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PHAROS ou plainte : que faire face à un contenu illicite sur X, TikTok ou Telegram ?

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Le 7 mai 2026, le parquet de Paris a annoncé l’ouverture d’une information judiciaire concernant le fonctionnement de la plateforme X, notamment autour de contenus pédopornographiques, de deepfakes sexuels, de contestation de crime contre l’humanité facilitée par l’IA Grok et d’autres infractions numériques. Cette actualité pose une question très concrète aux victimes et aux témoins : faut-il signaler sur PHAROS, déposer plainte, demander le retrait à la plateforme, ou faire les trois ?

La demande existe déjà dans Google. Selon Google Ads, la requête « signalement pharos » représente environ 1 900 recherches mensuelles en France, « plateforme pharos » environ 1 000 recherches mensuelles, et « pharos plainte » environ 590 recherches mensuelles, avec une concurrence faible et un CPC haut pouvant atteindre 3,91 euros sur « pharos plateforme ». Ce ne sont pas seulement des recherches d’information. Elles viennent souvent d’une urgence : un contenu est en ligne, une image circule, un mineur est exposé, un compte anonyme menace, ou une plateforme tarde à retirer une publication.

La réponse courte est la suivante : PHAROS sert à signaler un contenu public illicite aux services spécialisés ; la plainte sert à déclencher une enquête sur l’auteur, la plateforme ou l’hébergeur lorsque vous êtes victime. Le signalement ne remplace donc pas la plainte. Il peut l’appuyer.

PHAROS : à quoi sert vraiment la plateforme ?

PHAROS est le portail officiel de signalement des contenus illicites de l’internet. La page officielle Ma Sécurité indique que la plateforme vise notamment les contenus de violence, mise en danger des personnes, menace, apologie du terrorisme, injure, diffamation, incitation à la haine, discrimination et atteintes aux mineurs.

Le signalement est traité par des policiers ou des gendarmes affectés à PHAROS. S’il est retenu comme illicite, il peut être orienté vers un service d’enquête, vers une autorité étrangère lorsque le contenu vient de l’étranger, ou vers une demande de retrait adressée à la plateforme.

La page officielle précise aussi un point souvent oublié : sauf exception, PHAROS ne recontacte pas l’auteur du signalement. Il ne faut donc pas attendre un accusé détaillé, une convocation automatique ou une copie du dossier. Le signalement sert d’alerte. Il n’est pas conçu comme un suivi de plainte.

Vous pouvez consulter le portail officiel ici : PHAROS sur Ma Sécurité.

PHAROS n’est pas une plainte

Le point décisif est là. Service-public rappelle que le signalement n’est pas une plainte. Il informe les services d’enquête et leur apporte des éléments pour identifier l’auteur des faits. La plainte, elle, vise à demander que des poursuites soient engagées contre l’auteur d’une infraction.

Si vous êtes seulement témoin d’un contenu public, le réflexe PHAROS peut suffire à alerter les autorités. Si vous êtes victime, il faut envisager une plainte en plus du signalement.

Exemples :

  • une vidéo d’agression d’un mineur circule publiquement : signalement PHAROS et conservation des preuves ;
  • une image sexuelle générée par IA vous représente sans consentement : plainte, signalement à la plateforme et, selon le contexte, PHAROS ;
  • un compte anonyme vous menace publiquement : plainte contre X et signalement ;
  • un message privé vous vise personnellement : plainte plutôt que PHAROS, sauf si le contenu devient public ;
  • une publication diffamatoire vous vise : attention, les règles de presse et de prescription imposent souvent une action rapide et techniquement précise.

Justice.fr rappelle qu’un même contenu peut être signalé à l’hébergeur et aux forces de l’ordre. Cette double démarche est souvent utile : la plateforme peut retirer le contenu ; la plainte peut permettre d’identifier l’auteur et d’obtenir une réponse pénale.

La fiche officielle est disponible ici : signaler un contenu illégal publié sur internet.

Quels contenus signaler sur PHAROS ?

PHAROS n’est pas un formulaire pour tout conflit sur internet. Il vise les contenus publics manifestement illicites ou susceptibles de l’être.

