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Dépôt de plainte en ligne : THESEE, visioplainte ou procureur ?

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En 2026, la plainte en ligne est devenue un réflexe. Le portail officiel du ministère de l’Intérieur permet désormais de déposer certaines plaintes à distance, totalement ou partiellement, mais il ne remplace pas toutes les démarches pénales. C’est le point qui crée le plus d’erreurs : une victime croit avoir porté plainte, alors qu’elle n’a parfois rempli qu’une déclaration à valider, qu’un signalement THESEE, ou qu’une pré-démarche qui suppose encore un rendez-vous.

Le sujet a un potentiel de vues immédiat très élevé. Google Ads remonte 40 500 recherches mensuelles en France sur « depot de plainte en ligne » et « dépôt de plainte en ligne », concurrence faible, CPC haut à 0,97 euro. À Paris, le cluster reste massif : « plainte en ligne » atteint 9 900 recherches mensuelles, « porter plainte en ligne » 6 600, « dépôt de plainte en ligne » 5 400 et « thesée plainte » 880, avec un CPC haut à 1,72 euro. Les recherches ne portent pas seulement sur un formulaire. Elles traduisent une urgence : vol, escroquerie, faux site, abus de confiance, menaces, refus de plainte au commissariat, ou question de savoir s’il faut écrire directement au procureur.

La réponse courte est la suivante : la plainte en ligne est utile pour certaines infractions, surtout contre les biens et avec auteur inconnu. THESEE vise les e-escroqueries. Visioplainte permet un rendez-vous à distance. Le courrier au procureur reste nécessaire lorsque le dossier ne rentre pas dans ces cases, lorsque l’auteur est connu, lorsque la situation est grave, ou lorsque la victime veut structurer juridiquement sa plainte avec des pièces.

Plainte en ligne : ce que le portail officiel permet vraiment

Le portail « Plainte en ligne » du ministère de l’Intérieur est le site officiel de dépôt de plainte par internet. Ses conditions générales précisent qu’il recueille les déclarations de plainte des usagers et que la démarche ne concerne que des infractions d’atteinte aux biens commises par un ou plusieurs auteurs dont l’identité est inconnue de l’utilisateur.

Cela vise notamment les vols, dégradations, escroqueries hors certains circuits spécialisés, cambriolages ou atteintes aux biens lorsque l’auteur n’est pas identifié.

Le point essentiel est le suivant : la déclaration faite sur la plateforme ne devient une plainte qu’après rédaction par un enquêteur dans un procès-verbal, conformément à l’article 15-3 du Code de procédure pénale. Le récapitulatif de déclaration n’a donc pas la même valeur qu’un procès-verbal de plainte.

En pratique, trois situations existent.

La première est la démarche totalement en ligne. Elle suppose notamment une authentification suffisante, généralement via FranceConnect, et un dossier compatible avec le traitement dématérialisé.

La deuxième est la démarche partiellement en ligne. La victime remplit le formulaire, puis doit se rendre dans une unité de police ou de gendarmerie pour finaliser la plainte.

La troisième est le rejet ou l’orientation. Si les faits ne semblent pas relever du périmètre du service, ou si le dossier nécessite une autre démarche, la déclaration peut ne pas aboutir à un procès-verbal.

Il faut donc conserver le courriel, le récapitulatif, les pièces jointes, les captures d’écran et, surtout, vérifier que le procès-verbal de plainte a bien été établi.

Sans FranceConnect : attention au rendez-vous physique

Le portail officiel indique qu’une plainte en ligne sans FranceConnect peut nécessiter un rendez-vous physique. C’est un point très concret. Une victime peut penser que sa plainte est terminée, alors qu’elle doit encore choisir un commissariat ou une brigade de gendarmerie.

Cette étape compte pour les délais. En matière délictuelle, le délai de prescription est en principe de six ans. Mais certaines démarches incomplètes peuvent créer une fausse sécurité. Si la situation est proche de la prescription, si le préjudice financier est élevé, ou si l’auteur risque de disparaître, il ne faut pas attendre passivement une réponse automatique.

Le bon réflexe consiste à préparer un dossier lisible :

  • chronologie courte des faits ;
  • identité connue ou inconnue de l’auteur ;
  • captures d’écran horodatées ;
  • factures, relevés bancaires, messages, annonces, contrats ;
  • estimation du préjudice ;
  • coordonnées des témoins ;
  • justificatif d’assurance ;
  • demandes déjà adressées à la banque, à la plateforme ou au vendeur.

Une plainte mal documentée peut être classée plus vite, ou orientée vers un simple signalement. Une plainte structurée permet à l’enquêteur de comprendre immédiatement l’infraction, le préjudice et les actes utiles.

THESEE : pour les arnaques internet, mais pas pour tout

THESEE est le dispositif de traitement harmonisé des enquêtes et signalements pour les e-escroqueries. Il vise notamment les faux sites de vente, le piratage de messagerie, les escroqueries aux sentiments, le chantage en ligne avec demande d’argent, les ransomwares et certaines fraudes liées aux petites annonces.

