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Saisir le juge aux affaires familiales : procédure, requête et délai en 2026

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Le 4 mars 2026, la première chambre civile de la Cour de cassation rappelle qu’un enfant majeur, créancier de l’obligation parentale d’entretien, dispose du droit et d’un intérêt à agir seul devant le juge aux affaires familiales. Trois mois plus tôt, le 19 novembre 2025, la même formation avait déjà précisé que l’unicité de saisine du JAF est territoriale. Cette règle n’est pas personnelle. Elle ouvre ainsi la voie à une protection plus rapide des victimes de violences. Ces décisions montrent la centralité du juge aux affaires familiales dans le règlement des litiges personnels et patrimoniaux. Pourtant, plusieurs milliers de justiciables cherchent chaque mois comment saisir le JAF, quelle requête rédiger, quel délai respecter et quelles pièces préparer. Leur difficulté est compréhensible : la procédure devant le juge aux affaires familiales mélange règles écrites, usages pratiques et variations locales. Une erreur sur la compétence territoriale ou sur le délai d’appel peut bloquer le dossier pendant des mois.

Quelles affaires relèvent du juge aux affaires familiales ?

Le juge aux affaires familiales connaît des litiges liés au mariage, au divorce à Paris, à la séparation de corps, à l’autorité parentale, à la pension alimentaire, à la prestation compensatoire et à la contribution aux charges du mariage. Il statue aussi sur les mesures de protection en cas de violences conjugales et sur les modalités d’exercice de l’autorité parentale lorsque les parents ne parviennent pas à s’accorder. La procédure devant le JAF est régie par les articles 1070 et suivants du code de procédure civile (texte officiel).

L’article 1070 du code de procédure civile (texte officiel) détermine la compétence territoriale. Le juge compétent est celui du lieu où se trouve la résidence de la famille. Si les parents vivent séparément, c’est le juge du lieu de résidence du parent avec lequel résident habituellement les enfants mineurs en cas d’exercice en commun de l’autorité parentale. Dans les autres cas, c’est le juge du lieu où réside celui qui n’a pas pris l’initiative de la procédure. En cas de demande conjointe, le juge compétent est, selon le choix des parties, celui du lieu où réside l’une ou l’autre. Lorsque le litige porte seulement sur la pension alimentaire, la contribution à l’entretien et l’éducation de l’enfant, la contribution aux charges du mariage ou la prestation compensatoire, le juge compétent peut être celui du lieu où réside l’époux créancier ou le parent qui assume à titre principal la charge des enfants, même majeurs.

Comment saisir le juge aux affaires familiales

L’article 1071 du code de procédure civile (texte officiel) dispose que la procédure devant le juge aux affaires familiales est orale et que les parties peuvent se présenter sans avocat. Cette règle de représentation non obligatoire constitue une spécificité majeure du contentieux familial. Le justiciable peut donc saisir le JAF par simple requête ou par assignation selon la nature de la demande.

Pour les demandes non contentieuses ou les demandes de mesures provisoires urgentes, le justiciable dépose une requête au greffe du tribunal judiciaire. Cette requête doit indiquer l’objet de la demande, les nom, prénom et adresse des parties, ainsi que les éléments justifiant l’urgence le cas échéant. Pour les divorces contentieux ou les procédures complexes, l’assignation par voie d’huissier de justice reste nécessaire. Le défendeur dispose alors d’un délai pour se présenter à l’audience.

Checklist : les cinq étapes pour saisir le JAF
1. Vérifier la compétence territoriale selon l’article 1070 du code de procédure civile.
2. Constituer le dossier avec les pièces d’état civil, les justificatifs de revenus et les preuves du litige.
3. Choisir entre la requête au greffe et l’assignation selon la nature de la demande.
4. Se présenter en personne à l’audience ou se faire représenter par un avocat.
5. Respecter le délai de quinze jours pour former appel si la décision est défavorable.

