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GPA en France : adoption plénière, exequatur et filiation avant l’audience du 22 mai 2026

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Le 22 mai 2026, l’assemblée plénière de la Cour de cassation doit examiner une question très concrète pour les familles ayant eu recours à une GPA à l’étranger : un jugement étranger qui désigne les parents d’intention comme parents légaux de l’enfant peut-il, une fois reconnu en France, produire les effets d’une adoption plénière ?

Cette audience est importante parce qu’elle arrive après plusieurs décisions récentes sur la gestation pour autrui, l’exequatur, la transcription des actes de naissance et la place de la mère porteuse dans le contrôle du juge français. Les recherches Google montrent aussi une demande réelle : « gpa france », « mère porteuse france », « gpa en france », « gestation pour autrui france », « gpa autorisée en France ». Beaucoup d’internautes ne cherchent pas seulement une définition. Ils veulent savoir si une GPA faite à l’étranger peut sécuriser la filiation de l’enfant en France, quelle procédure engager et quels documents préparer.

La réponse courte est la suivante : la GPA reste interdite en France, mais l’enfant né à l’étranger ne doit pas rester dans une insécurité d’état civil. Selon le dossier, il faut raisonner entre transcription d’acte de naissance, exequatur d’un jugement étranger, adoption par le parent d’intention et contrôle de l’ordre public international.

GPA en France : ce qui est interdit et ce qui doit être sécurisé

En droit français, l’article 16-7 du code civil prévoit que toute convention portant sur la procréation ou la gestation pour le compte d’autrui est nulle. L’article 16-9 du même code rend ces règles d’ordre public. Autrement dit, organiser une convention de mère porteuse en France n’est pas licite.

Mais l’interdiction de la convention n’efface pas l’enfant né à l’étranger. Le problème juridique se déplace alors : comment établir ou faire reconnaître en France la filiation déjà constatée par un acte de naissance étranger ou une décision étrangère ?

C’est ce qui explique les recherches apparemment contradictoires autour de « mère porteuse France ». Une personne peut savoir que la GPA est interdite en France, mais avoir déjà un enfant né à l’étranger, ou envisager un parcours étranger, ou devoir régulariser une situation familiale commencée hors de France. La question pratique n’est donc pas « comment faire une GPA en France ? » mais « comment sécuriser en France l’état civil et la filiation d’un enfant né à l’étranger ? »

Transcription, adoption, exequatur : trois voies à ne pas confondre

La première voie est la transcription de l’acte de naissance étranger. L’article 47 du code civil donne une force probante aux actes d’état civil établis à l’étranger dans les formes locales, sauf irrégularité, falsification ou discordance avec la réalité appréciée au regard de la loi française. La transcription peut donc être demandée lorsque l’acte étranger établit une filiation compatible avec le contrôle français.

La deuxième voie est l’adoption. Elle peut être envisagée pour établir le lien avec le parent d’intention, notamment lorsque la filiation n’est pas déjà établie à son égard. La Cour de cassation a déjà jugé, dans des décisions du 4 novembre 2020, que le recours à une GPA à l’étranger ne fait pas automatiquement obstacle à l’adoption de l’enfant par le conjoint du père lorsque les conditions légales sont réunies.

La troisième voie est l’exequatur. Il s’agit de faire reconnaître en France une décision étrangère. En matière de GPA, c’est souvent une décision rendue par une juridiction étrangère qui a déclaré que les parents d’intention sont les parents légaux de l’enfant. Mais l’exequatur ne donne pas carte blanche. Le juge français contrôle notamment la compétence indirecte du juge étranger, l’absence de fraude et la conformité à l’ordre public international.

Ces trois voies peuvent se croiser, mais elles ne produisent pas nécessairement les mêmes effets. C’est l’un des enjeux de l’audience annoncée du 22 mai 2026 : si le jugement étranger n’est pas lui-même un jugement d’adoption, peut-il produire en France les effets d’une adoption plénière ?

Ce que la Cour de cassation a déjà dit en 2024

Deux arrêts du 2 octobre 2024 ont clarifié une partie du débat.

