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Maître Hassan KOHEN, avocat au Barreau de Paris
Maître Hassan KOHEN
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Récusation expert CRCI et contestation d’expertise médicale

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La récusation d’un expert nommé par la CRCI et la contestation d’un rapport d’expertise médicale obéissent à des règles précises. L’avis de la commission ne s’impose ni au juge ni à l’assureur, mais l’expertise pèse lourd dans l’indemnisation. Cette page expose les motifs de récusation, les voies de contestation du rapport, les délais utiles et la stratégie quand la procédure amiable n’aboutit pas à une offre satisfaisante.

PROFIL 1 — Vous êtes victime d’un accident médical
Le rapport CRCI ne reflète pas votre vécu.
Conclusions techniques contestables, contradictoire mal respecté, expert orienté. Vous voulez obtenir une expertise complémentaire ou saisir le juge du fond pour faire reconnaître le dommage.

Voir les voies de contestation →

PROFIL 2 — Vous êtes un professionnel de santé mis en cause
L’expertise oriente déjà vers une faute technique.
Le pré-rapport retient un manquement contesté. Vos observations doivent être formalisées dans le délai utile, sous peine de voir l’avis CRCI servir de socle à l’offre ONIAM ou à l’action de l’assureur.

Voir le cadre procédural →

Comment ça se passe.

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Maître Hassan KOHEN analyse la régularité de l’expertise et identifie les motifs utiles de récusation ou de contestation.
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Rendez-vous au cabinet ou en visio.
Convention d’honoraires claire, calendrier procédural, stratégie d’observations, recours juridictionnel si nécessaire.
Partie I

Comprendre l’expertise CRCI et ses limites procédurales.

01Le rôle de la CRCI dans le règlement amiable.+

La Commission de conciliation et d’indemnisation peut être saisie par toute victime d’un accident médical, d’une affection iatrogène ou d’une infection nosocomiale. La saisine est gratuite et conditionnée à un seuil de gravité du dommage.

Code de la santé publique, article L. 1142-7 : la commission est saisie par la victime, ses ayants droit ou son représentant légal en vue d’un règlement amiable.

La CRCI désigne un expert ou un collège d’experts dont le rapport conditionne l’avis rendu sur l’imputabilité et la qualification du dommage. Art. L. 1142-7 CSPArt. R. 1142-13 CSP

02La nomination de l’expert : qui décide, sur quelle liste.+

L’expert est désigné par le président de la commission régionale, sur la liste nationale des experts en accidents médicaux établie par la Commission nationale. Le patient n’a pas le droit de choisir l’expert ni d’imposer un spécialiste de son choix.

La désignation peut viser une seule spécialité ou un collège pluridisciplinaire selon la complexité technique. La récusation préalable reste possible si un motif sérieux apparaît dès la nomination.

Art. L. 1142-10 CSPArt. R. 1142-26 CSP

03Le caractère contradictoire des opérations d’expertise.+

Le respect du contradictoire constitue la garantie centrale de l’expertise CRCI. L’expert convoque les parties, communique les pièces reçues, organise un pré-rapport et recueille les observations avant rédaction définitive.

Code de la santé publique, article L. 1142-12, alinéa 5 : « Le collège d’experts ou l’expert s’assure du caractère contradictoire des opérations d’expertise, qui se déroulent en présence des parties ou celles-ci dûment appelées. »

Toute violation de cette obligation expose le rapport à une critique sérieuse devant le juge du fond. Art. L. 1142-12 CSP

04La force probatoire de l’expertise CRCI devant le juge.+

L’expertise CRCI est traitée par les juridictions administratives comme équivalente à une expertise judiciaire dès lors que le contradictoire et la compétence technique ont été respectés.

CAA Nancy, 31 janvier 2020, n° 19NC03018 : « Une expertise diligentée à la demande d’une CRCI présente les mêmes garanties procédurales qu’une expertise juridictionnelle. Le seul fait que cette expertise n’a pas été ordonnée par une autorité juridictionnelle n’est pas de nature à rendre utile une expertise prescrite par le tribunal administratif. »

Conséquence pratique : on ne relance pas une expertise judiciaire en se bornant à contester les conclusions. Il faut un motif technique ou procédural précis. CAA Nancy, 31 janv. 2020, n° 19NC03018

05Le délai pour réagir au pré-rapport.+

L’expert adresse un pré-rapport aux parties et fixe un délai d’observations, généralement quinze jours. Ce délai conditionne la possibilité d’introduire des dires, de produire des pièces complémentaires et de demander des investigations supplémentaires.

Le silence vaut acceptation tacite des opérations. Une réponse hâtive ou incomplète prive ensuite la partie d’arguments devant le juge du fond. L’assistance d’un avocat à ce stade limite ce risque.

Art. L. 1142-9 CSP

L’expertise se gagne sur la méthode, pas sur la contestation.

Sécuriser le contradictoire, poser les bons dires, identifier la faute procédurale et choisir la voie juridictionnelle pertinente : telle est la chaîne utile pour défendre la victime ou le professionnel de santé.

Partie II

Récuser ou contester : les voies réelles.

01La récusation préalable de l’expert CRCI.+

La récusation s’opère par requête écrite adressée au président de la commission régionale, dès la connaissance de la cause. Les motifs sont alignés sur ceux de la procédure civile : lien d’intérêt, conflit d’intérêts familial ou professionnel, partialité manifeste, défaut de qualification dans la spécialité concernée.

