Arnaque sentimentale : plainte THESEE, banque, chantage et preuves à garder

Depuis le lancement de 17Cyber, les victimes d’arnaques en ligne disposent d’un point d’entrée plus lisible. Le 2 avril 2026, la Gendarmerie nationale a rappelé que ce service gratuit, ouvert 24h/24 et 7j/7, couvre notamment l’escroquerie sentimentale, le chantage à la webcam et la sextorsion. Le sujet n’est donc pas seulement théorique : une personne rencontrée sur une application, un réseau social ou une messagerie peut construire une relation de confiance, demander de l’argent, puis basculer vers le chantage.

La demande Google confirme cette urgence. Le cluster arnaque sentimentale atteint 390 recherches mensuelles en France selon Google Ads, avec une concurrence faible. Les requêtes voisines chantage webcam, convocation audition libre ou comparution immédiate existent aussi, mais l’inventaire du cabinet montre déjà des contenus dédiés à la sextorsion, à l’audition libre et à la comparution immédiate. L’angle utile ici est donc plus précis : que faire quand la relation virtuelle a servi à soutirer de l’argent, comment déposer plainte, quelles preuves garder, et comment réagir si le fraudeur menace de publier des images intimes.

La réponse courte est la suivante : il faut interrompre les échanges, conserver les preuves datées, prévenir la banque, déposer plainte ou signaler les faits via THESEE lorsque les conditions sont réunies, puis qualifier précisément les faits. Selon le dossier, il peut s’agir d’escroquerie, de chantage, de diffusion d’image intime, de deepfake sexuel ou de harcèlement en ligne.

Reconnaître une arnaque sentimentale

L’arnaque sentimentale commence souvent sans demande d’argent. Le fraudeur installe une présence régulière : messages quotidiens, confidences, projet de rencontre, promesse affective, récit d’urgence. Puis vient la demande : frais médicaux, billet d’avion, problème administratif, compte bloqué, investissement supposé, dette à payer.

Service-Public décrit ce scénario comme une relation amicale ou amoureuse nouée sur internet ou par téléphone, suivie d’une demande d’argent ou d’un chantage. Le point pratique est important : l’auteur évite généralement toute rencontre physique. Il promet de venir. Il annule. Il invente un obstacle. Cette absence de rencontre peut compter pour l’accès à THESEE.

Les signaux d’alerte sont simples :

  • la relation reste exclusivement virtuelle ;
  • les demandes d’argent deviennent répétées ;
  • le fraudeur demande des virements, cartes prépayées, crypto-actifs ou codes ;
  • il refuse un appel vidéo clair ou une rencontre réelle ;
  • il demande des photos intimes ;
  • il menace de révéler des images, des conversations ou des informations privées.

Une victime ne doit pas se reprocher d’avoir cru à la relation. Le dossier pénal ne se construit pas sur la honte. Il se construit sur les dates, les messages, les paiements, les comptes destinataires et la chronologie de la manipulation.

Que faire dans les premières heures ?

Il faut d’abord arrêter de payer. Aucun nouveau virement ne doit être réalisé pour “débloquer” une situation, faire disparaître une menace ou récupérer une somme précédente. Dans ces dossiers, chaque paiement est souvent utilisé pour obtenir le suivant.

Ensuite, il faut conserver les preuves avant de bloquer le compte. Captures d’écran, profils, numéros, pseudonymes, adresses électroniques, liens, RIB, IBAN, adresses de portefeuille crypto, justificatifs de virement, conversations audio ou vidéo, historique d’appels : tout peut aider. Les captures doivent laisser apparaître la date, l’heure, l’identifiant du compte et le fil de discussion.

Il faut aussi prévenir la banque. Si vous avez transmis vos coordonnées bancaires, validé un virement, communiqué un code, utilisé une carte ou envoyé des fonds vers un compte identifié, la banque doit être alertée rapidement. La demande doit porter sur le blocage, la contestation des opérations, le rappel éventuel des fonds et la sécurisation des accès.

Enfin, il faut choisir le bon canal : 17Cyber pour le diagnostic et l’orientation, THESEE lorsque l’arnaque aux sentiments relève des cas acceptés, commissariat ou gendarmerie si la situation ne rentre pas dans le cadre en ligne, ou plainte adressée au procureur de la République pour un dossier plus structuré.