Déroulement de l’audience et comparution devant le JAF

L’audience devant le juge aux affaires familiales se tient en chambre du conseil. Cette règle garantit la confidentialité des débats. Le juge entend les parties en leur demandant d’exposer leur situation. Il peut aussi entendre les enfants mineurs si leur âge et leur maturité le justifient. L’audience vise avant tout à tenter une conciliation entre les époux ou les parents.

L’article 1074 du code de procédure civile prévoit que les demandes sont formées, instruites et jugées en chambre du conseil, sauf disposition contraire. Les décisions relatives au nom, au prénom ou au divorce sont rendues publiquement. Le juge peut charger un notaire ou un professionnel qualifié d’établir un projet de règlement des prestations et pensions après divorce. Il peut aussi donner mission à un notaire de dresser un projet de liquidation du régime matrimonial.

Les parties peuvent se présenter seules ou être assistées d’un avocat. Même sans représentation obligatoire, le conseil d’un avocat reste fortement recommandé dès que le litige touche à des enjeux patrimoniaux, à la garde d’enfants ou à des violences. Le juge dispose de pouvoirs larges pour ordonner des mesures provisoires pendant la procédure. Ces mesures peuvent porter sur la résidence de la famille, la pension alimentaire, l’exercice de l’autorité parentale ou la contribution aux charges du mariage.

Délai d’appel et voies de recours contre une décision du JAF

L’article 1102 du code de procédure civile (texte officiel) dispose que les décisions du juge aux affaires familiales sont susceptibles d’appel, à l’exception de celles qui prononcent le divorce. Le délai d’appel est de quinze jours. Il court à compter de la date de la décision. Ce délai court pour toutes les parties présentes ou représentées à l’audience. Pour les parties qui n’ont pas comparu, le délai court à compter de la signification ou de la notification de la décision.

« Les décisions du juge aux affaires familiales sont susceptibles d’appel, à l’exception de celles qui prononcent le divorce. Le délai d’appel est de quinze jours ; il court à compter de la date de la décision. »

L’appel est porté devant la cour d’appel. La procédure d’appel est écrite et contradictoire. Les parties doivent être représentées par un avocat devant la cour d’appel. Les décisions relatives aux mesures provisoires sont également susceptibles d’appel dans un délai de quinze jours. En cas de survenance d’un fait nouveau, le juge aux affaires familiales peut modifier ou compléter les mesures provisoires jusqu’au dessaisissement de la juridiction.

Jurisprudence récente et ce qui change en 2026

La Cour de cassation a rendu plusieurs arrêts importants qui précisent le fonctionnement du JAF. Le 19 novembre 2025, elle a examiné une affaire où le conjoint contestait la compétence du JAF. Celui-ci avait été saisi d’une demande d’ordonnance de protection alors qu’une procédure de divorce était déjà engagée devant un autre juge du même tribunal. La Cour a rejeté le pourvoi en rappelant que l’unicité de saisine requise par l’article 1136-13 du code de procédure civile (texte officiel) est territoriale, non personnelle. Le juge de l’ordonnance de protection peut donc réviser les modalités d’exercice de l’autorité parentale fixées par le juge du divorce, même s’il ne s’agit pas de la même personne physique.

Cass. 1re civ., 19 novembre 2025, n° 24-18.496 (décision), motifs : « la circonstance que le juge ait statué sur les modalités d’exercice de l’autorité parentale dans le cadre de la procédure de divorce ne prive pas le juge de l’ordonnance de protection du pouvoir de réviser ces modalités ».

Le 4 mars 2026, la Cour de cassation a précisé qu’un enfant majeur, créancier de l’obligation parentale d’entretien, dispose d’un intérêt à agir personnellement devant le JAF. La Cour a cassé un arrêt qui avait déclaré irrecevable la demande d’une jeune femme majeure au motif qu’une pension était déjà versée à sa mère.

Cass. 1re civ., 4 mars 2026, n° 23-21.835 (décision), motifs : « créancière de l’obligation parentale d’entretien, disposait, une fois parvenue à sa majorité, du droit et d’un intérêt à agir contre son père en contribution, complémentaire ou principale, à son entretien et son éducation ».

