Journée de solidarité 2026 : lundi de Pentecôte travaillé, salaire et refus du salarié

Le lundi de Pentecote 2026 tombe le 25 mai. Comme chaque annee, la meme question revient dans les entreprises : le salarie doit-il venir travailler ce jour-la, sera-t-il paye en plus, et que risque-t-il s’il refuse ?

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La reponse courte est la suivante : le lundi de Pentecote reste un jour ferie, mais il peut etre choisi comme journee de solidarite. Si tel est le cas, un salarie mensualise travaille jusqu’a 7 heures sans remuneration supplementaire. La date doit etre fixee par accord collectif, ou a defaut par l’employeur apres consultation du CSE lorsqu’il existe. Le refus peut entrainer une retenue sur salaire et parfois une sanction, sauf cas particulier, notamment lorsque le salarie a deja accompli sa journee de solidarite chez un autre employeur au cours de la meme annee.

La journee de solidarite 2026 n’est pas automatiquement le lundi de Pentecote

Une confusion persiste : beaucoup de salaries pensent que le lundi de Pentecote est toujours travaille. Ce n’est plus exact.

La journee de solidarite a ete instituee pour financer des actions en faveur de l’autonomie des personnes agees ou handicapees. Le Code du travail prevoit qu’elle prend la forme d’une journee supplementaire de travail non remuneree pour les salaries et d’une contribution patronale pour les employeurs. Les textes de reference figurent aux articles L. 3133-7 a L. 3133-10 du Code du travail.

En pratique, l’entreprise peut retenir plusieurs modalites :

  1. travailler un jour ferie precedemment chome, autre que le 1er mai ;
  2. supprimer une journee de RTT ;
  3. organiser 7 heures de travail auparavant non travaillees ;
  4. fractionner ces heures si l’organisation le permet.

Le lundi de Pentecote n’est donc qu’une possibilite. Dans certaines entreprises, il reste chome. Dans d’autres, il est travaille. Dans d’autres encore, la journee de solidarite est absorbee par une RTT ou par un dispositif annuel deja prevu dans l’accord collectif.

Le premier reflexe consiste donc a verifier la source interne : accord d’entreprise, accord de branche, note de service, planning, usage, convention de forfait jours, bulletin de paie ou information RH. Un simple bruit de couloir ne suffit pas a savoir si le 25 mai 2026 est effectivement travaille.

Qui decide de la date dans l’entreprise ?

Les modalites d’accomplissement de la journee de solidarite sont d’abord fixees par convention ou accord d’entreprise, d’etablissement ou de branche. A defaut d’accord, l’employeur peut fixer les modalites apres consultation du comite social et economique lorsqu’il existe.

Cette distinction compte. Si un accord collectif prevoit que la journee de solidarite est realisee par suppression d’une RTT, l’employeur ne peut pas, sans base claire, demander en plus aux salaries de venir travailler le lundi de Pentecote. Si l’accord prevoit le lundi de Pentecote, le salarie ne peut pas traiter ce jour comme un jour ferie chome ordinaire.

Pour un salarie, les questions utiles sont concretes :

  1. la date a-t-elle ete annoncee assez tot ?
  2. le CSE a-t-il ete consulte lorsqu’il devait l’etre ?
  3. la journee a-t-elle deja ete accomplie autrement ?
  4. le salarie est-il a temps partiel, mineur, en forfait jours, en CDD court ou nouvellement embauche ?
  5. la convention collective prevoit-elle une regle plus favorable ?

Un litige nait souvent d’une mauvaise qualification. Le bulletin de paie indique une absence. Le salarie pense qu’il s’agissait d’un jour ferie chome. L’employeur considere qu’il s’agissait de la journee de solidarite. Le dossier se joue alors sur les documents : accord, note de service, planning, badgeage, mails RH et fiche de paie.

Salaire : le lundi de Pentecote travaille est-il paye en plus ?

Pour les salaries mensualises, le travail accompli au titre de la journee de solidarite ne donne pas lieu a remuneration supplementaire dans la limite de 7 heures. C’est le point le plus mal compris.

Le salarie ne travaille pas gratuitement au sens strict : son salaire mensuel habituel est maintenu. En revanche, il n’obtient pas de majoration ni de paiement additionnel pour ces 7 heures. Le Code du travail precise aussi que ces heures ne s’imputent pas sur le contingent annuel d’heures supplementaires et ne donnent pas lieu a contrepartie obligatoire en repos.