Dans le premier, la Cour de cassation a rappelé qu’une décision étrangère revêtue de l’exequatur peut permettre à la filiation qu’elle établit d’être reconnue en France et de produire les effets attachés à cette filiation. Mais elle a aussi refusé de transformer automatiquement une décision étrangère qui n’était pas un jugement d’adoption en une adoption plénière française. L’enjeu est majeur : l’adoption plénière n’est pas seulement une reconnaissance de filiation, c’est un mécanisme qui emporte des effets propres, notamment sur l’état civil et la substitution de filiation.

Dans le second arrêt du 2 octobre 2024, la Cour a insisté sur le contrôle du juge français lorsque la décision étrangère est peu motivée. Si le juge étranger ne donne pas assez d’éléments, le juge français doit pouvoir vérifier les circonstances du parcours, l’identité des personnes concernées et le consentement de la femme qui a porté l’enfant. Le dossier ne doit donc pas être présenté comme une simple formalité administrative.

Ces décisions ne ferment pas la porte à la reconnaissance de la filiation. Elles obligent à présenter un dossier rigoureux, documenté, cohérent et respectueux de l’intérêt de l’enfant comme des exigences d’ordre public.

Pourquoi l’audience du 22 mai 2026 peut changer les dossiers en cours

La Lettre de la Cour de cassation de février 2026 annonce une audience d’assemblée plénière sur « GPA, exéquatur et effets en droit français ». La question posée est très précise : sur la base d’un contrat de GPA passé à l’étranger, le jugement étranger déclarant que les parents d’intention sont les parents légaux de l’enfant peut-il, une fois exequaturé, produire en France les effets d’une adoption plénière ?

L’assemblée plénière est la formation la plus solennelle de la Cour de cassation. Son intervention est un signal. Elle peut stabiliser la ligne entre deux impératifs : ne pas légaliser indirectement une convention prohibée en France, mais éviter que l’enfant soit privé d’une filiation juridiquement sûre.

Pour les familles, cela signifie qu’un dossier GPA étranger déposé en France en 2026 doit être préparé avec prudence. Il ne suffit pas d’avoir un acte de naissance étranger ou un jugement étranger. Il faut anticiper les questions que le parquet, le tribunal judiciaire ou la Cour de cassation peuvent poser : quel est le contenu exact de la décision étrangère ? Quelle est sa motivation ? Le consentement de la mère porteuse est-il établi ? La filiation demandée correspond-elle à un mécanisme reconnu par le droit français ? Demande-t-on une transcription, une adoption ou l’exequatur d’un jugement ?

Les pièces à réunir avant une demande en France

Un dossier de GPA étrangère se gagne rarement avec des explications générales. Il faut des pièces.

Selon le pays, la procédure et la situation familiale, il faut réunir :

  • l’acte de naissance étranger de l’enfant ;
  • le jugement étranger établissant la filiation, s’il existe ;
  • le contrat ou les documents de procédure utiles, avec prudence dans leur usage ;
  • l’apostille ou la légalisation des actes, lorsque nécessaire ;
  • une traduction assermentée ;
  • les justificatifs d’identité et de nationalité des parents et de l’enfant ;
  • les preuves de résidence et de compétence de la juridiction étrangère ;
  • les éléments montrant le consentement libre et éclairé de la femme ayant porté l’enfant ;
  • les pièces médicales ou administratives utiles, si elles existent et peuvent être communiquées ;
  • les décisions ou échanges avec le service central d’état civil de Nantes ;
  • les éventuels refus de transcription ou demandes de pièces complémentaires ;
  • les preuves de la vie familiale effective de l’enfant avec les parents d’intention.

Le plus mauvais réflexe consiste à déposer un dossier incomplet en pensant que la jurisprudence finira par corriger les manques. En GPA internationale, les manques documentaires deviennent vite des soupçons de fraude, de contournement ou d’atteinte à l’ordre public.

Exequatur GPA : les points qui peuvent faire échouer la demande

L’exequatur d’un jugement étranger n’est pas automatique. En matière de GPA, plusieurs difficultés reviennent.

La première est la motivation insuffisante de la décision étrangère. Si la décision se contente de désigner les parents légaux sans expliquer les vérifications réalisées, le juge français peut demander des éléments complémentaires.