Les cas les plus fréquents sont les suivants :

  • menace ou incitation à la violence ;
  • apologie du terrorisme ;
  • contenu pédopornographique ou atteinte sexuelle à un mineur ;
  • proposition sexuelle à un mineur ;
  • incitation à la haine ;
  • injure ou discrimination publique ;
  • trafic de stupéfiants ou d’armes ;
  • incitation à commettre une infraction ;
  • diffusion de contenus violents ou dangereux.

Il faut distinguer le contenu public du message privé. Justice.fr indique que PHAROS ne traite pas, en principe, les contenus reçus dans un cadre privé par une personne connue. Dans ce cas, il faut plutôt préparer une plainte avec les captures, les messages, les numéros, les profils et les éléments d’identification.

En urgence, PHAROS n’est pas le bon canal. Si une infraction est en cours, si une personne menace de se suicider, si un mineur est en danger immédiat ou si une agression se prépare, il faut appeler le 17, le 15 ou le 18 selon la situation.

Contenus générés par IA : pourquoi l’actualité X/Grok change l’analyse

L’actualité autour de X et de Grok montre que le problème n’est plus limité à l’auteur d’un message isolé. Une plateforme, un outil d’intelligence artificielle, un algorithme de recommandation et un système de modération peuvent entrer dans le dossier.

Le communiqué du parquet de Paris du 7 mai 2026 vise notamment la diffusion en ligne de montages ou contenus générés par traitement algorithmique à caractère sexuel reproduisant l’image ou les paroles d’une personne non consentante. Cette qualification renvoie à l’article 226-8-1 du Code pénal, qui punit la diffusion de montages ou contenus sexuels générés par IA sans consentement. Lorsque la publication a lieu sur un service de communication au public en ligne, la peine peut atteindre trois ans d’emprisonnement et 75 000 euros d’amende.

Pour une victime, la conséquence pratique est simple : il ne suffit pas d’écrire « c’est un deepfake » dans un formulaire. Il faut réunir la preuve de l’URL, du compte, de la date, du caractère public, de l’absence de consentement, de l’identification possible de l’auteur ou du diffuseur, et de la réaction de la plateforme.

Si la victime est mineure, l’analyse devient plus sensible encore. Le signalement doit être rapide, les captures doivent être conservées sans rediffusion, et la plainte doit être préparée avec prudence pour ne pas reproduire inutilement les contenus.

Retrait, preuve, plainte : l’ordre des démarches

La première erreur consiste à demander seulement le retrait, puis à constater que les preuves ont disparu. Il faut d’abord conserver proprement les éléments utiles.

Les pièces à réunir sont les suivantes :

  • URL complète de la publication ;
  • captures d’écran avec date, heure, compte, commentaires et contexte ;
  • lien vers le profil ou la chaîne ;
  • preuve que le contenu était public ;
  • notifications reçues de la plateforme ;
  • signalement interne à X, TikTok, Instagram, Telegram ou autre service ;
  • récépissé ou preuve du signalement PHAROS ;
  • identité apparente du compte, pseudonyme, image, liens associés ;
  • témoins ayant vu ou reçu le contenu ;
  • conséquences concrètes : messages reçus, perte professionnelle, exposition d’un mineur, anxiété, arrêt de travail.

Une fois ces éléments conservés, il faut agir sur deux plans.

Le premier plan est le retrait. La plateforme doit être saisie par ses mécanismes internes. PHAROS peut aussi conduire à une orientation vers les services compétents et, dans certains cas, à une demande de retrait. Justice.fr rappelle que certains contenus graves, notamment terroristes, pédopornographiques ou liés à la vente illicite de drogues, peuvent donner lieu à une demande de retrait rapide.

Le second plan est pénal. Si vous êtes victime, la plainte permet de demander l’identification de l’auteur, l’exploitation des données conservées par l’hébergeur et, si nécessaire, des actes d’enquête. Service-public indique expressément que si l’identité de l’auteur n’est pas connue, il est possible de porter plainte contre X. La fiche officielle est ici : responsabilité des contenus publiés sur internet.

Contre qui déposer plainte ?

Le premier mis en cause est souvent l’auteur du contenu : la personne qui publie, relaie, monte, génère ou diffuse l’image, la vidéo, la menace ou le message.

Lorsque l’auteur est inconnu, la plainte contre X est adaptée. Elle permet de viser un compte anonyme sans prétendre connaître la personne physique derrière le profil.