Exemple simple : un salarie a temps plein, mensualise, travaille 7 heures le lundi 25 mai 2026 dans le cadre de la journee de solidarite. Son salaire mensuel ne baisse pas, mais il n’a pas droit a 7 heures supplementaires payees en plus, sauf disposition conventionnelle plus favorable ou erreur de qualification par l’employeur.

Pour un salarie a temps partiel, la limite de 7 heures est reduite proportionnellement a la duree contractuelle. Un salarie a mi-temps ne doit donc pas supporter la meme charge qu’un salarie a temps plein. Si l’employeur exige une journee complete sans tenir compte du temps partiel, la paie et le temps de travail doivent etre verifies.

Pour un salarie au forfait jours, la logique est differente : la journee de solidarite est integree dans le nombre de jours travailles prevu par la convention de forfait, souvent dans la limite annuelle applicable. Il faut donc lire la convention individuelle, l’accord collectif de forfait jours et le compteur annuel.

Le salarie peut-il refuser de travailler le 25 mai 2026 ?

La reponse depend de la situation.

Si la journee de solidarite a ete regulierement fixee au lundi de Pentecote et que le salarie n’a pas deja accompli cette journee en 2026, le refus expose a une retenue sur salaire. Il peut aussi exposer a une sanction disciplinaire si l’absence n’est pas justifiee. La Cour de cassation a deja admis cette logique dans le contentieux de la journee de solidarite, notamment lorsque le salarie refuse de venir travailler le jour regulierement retenu.

Mais tout refus ne se traite pas de la meme maniere. Le Code du travail prevoit une regle importante en cas de changement d’employeur. Lorsqu’un salarie a deja accompli sa journee de solidarite au titre de l’annee en cours et qu’un nouvel employeur lui demande d’en accomplir une nouvelle, les heures doivent etre remunerees en plus. Le salarie peut aussi refuser cette nouvelle journee sans que ce refus constitue une faute ou un motif de licenciement.

Ce cas est frequent en 2026 : CDD qui s’enchainent, interim, changement d’entreprise au printemps, rupture conventionnelle suivie d’une nouvelle embauche, ou mobilite dans un groupe. Le salarie doit alors conserver la preuve de la premiere journee accomplie : bulletin de paie, attestation RH, planning, compteur RTT ou mail de l’ancien employeur.

Un autre cas sensible concerne les contraintes personnelles fortes. Si le salarie invoque une impossibilite serieuse, il faut la documenter et demander une solution avant le jour prevu : pose de RTT, conge paye accepte, adaptation d’horaires, ou autre modalite. L’erreur consiste a ne pas venir sans ecrit, puis a discuter seulement apres la retenue sur salaire.

Apprentis, mineurs, CDD, interimaires : les cas a verifier

La journee de solidarite concerne en principe les salaries du secteur prive, y compris les salaries en CDD. Mais les modalites doivent rester compatibles avec leur contrat et leur statut.

Les mineurs beneficient de protections particulieres sur le travail des jours feries. Si la journee de solidarite est fixee un jour ferie, la situation d’un jeune travailleur doit donc etre controlee avant toute sanction. Pour un apprenti mineur, il ne faut pas raisonner comme pour un salarie adulte a temps plein.

Les interimaires et les salaries en contrats courts peuvent etre confrontes a un autre probleme : accomplir plusieurs fois la journee dans l’annee. Le principe reste le meme : une seule journee de solidarite non remuneree par an. Au-dela, la situation doit etre remuneree ou peut justifier un refus dans les conditions prevues par le Code du travail.

Les salaries non mensualises constituent aussi un point d’attention. Les regles de paie ne sont pas toujours identiques a celles des salaries mensualises. L’employeur doit eviter les automatismes de logiciel de paie et verifier le statut exact.

Quelles erreurs de paie peuvent etre contestees ?

Plusieurs erreurs reviennent chaque annee.

Premiere erreur : retenir une journee complete sur le salaire alors que le salarie a travaille, ou alors que la journee de solidarite etait deja integree dans l’organisation annuelle. Dans ce cas, il faut demander la correction du bulletin et le rappel de salaire.

