Cour d’appel de Aix-en-Provence, le 11 décembre 2025, n°24/02261

La Cour d’appel d’Aix-en-Provence, statuant le 11 décembre 2025, examine les suites d’une procédure collective. L’affaire concerne l’application rétroactive d’une décision du Conseil constitutionnel ayant abrogé un dispositif législatif suspendant les poursuites. La juridiction ordonne la réouverture des débats pour permettre aux parties de discuter des conséquences de cette abrogation sur les jugements antérieurs.

L’impact d’une déclaration d’inconstitutionnalité sur l’autorité de la chose jugée

La cour constate d’abord l’effet rétroactif de l’abrogation prononcée par le juge constitutionnel. Elle relève que la décision QPC « est applicable à toutes les instances non jugées définitivement » (considérant n°10). Cet effet immédiat remet en cause le fondement légal de décisions antérieures non définitives. La portée de cette abrogation est donc extensive et s’impose erga omnes.

La solution distingue ensuite l’autorité de la chose jugée des décisions susceptibles de révision. Un arrêt de la Cour de cassation de 2001 bénéficie de l’autorité de la chose jugée. En revanche, les jugements de 2005 frappés d’opposition sont atteints par l’effet rétroactif. La valeur de cette analyse réside dans la protection des décisions définitives tout en permettant la reprise des instances en cours.

Les conséquences procédurales de la réouverture des débats

Face à cette situation nouvelle, la cour use de son pouvoir d’ordonner la réouverture des débats. Elle estime indispensable cette mesure car le moyen « touching à l’ordre public et dont dépend la solution du litige ». Cette initiative permet d’éclairer pleinement les conséquences de l’abrogation sur la procédure collective en cours. La portée est de garantir un débat contradictoire sur une question fondamentale.

La juridiction précise ensuite les modalités pratiques de cette réouverture. Elle invite les parties à formuler des observations sur les suites de la liquidation judiciaire. Elle ordonne également « la transmission du dossier pour avis au ministère public » (article 421 du code de procédure civile). Cette démarche assure le respect des principes du procès équitable et de la contradiction.

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Hassan KOHEN
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