Pour une victime, THESEE est souvent le bon réflexe après une escroquerie en ligne. Mais il ne règle pas toutes les difficultés.

Si les faits relèvent d’une usurpation d’identité complexe, d’un harcèlement, de menaces, de violences, d’une fraude bancaire avec contestation de remboursement, d’un abus de confiance entre personnes qui se connaissent, ou d’un litige commercial qui devient pénal, la plateforme peut ne pas suffire.

Le dossier doit aussi être pensé au-delà du dépôt. Une plainte THESEE n’empêche pas de saisir la banque, l’assureur, la plateforme de paiement, l’hébergeur, la marketplace ou le procureur selon le cas. Pour les fraudes bancaires, la question du remboursement dépend souvent des preuves, de l’authentification forte, de la négligence grave alléguée par la banque et du délai de contestation.

Le cabinet a déjà publié un guide sur THESEE, la plainte en ligne pour escroquerie internet et la récupération de l’argent. Le présent article traite de la décision plus large : quelle voie choisir pour déposer plainte en 2026.

Visioplainte : utile, mais ce n’est pas une audience

La visioplainte permet de déposer une plainte à distance par visioconférence. Service-Public rappelle que le dispositif a été expérimenté dans certains départements, notamment la Sarthe et les Yvelines, avec une extension progressive.

L’intérêt est évident : éviter un déplacement, fixer un rendez-vous, expliquer les faits à distance, transmettre des pièces, puis obtenir un cadre plus formalisé.

Mais il ne faut pas confondre visioplainte et audience judiciaire. Ce n’est ni un procès, ni une audition contradictoire avec l’auteur, ni une garantie que le parquet poursuivra. C’est un mode de dépôt ou de recueil de la plainte.

La visioplainte peut être pertinente lorsque la victime a des contraintes de déplacement, lorsqu’elle doit expliquer des faits simples mais documentés, ou lorsqu’elle veut éviter une attente au commissariat.

Elle est moins adaptée aux situations d’urgence, aux violences en cours, aux risques immédiats pour la personne, aux menaces qui nécessitent une intervention rapide, ou aux dossiers où des preuves doivent être saisies sans délai.

En cas d’urgence, il faut appeler le 17 ou le 112. La plainte en ligne n’est pas conçue pour traiter un danger immédiat.

Plainte au procureur : quand elle reste nécessaire

L’article 40 du Code de procédure pénale prévoit que le procureur de la République reçoit les plaintes et les dénonciations, puis apprécie la suite à leur donner. Le courrier au procureur reste donc une voie normale de dépôt de plainte.

Cette voie est utile lorsque le dossier ne rentre pas dans les cases du portail en ligne, lorsque l’auteur est connu, lorsque l’infraction est complexe, lorsque le commissariat refuse ou décourage le dépôt, ou lorsque la victime veut présenter un dossier complet avec pièces.

Le courrier au procureur doit être sobre. Il doit indiquer :

  • l’identité complète de la victime ;
  • l’adresse, le téléphone et l’email ;
  • les faits, dans l’ordre chronologique ;
  • la qualification envisagée, si elle est identifiable ;
  • les pièces jointes numérotées ;
  • le préjudice subi ;
  • les actes demandés, par exemple audition, réquisition, exploitation de vidéos, identification IP, demande bancaire ou saisie de compte.

Il ne faut pas écrire une plainte de trente pages si cinq pages structurées suffisent. Le parquet doit comprendre vite : qui est victime, de quoi, à quelle date, avec quelles preuves, et pourquoi une enquête est nécessaire.

Pour un dossier financier, cyber ou familial avec conséquences pénales, un avocat peut aider à éviter deux erreurs : noyer le parquet dans des pièces non hiérarchisées ou, à l’inverse, déposer une plainte trop vague qui ne permet pas d’enquêter.

Police ou gendarmerie : peuvent-ils refuser de prendre la plainte ?

L’article 15-3 du Code de procédure pénale est clair : les officiers et agents de police judiciaire sont tenus de recevoir les plaintes déposées par les victimes d’infractions à la loi pénale, y compris lorsque le service est territorialement incompétent. Dans ce cas, la plainte est transmise au service compétent.

Le dépôt donne lieu à un procès-verbal et à un récépissé. La victime peut demander une copie du procès-verbal.

En pratique, la difficulté vient souvent d’une phrase entendue au guichet : « faites une pré-plainte », « allez sur THESEE », « c’est civil », « revenez plus tard », « vous n’avez pas assez de preuves ». Certaines orientations sont légitimes. D’autres conduisent à priver la victime de son droit de déposer plainte.

Si le refus persiste, il faut rester factuel :

  • demander si la démarche proposée remplace réellement un procès-verbal de plainte ;
  • demander un rendez-vous ou un autre créneau ;
  • rappeler calmement l’article 15-3 du Code de procédure pénale ;
  • écrire au procureur de la République ;
  • joindre les preuves du refus ou des démarches tentées ;
  • solliciter un avocat si le dossier est urgent ou sensible.

