Cour d’appel, le 19 septembre 2025, n°22/07907

La cour d’appel, statuant en matière prud’homale, a rendu un arrêt le [date à insérer] après une procédure engagée par une salariée. Cette dernière sollicitait la reconnaissance d’un contrat de travail à temps complet et le paiement de diverses indemnités. Les juges du fond ont confirmé en grande partie le jugement déféré, retenant l’existence d’un travail dissimulé et d’un licenciement sans cause réelle et sérieuse. La solution consacre une approche rigoureuse de la qualification du lien de subordination et des conséquences de la dissimulation d’emploi.

La caractérisation autonome du lien de subordination

Les conditions factuelles de l’exécution du travail priment. La cour rappelle que l’existence d’une relation de travail ne dépend ni de la volonté exprimée par les parties ni de la dénomination qu’elles ont donné à leurs conventions, mais des conditions de fait dans lesquelles est exercée l’activité du travailleur (point 17). Cette application stricte du principe de réalité des faits écarte toute fiction juridique créée par les parties. La portée de ce rappel est essentielle pour contrer les tentatives de masquer une relation de travail salariée.

La démonstration probatoire d’un pouvoir de direction effectif. La juridiction fonde sa conviction sur des éléments concrets tels que des échanges de messages. Elle relève que la nature et la fréquence des échanges de sms entre les parties démontrent que l’employeur donnait quotidiennement des ordres (point 21). Un message spécifique est cité comme illustration du lien de subordination : « Je fais le planning et tu le respecte et tu respecte le reste de l’équipe aussi merci » (point 22). Cette analyse atteste que la preuve du lien de subordination peut résulter de moyens de communication modernes et informels.

Les conséquences aggravées du travail non déclaré

La requalification systématique en contrat à temps complet en l’absence d’écrit. La cour applique une présomption légale en l’absence de contrat écrit. Elle indique qu’en l’absence de contrat écrit conclu entre les parties pour cette activité, le contrat de travail est présumé à temps complet (point 31). Cette présomption est corroborée par l’intensité des tâches accomplies quasiment tous les jours. Cette solution protège le salarié dont la durée réelle de travail n’a pas été formalisée, empêchant l’employeur de bénéficier de sa propre carence.

L’octroi d’une indemnité forfaitaire spécifique pour travail dissimulé. La cour retient la qualification de travail dissimulé et en applique les sanctions civiles. Elle condamne l’employeur au paiement de l’indemnité forfaitaire prévue par l’article L. 8223-1 du code du travail. Le calcul est précisé : 1 557,85 euros x 6 mois = 9 347,10 euros (point 47). La valeur de cette décision est dissuasive, car elle ajoute une sanction pécuniaire autonome aux autres indemnités dues pour rupture du contrat de travail.

La portée de l’arrêt est significative en matière de preuve et de lutte contre le travail dissimulé. Il rappelle avec force la primauté des faits sur les apparences contractuelles créées de toutes pièces. La sévérité des conséquences, incluant la présomption de temps complet et l’indemnité forfaitaire, renforce l’arsenal protecteur des salariés victimes de ces pratiques.

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