La plateforme ou l’hébergeur peut aussi devenir un sujet du dossier lorsque le contenu a été signalé et n’a pas été retiré, ou lorsque la plateforme est soupçonnée d’avoir facilité la diffusion de contenus illicites. Mais il ne faut pas confondre difficulté de modération et responsabilité pénale automatique. La preuve doit porter sur la connaissance du contenu, les obligations applicables, la réaction de la plateforme et les textes pertinents.

Sur ce point, une décision récente de la Cour de cassation du 26 février 2025 rappelle que le retrait de contenus en ligne suppose d’identifier le caractère manifestement illicite des propos et de tenir compte de la liberté d’expression lorsque des propos diffamatoires sont allégués. La décision est consultable ici : Cour de cassation, 26 février 2025, n° 23-16.762.

L’enjeu est donc de qualifier précisément. Un deepfake sexuel, une menace, une apologie du terrorisme, une injure publique, une diffamation, une atteinte à la vie privée et une escroquerie en ligne ne se traitent pas avec les mêmes délais, les mêmes preuves et les mêmes juridictions.

Dénonciation mensongère : le risque à ne pas négliger

Signaler un contenu ne doit pas devenir une arme de conflit personnel. Justice.fr rappelle que la dénonciation mensongère depuis PHAROS peut exposer à cinq ans d’emprisonnement et 45 000 euros d’amende lorsque la personne sait que la publication n’est pas illicite et vise une personne déterminée.

Il faut donc rester factuel. Décrire le contenu. Joindre l’URL. Expliquer le contexte. Éviter les accusations qui dépassent ce que les pièces montrent.

Cela vaut aussi pour la plainte. Une plainte mal qualifiée peut ralentir le dossier. Une plainte exagérée peut se retourner contre son auteur. Une plainte trop vague peut être classée faute d’éléments exploitables.

Paris et Île-de-France : que faire si la plateforme ou l’auteur est difficile à identifier ?

À Paris et en Île-de-France, les dossiers de contenus illicites en ligne peuvent concerner des comptes anonymes, des plateformes étrangères, des serveurs hors de France et des victimes exposées dans plusieurs ressorts.

Le dépôt de plainte peut être fait dans un commissariat ou une gendarmerie. Dans les dossiers sensibles, il peut aussi être utile d’adresser une plainte structurée au procureur de la République, avec bordereau de pièces, qualification proposée et demande d’actes utiles.

Le choix dépend de l’urgence, du type d’infraction, de l’identité connue ou non de l’auteur, et du risque de disparition des preuves. Lorsqu’un contenu vise un mineur, une image sexuelle, une menace ou une publication virale, il faut agir vite.

Le cabinet intervient sur les plaintes pénales, les signalements, la constitution de partie civile, les demandes de retrait et la défense des personnes mises en cause après publication en ligne. Pour les dossiers de garde à vue ou d’audition, la page du cabinet sur l’avocat en garde à vue à Paris peut aussi être utile.

Que préparer avant de contacter un avocat ?

Avant l’appel, préparez un dossier simple.

Rassemblez le lien exact, les captures, la date de découverte, la date de publication, le nom du compte, les signalements déjà effectués, les réponses de la plateforme, les messages privés liés au contenu, les témoins, et les conséquences concrètes pour vous.

Indiquez aussi ce que vous recherchez en priorité :

  • retrait rapide ;
  • plainte contre l’auteur ;
  • identification d’un compte anonyme ;
  • protection d’un mineur ;
  • constitution de partie civile ;
  • défense après signalement abusif ;
  • réponse à une convocation de police ou de gendarmerie.

Cette hiérarchisation évite de mélanger les démarches. Dans un dossier numérique, le temps compte, mais la méthode compte autant.

Besoin d’un avis rapide sur votre dossier.

Le cabinet peut analyser le contenu publié, les captures d’écran, le signalement PHAROS, la réponse de la plateforme et l’opportunité d’une plainte.

Consultation téléphonique en 48 heures avec un avocat du cabinet.

Appelez le cabinet au 06 89 11 34 45 ou utilisez la page contact.

Le cabinet intervient à Paris et en Île-de-France pour les contenus illicites en ligne, signalements PHAROS, plaintes contre X, deepfakes, atteintes aux mineurs, menaces, cyberharcèlement et infractions commises sur les réseaux sociaux.

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