Cabinet Kohen Avocats · Paris 17ᵉ

Maître Hassan KOHEN intervient en urgence, du commissariat à la cour d'assises. Première analyse stratégique offerte, réponse personnelle sous 24 heures.

100 % confidentiel · Secret professionnel · Sans engagement

Barreau de Paris Garde à vue, instruction, assises Fiche CNB avocat.fr
Maître Hassan KOHEN, avocat au Barreau de Paris
Maître Hassan KOHEN
Avocat au Barreau de Paris

Succession vacante et bien immobilier : que change la loi du 7 avril 2026 ?

Parler à un avocat 06 89 11 34 45

Un pavillon reste vide après un décès. Le locataire est parti ou décédé. Les charges courent. La taxe foncière arrive. Aucun héritier ne se manifeste, ou les héritiers connus ont renoncé. Depuis la loi n° 2026-248 du 7 avril 2026, publiée au Journal officiel du 8 avril, les successions vacantes et les biens immobiliers abandonnés reviennent dans l’actualité juridique.

L’enjeu est concret : éviter qu’une maison, un appartement ou un terrain reste bloqué pendant des années parce que personne ne prend officiellement la succession. Pour les familles, les créanciers, les voisins, les syndics, les bailleurs et les acheteurs intéressés, la vraie question n’est pas seulement « qu’est-ce qu’une succession vacante ? ». Elle est plus pratique : qui gère le bien, qui peut le vendre, comment retrouver le curateur et que peut faire un héritier qui se manifeste tardivement ?

Cet article se concentre sur ce sous-angle. Pour le panorama général de la réforme de l’indivision successorale, vous pouvez consulter notre article sur la loi du 7 avril 2026 et le déblocage des successions.

Succession vacante : dans quels cas parle-t-on de vacance ?

Une succession vacante est une succession que personne ne réclame utilement. La situation peut se présenter lorsqu’il n’existe aucun héritier connu, lorsque les héritiers identifiés renoncent à la succession, ou lorsque les héritiers connus ne prennent pas parti dans les délais.

En pratique, la vacance apparaît souvent dans des dossiers immobiliers. Une personne décède en laissant une maison, un appartement, un garage, un local ou un terrain. Le notaire ne parvient pas à identifier des héritiers acceptants. Les charges de copropriété ou les factures s’accumulent. Un créancier veut déclarer sa créance. Un voisin constate une dégradation. Une commune s’interroge sur un bien abandonné. Un bailleur veut libérer un logement après le décès du locataire.

La vacance ne signifie pas que le bien n’a plus de propriétaire au sens courant. Elle signifie surtout qu’une administration provisoire doit être organisée, sous contrôle du juge, pour conserver les biens, payer ce qui peut l’être et liquider l’actif si nécessaire.

Qui gère le bien : le curateur à succession vacante

Le curateur à succession vacante est désigné par le juge. Cette mission est confiée aux services du Domaine, rattachés à la DGFiP, avec un pilotage national par la Direction nationale d’interventions domaniales, la DNID.

Le curateur n’agit pas comme un héritier. Il administre la succession dans un cadre judiciaire. Sa mission consiste notamment à recenser l’actif, identifier le passif, informer les personnes intéressées, vendre les biens lorsque les conditions sont réunies, régler les dettes dans la limite de l’actif disponible, puis rendre compte au juge.

Pour un particulier, cela change le bon interlocuteur. Si le bien dépend d’une succession vacante, il ne faut pas négocier directement avec un voisin, un ancien proche du défunt ou un occupant informel. Le bon interlocuteur est le curateur désigné, c’est-à-dire le service du Domaine compétent.

Ce que la loi du 7 avril 2026 change pour les ventes immobilières

La réforme du 7 avril 2026 ne crée pas de droit automatique à acheter un bien vacant. Elle modifie plusieurs règles pour rendre la gestion plus praticable.

Première évolution : la publicité des actes de curatelle peut désormais être assurée aussi par voie numérique sur le site de l’administration chargée du Domaine, en plus des publications légales classiques. Cela concerne notamment l’ordonnance de curatelle, l’inventaire, le projet de règlement du passif et le compte de clôture. Pour un héritier, un créancier ou une personne qui suit le dossier, cette visibilité numérique peut faciliter l’identification du bon service.

