La cour d’appel d’Aix-en-Provence, statuant le 19 septembre 2025, a été saisie d’une requête en rectification d’erreur matérielle. Cette procédure visait un arrêt rendu le 17 novembre 2022 par la même juridiction. Les requérants soutenaient une divergence entre les motifs et le dispositif de cette décision. La cour a accueilli la demande en ordonnant la rectification du dispositif pour y intégrer une clause d’indexation omise. Elle a également laissé les dépens de l’instance à la charge du Trésor public.
La nature de l’erreur matérielle rectifiable
La définition légale et jurisprudentielle de l’erreur. Le droit de la rectification est fondé sur l’article 462 du code de procédure civile. La cour rappelle la lettre de ce texte en reprenant une formulation constante. « Les erreurs et omissions matérielles qui affectent un jugement, même passé en force de chose jugée, peuvent toujours être réparées » (Motifs). Cette règle permet de corriger des imperfections sans remettre en cause l’autorité de la chose jugée.
L’illustration par une divergence entre motifs et dispositif. En l’espèce, l’erreur consistait en une omission dans le dispositif d’une disposition clairement prévue dans les motifs. Les juges du fond avaient noté dans leur raisonnement l’application d’une indexation. « Les montants des condamnations prononcées au titre des travaux réparatoires seront indexées en fonction de l’indice BT01 » (Motifs). Cette précision essentielle faisait défaut dans le dispositif, constituant une erreur rectifiable.
Les modalités procédurales de la rectification
Une saisine simplifiée par requête unilatérale. La cour souligne la souplesse de la procédure de rectification. Le juge peut être saisi par simple requête de l’une des parties, sans nécessairement entendre les autres. « Dans ce cas, il statue sans audience à moins qu’il n’estime nécessaire d’entendre les parties » (Motifs). Cette célérité assure une correction efficace des décisions tout en respectant le principe du contradictoire.
Les effets limités de la décision de rectification. La cour rectifie l’arrêt antérieur en ajoutant la clause d’indexation dans son dispositif. Elle précise que sa décision sera portée en marge de la minute de l’arrêt rectifié. Cette formalité garantit la cohérence et l’authenticité du document judiciaire. La charge des dépens sur le Trésor public marque le caractère non contentieux de cette instance corrective.
Cette décision confirme la jurisprudence établie sur la rectification des erreurs matérielles. Elle rappelle l’importance de la cohérence interne entre les motifs et le dispositif d’un jugement. La procédure employée illustre la recherche d’efficacité dans la correction des actes juridictionnels. Enfin, elle consacre une approche pragmatique pour préserver l’intégrité formelle des décisions de justice sans en altérer le fond.