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Ordonnance de sûreté de l’enfant : que faire si votre enfant est en danger ?

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Le 27 mai 2026, le Gouvernement a présenté en Conseil des ministres un projet de loi relatif à la protection des enfants. Le texte annonce la création d’une ordonnance de sûreté de l’enfant, appelée à remplacer l’ordonnance de placement provisoire. L’objectif affiché est clair : permettre au juge des enfants ou au procureur d’agir face à un danger grave et immédiat, y compris lorsque ce danger vient d’un parent.

Cette annonce intéresse directement les parents séparés, les familles confrontées à un conflit de résidence, les proches qui s’inquiètent pour un mineur et les parents déjà convoqués devant le juge des enfants. Beaucoup cherchent déjà des réponses concrètes : faut-il appeler le 119, saisir la CRIP, écrire au procureur, demander une mesure d’assistance éducative, saisir le JAF ou préparer un dossier d’urgence ?

La réponse dépend de la nature du danger. Mais une chose ne change pas : il faut agir vite, documenter les faits et éviter les accusations générales. Le juge ne statue pas sur une inquiétude abstraite. Il statue sur des faits datés, vérifiables et reliés à la sécurité de l’enfant.

Ce que prévoit le projet de loi présenté le 27 mai 2026

Le compte rendu officiel du Conseil des ministres du 27 mai 2026 indique que le projet de loi relatif à la protection des enfants poursuit plusieurs objectifs : stabiliser les parcours des enfants confiés, renforcer l’accueil familial, sécuriser les lieux où les enfants sont accueillis et simplifier certaines décisions du quotidien.

Le point le plus sensible pour les familles est la future ordonnance de sûreté de l’enfant. D’après le compte rendu publié par l’Élysée, cette ordonnance remplacerait l’ordonnance de placement provisoire et permettrait d’agir en cas de danger grave et immédiat, notamment par une interdiction de contact, une attribution de la jouissance du logement familial et une articulation plus claire entre le juge des enfants et le juge aux affaires familiales.

Le ministère de l’Éducation nationale présente également ce texte comme une réforme destinée à garantir à chaque enfant sécurité, stabilité et avenir. Il insiste sur les fragilités du contrôle des personnes intervenant auprès des enfants et sur la nécessité d’agir plus tôt.

Attention toutefois : au 30 mai 2026, il s’agit d’un projet de loi. Les règles applicables aujourd’hui restent celles de l’assistance éducative, du placement judiciaire, du signalement au 119, de la saisine de la CRIP, de la saisine du procureur et, lorsque le conflit concerne l’autorité parentale, de la saisine du juge aux affaires familiales.

Quand parler d’un danger grave et immédiat pour l’enfant ?

Le danger grave n’est pas seulement la violence physique. Il peut aussi résulter d’une négligence éducative sévère, d’une exposition répétée aux violences conjugales, d’un défaut de soins, d’une rupture brutale de scolarité, d’une mise en présence avec une personne dangereuse, d’une emprise ou d’un environnement qui compromet la santé psychologique de l’enfant.

Service-Public rappelle que toute personne témoin ou soupçonnant un enfant en danger doit signaler les faits. Le 119 peut être appelé par un enfant, un parent, un proche, un voisin ou un professionnel. L’appel est gratuit et confidentiel, disponible 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7.

Dans une situation d’extrême gravité, il est également possible d’écrire directement au procureur de la République. Le juge des enfants peut intervenir lorsque la santé, la sécurité, la moralité ou les conditions d’éducation du mineur sont compromises.

Le bon réflexe consiste donc à distinguer trois niveaux.

Si l’enfant est exposé à un danger immédiat, il faut appeler les secours, la police ou la gendarmerie, puis formaliser les faits par écrit. Si le danger est sérieux mais nécessite une évaluation sociale, le 119 et la CRIP sont les portes d’entrée naturelles. Si le conflit porte sur l’organisation entre parents, la résidence, les droits de visite ou l’autorité parentale, il faut préparer une saisine du JAF en parallèle ou après les premières mesures de protection.

Quels documents préparer avant de saisir le juge ou le procureur ?

Un dossier utile est un dossier lisible. Il doit permettre à un magistrat de comprendre rapidement ce qui s’est passé, quand, avec quelles preuves et quel risque pèse sur l’enfant.