Signalement ou plainte THESEE : quelle différence ?

Service-Public distingue le signalement et le dépôt de plainte. Le signalement informe les services d’enquête, mais ne donne pas nécessairement de retour individuel. La plainte vise à déclencher une procédure pénale et peut permettre à la victime d’obtenir une information sur la suite.

Pour une escroquerie sentimentale sans chantage, THESEE peut être utilisé si la relation est restée virtuelle et si une demande d’argent a été faite. Il n’est pas nécessaire que l’argent ait déjà été versé pour signaler les faits. Pour déposer plainte en ligne, les mêmes conditions principales comptent : relation virtuelle et demande d’argent.

En cas de chantage en ligne, THESEE prévoit un parcours spécifique. Trois éléments deviennent centraux : relation virtuelle, chantage, demande d’argent. Si le fraudeur demande non pas de l’argent mais d’autres photos intimes, ou si la relation a basculé hors du cadre strictement virtuel, le dépôt au commissariat, en gendarmerie ou par courrier au procureur peut être plus adapté.

Lorsque l’auteur est inconnu, la plainte peut être déposée contre X. Il ne faut pas attendre de connaître son vrai nom. Dans les arnaques sentimentales, le nom affiché est souvent faux, les photos sont usurpées et le compte peut disparaître.

Quelle qualification pénale ?

L’escroquerie est le socle le plus fréquent. L’article 313-1 du Code pénal vise la tromperie par faux nom, fausse qualité, abus d’une qualité vraie ou manoeuvres frauduleuses, lorsqu’elle détermine la victime à remettre des fonds, des valeurs ou un bien. La peine de base est de cinq ans d’emprisonnement et 375 000 euros d’amende.

L’arnaque sentimentale ne se réduit pas à un mensonge amoureux. Le point pénal est la manoeuvre : identité fictive, scénario d’urgence, pression affective, faux documents, faux billet, faux justificatifs médicaux, fausse promesse de remboursement, multiplication des demandes. Plus la chronologie montre une stratégie organisée, plus le dossier devient lisible.

Si le fraudeur menace de révéler des informations ou des images pour obtenir de l’argent, l’article 312-10 du Code pénal sur le chantage peut s’appliquer. Depuis la loi du 21 mai 2024, le chantage exercé en ligne au moyen d’images ou de vidéos à caractère sexuel, ou en vue d’obtenir de telles images, est puni plus sévèrement.

Si des images intimes truquées ou générées par intelligence artificielle sont publiées, les articles 226-8 et 226-8-1 du Code pénal peuvent aussi être discutés. L’article 226-8-1 vise notamment le montage à caractère sexuel réalisé avec l’image ou les paroles d’une personne sans son consentement, y compris lorsqu’il est généré par traitement algorithmique.

Le dossier peut enfin croiser le cyberharcèlement lorsque les messages se répètent, se multiplient, ou lorsque plusieurs comptes relaient la pression. Dans un arrêt du 29 mai 2024, la chambre criminelle a rappelé qu’une personne peut être condamnée lorsqu’elle participe personnellement à un mouvement de harcèlement en ligne, même si plusieurs auteurs interviennent. La décision est consultable sur le site de la Cour de cassation : Cass. crim., 29 mai 2024, n° 23-80.806.

Et si le fraudeur menace de publier une photo intime ?

Il ne faut pas payer. Le paiement ne garantit pas l’effacement. Il prouve seulement que la victime peut être contrainte.

Il faut conserver la menace, l’identifiant du compte, les liens de publication éventuels, les demandes d’argent et les délais imposés. Si un contenu a déjà été publié, il faut relever l’URL exacte, faire une capture, signaler le contenu à la plateforme et demander le retrait. Service-Public rappelle que les hébergeurs doivent disposer de mécanismes de signalement et retirer ou bloquer rapidement les contenus illégaux.

Le cabinet a déjà publié un guide dédié à la sextorsion, au chantage webcam, aux preuves et au retrait des contenus. Le présent article traite surtout de l’arnaque sentimentale avec demande d’argent ; si le coeur du dossier est la menace de diffusion d’images intimes, il faut travailler aussi l’urgence de retrait.

Comment récupérer l’argent ?

