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Maître Hassan KOHEN, avocat au Barreau de Paris
Maître Hassan KOHEN
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Contrat de sécurisation professionnelle : refus du salarié et recours

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Vous êtes visé par un licenciement économique. Votre employeur vous remet un contrat de sécurisation professionnelle et vous laisse vingt-et-un jours pour répondre. Accepter sécurise l’indemnisation à hauteur de 75 % du salaire de référence, mais ferme une partie des leviers de contestation. Cette page expose le cadre des articles L. 1233-65 à L. 1233-67 du Code du travail, le délai de réflexion, les conséquences chiffrées de l’adhésion et les recours qui restent ouverts après acceptation du contrat de sécurisation professionnelle.

Vous hésitez à signer
Vous avez vingt-et-un jours pour décider.
Délai de réflexion strict, arbitrage entre allocation de sécurisation professionnelle et chômage classique, exécution ou non du préavis. La lettre d’information sur le motif économique doit vous parvenir avant la fin du délai.

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Vous avez signé et le motif vous semble contestable
L’adhésion n’éteint pas votre droit de contester.
La rupture d’un commun accord conserve une cause économique. Si le motif fait défaut ou si la priorité de réembauche n’a pas été mentionnée, vous pouvez saisir le conseil de prud’hommes dans les douze mois.

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Comment ça se passe.

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Vous appelez ou envoyez vos pièces.
Téléphone direct ou dépôt sécurisé jusqu’à 1 Go. Lettre d’information CSP, bulletin de salaire, accusé de réception du document remis par France Travail.
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Réponse personnelle sous 24 h.
Maître Hassan KOHEN vous rappelle, lit le motif économique invoqué, calcule l’écart entre ASP et ARE et formule une première analyse stratégique.
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Décision éclairée ou recours organisé.
Refus motivé du CSP, demande de précision du motif dans les quinze jours, ou saisine prud’homale dans le délai de douze mois après adhésion.
Partie I

Le cadre légal du CSP et le délai de réflexion.

01Ce qu’est le contrat de sécurisation professionnelle et qui y a droit.+

L’article L. 1233-65 du Code du travail définit l’objet du contrat de sécurisation professionnelle. Il a pour finalité l’organisation et le déroulement d’un parcours de retour à l’emploi, le cas échéant au moyen d’une formation ou d’une reconversion. Il est proposé par les entreprises non soumises à l’obligation de proposer un plan de sauvegarde de l’emploi, c’est-à-dire les entreprises de moins de 1 000 salariés ou celles en redressement ou liquidation judiciaire quel que soit l’effectif.

L’article L. 1233-66 du Code du travail impose à l’employeur de proposer le contrat de sécurisation professionnelle à chaque salarié dont il envisage le licenciement pour motif économique. La proposition est obligatoire. Son défaut expose l’employeur à une contribution équivalente à deux mois de salaire au profit de France Travail. Le dispositif est conduit par la convention UNÉDIC du 26 janvier 2015 agréée par arrêté du 16 avril 2015. Art. L. 1233-65 C. trav.Art. L. 1233-66 C. trav.

02Le délai de réflexion de 21 jours et l’effet de l’adhésion CSP.+

L’article L. 1233-67 du Code du travail fixe le délai de réflexion à vingt-et-un jours à compter de la remise du document. Le silence vaut refus. L’adhésion emporte rupture du contrat de travail d’un commun accord à l’expiration du délai. Le salarié conserve l’indemnité de licenciement, les indemnités compensatrices de congés payés et bénéficie du versement direct de l’allocation de sécurisation professionnelle.

Code du travail, article L. 1233-67 : « L’adhésion du salarié au contrat de sécurisation professionnelle emporte rupture du contrat de travail. Cette rupture, qui ne comporte ni préavis ni indemnité compensatrice de préavis, ouvre droit à l’indemnité prévue à l’article L. 1234-9 et à toute indemnité conventionnelle qui aurait été due en cas de licenciement pour motif économique au terme du préavis. »

Le préavis n’est pas exécuté. L’indemnité compensatrice de préavis qui aurait normalement été versée alimente le financement du CSP, dans la limite de trois mois de salaire. La salarié perd ainsi cette somme mais gagne une allocation immédiate et un accompagnement renforcé. Art. L. 1233-67 C. trav.

