Cabinet Kohen Avocats · Paris 17ᵉ

Maître Hassan KOHEN intervient en urgence, du commissariat à la cour d'assises. Première analyse stratégique offerte, réponse personnelle sous 24 heures.

100 % confidentiel · Secret professionnel · Sans engagement

Barreau de Paris Garde à vue, instruction, assises Fiche CNB avocat.fr
Maître Hassan KOHEN, avocat au Barreau de Paris
Maître Hassan KOHEN
Avocat au Barreau de Paris

Santé mentale au travail : que faire si l’employeur ignore vos alertes ?

Parler à un avocat 06 89 11 34 45

Le sujet n’est plus théorique. Le Plan santé au travail 2026-2030 a été lancé le 5 juin 2026, avec un accent explicite sur la prévention et la santé mentale. Quelques jours plus tard, la Semaine pour la qualité de vie et des conditions de travail 2026 rappelait que le management, l’organisation du travail et les alertes internes ne peuvent pas être traités comme de simples tensions passagères.

Pour un salarié, la difficulté est souvent très concrète : surcharge durable, mails anxiogènes, pressions répétées, conflit hiérarchique, isolement, crise d’angoisse, arrêt de travail, puis une réponse de l’employeur qui se limite à “on verra”, “ce n’est pas le moment” ou “ce n’est pas du harcèlement”. Or le Code du travail ne protège pas seulement contre le harcèlement moral caractérisé. Il impose aussi à l’employeur de prévenir les risques pour la santé physique et mentale.

Si vous avez alerté votre employeur sur votre état de santé ou sur une situation de travail dangereuse, l’enjeu est de ne pas rester dans une preuve floue. Il faut dater l’alerte, identifier les personnes informées, conserver les réponses, solliciter les bons interlocuteurs et choisir le bon recours.

L’employeur doit protéger la santé mentale, pas seulement réagir après un arrêt

L’article L. 4121-1 du Code du travail impose à l’employeur de prendre les mesures nécessaires pour assurer la sécurité et protéger la santé physique et mentale des travailleurs. Cette obligation comprend des actions de prévention, d’information, de formation, ainsi qu’une organisation et des moyens adaptés.

L’article L. 4121-2 précise que la prévention doit notamment éviter les risques, évaluer ceux qui ne peuvent pas être évités, combattre les risques à la source et adapter le travail à l’homme. Le texte vise aussi la planification de la prévention, en intégrant les conditions de travail, les relations sociales, le harcèlement moral, le harcèlement sexuel et les agissements sexistes.

Concrètement, l’employeur ne peut pas attendre qu’un salarié soit déclaré inapte ou qu’un arrêt maladie s’installe pour s’intéresser à la situation. Lorsqu’une alerte sérieuse remonte, il doit examiner les faits, prendre des mesures proportionnées et, si nécessaire, associer le service de prévention et de santé au travail, le CSE ou les responsables internes concernés.

Une décision récente de la cour d’appel de Pau du 11 juin 2026 illustre cette logique : la cour relève que le respect de l’obligation de sécurité “n’est pas subordonné à l’existence préalable d’une plainte d’un salarié”. Dans cette affaire, l’employeur a été condamné pour manquement à l’obligation de sécurité après une altercation ayant eu des conséquences sur la santé psychologique du salarié.

Ce qui compte : transformer une alerte orale en dossier vérifiable

Beaucoup de dossiers échouent non parce que la souffrance est inexistante, mais parce que les faits sont trop difficiles à reconstituer. Une conversation dans un couloir, un appel téléphonique ou une remarque faite en réunion peuvent être importants humainement, mais ils sont fragiles juridiquement s’ils ne laissent aucune trace.

La première étape consiste donc à écrire. Le message doit rester factuel : dates, personnes présentes, incidents, charge de travail, conséquences sur la santé, demandes déjà formulées, mesure attendue. Il faut éviter les accusations excessives si elles ne sont pas encore prouvées. Un courrier ou un mail sobre, précis et daté vaut mieux qu’un long récit émotionnel impossible à vérifier.

Vous pouvez par exemple signaler :

  • une surcharge ou une urgence permanente qui provoque une dégradation de votre état de santé ;
  • des propos humiliants, menaces, pressions ou changements d’objectifs répétés ;
  • un isolement organisé ou une mise à l’écart ;
  • l’absence de réponse après plusieurs alertes ;
  • un arrêt de travail ou une recommandation médicale en lien avec les conditions de travail ;
  • une demande de rendez-vous auprès de la médecine du travail.

Le but n’est pas seulement de “se plaindre”. Le but est de placer l’employeur devant une information claire et de lui demander une réponse concrète : entretien, enquête interne, adaptation temporaire de la charge, modification de planning, médiation, éloignement d’un auteur de pressions, mise à jour du DUERP, saisine du CSE, ou orientation vers la médecine du travail.

