Divorce avec maison pas finie de payer : qui paie le crédit ?

Vous divorcez alors que la maison n’est pas finie de payer. La banque prélève encore le prêt. L’un des époux veut rester dans le logement. L’autre veut vendre ou ne plus être lié au crédit. C’est l’une des situations les plus dangereuses d’un divorce, parce qu’elle mélange trois sujets qui ne se règlent pas au même endroit : le juge aux affaires familiales, le notaire et la banque.

La demande Google est très concrète : « divorce maison pas fini payer », « vente maison divorce », « divorce et crédit maison », « désolidarisation prêt immobilier divorce », « divorce maison en indivision ». Elle augmente avec les séparations patrimoniales tendues et avec l’actualité d’avril 2026 sur la sortie de l’indivision. La loi du 7 avril 2026, entrée en vigueur le 9 avril 2026, n’a pas supprimé tous les blocages entre ex-époux. Mais elle confirme une tendance : le droit cherche à éviter que des biens restent bloqués pendant des années.

Le point à retenir est simple : le divorce ne suffit pas à effacer le crédit immobilier. Tant que la banque n’a pas accepté une désolidarisation ou tant que le prêt n’est pas remboursé, les co-emprunteurs restent exposés. En parallèle, l’époux qui rembourse seul ou qui occupe seul le logement peut avoir des comptes à faire dans la liquidation. Le cabinet intervient sur ces questions dans le cadre plus large du droit de la famille à Paris.

Le divorce annule-t-il le crédit immobilier ?

Non. Le jugement de divorce règle les rapports entre époux. Il ne modifie pas automatiquement le contrat signé avec la banque.

Si les deux époux ont signé le prêt immobilier, la banque peut en principe continuer à réclamer les mensualités selon le contrat. Le fait qu’un juge ait attribué provisoirement le logement à l’un des époux, ou que les époux soient séparés, ne suffit pas à libérer l’autre co-emprunteur vis-à-vis de la banque.

Le juge peut désigner, pendant la procédure, celui ou ceux des époux qui doivent régler provisoirement tout ou partie des dettes. L’article 255 du Code civil permet aussi au juge d’attribuer la jouissance du logement et du mobilier du ménage, en précisant si cette jouissance est gratuite ou non. Mais cette décision organise les comptes entre époux. Elle ne remplace pas l’accord de la banque.

En pratique, trois situations reviennent.

La première : les deux époux continuent à payer le prêt jusqu’à la vente. C’est souvent la solution la plus lisible, mais elle suppose que chacun ait la trésorerie nécessaire.

La deuxième : l’un des époux reste dans la maison et paie seul les mensualités. Cela peut créer une créance à son profit dans l’indivision ou dans la liquidation, selon la période et le régime matrimonial.

La troisième : l’un des époux reste dans la maison, mais ne paie pas correctement. L’autre peut se retrouver poursuivi par la banque, tout en étant privé de la jouissance du logement. C’est le scénario à traiter vite.

Qui peut rester dans la maison pendant le divorce ?

Pendant la procédure de divorce, le juge peut attribuer la jouissance du logement à l’un des époux. Cette attribution peut être gratuite ou onéreuse.

Gratuite, cela signifie que l’époux qui reste ne doit pas d’indemnité d’occupation à ce stade, sauf changement ultérieur ou règles propres à la liquidation. Onéreuse, cela signifie qu’une indemnité est due ou pourra être prise en compte.

Cette distinction est décisive. Beaucoup de dossiers se dégradent parce que les époux confondent le paiement du crédit et l’occupation du logement. Ce sont deux comptes différents.

Un époux peut payer le crédit parce qu’il veut protéger le bien et éviter les impayés bancaires. Mais s’il occupe seul le logement, il peut aussi devoir une indemnité d’occupation. À l’inverse, un époux qui n’habite plus la maison peut rester tenu au crédit si le prêt est à son nom.

L’article 815-9 du Code civil prévoit que l’indivisaire qui use ou jouit privativement d’un bien indivis est, sauf convention contraire, redevable d’une indemnité. C’est la base de nombreuses discussions après divorce lorsque le bien reste en indivision post-communautaire.

Celui qui paie seul le crédit peut-il récupérer quelque chose ?

Souvent, oui. Mais il faut le prouver proprement.

Lorsque le divorce crée une indivision post-communautaire, l’époux qui paie seul les mensualités après la dissolution de la communauté peut demander que ces paiements soient pris en compte. L’article 815-13 du Code civil vise notamment les dépenses nécessaires faites par un indivisaire avec ses deniers personnels pour la conservation d’un bien indivis.