03Faut-il refuser le CSP ? Le bilan chiffré salarié.+

Le refus CSP salarié n’est pas un échec stratégique. L’arbitrage se fait sur trois paramètres. L’ancienneté supérieure à un an permet de toucher l’ASP au taux de 75 % du salaire journalier de référence pendant douze mois sans différé spécifique. L’ancienneté inférieure à un an aligne le CSP sur le régime classique de l’ARE et le différé spécifique d’indemnisation s’applique normalement.

Le montant du salaire compte. Un cadre à haut revenu touche déjà le plafond de l’ARE et perd, en cas d’adhésion, l’indemnité compensatrice de préavis sans gain net significatif. Le projet professionnel pèse également. Un salarié qui veut créer son entreprise mobilise mieux l’ARE et l’ARCE que l’ASP. Pour les contestations connexes touchant l’indemnisation et le différé spécifique, voir le contentieux du différé spécifique d’indemnisation et de la transaction supraconventionnelle. Art. L. 1233-67 C. trav.Conv. UNÉDIC 26 janv. 2015

04L’obligation d’information écrite du motif économique avant adhésion.+

La Cour de cassation impose une discipline stricte. L’employeur doit énoncer la cause économique de la rupture dans un écrit remis ou adressé au salarié avant l’expiration du délai de réflexion. À défaut, la rupture est dépourvue de cause réelle et sérieuse.

Cass. soc., 6 mai 2025, n° 23-20.077 : « La rupture du contrat de travail résultant de l’acceptation par le salarié d’un contrat de sécurisation professionnelle doit avoir une cause économique réelle et sérieuse. L’employeur est en conséquence tenu d’énoncer la cause économique de la rupture du contrat dans un écrit remis ou adressé au salarié au cours de la procédure de licenciement et au plus tard au moment de l’acceptation du contrat de sécurisation professionnelle par le salarié, afin qu’il soit informé des raisons de la rupture lors de son acceptation. »

Cet écrit peut prendre la forme du document d’information du CSP, d’une lettre distincte ou d’un courrier accompagnant la convocation à l’entretien préalable. Ce qui compte est la traçabilité de l’envoi et la date certaine avant la fin des vingt-et-un jours. Cass. soc. 6 mai 2025, n° 23-20.077Art. L. 1233-67 C. trav.

05La précision du motif dans le délai de 15 jours après adhésion CSP.+

L’article L. 1235-2 du Code du travail ouvre une faculté de précision du motif. L’article R. 1233-2-2 du même code en fixe les modalités. Le salarié peut demander à l’employeur des précisions sur les motifs énoncés dans les quinze jours suivant son adhésion au dispositif. L’employeur dispose d’un délai de quinze jours pour y répondre.

Cass. soc., 5 avril 2023, n° 21-18.636 : « Lorsque la rupture du contrat de travail résulte de l’acceptation par le salarié d’un contrat de sécurisation professionnelle, le document par lequel l’employeur informe celui-ci du motif économique de la rupture envisagée peut être précisé par l’employeur, soit à son initiative, soit à la demande du salarié, dans le délai de quinze jours suivant l’adhésion de ce dernier au dispositif. »

Ce dispositif est à double tranchant. Demander la précision oblige le salarié à articuler très tôt une stratégie. Une demande mal formulée peut consolider la preuve du motif au bénéfice de l’employeur. À l’inverse, l’absence de réponse de l’employeur à une demande sérieuse ouvre une voie de contestation utile en prud’hommes. Art. R. 1233-2-2 C. trav.Cass. soc. 5 avr. 2023, n° 21-18.636 PB

Devant le contrat de sécurisation professionnelle, la défense commence par la lecture du motif économique.

Texte applicable, écrit remis avant la fin des 21 jours, mention de la priorité de réembauche, délai de 15 jours pour précision : à chaque étape, un manquement nourrit le recours.

Partie II

Contestation et recours après adhésion CSP.

06Contester le motif économique CSP après adhésion : ce qui reste demandable.+

L’adhésion au contrat de sécurisation professionnelle n’éteint pas le droit de contester le motif. La rupture demeure d’un commun accord, mais la cause économique reste exigée. Lorsque le motif fait défaut ou n’est pas démontré, la rupture est dépourvue de cause réelle et sérieuse. Le salarié obtient alors l’indemnité prévue à l’article L. 1235-3 du Code du travail selon le barème Macron, en fonction de son ancienneté et de la taille de l’entreprise.