Une main courante ne remplace pas toujours une plainte. Elle peut être utile pour dater un fait, mais elle ne déclenche pas la même logique pénale.

Auteur connu : la plainte en ligne est-elle possible ?

Le portail officiel vise principalement les infractions contre les biens commises par auteur inconnu. Si l’auteur est connu, identifié, domicilié, employeur, ex-conjoint, associé, voisin, vendeur, locataire ou membre de la famille, la plainte en ligne n’est pas toujours la bonne voie.

Il faut alors choisir entre commissariat, gendarmerie ou procureur.

Exemple simple : un téléphone est volé dans le métro par un inconnu. La plainte en ligne peut être adaptée si les conditions sont remplies.

Autre exemple : un ex-conjoint conserve volontairement des biens, menace par messages et utilise les comptes bancaires communs. Le dossier mélange éventuellement abus de confiance, menaces, violences psychologiques, droit de la famille et preuves numériques. Une plainte au procureur ou un dépôt accompagné peut être plus efficace.

Troisième exemple : une entreprise découvre une fraude interne. L’auteur est possiblement salarié ou prestataire. Le dossier exige des pièces comptables, journaux informatiques, contrats, accès, délégations, procédures internes. Une simple déclaration en ligne risque d’être insuffisante.

Classement sans suite : que faire après la plainte ?

Déposer plainte ne garantit pas une poursuite. Le procureur peut classer sans suite, demander un complément, orienter vers une mesure alternative, poursuivre devant le tribunal, ouvrir une enquête plus longue ou saisir un juge d’instruction dans les dossiers les plus graves.

Si la plainte est classée sans suite, plusieurs options existent selon le dossier :

  • demander les motifs du classement ;
  • compléter la plainte avec des pièces nouvelles ;
  • former un recours hiérarchique auprès du procureur général ;
  • déposer une plainte avec constitution de partie civile lorsque les conditions sont réunies ;
  • agir au civil pour obtenir réparation lorsque l’action pénale n’est pas la voie la plus efficace.

Le cabinet a publié un guide sur le classement sans suite et les recours possibles. Il doit être lu avec prudence : toutes les plaintes ne justifient pas une constitution de partie civile, car cette voie peut entraîner une consignation et suppose un dossier suffisamment construit.

Paris et Île-de-France : quel canal choisir en pratique ?

À Paris, Bobigny, Créteil, Nanterre, Versailles, Évry, Pontoise ou Melun, le choix du canal dépend d’abord du lieu des faits et de l’urgence.

Pour un vol simple, une dégradation ou une escroquerie sans auteur identifié, le portail plainte en ligne peut être le chemin le plus rapide.

Pour une escroquerie internet, THESEE doit être examiné en priorité, avec conservation des preuves numériques.

Pour des violences, menaces, harcèlement, agression sexuelle, violences intrafamiliales, risque de récidive ou danger immédiat, il faut privilégier le commissariat, la gendarmerie, l’appel d’urgence ou un courrier au procureur selon la situation. Le dépôt en ligne ne doit pas retarder la protection de la victime.

Pour un dossier complexe avec préjudice financier important, auteur connu ou preuves nombreuses, un courrier au procureur structuré, accompagné d’un bordereau de pièces, est souvent plus lisible qu’un formulaire.

Enfin, pour les personnes mises en cause après une plainte, le dépôt en ligne ne change pas les réflexes de défense. Une convocation peut arriver plusieurs semaines plus tard. Il faut alors préparer l’audition, demander le motif, conserver les échanges et éviter toute prise de contact directe avec le plaignant si cela peut aggraver le dossier.

Ce qu’il faut retenir

La plainte en ligne n’est pas un canal unique. C’est un outil parmi plusieurs.

THESEE vise les e-escroqueries. La plainte en ligne vise surtout certaines atteintes aux biens avec auteur inconnu. Visioplainte permet un recueil à distance. Le courrier au procureur reste utile pour les dossiers complexes, les auteurs connus et les refus de prise de plainte.

Le document important n’est pas seulement le récapitulatif de déclaration. C’est le procès-verbal de plainte, le récépissé et les pièces conservées.

En cas d’urgence, il faut appeler le 17 ou le 112. En cas de blocage, l’article 15-3 du Code de procédure pénale permet de rappeler que les services de police et de gendarmerie doivent recevoir les plaintes des victimes d’infractions.

Le bon dossier est celui qui tient en une chronologie, des pièces numérotées, une qualification possible, un préjudice chiffré et une demande claire.

Lien de complément vers les démarches à effectuer après le dépôt : récépissé, PV, rejet ou silence. suivi d’une plainte en ligne après le dépôt.

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Sources : portail officiel Plainte en ligne du ministère de l’Intérieur ; Ma Sécurité, plainte en ligne ; Ma Sécurité, THESEE et arnaques internet ; Service-Public.fr, Visioplainte ; Justice.fr, porter plainte ; article 15-3 du Code de procédure pénale ; article R. 2-30 du Code de procédure pénale ; article 40 du Code de procédure pénale.

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