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Changement de nom après divorce : délai, démarches et effets sur les enfants

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Chaque mois, plus de deux cent dix recherches portent sur le délai pour changer de nom après un divorce en France. Pourtant, nombre d’époux ignorent que la perte du nom marital n’est pas une simple formalité. Elle relève d’un mécanisme juridique automatique, encadré par l’article 264 du code civil, qui produit ses effets dès le prononcé du jugement. La loi n° 2022-301 du 2 mars 2022 relative au choix du nom issu de la filiation a, par ailleurs, modifié les règles applicables aux enfants. Les parents doivent désormais distinguer le nom de famille de l’enfant, inscrit à l’état civil, du nom d’usage que l’un des parents peut continuer à porter. Cette confusion explique une partie des contentieux qui naissent après la séparation. Le présent texte expose les règles de droit, la procédure administrative à suivre et les recours disponibles en cas de désaccord entre ex-époux.

Le principe légal : perte automatique du nom marital

L’article 264 du code civil (texte officiel) dispose : « À la suite du divorce, chacun des époux perd l’usage du nom de son conjoint. » Cette perte est une conséquence directe et obligatoire du prononcé du divorce. Elle concerne tout époux ayant adopté le nom de son conjoint, qu’il s’agisse de la femme ou de l’homme. Le cabinet assure une expertise en droit de la famille à Paris pour accompagner cette phase de transition. Elle ne nécessite aucune décision supplémentaire du juge. L’époux qui avait adopté le nom de son conjoint, en application de l’article 225-1 du code civil (texte officiel), doit donc reprendre son nom de naissance.

L’article 225-1 du code civil prévoit en effet le droit d’usage du nom conjoint.

« Chacun des époux peut porter, à titre d’usage, le nom de l’autre époux, par substitution ou adjonction à son propre nom dans l’ordre qu’il choisit, dans la limite d’un nom de famille pour chacun d’eux. »

Ce droit d’usage vaut uniquement pendant le mariage. Il s’éteint de plein droit à la dissolution de celui-ci. Le principe d’égalité entre les époux s’applique pleinement. L’homme comme la femme peuvent avoir porté le nom de leur conjoint. La règle de la perte automatique vaut pour chacun d’eux.

La jurisprudence des tribunaux judiciaires rappelle constamment ce principe. Le tribunal judiciaire de Nancy l’a confirmé dans une décision du 23 décembre 2024. La cour a jugé que « la perte de l’usage du nom du conjoint est une conséquence naturelle du jugement de divorce » (TJ Nancy, 23 décembre 2024, n° RG 24/03361, décision), motifs : « L’article 264 du code civil dispose que : « à la suite du divorce, chacun des époux perd l’usage du nom de son conjoint. L’un des époux peut néanmoins conserver l’usage du nom de l’autre, soit avec l’accord de celui-ci, soit avec l’autorisation du juge, s’il justifie d’un intérêt particulier pour lui ou pour les enfants ». Il n’est pas nécessaire de constater que Madame ne demande pas à conserver l’usage du nom de Monsieur dès lors que la perte de l’usage du nom du conjoint est une conséquence naturelle du jugement de divorce. »

Les deux exceptions pour conserver le nom de son ex-époux

Le législateur a prévu deux dérogations au principe de perte automatique. L’une relève de la volonté des parties. L’autre relève du pouvoir du juge aux affaires familiales.

L’accord de l’ex-époux

Le premier alinéa de l’article 264 du code civil autorise l’un des époux à conserver l’usage du nom de l’autre « avec l’accord de celui-ci ». Cet accord peut être exprimé dans la convention de divorce homologuée par le juge. Il peut aussi résulter d’un écrit postérieur. L’accord n’est pas irrévocable en toute hypothèse. Il peut être révoqué en cas d’usage abusif du nom marital. La cour d’appel d’Aix-en-Provence a ainsi prononcé la révocation d’une autorisation lorsque l’ex-épouse avait utilisé des crédits engageant les deux parties sans avertir les créanciers de la situation de divorce.

L’autorisation judiciaire

À défaut d’accord, l’époux qui souhaite conserver le nom de son ex-conjoint doit saisir le juge aux affaires familiales. L’article 264 impose de justifier « d’un intérêt particulier pour lui ou pour les enfants ». Cette notion est appréciée souverainement par les juges du fond. La jurisprudence retient généralement l’intérêt professionnel acquis sous le nom marital, l’identité familiale avec des enfants en bas âge, ou la durée très longue du mariage couplée à l’âge avancé du demandeur.

