Cour d’appel de Rennes, le 14 janvier 2026, n°23/02384

La Cour d’appel de Rennes, le 14 janvier 2026, a statué sur un litige opposant un salarié à son employeur. L’affaire concernait le versement d’une indemnité complémentaire liée à la fonction durant une période de congé épargne temps. Le salarié demandait également des dommages-intérêts pour une erreur d’information. La cour a débouté le salarié de l’ensemble de ses demandes après avoir infirmé partiellement le jugement de première instance.

Le régime juridique des indemnités pendant la suspension du contrat

La qualification de la période de congé épargne temps est essentielle. La cour rappelle que le compte épargne temps entraîne une suspension du lien contractuel. Cette suspension a une incidence directe sur le maintien des éléments de rémunération. Le salaire de base est seul maintenu pendant cette période d’inactivité temporaire.

Les rémunérations complémentaires liées à l’exercice effectif des fonctions sont exclues. L’accord collectif prévoit explicitement la suspension des indemnités liées à la fonction. “Le versement des indemnités liées à la fonction est suspendu (IZHA, astreinte, ISC…)” (Annexe 1 à l’avenant n°5). L’indemnité litigieuse, destinée à compenser la perte d’une prime antérieure, relève de cette catégorie. Elle est intrinsèquement attachée à l’activité réelle de formateur.

La force normative de l’accord collectif face aux erreurs de communication

L’information erronée fournie par un préposé ne crée pas de droit acquis pour le salarié. La cour écarte l’idée d’un engagement unilatéral de l’employeur. Elle exige une manifestation de volonté claire et non équivoque pour déroger au texte collectif. Aucun élément probant ne démontre une telle intention dans le dossier.

L’erreur dans une simulation prospective est sans effet sur les obligations légales. La sécurité juridique repose sur la stricte application des conventions. “Cette erreur commise par un préposé […] n’est génératrice d’aucune obligation pour l’employeur” (Motifs). Le salarié ne prouve pas que cette information a déterminé ses choix de carrière. Il ne justifie pas non plus de l’existence d’un préjudice certain résultant de cette erreur.

Cette décision rappelle le principe de suspension des indemnités fonctionnelles durant le CET. Elle affirme la primauté de l’accord collectif sur des informations contraires données oralement. La portée est significative pour la gestion des ressources humaines et la sécurité des engagements. Elle limite strictement la responsabilité de l’employeur pour les erreurs de ses préposés en l’absence de faute lourde.

📄 Circulaire officielle

Nos données proviennent de la Cour de cassation (Judilibre), du Conseil d'État, de la DILA, de la Cour de justice de l'Union européenne ainsi que de la Cour européenne des droits de l'Homme.

Recherche dans la base juridique

Trouvez une décision, une chambre, un thème

Plus de 100 000 décisions commentées par notre intelligence artificielle, indexées en temps réel.

    Recherche propulsée par Meilisearch sur kohenavocats.com et kohenavocats.fr.
    Analyse stratégique offerte

    Envoyez vos pièces. Recevez une stratégie.

    Transmettez-nous les pièces de votre dossier. Maître Hassan KOHEN vous répond personnellement sous 24 heures avec une première analyse stratégique de votre situation.

    • Première analyse offerte et sans engagement
    • Réponse personnelle de l'avocat sous 24 heures
    • 100 % confidentiel, secret professionnel garanti
    • Jusqu'à 1 Go de pièces, dossiers et sous-dossiers acceptés

    Cliquez ou glissez vos fichiers ici
    Tous formats acceptes (PDF, Word, images, etc.)

    Envoi en cours...

    Vos donnees sont utilisees uniquement pour traiter votre demande. Politique de confidentialite.

    Discover more from Maître Hassan Kohen, avocat en droit pénal à Paris

    Subscribe now to keep reading and get access to the full archive.

    Continue reading