Cour d’appel de Amiens, le 19 avril 2024, n°24/02669

La cour d’appel d’Amiens, statuant le 19 avril 2024, examine les effets d’une procédure collective sur un pacte d’associés. Un associé démissionnaire avait engagé la procédure de rachat prévue au pacte. L’ouverture d’un redressement judiciaire de la société détentrice des titres est intervenue avant l’expiration du délai d’option. La juridiction doit déterminer si l’obligation de rachat subsiste. La cour confirme le jugement en déboutant la demande de rachat, considérant le pacte éteint.

La force obligatoire du contrat et son extinction automatique

Le principe de la loi des parties et son application stricte. La cour rappelle d’abord le principe cardinal de la force obligatoire des conventions. Elle se fonde sur les articles 1103 et 1104 du code civil pour souligner que le pacte lie les signataires. « Les contrats légalement formés tiennent lieu de loi à ceux qui les ont faits » (Motifs). Ce rappel initial ancre la solution dans le respect strict des stipulations contractuelles librement consenties.

La réalisation d’une condition résolutoire de plein droit. L’analyse centrale porte sur la clause d’extinction du pacte. La cour constate la survenance d’un événement précisément prévu. « Il est justifié de ce qu’une procédure de redressement judiciaire (…) a été ouverte » (Motifs). Conformément à l’article 4, cet événement entraîne la fin du pacte. La cour en déduit logiquement l’extinction de toute obligation annexe, dont le rachat.

La portée de cette analyse est significative pour le droit des sociétés. Elle affirme la pleine efficacité des clauses résolutoires automatiques liées à une procédure collective. La survenance de l’événement, même pendant un délai d’exécution, anéantit rétroactivement les engagements. Cette rigueur protège la sécurité juridique et la prévisibilité des conventions.

L’interaction entre les délais contractuels et l’ouverture de la procédure collective

Le point de départ du délai d’option et son interruption. La cour retrace précisément la chronologie des événements. Le délai de 90 jours pour exercer l’option d’achat court à compter de la démission. « Les époux [S] disposaient d’un délai de 90 jours (…) à compter de la démission » (Motifs). Cette fixation est essentielle pour situer l’intervention du jugement d’ouverture.

L’antériorité de la procédure collective sur l’expiration du délai. Le raisonnement juridique repose sur la date de l’ouverture du redressement judiciaire. Cet événement survient « avant l’expiration du délai de 90 jours » (Motifs). La cour en tire la conséquence directe de l’extinction du pacte à cette date précise. L’obligation de rachat, bien que née, disparaît donc avant son terme exécutoire.

La valeur de cette solution réside dans sa clarté et son effectivité. Elle évite tout conflit entre le droit des procédures collectives et le droit des contrats. La clause contractuelle prévoyant explicitement l’extinction en cas de redressement judiciaire s’applique sans ambage. Cette jurisprudence rejoint une solution antérieure du Tribunal de commerce de Paris. « Le tribunal dira que les clauses du pacte sont parfaitement claires, et ne prêtent pas à interprétation » (Tribunal de commerce de Paris, le 24 janvier 2025, n°2024014505). Elle consacre ainsi la primauté de la volonté des parties, même face à un événement aussi impactant qu’une procédure collective.

📄 Circulaire officielle

Nos données proviennent de la Cour de cassation (Judilibre), du Conseil d'État, de la DILA, de la Cour de justice de l'Union européenne ainsi que de la Cour européenne des droits de l'Homme.
Hassan KOHEN
Avocat Associé

Hassan Kohen

Avocat au Barreau de Paris • Droit Pénal

Maître Kohen, avocat à Paris en droit pénal et droit du travail, accompagne ses clients avec rigueur et discrétion dans toutes leurs démarches juridiques, qu'il s'agisse de procédures pénales ou de litiges liés au droit du travail.

Analyse stratégique offerte

Envoyez vos pièces. Recevez une stratégie.

Transmettez-nous les pièces de votre dossier pénal. Maître Hassan KOHEN vous répond personnellement sous 24 heures avec une première analyse stratégique de votre situation.

  • Première analyse offerte et sans engagement
  • Réponse personnelle de l'avocat sous 24 heures
  • 100 % confidentiel, secret professionnel garanti
  • Jusqu'à 1 Go de pièces, dossiers et sous-dossiers acceptés

Cliquez ou glissez vos fichiers ici
Tous formats acceptes (PDF, Word, images, etc.)

Envoi en cours...

Vos donnees sont utilisees uniquement pour traiter votre demande. Politique de confidentialite.

En savoir plus sur Maître Hassan Kohen, avocat en droit pénal à Paris

Abonnez-vous pour poursuivre la lecture et avoir accès à l’ensemble des archives.

Poursuivre la lecture