Les sommes déjà perçues au titre de l’allocation de sécurisation professionnelle ne sont pas remboursées. L’indemnité prud’homale s’ajoute aux prestations versées. Le calcul du quantum tient compte du salaire de référence, des douze mois d’ASP perçus et des éventuels reclassements intervenus pendant le parcours. La logique se rapproche de celle du contentieux d’une rupture conventionnelle homologuée contestée, autre voie de rupture amiable dont le motif sous-jacent reste attaquable. Art. L. 1235-3 C. trav.Art. L. 1233-67 C. trav.

07Le défaut de mention de la priorité de réembauche après adhésion CSP.+

L’article L. 1233-45 du Code du travail accorde au salarié licencié pour motif économique une priorité de réembauche pendant un an à compter de la rupture s’il en fait la demande. L’article L. 1233-16 du même code impose à l’employeur de mentionner cette priorité dans le document écrit énonçant le motif économique. La Cour de cassation a précisé l’effet d’un manquement à cette obligation lorsque la rupture résulte d’une adhésion au CSP.

Cass. soc., 26 février 2025, n° 23-15.427 : « Lorsque la rupture du contrat de travail résulte de l’acceptation par le salarié d’un contrat de sécurisation professionnelle, la priorité de réembauche dont il bénéficie doit être mentionnée dans le document écrit énonçant le motif économique de la rupture du contrat de travail, et donc être portée à sa connaissance au plus tard au moment de son acceptation. »

Le défaut d’information ne prive pas la rupture de cause réelle et sérieuse. Il ouvre droit à des dommages et intérêts, à la condition pour le salarié de justifier d’un préjudice. La preuve du préjudice est essentielle : poste équivalent pourvu pendant l’année qui a suivi sans avoir été proposé, perte de chance de réintégration, frais engagés pour une reconversion devenue inutile. Cass. soc. 26 févr. 2025, n° 23-15.427 PBArt. L. 1233-45 C. trav.Art. L. 1233-16 C. trav.

08Vice du consentement à l’adhésion : dol, erreur, violence économique.+

L’adhésion au contrat de sécurisation professionnelle est une manifestation de volonté. À ce titre, elle peut être annulée pour vice du consentement. Le dol suppose des manœuvres ou réticences fautives de l’employeur, par exemple la dissimulation du véritable motif de la rupture ou la présentation tronquée des conséquences financières.

L’erreur sur les conséquences financières du CSP, lorsqu’elle est déterminante et excusable, peut être retenue. La violence économique est appréciée strictement : pression caractérisée, absence de choix réel, état d’urgence aggravé par l’employeur. La charge de la preuve pèse sur le salarié. L’annulation de l’adhésion produit les effets d’un licenciement sans cause réelle et sérieuse, avec restitution éventuelle des prestations perçues. Art. 1130 et s. C. civ.Art. L. 1233-67 C. trav.

09La procédure prud’homale après adhésion CSP : délai de 12 mois.+

L’article L. 1235-7 du Code du travail soumet à un délai de douze mois les contestations portant sur la régularité ou la validité du licenciement économique lorsque le salarié a adhéré au contrat de sécurisation professionnelle. Le délai court à compter de l’adhésion. La sanction est la forclusion : passé douze mois, la contestation n’est plus recevable.

La requête contient l’exposé des griefs : motif économique insuffisamment caractérisé, défaut d’information écrite avant adhésion, absence de mention de la priorité de réembauche, vice du consentement. Les pièces utiles sont la lettre d’information CSP, la convocation à l’entretien préalable, le bulletin de paie, les éléments financiers de l’entreprise lorsque le motif est tiré de difficultés économiques. Le calcul de l’indemnité suit le barème Macron de l’article L. 1235-3. Art. L. 1235-7 C. trav.Art. L. 1235-3 C. trav.

10Articulation CSP, priorité de réembauche et formation pendant les 12 mois.+

Le contrat de sécurisation professionnelle ouvre droit à un accompagnement renforcé d’une durée de douze mois. Le bénéficiaire est dispensé de recherche d’emploi au sens classique mais doit s’engager dans le parcours de reclassement, accepter les actions proposées et signaler les reprises d’activité. La rupture du parcours par défaut d’assiduité peut entraîner la perte du statut.

