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Maître Hassan KOHEN, avocat au Barreau de Paris
Maître Hassan KOHEN
Avocat au Barreau de Paris

Cour d’appel de Nancy, le 27 avril 2026, n°24/00940

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I. La confirmation du vice caché et la consolidation de la responsabilité des vendeurs

A. La démonstration rigoureuse des éléments constitutifs du vice caché

La Cour d’appel de Nancy procède à une vérification méthodique des quatre conditions cumulatives de la garantie des vices cachés. Elle constate d’abord l’existence d’une anomalie grave, le rapport d’expertise du 27 juillet 2020 décrivant des désordres affectant les freins, la suspension, l’échappement et les émissions. Elle écarte le moyen tiré du caractère non probant de l’expertise amiable, celle-ci étant “contradictoire, Monsieur [J] [T] ayant été touché par la convocation à la réunion d’expertise à laquelle il n’a pas participé”, et corroborée par un contrôle technique négatif du 4 juillet 2020. La Cour retient le caractère caché du vice, le procès-verbal de contrôle technique produit lors de la vente le 10 juin 2020 ne mentionnant pas ces défauts, et le caractère profane de l’acquéreur. Elle établit la gravité du vice en relevant que le véhicule est dans “une interdiction légale de circuler” dès le 4 juillet 2020 en raison des défaillances majeures, ce qui le rend “impropre à son usage”. L’antériorité est également démontrée, le véhicule n’ayant parcouru que 400 kilomètres en deux jours, ce qui établit que “les vices les plus sérieux, affectant notamment les systèmes de freinage, d’échappement ainsi que d’embrayage” étaient présents avant la vente.

B. La consécration de la responsabilité in solidum des vendeurs

La Cour d’appel écarte la demande de mise hors de cause de Monsieur [J] [T] en relevant plusieurs éléments de fait. Le certificat de cession est établi au nom du père, mais “la signature qui y figure est celle de Monsieur [J] [T], seul présent lors de la vente”. Surtout, le chèque de banque de 4940 euros “mentionne comme bénéficiaire Monsieur [J] [T]”, ce qui contredit son affirmation selon laquelle il n’agissait que comme mandataire de son père. La Cour retient deux fautes distinctes : celle du titulaire de la carte grise pour avoir vendu un véhicule prétendument en bon état, et celle du fils “ayant présidé à cette vente et affirmé des faits non réels quant à l’entretien du véhicule”. Elle relève en outre que le véhicule a été “maquillé” s’agissant des éléments d’équipement, faits pouvant être attribués aux deux protagonistes. Cette qualification de responsabilité in solidum, confirmée en appel, renforce l’efficacité de la protection de l’acquéreur en permettant de poursuivre indifféremment l’un ou l’autre des vendeurs. Comme l’a rappelé la Cour d’appel de Nîmes, l’identification précise du contractant est essentielle pour déterminer l’étendue des obligations, la personne morale étant distincte de son gérant (Cour d’appel de Nîmes, 24 avril 2025, n°23/03942). Ici, la confusion volontairement entretenue justifie la condamnation solidaire.

II. L’extension de la réparation du préjudice moral de l’acquéreur

A. L’indemnisation du préjudice moral portée à 4000 euros

La Cour d’appel fait droit à l’appel incident de l’acquéreur et élève l’indemnisation du préjudice moral de 2000 à 4000 euros, en application de l’article 1645 du code civil. Elle motive sa décision par plusieurs éléments : “le délai échu depuis la vente du véhicule le 2 juillet 2020”, “l’impossibilité de son utilisation dès le 4 juillet 2020”, ainsi que “la durée de la procédure et la dépossession de ses fonds”. La situation particulière de l’acquéreur, qui justifie de “faibles revenus constitués par une pension d’invalidité de l’ordre de 400 euros par mois”, renforce la gravité du préjudice subi. L’arrêt souligne que le véhicule a été placé en fourrière, l’acquéreur étant “dans l’impossibilité de remettre le véhicule” aux vendeurs. Cette impossibilité, résultant de l’absence de réaction des vendeurs à la notification de la mise en fourrière, aggrave leur responsabilité. La Cour d’appel de Poitiers a jugé dans une espèce similaire qu’un véhicule affecté d’un défaut grave antérieur à la vente et caché pour l’acquéreur justifie la résolution de la vente (Cour d’appel de Poitiers, 18 mars 2025, n°23/00763). La présente décision va plus loin en reconnaissant que le préjudice moral peut être accru par la durée de la procédure et la dépossession prolongée des fonds.

B. La réaffirmation du principe de la réparation intégrale sans préjudice de jouissance autonome

La Cour d’appel confirme le jugement en ce qu’il a indemnisé le préjudice moral, mais porte la somme de 2000 à 4000 euros, intégrant implicitement l’absence de préjudice de jouissance distinct. Il convient de souligner que l’acquéreur n’a pas sollicité d’indemnisation spécifique au titre de la privation de jouissance, mais a formé un appel incident pour voir porter l’indemnisation globale à 5000 euros. La Cour, en allouant 4000 euros, opère une évaluation souveraine du préjudice moral, sans distinguer entre le préjudice lié à l’impossibilité d’utiliser le véhicule et celui résultant de la procédure. Cette approche est conforme à la jurisprudence constante qui admet que le préjudice moral de l’acquéreur d’un véhicule affecté d’un vice caché peut englober la déception, les tracas et l’immobilisation des fonds. L’arrêt précise que “le jugement déféré a indemnisé le préjudice de jouissance ainsi que le préjudice moral de l’acquéreur”, suggérant que la somme de 2000 euros incluait déjà ces deux chefs de préjudice. En portant cette somme à 4000 euros, la Cour d’appel de Nancy consacre une appréciation plus généreuse du préjudice subi, sans pour autant créer un chef de préjudice autonome.

Jurisprudences utilisées pour enrichir le commentaire

Fondements juridiques

Article L. 2314-23 du Code du travail En vigueur

Pour les salariés mis à disposition qui remplissent les conditions mentionnées au 2° de l’article L. 1111-2, la condition de présence dans l’entreprise utilisatrice est de douze mois continus pour y être électeur. Les salariés mis à disposition ne sont pas éligibles dans l’entreprise utilisatrice.

Les salariés mis à disposition qui remplissent les conditions mentionnées au premier alinéa choisissent s’ils exercent leur droit de vote dans l’entreprise qui les emploie ou l’entreprise utilisatrice.

Article 1645 du Code civil En vigueur

Si le vendeur connaissait les vices de la chose, il est tenu, outre la restitution du prix qu’il en a reçu, de tous les dommages et intérêts envers l’acheteur.

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