Les mensualités de prêt ne sont donc pas seulement une dépense perdue. Elles peuvent devenir une créance à discuter dans les comptes de liquidation, surtout lorsqu’elles ont permis de conserver le bien et d’éviter une déchéance du terme, une saisie ou une vente subie.

La jurisprudence recensée dans la base Notion du cabinet confirme cette logique. La Cour d’appel de Paris, le 8 février 2012, a retenu que le paiement d’échéances d’emprunts immobiliers avec des deniers personnels pouvait constituer une dépense nécessaire à la conservation de l’immeuble indivis, avec un calcul au profit subsistant : fiche Notion CA Paris, 8 février 2012, n° 11/01146.

Plus récemment, une décision de la Cour d’appel de Riom du 1er juillet 2025, également recensée dans Notion, rappelle l’intérêt de distinguer ce qui relève des mesures provisoires, de la force de chose jugée du divorce et des comptes de l’indivision : fiche Notion CA Riom, 1er juillet 2025, n° 24/00870.

La difficulté est pratique : le notaire ou le juge ne reconstitue pas les comptes à partir de souvenirs. Il faut les relevés bancaires, le tableau d’amortissement, les avis d’échéance, les preuves d’assurance, les taxes foncières, les charges de copropriété et les échanges entre époux.

Indemnité d’occupation et mensualités : peut-on compenser ?

Parfois, mais il ne faut pas le présumer.

Exemple fréquent : Monsieur quitte le domicile. Madame reste dans la maison avec les enfants. Madame paie seule le crédit pendant deux ans. Monsieur demande ensuite une indemnité d’occupation parce qu’il n’a plus pu utiliser le bien. Madame répond qu’elle a payé le prêt, les assurances et la taxe foncière.

Le raisonnement n’est pas absurde, mais il doit être organisé. L’indemnité d’occupation dépend de la jouissance privative du bien. Les mensualités relèvent des comptes de conservation et de financement. Les deux masses peuvent se rencontrer dans la liquidation, mais elles ne s’effacent pas automatiquement l’une l’autre.

Une décision de la Cour d’appel de Douai du 21 mars 2019, recensée dans Notion, illustre bien le cumul des questions : indemnité d’occupation, indivision post-communautaire, crédit immobilier, taxes et vente du bien : fiche Notion CA Douai, 21 mars 2019, n° 18/01367.

Dans un dossier réel, il faut donc poser les questions dans l’ordre :

  1. Qui occupe le logement ?
  2. Depuis quelle date ?
  3. La jouissance a-t-elle été fixée comme gratuite ou onéreuse ?
  4. Qui paie les mensualités ?
  5. Avec quel argent ?
  6. Le prêt sert-il encore à conserver un bien indivis ?
  7. Le bien est-il vendu, attribué à l’un des époux ou maintenu en indivision ?

Sans cette chronologie, la liquidation devient confuse.

Désolidarisation : pourquoi la banque peut-elle refuser ?

La désolidarisation consiste à retirer l’un des co-emprunteurs du prêt. Elle suppose l’accord de la banque. Le divorce, l’accord des époux ou même un projet notarié ne suffisent pas toujours.

La banque regarde la capacité de remboursement de celui qui veut garder le bien. Elle vérifie ses revenus, ses charges, le capital restant dû, la valeur du bien, l’assurance emprunteur, les garanties, le taux d’endettement et parfois la stabilité professionnelle.

Si la banque refuse, les époux doivent choisir une autre sortie : vendre le bien, renégocier le financement, faire racheter le prêt par une autre banque, attendre une amélioration de la capacité d’emprunt, ou demander judiciairement le partage lorsque le blocage devient excessif.

La page Service-Public sur la garantie co-emprunteur rappelle le principe utile : une séparation ne met pas fin par elle-même au contrat de prêt ; il faut rembourser par anticipation, vendre le bien ou obtenir la désolidarisation de la banque.

Il faut donc éviter une erreur classique : signer trop vite une convention de divorce ou un accord de liquidation en supposant que la banque suivra. Si la désolidarisation échoue après coup, l’époux qui devait sortir du prêt peut rester exposé, tout en ayant déjà cédé des droits dans le partage.

Que change l’actualité d’avril 2026 sur l’indivision ?

La loi n° 2026-248 du 7 avril 2026, publiée au Journal officiel du 8 avril 2026, vise à simplifier la sortie de l’indivision et la gestion des successions vacantes. L’ANIL en a publié une analyse à jour au 15 avril 2026.

Cette loi ne crée pas une solution automatique pour tous les divorces avec crédit immobilier. Il ne faut pas la survendre.

Elle est toutefois utile pour comprendre le mouvement de fond. L’ANIL rappelle que l’indivision immobilière se prolonge souvent à cause des blocages de décision, notamment lorsque l’unanimité est requise pour vendre. Elle indique aussi que le champ du partage judiciaire est élargi aux opérations de liquidation, de partage et de règlement des intérêts patrimoniaux des époux, partenaires de PACS et concubins.

