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Maître Hassan KOHEN, avocat au Barreau de Paris
Maître Hassan KOHEN
Avocat au Barreau de Paris

Tribunal de commerce de Paris, le 9 avril 2026, n°2025098473

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I. L’office du tribunal dans la prorogation du délai de clôture de la liquidation judiciaire simplifiée

A. Le fondement textuel de la prorogation et la compétence du tribunal

L’article L. 644-5 du code de commerce fixe un délai maximal pour la clôture de la procédure de liquidation judiciaire simplifiée. Ce texte confère au tribunal le pouvoir de proroger ce délai à la demande du mandataire liquidateur. En l’espèce, le mandataire a saisi le tribunal par une requête motivée. Le tribunal, après avoir relevé le rapport favorable du juge-commissaire, a accueilli la demande. Cette solution s’inscrit dans le cadre strict de l’article précité, qui ne prévoit pas de condition substantielle autre que la nécessité de poursuivre les opérations de liquidation. La décision commentée illustre ainsi la mise en œuvre d’un pouvoir discrétionnaire du tribunal, lequel apprécie souverainement l’opportunité de la prorogation au vu des éléments fournis. Une telle approche est conforme à la finalité de la procédure, qui est de réaliser l’actif et d’apurer le passif dans l’intérêt des créanciers.

B. L’appréciation des motifs exposés par le mandataire liquidateur

Le tribunal s’est contenté de faire référence aux motifs exposés dans la requête, sans les expliciter dans son jugement. Cette absence de détail peut surprendre, mais elle traduit le caractère non contentieux de la procédure. La prorogation du délai est une mesure d’administration judiciaire qui ne requiert pas un débat contradictoire approfondi. Le juge se fonde sur le rapport du juge-commissaire, qui a déjà examiné le bien-fondé de la demande. En l’espèce, le rapport était favorable, ce qui a emporté la conviction du tribunal. La solution retenue témoigne de la confiance accordée à l’appréciation du mandataire et du juge-commissaire. Elle s’inscrit dans une logique de célérité et d’efficacité propre aux procédures simplifiées, où la souplesse est privilégiée.

II. Les conséquences de la prorogation sur le déroulement de la procédure collective

A. Le maintien des organes de la procédure pendant la prorogation

Le jugement maintient expressément le juge-commissaire et le mandataire liquidateur pour la durée de la prorogation. Ce maintien assure la continuité de la gestion de la procédure. La prorogation du délai de clôture ne remet pas en cause les missions des organes de la procédure. Le mandataire conserve ses pouvoirs de réalisation de l’actif et de distribution des fonds. Le juge-commissaire continue d’exercer son contrôle. La décision commentée est donc cohérente avec les dispositions du code de commerce. Elle rappelle que la prorogation n’est pas une fin en soi, mais un outil permettant d’achever les opérations de liquidation dans des conditions satisfaisantes. La jurisprudence d’appui rappelle que la demande de prorogation peut être accompagnée d’une demande subsidiaire de passage en régime classique, ce qui montre la diversité des solutions offertes au tribunal.

B. Les perspectives d’achèvement de la procédure à l’issue du délai prorogé

Le tribunal fixe au 9 juillet 2026 la date à laquelle la clôture devra être examinée. Ce terme est impératif. Si les opérations ne sont pas achevées à cette date, une nouvelle prorogation pourra être sollicitée, ou le tribunal pourra d’office prononcer la clôture pour insuffisance d’actif ou extinction du passif. La décision commentée s’inscrit dans une temporalité précise. Elle illustre la gestion dynamique des procédures collectives, où le juge adapte le délai en fonction des circonstances. En l’espèce, la prorogation de trois mois semble raisonnable. Le tribunal aurait pu opter pour une durée plus courte ou plus longue, mais il a suivi la proposition du mandataire. Cette solution témoigne d’une volonté de concilier les intérêts en présence : permettre la poursuite des opérations tout en évitant une prolongation excessive de la procédure.

Jurisprudences utilisées pour enrichir le commentaire

Fondements juridiques

Article L. 644-5 du Code de commerce En vigueur

Le tribunal prononce la clôture de la liquidation judiciaire au plus tard dans le délai de six mois à compter de la décision ayant ordonné ou décidé l’application de la procédure simplifiée, le débiteur entendu ou dûment appelé. Ce délai est porté à un an lorsque le nombre des salariés du débiteur ainsi que son chiffre d’affaires hors taxes sont supérieurs à des seuils fixés par décret..

Le tribunal peut, par un jugement spécialement motivé, proroger la procédure pour une durée qui ne peut excéder trois mois.

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