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Intérimaire et lundi de Pentecôte 2026 : jour férié, salaire et recours contre l’agence

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Le lundi de Pentecôte 2026 tombe le 25 mai. Pour beaucoup d’intérimaires, la question arrive au dernier moment : l’entreprise ferme, l’agence d’intérim ne prévoit rien sur la paie, ou l’utilisateur demande de venir travailler au titre de la journée de solidarité. La recherche réelle est simple : « jour férié intérim », « jour férié payé en intérim », « lundi de Pentecôte intérimaire » ou « intérim jour férié payé ».

Le sujet est plus sensible qu’un jour férié ordinaire. L’intérimaire n’est pas salarié de l’entreprise utilisatrice, mais il travaille dans ses locaux, avec ses horaires, ses consignes et ses contraintes. Il peut donc se retrouver entre deux interlocuteurs : l’entreprise qui organise le planning et l’agence qui paie le salaire. En pratique, c’est souvent dans cet espace que naissent les erreurs de paie.

Le Code du travail prévoit une règle spécifique pour le travail temporaire : le paiement des jours fériés est dû au salarié temporaire indépendamment de son ancienneté dès lors que les salariés de l’entreprise utilisatrice en bénéficient. Autrement dit, l’agence ne peut pas opposer à l’intérimaire une condition de trois mois d’ancienneté si les permanents de l’entreprise sont payés pour ce jour férié.

L’actualité renforce l’intérêt du sujet. Le Service-Public a mis à jour sa fiche sur la journée de solidarité le 11 mai 2026, à l’approche du lundi de Pentecôte. Et le 13 mai 2026, la chambre sociale de la Cour de cassation a rendu un arrêt publié au Bulletin sur le travail temporaire et les obligations liées aux salariés intérimaires dans l’entreprise utilisatrice. Même si cette décision concerne la santé et la sécurité, elle rappelle une réalité pratique : l’intérimaire doit être traité comme un salarié présent dans l’organisation de travail, pas comme un travailleur extérieur sans droits propres.

Lundi de Pentecôte 2026 : jour férié ou journée de solidarité

Le lundi de Pentecôte reste un jour férié légal. En 2026, il tombe le lundi 25 mai. Il peut être chômé dans l’entreprise, travaillé comme un jour ordinaire, ou choisi comme journée de solidarité selon les règles applicables dans l’entreprise utilisatrice.

La journée de solidarité n’est plus automatiquement le lundi de Pentecôte dans toutes les entreprises. Elle peut prendre plusieurs formes : travail d’un jour férié précédemment chômé autre que le 1er mai, suppression d’un jour de RTT, ou autre modalité permettant sept heures de travail supplémentaires. Le Code du travail précise que, dans la limite de sept heures, le travail accompli au titre de cette journée ne donne pas lieu à rémunération supplémentaire.

Pour l’intérimaire, la première question n’est donc pas seulement « le lundi de Pentecôte est-il férié ? ». La bonne question est : quelle règle l’entreprise utilisatrice applique-t-elle à ses propres salariés ce jour-là ? Si les permanents ne travaillent pas et sont payés, l’intérimaire doit vérifier pourquoi sa paie serait traitée différemment. Si les permanents travaillent au titre de la journée de solidarité, il faut vérifier si l’intérimaire est bien concerné par la même organisation et dans quelle limite.

Si l’entreprise ferme : l’intérimaire doit-il être payé

Lorsque le jour férié tombe pendant la mission et que les salariés permanents de l’entreprise utilisatrice bénéficient du paiement de ce jour, l’intérimaire doit en bénéficier aussi. C’est l’application directe de l’article L. 1251-18 du Code du travail.

La règle est importante parce qu’elle distingue l’intérimaire des autres salariés en CDD ou CDI. Pour un salarié ordinaire, le Code du travail prévoit en principe une condition d’ancienneté de trois mois pour que le chômage d’un jour férié n’entraîne aucune perte de salaire, sauf règle plus favorable. Pour le salarié temporaire, le texte spécial écarte cette condition d’ancienneté lorsque les salariés de l’entreprise utilisatrice bénéficient du paiement.