Médecin du travail, CSE, inspection du travail : qui saisir ?

Le médecin du travail est souvent l’interlocuteur le plus utile lorsque la santé se dégrade. Le salarié peut demander une visite à sa propre initiative. Cette démarche ne suppose pas l’accord de l’employeur. Elle permet d’obtenir un avis médical sur le lien entre l’état de santé et les conditions de travail, ainsi que des préconisations d’aménagement.

Le CSE peut aussi être saisi, surtout lorsque la situation dépasse un cas individuel : surcharge d’une équipe, départs répétés, management brutal, absence de procédure d’alerte, risques psychosociaux non intégrés dans le document unique. Si l’entreprise dispose d’une commission santé, sécurité et conditions de travail, elle peut également être mobilisée.

L’inspection du travail peut être utile lorsque l’employeur refuse toute discussion, lorsqu’il existe un risque collectif, ou lorsque les alertes restent sans réponse malgré des éléments précis. Elle ne remplace pas le conseil de prud’hommes, mais son intervention peut permettre de faire constater des difficultés, de rappeler les obligations légales ou d’orienter le salarié.

Il faut toutefois choisir le bon ordre. Dans beaucoup de cas, un premier écrit à l’employeur et une demande de visite auprès du médecin du travail permettent de structurer le dossier avant une saisine plus offensive. En revanche, si la situation présente un danger grave et imminent, l’article L. 4131-1 du Code du travail permet au salarié d’alerter immédiatement l’employeur et, sous conditions, de se retirer de la situation dangereuse.

L’absence de harcèlement moral ne suffit pas à exonérer l’employeur

Un piège fréquent consiste à raisonner uniquement en termes de harcèlement moral. Le harcèlement moral suppose des agissements répétés ayant pour objet ou pour effet une dégradation des conditions de travail susceptible de porter atteinte aux droits, à la dignité, à la santé ou à l’avenir professionnel du salarié.

Mais un dossier peut être sérieux même si le harcèlement moral n’est pas encore établi. La question peut être celle de l’obligation de prévention : l’employeur savait-il ou devait-il savoir qu’un risque existait ? A-t-il enquêté ? A-t-il pris des mesures ? A-t-il adapté l’organisation ? A-t-il laissé la situation se dégrader ?

La cour d’appel de Rouen l’a rappelé le 4 juin 2026 dans une affaire relative à une souffrance morale au travail : “L’absence de harcèlement moral n’est pas de nature à exclure” tout manquement à l’obligation de sécurité. Dans cette affaire précise, le salarié n’a pas obtenu gain de cause faute d’éléments suffisants, ce qui montre l’importance de la preuve. Mais le principe reste essentiel : l’analyse ne s’arrête pas à la seule qualification de harcèlement.

Pour un salarié, il faut donc construire deux niveaux de dossier. D’abord, les faits précis pouvant caractériser un harcèlement, une discrimination, une sanction injustifiée ou une pression. Ensuite, la réaction de l’employeur après les alertes : silence, réponse tardive, mesure insuffisante, enquête inexistante ou refus d’aménager la situation.

Quelles preuves conserver avant d’agir ?

Les preuves les plus utiles sont celles qui permettent de reconstituer une chronologie. Il faut conserver les mails, SMS, messages internes, convocations, comptes rendus, objectifs, plannings, arrêts de travail, certificats médicaux, avis du médecin du travail, échanges avec les représentants du personnel et réponses de l’employeur.

Un journal de bord peut aussi être utile s’il reste précis : date, heure, personnes présentes, faits observés, conséquences immédiates. Il ne remplace pas des preuves externes, mais il aide à préparer un courrier, une consultation ou une saisine.

Les attestations de collègues peuvent avoir une valeur importante, à condition d’être factuelles. Une attestation qui dit seulement “l’ambiance était mauvaise” est faible. Une attestation qui décrit un événement daté, une remarque entendue, une charge imposée ou une réaction de la hiérarchie est beaucoup plus utile.

Il faut également éviter les preuves obtenues de manière déloyale ou disproportionnée. Enregistrer clandestinement une conversation, récupérer des documents confidentiels sans lien avec sa défense ou diffuser publiquement des accusations peut créer un risque disciplinaire ou pénal. Avant d’utiliser une preuve sensible, il est préférable de demander un avis.

Quels recours si l’employeur ne répond pas ?

Si l’employeur ignore les alertes, plusieurs voies sont possibles. Le bon choix dépend de l’urgence, de l’état de santé, du contrat, des preuves et de l’objectif recherché.

Le salarié peut d’abord envoyer une mise en demeure structurée à l’employeur. Elle rappelle les alertes, les textes applicables et les mesures demandées. Cette étape peut suffire à provoquer une réaction, surtout si l’entreprise comprend qu’un dossier prud’homal se construit.