Code de procédure civile, article 234 : « Les experts peuvent être récusés pour les mêmes causes que les juges. »

La demande doit être motivée et accompagnée des pièces utiles. Le président statue rapidement. Un refus n’épuise pas les voies ultérieures de critique du rapport. Art. 234 CPCArt. 341 CPC

02La critique du contradictoire ex post.+

Lorsque l’expert a manqué à son obligation de contradictoire, le rapport reste exploitable mais peut être critiqué devant le juge. Un cas typique : l’expert reçoit des observations d’une partie sans les communiquer aux autres.

CAA Marseille, 28 février 2019, n° 17MA01092 : « Faute d’avoir communiqué ces observations aux autres parties, l’expert ne s’est pas assuré du caractère contradictoire de ces opérations d’expertise conformément à l’article L. 1142-12 du code de la santé publique. »

Cette irrégularité ouvre une voie de critique sérieuse et peut justifier une mesure d’instruction complémentaire. CAA Marseille, 28 févr. 2019, n° 17MA01092

03La demande d’expertise judiciaire après CRCI.+

Une nouvelle expertise peut être demandée au juge des référés sur le fondement de la mesure utile. Les conditions sont strictes : il faut démontrer une utilité technique réelle, non une simple insatisfaction face aux conclusions.

Code de justice administrative, article R. 532-1 : « Le juge des référés peut, sur simple requête et même en l’absence de décision administrative préalable, prescrire toute mesure utile d’expertise ou d’instruction. »

Le juge refuse régulièrement quand la requête se borne à contester l’interprétation des conclusions. Une critique technique étayée par un sapiteur ou un médecin-conseil de victime augmente fortement les chances de succès. Art. R. 532-1 CJACAA Nancy, 31 janv. 2020, n° 19NC03018

04La saisine du juge du fond après avis CRCI.+

L’avis de la CRCI ne lie ni le juge ni l’assureur. La victime peut refuser l’offre ONIAM ou de l’assureur et saisir la juridiction compétente : tribunal administratif pour les établissements publics, tribunal judiciaire pour le secteur privé.

Le juge peut s’appuyer sur l’expertise CRCI, ordonner un complément ou prescrire une nouvelle expertise. Le choix de la juridiction et la qualification des moyens conditionnent l’issue de l’indemnisation.

Art. L. 1142-17 CSPArt. L. 1142-20 CSP

05Le refus d’offre ONIAM et la voie contentieuse.+

Si l’avis CRCI conclut à l’indemnisation au titre de la solidarité nationale et que l’offre ONIAM apparaît insuffisante, la victime peut saisir le juge du fond. Le contentieux porte sur l’évaluation des préjudices, pas sur la requalification de l’aléa.

Si l’avis CRCI rejette l’imputabilité ou la gravité, le juge reste libre d’apprécier différemment. L’expertise CRCI sert d’élément d’information, sans force contraignante.

Art. L. 1142-15 CSP

06Le recours subrogatoire de la CPAM.+

Lorsqu’une faute médicale est retenue, la caisse primaire d’assurance maladie exerce un recours subrogatoire contre le responsable ou son assureur, pour récupérer les prestations servies à la victime.

Code de la sécurité sociale, article L. 376-1 : la caisse est subrogée dans les droits de la victime contre le tiers responsable.

Cette articulation impacte la stratégie d’indemnisation : le poste de préjudice patrimonial doit être chiffré en tenant compte des prestations déjà servies. Art. L. 376-1 CSS

FAQ

Questions fréquentes.

Peut-on récuser l’expert nommé par la CRCI ?+

Oui, par requête motivée adressée au président de la commission régionale. Les motifs sont calqués sur ceux de la procédure civile : lien d’intérêt avec une partie, conflit d’intérêts, partialité, défaut de qualification. La demande doit être présentée dès la connaissance de la cause, accompagnée des pièces justificatives.

Quel délai pour contester un rapport d’expertise médicale ?+

Pour le pré-rapport, le délai d’observations fixé par l’expert est en règle générale de quinze jours. Pour le rapport définitif, la critique se fait devant le juge du fond, dans le délai de prescription de l’action en indemnisation : dix ans à compter de la consolidation du dommage corporel.

L’avis de la CRCI s’impose-t-il à l’assureur ou au juge ?+

Non. L’avis est consultatif. L’assureur peut refuser de suivre les conclusions, la victime peut refuser l’offre, et le juge du fond apprécie souverainement les éléments. L’expertise CRCI conserve une force probatoire utile mais non contraignante, équivalente à une expertise judiciaire en termes de garanties procédurales.

Que faire si l’expert a violé le contradictoire ?+

Documenter précisément la violation : pièces non communiquées, observations reçues sans transmission aux parties, refus de prendre en compte un dire. Soulever l’irrégularité devant le juge du fond. La jurisprudence administrative (CAA Marseille, 28 février 2019) admet la critique sur le fondement de l’article L. 1142-12 du Code de la santé publique.

Quelle stratégie quand la CRCI rejette l’indemnisation ?+

Refuser de s’en tenir à l’avis. Saisir le juge du fond, tribunal administratif ou tribunal judiciaire selon l’établissement de santé concerné. Solliciter une nouvelle expertise sur le fondement de l’article R. 532-1 du Code de justice administrative, avec une critique technique étayée. L’avis CRCI ne ferme pas la voie contentieuse.

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