La plainte ne rembourse pas automatiquement. Elle sert à déclencher l’enquête, identifier les comptes, tracer les flux et préparer une éventuelle demande d’indemnisation.

Sur le plan bancaire, la stratégie dépend du mode de paiement. Un virement volontaire vers un compte transmis par le fraudeur est plus difficile à contester qu’une opération non autorisée obtenue par piratage ou manipulation bancaire. Il faut néanmoins prévenir la banque sans délai, demander le rappel des fonds, identifier les bénéficiaires et conserver les réponses écrites.

Si la victime a utilisé une carte bancaire, transmis des données ou subi un accès frauduleux à son espace bancaire, d’autres régimes peuvent s’appliquer. Il ne faut pas mélanger tous les scénarios : arnaque sentimentale, faux conseiller bancaire, phishing, piratage de compte et fraude à la carte ne se prouvent pas de la même manière.

L’objectif réaliste est double : maximiser les chances de blocage ou de rappel des fonds à très court terme, puis construire un dossier civil et pénal exploitable. Les preuves bancaires doivent être rangées dans l’ordre chronologique : premier contact, premières demandes, premiers paiements, relances, menaces, signalement, plainte.

Quelles pièces préparer pour l’avocat ?

Un dossier exploitable tient souvent dans une chronologie claire.

Préparez :

  • une note d’une page avec les dates clés ;
  • le nom, pseudonyme, numéro et profil utilisé par l’auteur ;
  • les captures des messages importants ;
  • les preuves de demande d’argent ;
  • les justificatifs de virements ou paiements ;
  • les coordonnées des comptes destinataires ;
  • les échanges avec la banque ;
  • le récépissé de signalement ou de plainte ;
  • les preuves de chantage ou de menace ;
  • les liens des contenus publiés, s’il y en a ;
  • les échanges avec les plateformes.

Il faut aussi identifier les erreurs à éviter. Ne pas effacer les conversations. Ne pas prévenir l’auteur qu’une plainte est préparée. Ne pas transmettre de nouvelles images. Ne pas demander à des proches de menacer le fraudeur. Ne pas publier soi-même son profil avec des accusations nominatives sans vérification, au risque de déplacer le conflit sur le terrain de la diffamation.

Paris et Île-de-France : l’intérêt d’un dossier structuré

À Paris et en Île-de-France, les dossiers d’arnaque sentimentale croisent souvent plusieurs ressorts : victime domiciliée à Paris, compte destinataire ailleurs en France ou à l’étranger, plateforme étrangère, banque en ligne, messagerie chiffrée, paiement en crypto-actifs. Le bon réflexe est de préparer un dossier qui puisse être compris rapidement par le service enquêteur, le parquet, la banque et, si nécessaire, le juge.

Le cabinet intervient pour structurer la plainte, qualifier les faits, organiser les preuves, répondre à une banque qui refuse d’agir, demander le retrait de contenus intimes et envisager une constitution de partie civile lorsque l’inertie de la procédure le justifie.

Pour les dossiers plus larges d’escroquerie, le cabinet dispose aussi de pages dédiées à l’escroquerie, à l’abus de confiance et à l’intervention d’un avocat pénaliste à Paris.

Sources principales

Les sources utilisées sont la page de la Gendarmerie nationale sur 17Cyber, le réflexe cyber pour tous, la fiche Service-Public Arnaque aux sentiments : escroquerie, chantage, sextorsion, la fiche Cybermalveillance.gouv.fr Comment réagir en cas d’escroquerie sentimentale ?, l’article 313-1 du Code pénal, l’article 312-10 du Code pénal, les articles 226-8 et 226-8-1 du Code pénal, et la décision Cass. crim., 29 mai 2024, n° 23-80.806 identifiée via Voyage/Judilibre.

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Le cabinet peut vérifier votre plainte, les preuves conservées, les échanges avec la banque et la stratégie de retrait en cas de chantage.

Appelez le 06 89 11 34 45 ou utilisez la page de contact du cabinet : contacter le cabinet Kohen Avocats.

Le cabinet intervient à Paris et en Île-de-France pour les dossiers d’arnaque sentimentale, escroquerie, chantage en ligne, sextorsion, plainte THESEE, retrait de contenus et indemnisation.

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