pièces utiles. Pour une défense, il faut transmettre la lettre d’observations URSSAF, le procès-verbal éventuel, les contrats de travail et conventions de prestations de service, les bulletins de paie, les factures emises par les sous-traitants ou auto-entrepreneurs, les attestations de vigilance demandees, les correspondances avec les services d’inspection.

L’analyse de ces pièces permet d’identifier les contestations possibles : qualification du lien de subordination, calcul de l’assiette forfaitaire, prescription, vices procédure (irregularite de la lettre d’observations, défaut de signature, défaut de production du procès-verbal). La chambre sociale rappelle que « le caractère intentionnel du travail dissimulé […] est caractérisé lorsqu’il est établi que l’employeur a, de maniere intentionnelle, mentionne sur le bulletin de paie un nombre d’heures de travail inferieur à celui réellement effectué » (Cass. soc., 5 juin 2019, n° 17-23.228, publie au Bulletin, arrêt consultable ici).

Le cabinet examine ces pièces dans les vingt-quatre heures pour éviter l’expiration des délais de contestation et orchestrer la défense pénale et sociale.

Oui. Le salarié ayant été victime d’un travail dissimulé peut saisir le conseil de prud’hommes pour obtenir l’indemnité forfaitaire de six mois de salaire prévue à l’article L. 8223-1 du Code du travail, en sus du rappel de salaires et des cotisations dues.

L’indemnité forfaitaire est due lorsque le salarié démontre l’élément intentionnel du travail dissimulé. La chambre sociale juge que « le caractère intentionnel du travail dissimulé […] est caractérisé lorsqu’il est établi que l’employeur a, de maniere intentionnelle, mentionne sur le bulletin de paie un nombre d’heures de travail inferieur à celui réellement effectué » (Cass. soc., 5 juin 2019, n° 17-23.228, publie au Bulletin, arrêt consultable ici).

Trois actions peuvent être cumulees : action prud’homale en paiement de l’indemnité forfaitaire et des heures supplémentaires, action pénale par citation directe ou plainte avec constitution de partie civile, action devant le pole social pour la reconnaissance de la qualité de salarié. Le cabinet articule ces trois fronts pour maximiser les chances de reconnaissance et d’indemnisation.

Pas systématiquement. Le travail effectué pendant un arrêt maladie peut constituer une fraude à l’assurance maladie sanctionnée par l’article L. 162-1-14 du Code de la sécurité sociale (penalite financiere) ou un travail dissimulé penalement reprimande lorsque l’activite n’est pas déclarée.

La qualification depend des circonstances. Une activite benevole, un soutien familial sans rémunération, une activite professionnelle déclarée compatible avec l’arrêt maladie ne constituent pas une infraction. En revanche, une activite remuneree non déclarée pendant un arrêt indemnise par la sécurité sociale caractérisé la dissimulation, sanctionnée par l’article L. 8221-3 du Code du travail.

La chambre sociale juge que « le caractère intentionnel du travail dissimulé […] est caractérisé lorsqu’il est établi que l’employeur a, de maniere intentionnelle, mentionne sur le bulletin de paie un nombre d’heures de travail inferieur à celui réellement effectué » (Cass. soc., 5 juin 2019, n° 17-23.228, publie au Bulletin, arrêt consultable ici). Le cabinet construit la défense sur l’absence d’intention frauduleuse, la nature de l’activite et le respect des conditions de l’arrêt.

Oui, dans certaines conditions. L’URSSAF peut accorder des remises de majorations et délais de paiement, en application des articles R. 243-19-1 et suivants du Code de la sécurité sociale. La négociation est cependant limitee s’agissant des cotisations principales en matiere de travail dissimulé, dont l’annulation est rare.

Plusieurs leviers existent. Une demande gracieuse motivee de remise des majorations peut être adressée au directeur de l’URSSAF. Un echeancier de paiement peut être obtenu. Une transaction peut être envisagee dans certains cas exceptionnels. La négociation suppose la reconnaissance des faits et la cessation immediate des pratiques constatees.

La chambre sociale juge que « le caractère intentionnel du travail dissimulé […] est caractérisé lorsqu’il est établi que l’employeur a, de maniere intentionnelle, mentionne sur le bulletin de paie un nombre d’heures de travail inferieur à celui réellement effectué » (Cass. soc., 5 juin 2019, n° 17-23.228, publie au Bulletin, arrêt consultable ici). Une négociation reussie n’eteint toutefois pas l’action publique. Le cabinet articule la négociation URSSAF avec la défense pénale parallele.

Travail dissimulé et travail illégal en 2023

La rubrique “Travail illégal” regroupe notamment le travail dissimulé, le marchandage et le prêt illicite de main-d’œuvre. Les données ci-dessous donnent un aperçu de ce contentieux.

Infractions de travail illégal
2 913
infractions sanctionnées en 2023
Ensemble des infractions classées “travail illégal” (dont le travail dissimulé), soit environ 0,3 % de l’ensemble des infractions pénales sanctionnées.
Infractions voisines (social / travail)
369
fraudes sociales
La “Fraude aux prestations ou cotisations sociales” représente 369 infractions supplémentaires, auxquelles s’ajoutent des entraves à l’action de l’inspection du travail et à la représentation des salariés.
Condamnations pour travail illégal
1 549
condamnations en 2023
Condamnations pour “Travail illégal” prononcées par les tribunaux correctionnels (employeurs, dirigeants, intermédiaires, etc.).
Peines principales prononcées
50,2 % / 39,7 % / 9,0 %
emprisonnement / amende / substitution
Pour le travail illégal : l’emprisonnement est la peine principale dans environ 50,2 % des condamnations, l’amende dans 39,7 % et une peine de substitution dans 9,0 %.
Emprisonnement et sursis
11,1 % ferme
parmi les emprisonnements
Parmi les emprisonnements prononcés pour travail illégal : environ 11,1 % comportent une partie ferme et 86,9 % un sursis total. Les peines fermes restent minoritaires, mais le risque de casier et d’interdiction professionnelle demeure réel.
Cadre “travail et sécurité sociale”
> 3 000
infractions au total
En ajoutant travail illégal, fraudes aux prestations ou cotisations, entraves à l’inspection du travail et diverses infractions de sécurité, le bloc “travail et sécurité sociale” dépasse 3 000 infractions sanctionnées en 2023.
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