Exemple simple. Un intérimaire est en mission du 18 au 29 mai 2026, du lundi au vendredi, dans une entreprise qui ferme le lundi 25 mai et maintient la rémunération de ses salariés permanents. Si le lundi devait normalement être travaillé, l’agence doit vérifier les règles de l’entreprise utilisatrice et payer le jour férié si les permanents sont payés.

Autre exemple. La mission devait commencer le mardi 26 mai. Le lundi 25 mai n’est pas inclus dans la période de mission. Dans ce cas, l’intérimaire aura beaucoup plus de difficulté à réclamer le paiement du lundi, sauf situation particulière de missions successives, même poste, même entreprise et continuité suffisamment établie. Il faut alors relire les contrats de mission et les échanges de planning.

Si l’entreprise fait travailler le lundi de Pentecôte

Si l’entreprise utilisatrice ouvre le lundi 25 mai 2026, l’intérimaire peut être programmé comme les salariés permanents, sous réserve de son contrat de mission, du planning communiqué et des règles de durée du travail. Le fait que le jour soit férié ne suffit pas, à lui seul, à donner droit à une majoration de salaire.

Il existe une exception claire : le 1er mai obéit à un régime spécifique. Pour les autres jours fériés, dont le lundi de Pentecôte, la majoration dépend de la convention collective, d’un accord d’entreprise, d’un usage, du contrat de mission ou des règles appliquées dans l’entreprise utilisatrice. L’intérimaire doit donc demander la base exacte de calcul : rémunération ordinaire, prime de jour férié, repos compensateur, majoration conventionnelle, ou journée de solidarité.

Si le lundi de Pentecôte est utilisé comme journée de solidarité, le traitement peut être différent. Les heures accomplies dans la limite de sept heures ne donnent pas lieu à rémunération supplémentaire. Mais cela ne signifie pas que l’agence peut effacer toute la journée sans explication. Elle doit pouvoir justifier le cadre appliqué, la durée retenue, le lien avec l’entreprise utilisatrice et la cohérence avec les salariés permanents.

Le point de vigilance est le bulletin de paie. Un intérimaire doit contrôler le nombre d’heures payées, le taux horaire, les primes, les majorations, les indemnités de fin de mission, les congés payés et l’éventuelle ligne liée au jour férié. Une erreur isolée peut se corriger rapidement. Une absence totale de ligne ou un refus verbal de payer impose une réclamation écrite.

Journée de solidarité : l’intérimaire peut-il refuser

La réponse dépend de la manière dont la journée est fixée dans l’entreprise utilisatrice et de la mission acceptée. Si le lundi de Pentecôte est travaillé dans l’entreprise et si l’intérimaire est planifié dans le cadre de sa mission, un refus non justifié peut créer un risque disciplinaire ou une fin de mission conflictuelle.

Cela ne veut pas dire qu’il faut accepter n’importe quoi. L’intérimaire peut demander par écrit à l’agence et à l’entreprise utilisatrice quelle règle est appliquée : jour férié ordinaire, journée de solidarité, jour travaillé avec majoration conventionnelle, ou jour non travaillé payé. Il peut aussi demander si les salariés permanents placés sur le même poste sont traités de la même manière.

Le cas le plus litigieux est celui du changement d’employeur ou d’agence en cours d’année. Le Code du travail prévoit un mécanisme pour éviter qu’un salarié accomplisse deux journées de solidarité non rémunérées la même année. Si l’intérimaire a déjà accompli une journée de solidarité en 2026, il doit conserver la preuve : bulletin de paie, planning, attestation, échange écrit ou contrat mentionnant la journée. Sans preuve, la discussion devient plus difficile.

Pour aller plus loin sur l’angle général, le cabinet a déjà publié un article sur la journée de solidarité 2026 et le refus de travailler le lundi de Pentecôte. Le présent article traite le sous-angle spécifique des intérimaires, car leur paie dépend de l’agence alors que l’organisation du jour férié dépend de l’entreprise utilisatrice.

