Le tribunal judiciaire de Paris a rendu un jugement le 14 janvier 2026 dans le cadre d’un contentieux technique de la sécurité sociale. Un employeur contestait le taux d’incapacité permanente partielle de 35 % attribué à son salarié par la caisse primaire d’assurance maladie. Après une expertise médicale, le tribunal a réduit ce taux à 20 % en suivant les conclusions de l’expert.
La recevabilité du recours de l’employeur est justifiée par son intérêt à agir. L’article L.242-5 du code de la sécurité sociale lie le taux de cotisation de l’employeur à la gravité des sinistres. La décision d’attribution d’un taux d’IPP impacte directement le calcul de cette cotisation, conférant à l’employeur un intérêt légitime à contester la décision.
L’évaluation du taux d’incapacité repose sur l’appréciation des séquelles à la date de consolidation. L’expert judiciaire a fixé le taux à 20 % en se fondant sur les séquelles psychotraumatiques, après avoir pris connaissance des observations du médecin de l’employeur. Le tribunal a validé cette analyse, écartant la demande de réduction à 15 % faute d’éléments nouveaux.
La valeur de cette décision réside dans l’autorité conférée au rapport d’expertise judiciaire. Le tribunal a suivi les “conclusions claires, motivées et circonstanciées” de l’expert, démontrant que l’avis du médecin-conseil de l’employeur avait été discuté mais non retenu. Cette solution confirme le rôle central de l’expertise dans l’évaluation des taux d’incapacité.
La portée de l’arrêt est de rappeler que l’employeur conserve un intérêt à agir même après le transfert du contentieux technique. En fixant un taux inférieur à celui de la caisse, le tribunal illustre le contrôle juridictionnel effectif exercé sur les décisions des caisses. Cette décision réaffirme l’équilibre entre la protection du salarié et les intérêts financiers de l’employeur.