Le tribunal judiciaire de Créteil a rappelé les conditions de cette autorisation dans une décision récente (TJ Créteil, 2025, n° RG 24/03619, décision), motifs : « L’article 264 du code civil prévoit qu’en principe, chacun des époux perd l’usage du nom de son conjoint à la suite du divorce, mais que l’un des époux peut néanmoins conserver l’usage du nom de l’autre, sinon avec l’accord de celui-ci, tout au moins avec l’autorisation du juge, s’il justifie d’un intérêt particulier pour lui ou pour les enfants. En l’espèce, aucune demande n’étant formée à ce titre, la perte de l’usage du nom du conjoint sera rappelée. »

Le tribunal judiciaire de Nanterre a également confirmé ce raisonnement (TJ Nanterre, 2025, n° RG 23/09129, décision), motifs : « L’article 264 du code civil dispose qu’à la suite du divorce, chacun des époux perd l’usage du nom de son conjoint ; l’un des époux peut néanmoins conserver l’usage du nom de l’autre, soit avec l’accord de celui-ci, soit avec l’autorisation du juge, s’il justifie d’un intérêt particulier pour lui ou pour les enfants. Il n’est pas formé de demande de conservation du nom. »

Quel délai pour changer de nom sur ses papiers après le divorce ?

Le divorce produit ses effets dès le prononcé du jugement définitif. Dès lors, l’époux perd l’usage du nom de son conjoint. Il n’existe pas de délai de grâce accordé par la loi pour le changement sur les documents officiels. Néanmoins, la mise à jour des papiers d’identité et des comptes ne s’effectue pas automatiquement. L’intéressé doit entreprendre les démarches auprès de chaque organisme.

La carte nationale d’identité et le passeport doivent être renouvelés. L’ancienne pièce reste valable jusqu’à son expiration, mais elle ne reflète plus l’état civil réel. L’administration recommande d’effectuer le changement dans un délai de trois mois à compter de la mise à jour de l’acte de naissance. Le renouvellement est gratuit si l’ancienne pièce est restituée.

La démarche pratique : mairie, CNI, passeport et organismes

Le retour au nom de naissance après divorce ne relève pas de la procédure de changement de nom simplifié devant le maire. Il s’agit d’un retour à l’état civil originel, justifié par le jugement de divorce. La démarche suit les étapes suivantes :

  1. Obtenir une copie intégrale du jugement de divorce définitif. Seule une copie complète, datée et certifiée conforme par le greffe fait foi.
  2. Se rendre à la mairie du lieu de naissance. L’officier d’état civil procède à la mention en marge de l’acte de naissance. Cette mention constate le retour au nom patronymique.
  3. Renouveler la carte nationale d’identité et le passeport. La démarche s’effectue en mairie ou en préfecture. Le jugement de divorce et l’acte de naissance mis à jour sont exigés.
  4. Mettre à jour le permis de conduire. La préfecture ou le site de l’ANTS permet ce changement sur présentation du jugement.
  5. Informer la banque, la sécurité sociale et la mutuelle. Un changement de RIB et de carte Vitale est nécessaire.
  6. Notifier l’employeur et les organismes de retraite. Le bulletin de paie et les relevés de carrière doivent refléter le nom exact.
  7. Actualiser la déclaration d’impôt. Le changement de nom peut influencer la situation fiscale, notamment en cas de nouvelle union ou de garde alternée.

Attention : l’usage d’un document d’identité ne correspondant pas à l’état civil est puni de cinq ans d’emprisonnement et de 50 000 euros d’amende. Ce risque justifie de traiter la démarche sans délai.

Et les enfants ? Le nom des enfants après le divorce

Le divorce des parents n’entraîne aucune modification automatique du nom de famille des enfants. L’article 311-21 du code civil (texte officiel) prévoit :

« Lorsque la filiation d’un enfant est établie à l’égard de ses deux parents au plus tard le jour de la déclaration de sa naissance ou par la suite mais simultanément, ces derniers choisissent le nom de famille qui lui est dévolu : soit le nom du père, soit le nom de la mère, soit leurs deux noms accolés dans l’ordre choisi par eux dans la limite d’un nom de famille pour chacun d’eux. »

Ce choix, opéré à la naissance, demeure inchangé après le divorce. Les enfants conservent le nom qui leur a été attribué. La loi du 2 mars 2022 a cependant créé une faculté nouvelle. L’article 311-24-2 du code civil autorise tout majeur à porter, à titre d’usage, l’un des noms prévus à l’article 311-21. Pour les mineurs, cette faculté est mise en œuvre par les deux parents exerçant l’autorité parentale, ou par le parent qui l’exerce seul. Le divorce ne modifie donc pas le nom de famille de l’enfant. Il peut toutefois ouvrir la possibilité d’un nom d’usage complémentaire. Les parents peuvent consulter notre article sur la procédure de changement de nom pour un majeur pour appréhender les démarches connexes.