Préparez d’abord une chronologie courte. Elle doit tenir en quelques pages. Date, lieu, personne présente, fait observé, conséquence pour l’enfant. Pas de développement psychologique inutile. Pas de qualificatifs excessifs. Un fait par ligne.

Ajoutez ensuite les pièces objectives :

  • certificats médicaux ;
  • dépôts de plainte, mains courantes ou procès-verbaux ;
  • échanges écrits avec l’autre parent ;
  • messages de l’école, du médecin, du psychologue ou de l’assistante sociale ;
  • attestations datées et signées ;
  • décisions JAF déjà rendues ;
  • rapports ASE, AEMO ou informations préoccupantes lorsqu’ils existent ;
  • captures d’écran, avec date et contexte.

Les preuves obtenues de manière brutale ou confuse peuvent se retourner contre le parent qui les produit. Un enregistrement clandestin, une capture sortie de son contexte ou une accumulation de messages injurieux fragilise parfois le dossier. La priorité est de montrer le danger, pas d’épuiser le juge avec un dossier de cent pages.

Pour approfondir la logique des mesures éducatives, vous pouvez lire notre article sur l’AEMO, le placement ASE et les mesures d’assistance éducative.

Faut-il saisir le juge des enfants ou le JAF ?

Les deux juges n’ont pas le même rôle.

Le juge des enfants intervient lorsqu’un mineur est en danger. Il peut ordonner une mesure d’investigation, une AEMO, un placement, une remise à un autre parent ou une mesure provisoire. La logique est la protection du mineur.

Le juge aux affaires familiales organise l’autorité parentale, la résidence, le droit de visite et d’hébergement, la contribution à l’entretien et à l’éducation de l’enfant. La logique est l’organisation familiale entre les parents.

En pratique, les deux sujets se croisent souvent. Un parent peut saisir le juge des enfants parce que l’enfant est en danger chez l’autre parent. Il peut aussi saisir le JAF pour demander une modification de résidence ou une suspension du droit de visite. Le projet de loi du 27 mai 2026 annonce justement une articulation plus claire entre ces deux offices.

Mais il ne faut pas tout mélanger dans une même demande. Devant le juge des enfants, il faut centrer le dossier sur le danger. Devant le JAF, il faut expliquer la mesure parentale demandée : résidence chez un parent, droit de visite médiatisé, remise dans un lieu neutre, interdiction de sortie du territoire ou modalités de communication.

Pour un parent déjà concerné par un placement ou une ordonnance provisoire, notre article sur l’ordonnance de placement provisoire, sa durée et les recours des parents permet de comprendre le cadre actuel.

Que peut demander un parent si le danger vient de l’autre parent ?

Le parent protecteur peut demander des mesures très concrètes.

Il peut solliciter que l’enfant réside provisoirement chez lui. Il peut demander un droit de visite médiatisé pour l’autre parent. Il peut demander que les remises d’enfant se fassent dans un espace de rencontre ou par l’intermédiaire d’un tiers. Il peut solliciter une interdiction de contact dans les situations les plus graves. Lorsque le logement familial est au cœur du risque, il peut aussi demander que l’autre parent quitte le logement ou que la jouissance du logement soit attribuée temporairement au parent protecteur.

Ces demandes doivent être proportionnées. Une suspension totale des liens parent-enfant est difficile à obtenir si le dossier ne démontre pas un risque précis. À l’inverse, une mesure trop faible peut laisser l’enfant exposé. La stratégie consiste souvent à demander une mesure immédiate, puis une audience rapide permettant de réexaminer la situation avec des pièces nouvelles.

Lorsque des violences conjugales existent, l’ordonnance de protection peut également être envisagée. Le cabinet a déjà traité ce sujet dans un article distinct sur les violences conjugales, l’ordonnance de protection, le logement et les enfants. Le nouvel angle du projet de loi est différent : il vise plus directement la sûreté de l’enfant et l’articulation entre protection de l’enfance et décisions familiales.

Que faire si l’ASE ou la CRIP intervient après un signalement ?