Deuxieme erreur : imposer 7 heures a un temps partiel sans proratisation. La limite doit etre reduite proportionnellement a la duree contractuelle.

Troisieme erreur : faire accomplir une deuxieme journee de solidarite apres un changement d’employeur sans remuneration supplementaire. L’article L. 3133-10 du Code du travail donne ici un levier clair au salarie.

Quatrieme erreur : qualifier le lundi de Pentecote comme journee de solidarite sans accord, sans decision identifiable ou sans information serieuse. L’employeur doit pouvoir expliquer la base de la mesure.

Cinquieme erreur : traiter le 1er mai comme une journee de solidarite. Le 1er mai obeit a un regime distinct et ne doit pas etre confondu avec le lundi de Pentecote ou les autres jours feries ordinaires.

Avant d’aller aux prud’hommes, le salarie doit demander par ecrit la regularisation. Le message doit etre court : date concernee, nombre d’heures, statut, preuve que la journee a deja ete accomplie ou que la retenue est inexacte, demande de correction du bulletin. L’employeur doit repondre sur les textes et sur les documents internes, pas seulement par une formule generale.

Quels recours si l’employeur refuse de regulariser ?

Si la paie est fausse, le litige releve de l’execution du contrat de travail. Le salarie peut demander un rappel de salaire, la remise d’un bulletin rectifie et, selon les circonstances, des dommages et interets si l’erreur a cause un prejudice distinct.

Le plus efficace est souvent progressif :

  1. demander le texte interne qui fixe la journee de solidarite ;
  2. demander le detail du calcul de la retenue ou de l’absence ;
  3. produire la preuve d’une journee deja accomplie si le salarie a change d’employeur ;
  4. solliciter une correction amiable du bulletin de paie ;
  5. saisir le conseil de prud’hommes si l’employeur maintient une retenue injustifiee.

Le contentieux ne doit pas etre gonfle artificiellement. Une erreur isolee de 7 heures peut parfois se regler par une simple correction de paie. En revanche, lorsque l’employeur applique la meme regle a tout un service, refuse de proratiser les temps partiels ou sanctionne un salarie ayant deja accompli sa journee dans l’annee, l’enjeu devient plus serieux.

Pour les sujets voisins, le cabinet a deja traite le travail le dimanche impose, les conges payes refuses, annules ou imposes et le recours en cas de salaire impaye ou paye en retard. Pour une vision plus large des recours du salarie, voir aussi la page du cabinet en droit du travail. La logique est proche : identifier le document applicable, chiffrer la perte et agir vite.

Paris et Ile-de-France : pourquoi le sujet revient souvent

A Paris et en Ile-de-France, les litiges sur la journee de solidarite apparaissent souvent dans des secteurs a horaires variables : commerce, securite, hotellerie-restauration, nettoyage, transport, services a la personne, cabinets de conseil et entreprises multi-sites.

Le probleme n’est pas seulement juridique. Il est documentaire. Les salaries changent plus souvent d’employeur, cumulent parfois plusieurs contrats, travaillent a temps partiel ou alternent missions courtes et CDI. L’employeur, lui, applique parfois une regle nationale sans verifier les situations individuelles.

En cas de litige prud’homal a Paris, Bobigny, Nanterre, Creteil, Versailles, Boulogne-Billancourt, Longjumeau, Evry-Courcouronnes, Pontoise, Cergy ou Meaux, les pieces utiles sont les memes : contrat, avenants, accord collectif, planning, badgeages, bulletins de paie, mails RH et preuve de la journee deja effectuee. Plus le dossier est clair, plus la discussion amiable ou judiciaire est rapide.

Sources utilisees

Les sources principales utilisees pour cet article sont les articles L. 3133-7 a L. 3133-10 du Code du travail, les fiches Service-Public relatives a la journee de solidarite et aux jours feries, ainsi que la recherche Voyage/Judilibre effectuee sur les decisions recentes. Voyage n’a pas identifie de decision sociale pertinente publiee entre le 26 avril 2026 et le 3 mai 2026 sur la journee de solidarite. La recherche elargie a fait ressortir des decisions de paie et de jours feries, mais pas un revirement recent justifiant de fonder l’article sur une jurisprudence nouvelle.

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