Le 10 décembre 2025, la Cour de cassation a également rappelé que l’intérêt supérieur de l’enfant est primordial dans toute décision le concernant. Elle a cassé un arrêt qui avait rejeté une requête en délaissement parental au seul motif du caractère non intentionnel de l’empêchement des parents, sans examiner l’intérêt concret de l’enfant.

Cass. 1re civ., 10 décembre 2025, n° 24-18.849 (décision), motifs : « le juge peut prononcer le délaissement lorsque les parents n’ont pas entretenu avec leur enfant les relations nécessaires à son éducation ou à son développement pendant l’année qui précède l’introduction de la requête, après avoir apprécié l’ensemble de la situation, notamment les causes qui ont empêché les parents d’entretenir de telles relations avec leur enfant, au regard de l’intérêt supérieur de celui-ci, lequel est primordial ».

Saisir le juge aux affaires familiales à Paris et en Île-de-France

À Paris et en Île-de-France, la compétence territoriale du JAF suit les règles de l’article 1070 du code de procédure civile. Ce texte fixe les critères de rattachement au tribunal judiciaire compétent. Le tribunal judiciaire de Paris dispose d’un pôle familial qui connaît des affaires concernant les résidents de la capitale. Les tribun judiciaires de Nanterre, Bobigny, Créteil, Versailles, Évry, Melun et Meaux sont compétents pour les autres départements d’Île-de-France.

Le choix du tribunal judiciaire dépend de la résidence de la famille au jour de la demande. Si les parents vivent séparément, c’est le tribunal du lieu de résidence du parent chez lequel vivent habituellement les enfants mineurs qui est compétent. Ce critère vise à éviter le forum shopping et à garantir la stabilité de la procédure pour les enfants. Les délais d’obtention d’une audience varient selon le tribunal. En région parisienne, ils peuvent atteindre plusieurs mois pour les demandes non urgentes. Pour les mesures d’urgence, le juge des référés du tribunal judiciaire peut être saisi afin d’obtenir une ordonnance rapidement.

Les justiciables parisiens peuvent déposer leur requête directement au greffe du tribunal judiciaire compétent. Il est conseillé de contacter le greffe au préalable afin de connaître les horaires d’ouverture et les modalités de dépôt. Les pièces doivent être rédigées en français. Si l’une des parties est de nationalité étrangère, une traduction certifiée peut être exigée pour les actes de l’état civil étrangers.

Questions fréquentes sur la procédure devant le JAF

Faut-il obligatoirement un avocat pour saisir le JAF ?
Non. La procédure devant le juge aux affaires familiales est orale et la représentation par un avocat n’est pas obligatoire. Toutefois, dès que les enjeux sont patrimoniaux, complexes ou qu’il existe des violences, le conseil d’un avocat est fortement recommandé.

Combien de temps dure une procédure devant le JAF ?
La durée varie selon la nature de la demande et la charge du tribunal. Une demande de pension alimentaire ou de modification des modalités d’exercice de l’autorité parentale peut être jugée en quelques mois. Un divorce contentieux peut durer un an ou plus.

Peut-on saisir le JAF en urgence ?
Oui. Le juge aux affaires familiales exerce les fonctions de juge des référés. Il peut ordonner des mesures provisoires urgentes, notamment en cas de violences conjugales, de non-remise d’un enfant ou de cessation de paiement de la pension alimentaire.

Quel est le délai pour faire appel d’une décision du JAF ?
Le délai d’appel est de quinze jours à compter de la date de la décision pour les parties présentes. Pour les parties qui n’ont pas comparu, le délai court à compter de la signification ou de la notification de la décision.

Un enfant majeur peut-il saisir seul le JAF ?
Oui. Depuis l’arrêt du 4 mars 2026 de la Cour de cassation, un enfant majeur dispose d’un intérêt à agir personnellement. Il peut saisir le JAF pour obtenir le versement direct d’une contribution à son entretien et à son éducation.

Que se passe-t-il si l’autre parent refuse de se présenter à l’audience ?
Le juge peut statuer en l’absence du défendeur si celui-ci a été régulièrement convoqué. La décision sera alors notifiée au défendeur et le délai d’appel courra à compter de cette notification.

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