Pour un couple qui divorce avec une maison encore financée par un prêt, le message pratique est clair : si l’accord amiable échoue, il ne faut pas laisser le bien et le crédit dans un entre-deux pendant des années. Il faut organiser la sortie : vente, attribution avec soulte, convention d’indivision réellement financée, ou procédure de partage.

Faut-il vendre avant le divorce ou attendre ?

Il n’y a pas de réponse unique.

Vendre avant le divorce peut simplifier les comptes. Le prêt est remboursé, le solde du prix est partagé ou consigné, et la discussion porte ensuite sur les créances entre époux. Cette solution est souvent efficace lorsque les deux époux acceptent le prix, l’agence, le notaire et le calendrier.

Attendre peut se justifier si les enfants doivent rester temporairement dans le logement, si le marché est défavorable, si un époux peut racheter la part de l’autre, ou si le juge doit d’abord trancher les mesures provisoires.

Le danger est de ne rien décider. Une maison pas finie de payer coûte tous les mois : crédit, assurance, taxe foncière, entretien, charges, travaux urgents. Plus le temps passe, plus les comptes deviennent litigieux.

Si un époux refuse de vendre, l’article déjà publié sur le refus de vendre la maison pendant ou après le divorce détaille les options de vente, de licitation et de sortie d’indivision. Le présent article vise un autre angle : que faire quand le prêt continue à courir et que personne ne veut assumer seul le risque bancaire.

Les pièces à préparer avant de saisir le juge ou le notaire

Avant une audience, une négociation ou un rendez-vous notarial, préparez un dossier financier court et vérifiable.

Il faut au minimum :

  1. l’offre de prêt signée ;
  2. le tableau d’amortissement à jour ;
  3. le capital restant dû ;
  4. les relevés prouvant qui a payé chaque mensualité ;
  5. les avis de taxe foncière ;
  6. les charges de copropriété ou factures d’entretien ;
  7. les estimations immobilières récentes ;
  8. les échanges avec la banque sur la désolidarisation ;
  9. la preuve de l’occupation du logement ;
  10. l’ordonnance ou la décision qui attribue la jouissance du domicile, si elle existe.

Ce dossier permet de demander des mesures provisoires cohérentes, de négocier une soulte réaliste, de prouver une créance sur l’indivision, ou de démontrer qu’une vente est nécessaire.

Paris et Île-de-France : pourquoi agir vite

À Paris et en Île-de-France, le sujet est souvent plus tendu qu’ailleurs parce que les valeurs immobilières sont élevées et les mensualités importantes. Un seul mois d’impayé, une assurance emprunteur mal gérée ou un refus de désolidarisation peut bloquer un nouveau logement, un nouveau crédit ou une liquidation.

Le tribunal judiciaire compétent dépend du dossier de divorce ou de partage. Le notaire intervient pour la liquidation, l’acte de partage, l’attribution du bien ou la vente. La banque reste un tiers au divorce : elle doit être traitée comme un acteur autonome, pas comme une simple conséquence du jugement.

En pratique, il faut synchroniser trois calendriers :

  1. le calendrier judiciaire du divorce ;
  2. le calendrier notarial de liquidation ;
  3. le calendrier bancaire de désolidarisation ou de vente.

Quand ces trois calendriers ne sont pas coordonnés, l’époux qui quitte le logement reste parfois co-emprunteur trop longtemps, tandis que l’époux qui reste n’a pas toujours la capacité de reprendre seul le crédit.

Que demander concrètement ?

Si vous êtes dans la maison et que vous payez le crédit, demandez que les choses soient écrites : jouissance gratuite ou onéreuse, prise en charge provisoire des mensualités, justificatifs à produire, créance à faire valoir dans la liquidation, délai pour interroger la banque.

Si vous avez quitté la maison mais restez co-emprunteur, demandez un calendrier : vente amiable, mandat, prix, baisse de prix éventuelle, demande de désolidarisation, ou saisine du juge en cas de blocage.

Si la banque refuse la désolidarisation, ne signez pas un partage qui vous laisse exposé sans garantie. Il faut parfois prévoir une condition suspensive, une consignation, une vente, ou une clause claire sur les conséquences du refus bancaire.

Si l’autre époux ne paie plus le prêt, agissez vite. Un impayé bancaire peut coûter plus cher qu’un désaccord de liquidation.

Sources utiles

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Le cabinet peut vous aider à vérifier qui doit payer le crédit, comment préparer la liquidation, quoi demander au juge et comment éviter de rester bloqué avec un prêt immobilier après la séparation.

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