La priorité de réembauche se déclenche par une demande expresse adressée à l’employeur. Cette demande peut intervenir à tout moment dans l’année qui suit la rupture. L’employeur doit informer le salarié de tout poste devenu disponible et compatible avec sa qualification. La défense est connexe à celle des autres dispositifs sécurisant les créances salariales en cas de difficulté économique, comme le contentieux de la garantie AGS pour les salariés en liquidation judiciaire. Art. L. 1233-45 C. trav.Conv. UNÉDIC 26 janv. 2015

FAQ

Questions fréquentes.

Puis-je refuser le CSP sans perdre mes indemnités de licenciement ?+

Oui. Le refus du contrat de sécurisation professionnelle ne fait perdre aucune indemnité de rupture. La procédure se poursuit alors en licenciement économique classique. Le salarié exécute son préavis ou perçoit l’indemnité compensatrice de préavis, conserve l’indemnité légale ou conventionnelle de licenciement, et bénéficie de l’allocation d’aide au retour à l’emploi versée par France Travail selon les règles de droit commun. Le refus rouvre également l’ensemble des leviers de contestation prud’homale dans le délai de douze mois prévu par l’article L. 1235-7 du Code du travail.

Combien de temps pour réfléchir avant d’accepter le CSP ?+

Vingt-et-un jours calendaires à compter de la remise du document, en application de l’article L. 1233-67 du Code du travail. Le silence vaut refus. Le délai n’est ni interruptible ni prorogeable. Pendant ces vingt-et-un jours, le salarié peut demander un entretien d’information avec France Travail. Il peut également solliciter un avocat. Une décision prise dans les derniers jours, après lecture du motif économique écrit, est souvent plus solide qu’une adhésion immédiate.

Une fois adhéré au CSP, puis-je encore contester mon licenciement ?+

Oui. L’adhésion emporte rupture d’un commun accord mais conserve l’exigence d’une cause économique réelle et sérieuse. Lorsque le motif fait défaut ou que l’employeur n’a pas adressé l’information écrite avant la fin du délai de réflexion, la rupture est dépourvue de cause réelle et sérieuse. Le salarié obtient l’indemnité de l’article L. 1235-3 du Code du travail selon le barème Macron. Les arrêts de la Cour de cassation des 6 mai 2025 (n° 23-20.077) et 5 avril 2023 (n° 21-18.636) confirment cette analyse.

Quel délai pour saisir le conseil de prud’hommes après adhésion CSP ?+

Douze mois à compter de l’adhésion, en application de l’article L. 1235-7 du Code du travail. Le délai est court. Il englobe la régularité de la procédure et la validité du licenciement. Passé ce délai, la contestation est forclose. La demande relative à l’absence de mention de la priorité de réembauche obéit au même délai. Une saisine rapide permet aussi de demander la communication de pièces que l’employeur ne produit pas spontanément.

L’employeur peut-il me retirer le CSP s’il a déjà été proposé ?+

Non. Une fois proposé selon les formes prévues par l’article L. 1233-66 du Code du travail, le contrat de sécurisation professionnelle ne peut être retiré. L’employeur reste tenu de la proposition pendant les vingt-et-un jours de réflexion. Toute tentative de revenir sur la proposition expose l’employeur à des dommages et intérêts pour atteinte à la loyauté contractuelle. Si l’employeur invoque une erreur de procédure pour relancer un licenciement classique, le salarié peut s’en prévaloir aux prud’hommes.

Qu’est-ce que l’ASP versée pendant le CSP ?+

L’allocation de sécurisation professionnelle est servie par France Travail au bénéficiaire du contrat de sécurisation professionnelle. Pour un salarié justifiant d’au moins un an d’ancienneté, son montant est égal à 75 % du salaire journalier de référence. Pour une ancienneté inférieure, elle s’aligne sur l’ARE. Elle est versée pendant la durée du CSP, soit douze mois. Elle se substitue à l’ARE classique. La convention UNÉDIC du 26 janvier 2015 et ses avenants en fixent les modalités.

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Vous êtes salarié visé par un licenciement économique avec proposition de contrat de sécurisation professionnelle, ou vous avez adhéré au CSP et le motif vous semble contestable ? Transmettez la lettre d’information CSP, la convocation à l’entretien préalable, vos trois derniers bulletins de paie et l’écrit d’information sur le motif économique. Maître Hassan KOHEN, avocat au Barreau de Paris en droit du travail, vous répond personnellement sous 24 heures avec une première analyse stratégique.

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