Si la situation se poursuit, une saisine du conseil de prud’hommes peut être envisagée. Selon les cas, elle peut viser l’indemnisation du manquement à l’obligation de sécurité, la résiliation judiciaire du contrat aux torts de l’employeur, la contestation d’un licenciement pour inaptitude lorsque l’inaptitude résulte d’un manquement préalable, ou la réparation d’un harcèlement moral.

En cas d’arrêt de travail, il faut aussi surveiller le lien éventuel avec un accident du travail ou une maladie professionnelle. Une décompensation psychologique liée à un événement soudain au travail peut parfois être déclarée en accident du travail. Une dégradation progressive peut relever d’une autre logique probatoire. Ce point doit être examiné rapidement, car les délais et les pièces médicales sont déterminants.

Enfin, si l’employeur déclenche une procédure disciplinaire après les alertes, il faut analyser le calendrier. Une sanction ou un licenciement intervenant peu après des alertes santé peut être contesté, surtout si l’employeur n’a jamais traité le risque signalé.

Paris et Île-de-France : pourquoi agir vite

À Paris et en Île-de-France, les dossiers de souffrance au travail présentent souvent une difficulté particulière : équipes éclatées, télétravail partiel, échanges numériques nombreux, pression commerciale ou délais courts. Les preuves existent fréquemment, mais elles sont dispersées entre mails, outils internes, messageries et calendriers.

Avant de saisir le conseil de prud’hommes, il est donc utile de constituer un dossier resserré : chronologie d’une page, pièces classées, alertes envoyées, réponses reçues, éléments médicaux, impact sur le poste et objectif recherché. Ce travail permet de choisir entre une négociation, une mise en demeure, une action prud’homale ou une stratégie liée à l’inaptitude.

Le cabinet peut intervenir en amont, avant que la situation ne se transforme en rupture du contrat. C’est souvent à ce moment que le dossier se gagne : lorsque les alertes sont encore fraîches, que les preuves sont accessibles et que l’employeur peut encore être mis face à ses obligations. Pour un accompagnement plus large en droit du travail, vous pouvez aussi consulter notre page dédiée aux avocats en droit social à Paris.

Besoin d’un avis rapide sur votre dossier

Le cabinet propose une consultation téléphonique en 48 heures avec un avocat du cabinet pour analyser vos alertes, vos preuves et les recours possibles.

Vous pouvez appeler le 06 89 11 34 45 ou utiliser la page contact du cabinet.

Nous intervenons notamment à Paris et en Île-de-France pour les dossiers de santé mentale au travail, risques psychosociaux, harcèlement, inaptitude et obligation de sécurité.

Sources utiles : Plan santé au travail 2026-2030 annoncé par le ministère du Travail le 5 juin 2026, Semaine pour la qualité de vie et des conditions de travail 2026, articles L. 4121-1, L. 4121-2, L. 4121-3 et L. 4131-1 du Code du travail, cour d’appel de Pau, 11 juin 2026, n° 24/00948, et cour d’appel de Rouen, 4 juin 2026, n° 25/02173.

Envoyez vos pièces. Recevez une stratégie.

Transmettez les pièces de votre dossier au cabinet. Maître Hassan KOHEN vous répond personnellement sous 24 heures avec une première analyse stratégique.

Première analyse offerte
Réponse personnelle sous 24 h
100 % confidentiel
Jusqu’à 1 Go de pièces

📄 Circulaire officielle

Nos données proviennent de la Cour de cassation (Judilibre), du Conseil d'État, de la DILA, de la Cour de justice de l'Union européenne ainsi que de la Cour européenne des droits de l'Homme.

Recherche dans la base juridique

Trouvez une décision, une chambre, un thème

Plus de 100 000 décisions commentées par notre intelligence artificielle, indexées en temps réel.

    Recherche propulsée par Meilisearch sur kohenavocats.com et kohenavocats.fr.
    Analyse stratégique offerte

    Envoyez vos pièces. Recevez une stratégie.

    Transmettez-nous les pièces de votre dossier. Maître Hassan KOHEN vous répond personnellement sous 24 heures avec une première analyse stratégique de votre situation.

    • Première analyse offerte et sans engagement
    • Réponse personnelle de l'avocat sous 24 heures
    • 100 % confidentiel, secret professionnel garanti
    • Jusqu'à 1 Go de pièces, dossiers et sous-dossiers acceptés

    Cliquez ou glissez vos fichiers ici
    Tous formats acceptes (PDF, Word, images, etc.)

    Envoi en cours...

    Vos donnees sont utilisees uniquement pour traiter votre demande. Politique de confidentialite.

    Discover more from Maître Hassan Kohen, avocat en droit pénal à Paris

    Subscribe now to keep reading and get access to the full archive.

    Continue reading