Deuxième évolution : le curateur peut donner mandat pour la signature d’un acte de vente. L’intérêt est opérationnel. Les biens peuvent être situés loin du service chargé du dossier. La possibilité de mandater un tiers pour la signature simplifie l’exécution matérielle de la vente. En revanche, la décision de vendre et la négociation ne deviennent pas libres : elles restent encadrées par la mission du curateur.

Troisième évolution : la loi assouplit l’ordre de cession des biens dans les successions vacantes. Le curateur n’est plus enfermé dans une logique rigide où les biens meubles devraient nécessairement être vendus avant les immeubles. Cela peut compter lorsque le bien immobilier génère des charges, se dégrade, ou représente l’actif principal permettant d’apurer le passif.

Peut-on acheter une maison issue d’une succession vacante ?

Oui, mais uniquement par la voie régulière. Service-Public rappelle qu’un logement d’une personne décédée sans héritier peut être acheté auprès du service du Domaine, lorsque le bien relève d’une succession vacante.

L’acheteur potentiel doit donc vérifier si le bien figure dans les ventes immobilières du Domaine ou les cessions immobilières de l’État. Il doit aussi accepter que la vente obéisse à une procédure administrative et judiciaire, et non à une négociation privée classique.

Il faut être particulièrement prudent lorsqu’un intermédiaire affirme pouvoir « débloquer » une maison vacante sans titre clair. Tant que le bien est administré par le curateur, celui-ci est seul compétent pour répondre aux demandes relatives aux biens dépendant de la succession vacante.

Que peut faire un héritier qui découvre la succession tardivement ?

Un héritier peut se manifester après l’ouverture d’une curatelle à succession vacante. La DGFiP indique que la mission du curateur peut prendre fin par la revendication de la succession par des héritiers.

Mais il faut agir avec méthode. L’héritier doit établir son lien avec le défunt, vérifier son option successorale, mesurer le passif, et comprendre les actes déjà accomplis par le curateur. Si un bien a été inventorié, mis en vente ou vendu, la stratégie ne sera pas la même.

Avant toute démarche, il faut réunir les pièces suivantes :

  • acte de décès ;
  • livret de famille et actes d’état civil établissant la qualité d’héritier ;
  • testament éventuel ;
  • coordonnées du notaire déjà saisi, s’il existe ;
  • référence de l’ordonnance de curatelle ou de la publication ;
  • éléments sur les biens immobiliers concernés ;
  • courriers du Domaine, d’un syndic, d’un bailleur ou d’un créancier ;
  • estimation connue du passif.

L’erreur fréquente consiste à revendiquer immédiatement un bien sans avoir mesuré les dettes. Une succession vacante peut contenir un actif immobilier, mais aussi des charges, impôts, frais funéraires, dettes locatives, charges de copropriété ou créances fiscales.

Que peut faire un créancier, un syndic ou un bailleur ?

Le créancier doit déclarer sa créance au curateur pour qu’elle soit prise en compte. Le syndic peut signaler les charges impayées. Le bailleur ou le gestionnaire d’un logement peut chercher à identifier la personne compétente pour libérer le logement, gérer les effets mobiliers et régulariser les dettes.

Dans ces situations, il faut éviter les initiatives matérielles non autorisées. Vider un logement, vendre des meubles, changer les serrures ou traiter directement avec un tiers non mandaté peut créer un risque. La bonne démarche consiste à identifier la curatelle, transmettre les justificatifs et demander une position écrite.

Pour un syndic ou un voisin, le sujet peut aussi devenir urgent lorsque le bien se dégrade : infiltration, risque électrique, occupation sans droit, nuisances, charges communes impayées. Le dossier doit alors être documenté par photos, constats, appels de fonds, correspondances et devis.

Quel lien avec la vente d’un bien indivis bloqué ?

La loi du 7 avril 2026 traite aussi de l’indivision. Le nouvel article 815-6 du Code civil permet au juge d’autoriser un indivisaire à conclure seul l’acte de vente d’un bien indivis lorsque l’urgence et l’intérêt commun le justifient. Cette solution reprend une jurisprudence de la Cour de cassation du 4 décembre 2013, rendue à propos d’un acte de vente dans une indivision successorale.

Mais il ne faut pas confondre deux situations.

Dans une indivision successorale classique, les héritiers sont identifiés et propriétaires indivis. Le conflit porte souvent sur la vente, le prix, l’occupation du bien, les travaux ou le partage.