La deuxième est l’absence de preuve claire du consentement de la mère porteuse. C’est un point central. Le juge français peut vouloir vérifier que la femme qui a porté l’enfant a consenti librement, que son identité est connue dans la procédure et que ses droits ont été respectés.

La troisième est la qualification de la décision étrangère. Un jugement qui constate une filiation n’est pas forcément un jugement d’adoption. Or l’adoption plénière a des effets spécifiques en droit français. C’est précisément le débat qui justifie l’attention portée à l’audience du 22 mai 2026.

La quatrième est la cohérence entre les demandes. Une famille peut hésiter entre transcription, adoption ou exequatur. Mais devant le tribunal, il faut choisir une stratégie claire. Demander tout à la fois, sans hiérarchie ni pièces adaptées, peut fragiliser le dossier.

Que faire si la transcription de l’acte de naissance est refusée ?

Un refus de transcription n’est pas forcément la fin du dossier. Il faut d’abord lire précisément le motif du refus : doute sur l’acte, absence de pièces, discordance avec la loi française, difficulté sur le parent d’intention, décision étrangère non reconnue, suspicion de fraude.

Ensuite, il faut choisir la bonne réponse. Si le problème tient à l’acte de naissance, des pièces d’état civil complémentaires peuvent être nécessaires. Si le problème tient à la filiation du parent d’intention, une adoption peut être discutée. Si le problème tient à une décision étrangère non reconnue, une procédure d’exequatur peut devenir centrale.

Dans tous les cas, il faut éviter les courriers émotionnels sans pièces. L’intérêt de l’enfant est essentiel, mais il doit être appuyé par un dossier juridique : stabilité familiale, vie quotidienne, nationalité, école, santé, autorité parentale, succession, sécurité administrative.

Paris et Île-de-France : pourquoi anticiper le calendrier

À Paris et en Île-de-France, les dossiers de filiation internationale demandent souvent une coordination entre plusieurs niveaux : tribunal judiciaire, parquet, service central d’état civil, autorités étrangères, traducteurs assermentés, apostille, parfois notaire et administrations scolaires ou consulaires.

Le calendrier doit donc être anticipé. Une famille peut avoir besoin d’un acte de naissance transcrit pour une démarche de nationalité, un passeport, une inscription scolaire, une couverture sociale ou une succession. Si un refus est probable, il vaut mieux préparer la contestation dès le dépôt initial plutôt que découvrir trop tard que les pièces étrangères ne sont pas suffisantes.

Le cabinet intervient en droit de la famille à Paris et en Île-de-France pour analyser la voie la plus adaptée : transcription, adoption, exequatur, contestation d’un refus ou sécurisation d’une filiation déjà reconnue à l’étranger.

Les questions à se poser avant d’engager une procédure

Avant de saisir une juridiction française, il faut répondre à quelques questions simples.

Qui est déjà parent dans l’acte étranger ? Le jugement étranger existe-t-il ? Est-il motivé ? La mère porteuse apparaît-elle dans la procédure ? Son consentement est-il documenté ? L’enfant a-t-il déjà un document d’identité ? Une transcription a-t-elle été demandée à Nantes ? Le parquet a-t-il pris position ? Le parent d’intention demande-t-il une adoption ou la reconnaissance d’une décision étrangère ? La demande est-elle urgente pour une raison administrative, familiale ou successorale ?

Ces questions orientent toute la stratégie. Un dossier GPA étranger ne doit pas être présenté comme un débat abstrait sur la GPA. Il doit être présenté comme un dossier d’état civil et de filiation, centré sur l’enfant, les actes existants, les décisions étrangères et les effets recherchés en France.

Sources utiles

Pour les parents déjà engagés dans une demande d’état civil, voir aussi notre guide pratique sur la transcription d’acte de naissance GPA, l’exequatur et l’adoption après l’audience du 22 mai 2026. transcription d’acte de naissance GPA.

Depuis l’audience d’Assemblée plénière du 22 mai 2026, consultez aussi notre mise à jour pratique sur GPA à l’étranger après l’audience du 22 mai 2026.

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