Que faire si l’ex-époux refuse le changement ou conserve illégalement le nom ?

Le refus de l’ex-époux de voir son nom conservé par l’autre relève d’un contentieux classique devant le juge aux affaires familiales. L’époux qui souhaite garder le nom marital doit démontrer un intérêt particulier. À défaut, il doit cesser d’utiliser ce nom dès le prononcé du divorce.

Si un époux continue à utiliser le nom de son ex-conjoint sans accord ni autorisation judiciaire, celui-ci peut saisir le juge. Le tribunal peut ordonner l’interdiction de porter le nom marital sous astreinte. La cour d’appel de Versailles a, dans un arrêt confirmé par la Cour de cassation, condamné une ex-épouse à changer de nom sous astreinte de 500 euros par jour. Son autorisation était limitée à la majorité des enfants. Elle avait continué à porter le nom dix ans au-delà de cette échéance.

L’autorisation tacite n’existe pas en la matière. Le silence de l’ex-époux pendant plusieurs années ne vaut pas consentement. Le juge peut également accorder des dommages et intérêts si un préjudice est établi, ce qui reste exceptionnel en pratique.

Paris et Île-de-France : particularités pratiques

Dans la région parisienne, les délais d’obtention des rendez-vous en mairie pour le renouvellement de la carte d’identité peuvent atteindre plusieurs semaines. Il est recommandé de prendre rendez-vous dès la réception du jugement de divorce définitif. La préfecture de Paris et les sous-préfectures des Hauts-de-Seine, de la Seine-Saint-Denis et du Val-de-Marne connaissent une forte demande. Le renouvellement du passeport peut nécessiter un délai de quatre à six semaines.

Le tribunal judiciaire de Paris, compétent pour les divorces concernant des résidents de la capitale, statue fréquemment sur les demandes de conservation du nom marital. Les juges y appliquent strictement le critère de l’intérêt particulier. Un accompagnement par un avocat du barreau de Paris facilite la démonstration de cet intérêt, notamment lorsqu’il est d’ordre professionnel ou lié à la résidence alternée des enfants.

Questions fréquentes

Puis-je reprendre mon nom de jeune fille sans autorisation du juge après le divorce ?

Oui. Le retour au nom de naissance est le principe légal. Il ne nécessite aucune autorisation judiciaire. Le jugement de divorce suffit.

Mon ex-mari peut-il m’interdire de garder son nom si nous en avions convenu dans la convention de divorce ?

Il peut demander la révocation de son accord en cas d’usage abusif. Cet usage abusif doit être caractérisé. Une simple incompatibilité personnelle ne suffit pas.

Le nom de mes enfants change-t-il automatiquement après le divorce ?

Non. Le nom de famille des enfants demeure inchangé. Seule une décision du juge aux affaires familiales statuant en matière de tutelle des mineurs peut modifier ce nom, et uniquement dans des conditions restrictives.

Puis-je conserver le nom de mon ex-époux pour des raisons professionnelles ?

C’est possible si vous justifiez d’un intérêt particulier professionnel. La jurisprudence retient cette exception pour les professions libérales, artistiques ou commerciales où la notoriété est attachée au nom. La demande doit être portée devant le juge aux affaires familiales.

Quel délai ai-je pour changer mes papiers après le prononcé du divorce ?

La loi n’impose pas de délai strict pour le changement de nom sur les pièces d’identité. Cependant, l’administration recommande d’effectuer la démarche dans les trois mois suivant la mention en marge de l’acte de naissance. L’usage d’une identité obsolète expose à des sanctions pénales.

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La perte ou la conservation du nom marital après divorce soulève des questions pratiques et patrimoniales. Le cabinet Kohen Avocats vous accompagne dans la négociation de la convention de divorce. Il défend également votre demande de conservation du nom devant le juge aux affaires familiales.

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