Dans une succession vacante, le problème est différent : aucun héritier acceptant ne gère effectivement la succession. Le curateur intervient alors pour administrer l’actif et le passif sous contrôle du juge.

Le bon recours dépend donc du diagnostic initial : indivision bloquée entre héritiers connus, succession vacante, succession en déshérence, bien sans maître, ou simple dossier notarial en attente.

Paris et Ile-de-France : pourquoi ce sujet devient vite urgent

A Paris et en Ile-de-France, les successions vacantes prennent souvent une dimension immobilière forte. Un studio, une cave, un parking, un pavillon en petite couronne ou un appartement ancien peut générer rapidement des charges importantes. La copropriété veut être payée. Le bien peut être occupé. Des héritiers éloignés peuvent apparaître tardivement. Un acquéreur peut être intéressé, mais ne pas savoir qui peut vendre.

Le tribunal compétent, le service du Domaine, le notaire et les créanciers doivent être identifiés rapidement. Lorsque le bien se situe à Paris, dans les Hauts-de-Seine, en Seine-Saint-Denis, dans le Val-de-Marne, les Yvelines, l’Essonne, le Val-d’Oise ou la Seine-et-Marne, la valeur du bien peut justifier une analyse rapide avant toute acceptation de succession, contestation, déclaration de créance ou démarche de vente.

Que faire maintenant si vous êtes concerné ?

La première étape consiste à qualifier la situation. Le bien dépend-il d’une succession vacante déjà constatée par le juge ? Existe-t-il un curateur ? Un notaire est-il saisi ? Y a-t-il des héritiers connus ? Les dettes dépassent-elles l’actif ? Une vente est-elle engagée ?

La deuxième étape consiste à réunir les preuves : publications, courriers, références cadastrales, documents notariés, relevés de charges, diagnostics, photos, estimations, échanges avec la DGFiP ou le syndic.

La troisième étape consiste à choisir le bon levier : revendiquer la succession, déclarer une créance, saisir le juge, contacter le Domaine, intervenir dans une vente, ou au contraire renoncer pour éviter un passif excessif.

Pour les lecteurs qui cherchent concrètement la liste ou le portail officiel des successions vacantes. liste des successions vacantes et le portail du Domaine.

Besoin d’un avis rapide sur votre dossier.

Vous êtes héritier, créancier, syndic, bailleur ou acheteur face à un bien dépendant d’une succession vacante.

Consultation téléphonique en 48 heures avec un avocat du cabinet. Nous vérifions la qualité d’héritier, l’existence d’une curatelle, les démarches auprès du Domaine, les risques liés au passif et les recours utiles.

Contactez le cabinet au 06 89 11 34 45 ou via la page contact du cabinet Kohen Avocats.

A Paris et en Ile-de-France, nous vérifions aussi le tribunal compétent, les délais pratiques, les pièces à préparer et la stratégie à adopter avant toute acceptation ou contestation.

Sources officielles et liens utiles

📄 Circulaire officielle

Nos données proviennent de la Cour de cassation (Judilibre), du Conseil d'État, de la DILA, de la Cour de justice de l'Union européenne ainsi que de la Cour européenne des droits de l'Homme.

Recherche dans la base juridique

Trouvez une décision, une chambre, un thème

Plus de 100 000 décisions commentées par notre intelligence artificielle, indexées en temps réel.

    Recherche propulsée par Meilisearch sur kohenavocats.com et kohenavocats.fr.
    Analyse stratégique offerte

    Envoyez vos pièces. Recevez une stratégie.

    Transmettez-nous les pièces de votre dossier. Maître Hassan KOHEN vous répond personnellement sous 24 heures avec une première analyse stratégique de votre situation.

    • Première analyse offerte et sans engagement
    • Réponse personnelle de l'avocat sous 24 heures
    • 100 % confidentiel, secret professionnel garanti
    • Jusqu'à 1 Go de pièces, dossiers et sous-dossiers acceptés

    Cliquez ou glissez vos fichiers ici
    Tous formats acceptes (PDF, Word, images, etc.)

    Envoi en cours...

    Vos donnees sont utilisees uniquement pour traiter votre demande. Politique de confidentialite.

    En savoir plus sur Maître Hassan Kohen, avocat en droit pénal à Paris

    Abonnez-vous pour poursuivre la lecture et avoir accès à l’ensemble des archives.

    Poursuivre la lecture