Les preuves à demander à l’agence d’intérim

La première preuve est le contrat de mission. Il faut vérifier la période exacte, le poste, le lieu, les horaires, la rémunération, les primes, la convention collective applicable dans l’entreprise utilisatrice et les conditions particulières. Le jour férié doit être replacé dans cette période.

La deuxième preuve est le planning. Il doit montrer si le lundi 25 mai 2026 devait être travaillé, chômé, récupéré, ou traité comme journée de solidarité. Un planning oral est insuffisant. Un SMS, un mail, une capture de l’application de l’agence ou une feuille d’heures signée peut devenir décisif.

La troisième preuve est la comparaison avec les salariés permanents. L’article L. 1251-18 renvoie directement au bénéfice dont disposent les salariés de l’entreprise utilisatrice. Il faut donc demander si les permanents du même service sont payés lorsque le jour est chômé, s’ils travaillent sans majoration au titre de la journée de solidarité, ou s’ils perçoivent une majoration conventionnelle.

La quatrième preuve est le bulletin de paie. Il faut isoler le jour férié, vérifier les heures réellement payées, les primes, l’indemnité de fin de mission et l’indemnité compensatrice de congés payés. Si l’agence ne distingue rien, l’intérimaire peut demander un détail de calcul.

Que réclamer si le jour férié n’est pas payé

La réclamation doit rester simple. L’intérimaire peut écrire à l’agence : la mission couvrait le lundi 25 mai 2026 ; ce jour était habituellement travaillé ; les salariés de l’entreprise utilisatrice ont bénéficié du paiement ou d’un traitement favorable ; l’article L. 1251-18 du Code du travail impose le paiement au salarié temporaire indépendamment de son ancienneté ; le bulletin doit être corrigé.

Il faut joindre les pièces utiles : contrat de mission, planning, feuille d’heures, bulletin de paie, échanges avec le chef d’équipe, preuve de fermeture ou d’ouverture de l’entreprise, capture d’écran de l’application de planning. Une demande chiffrée est plus efficace qu’une demande générale. Il faut indiquer le nombre d’heures, le taux horaire, la majoration éventuellement revendiquée et les accessoires de salaire.

Si l’agence refuse, plusieurs options existent. Une relance écrite peut suffire lorsque l’erreur vient d’un paramétrage de paie. Si le refus est assumé, le salarié peut envisager une saisine du conseil de prud’hommes pour rappel de salaire, remise d’un bulletin rectifié et accessoires. Lorsque plusieurs intérimaires sont concernés, les preuves collectives peuvent aider, mais chaque salarié doit conserver son propre dossier.

L’arrêt de la Cour de cassation du 13 mai 2026, n° 25-10.127, publié au Bulletin, ne porte pas sur le paiement du lundi de Pentecôte. Il est néanmoins utile dans le contexte 2026 : il rappelle que l’entreprise utilisatrice conserve des obligations concrètes à l’égard des salariés intérimaires affectés dans ses unités de travail. L’agence et l’entreprise utilisatrice ne peuvent pas se renvoyer indéfiniment la responsabilité pratique de l’organisation.

Paris et Île-de-France : intérim, événementiel, restauration et logistique

À Paris et en Île-de-France, les missions d’intérim autour des jours fériés concernent souvent la restauration, l’hôtellerie, l’événementiel, la sécurité, la logistique, les salons, la vente et les services. Les plannings changent vite. Les missions peuvent être à la semaine, au jour, ou renouvelées par blocs courts.

Cette organisation augmente le risque d’erreur sur les jours fériés. Une mission arrêtée la veille du lundi de Pentecôte puis reprise le lendemain peut poser une question de continuité. Une mission sur un événement ouvert le 25 mai peut poser une question de majoration. Une entreprise fermée alors que l’intérimaire devait travailler peut poser une question de maintien de salaire.

Le cabinet intervient en droit du travail à Paris et en contentieux prud’homal pour analyser les contrats de mission, les bulletins de paie, les jours fériés non payés, les fins de mission contestées et les rappels de salaire.

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