Un signalement ne signifie pas automatiquement placement. Les services sociaux peuvent évaluer la situation, rencontrer les parents, contacter l’école ou proposer un accompagnement éducatif. Service-Public indique que, lorsque l’enfant est en danger grave, il peut être confié temporairement à un membre de la famille, à une famille d’accueil ou à un établissement spécialisé, sur décision du juge des enfants.

Le parent doit éviter deux erreurs.

La première est de refuser tout contact avec les services sociaux par principe. Cette attitude peut être interprétée comme un défaut de coopération, surtout si l’enfant est réellement en difficulté.

La seconde est d’accepter sans préparation tout ce qui est proposé. Il faut lire les convocations, demander communication des rapports lorsqu’elle est possible, conserver ses échanges avec l’ASE et préparer l’audience. Les parents conservent des droits, y compris pendant un placement : droit d’être entendus, droit de visite selon les modalités fixées, droit de faire appel dans les délais, droit de présenter des observations.

L’article général déjà publié sur la réforme protection de l’enfance 2026, le placement ASE et les droits des parents expose le cadre de la réforme. Le présent article vise surtout le réflexe à adopter quand le danger est immédiat.

Paris et Île-de-France : quel tribunal saisir ?

En Île-de-France, la compétence dépend du domicile de l’enfant ou de la personne chez qui il réside. Les dossiers parisiens relèvent en principe du tribunal judiciaire de Paris. Dans les Hauts-de-Seine, la Seine-Saint-Denis, le Val-de-Marne, les Yvelines, l’Essonne, le Val-d’Oise et la Seine-et-Marne, il faut identifier le tribunal judiciaire compétent et, selon le cas, le tribunal pour enfants ou le JAF.

En urgence, il ne faut pas perdre plusieurs jours à chercher la bonne porte. Si l’enfant est en danger immédiat, appelez les services d’urgence ou le 119. Si une procédure familiale existe déjà, récupérez immédiatement les dernières décisions JAF, les convocations, les coordonnées du service éducatif et les coordonnées du tribunal concerné.

Pour les parents séparés à Paris et en Île-de-France, le cabinet peut vous aider à choisir entre une saisine du juge des enfants, une requête JAF, une ordonnance de protection, une plainte ou une demande de modification de résidence.

Cette intervention s’inscrit dans l’accompagnement plus large du cabinet en droit de la famille à Paris, notamment lorsque la protection de l’enfant doit être articulée avec la résidence, l’autorité parentale et les droits de visite.

La méthode la plus sûre : alerter, prouver, demander une mesure précise

Le projet de loi du 27 mai 2026 confirme une tendance : les juridictions devront pouvoir intervenir plus vite lorsque l’enfant est exposé à un danger grave. Mais un parent ne doit pas attendre la réforme pour agir.

Aujourd’hui déjà, il peut appeler le 119, signaler les faits à la CRIP, écrire au procureur, saisir le juge des enfants, préparer une requête JAF ou demander une ordonnance de protection si les violences conjugales sont en cause.

La méthode reste la même.

Premièrement, alerter par le canal adapté. Deuxièmement, réunir les pièces. Troisièmement, formuler une demande précise. Quatrièmement, éviter les accusations générales et les dossiers confus. Cinquièmement, anticiper l’audience : ce que le juge voudra savoir, ce que l’autre parent répondra, et ce qui protège réellement l’enfant dans les prochaines semaines.

Sources officielles utiles

  • Compte rendu du Conseil des ministres du 27 mai 2026, projet de loi relatif à la protection des enfants, Élysée.
  • Présentation du projet de loi par le ministère de l’Éducation nationale, publiée le 28 mai 2026.
  • Fiche Service-Public sur le signalement d’un enfant en danger, le 119, la CRIP et le procureur.
  • Fiche Service-Public sur le placement d’un enfant sur décision judiciaire, les droits des parents et l’appel.

Besoin d’un avis rapide sur votre dossier

Votre enfant est exposé à un danger, un signalement vient d’être fait, ou vous êtes convoqué devant le juge des enfants. Notre cabinet vous propose une consultation téléphonique en 48 heures avec un avocat du pôle famille. Nous vous aidons à qualifier l’urgence, organiser les preuves et choisir entre signalement, JAF, juge des enfants, ordonnance de protection ou recours contre une mesure de placement.

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