Tribunal judiciaire de Marseille, le 2 octobre 2025, n°25/04817

Le juge de l’exécution, statuant par jugement, rejette une demande en indemnisation pour abus de saisie après une expulsion. La requérante, mère isolée de trois enfants, invoquait l’insalubrité du logement et la mauvaise foi du gestionnaire. La juridiction reconnaît des manquements graves du bailleur mais estime l’expulsion non abusive en l’absence de paiement du loyer.

La reconnaissance circonstanciée des manquements du bailleur

L’office du juge dans l’appréciation des délais d’expulsion.

Le juge procède à une analyse exhaustive des critères légaux pour statuer sur la demande. Il examine la situation familiale précaire et les démarches de relogement entreprises par l’occupante. “Il ressort de l’ensemble de ces éléments qu’en raison de sa charge de famille, de ses ressources et de sa demande de logement social ancienne, [elle] ne pouvait se reloger dans des conditions normales.” (Motifs) Cette appréciation in concreto illustre le pouvoir souverain d’instruction des faits par le juge de l’exécution. La portée de cette analyse est de rappeler que la vulnérabilité est un élément central dans l’octroi de délais.

La sanction des comportements déloyaux du créancier.

La décision relève plusieurs agissements fautifs imputables au gestionnaire mandaté par le bailleur. Elle constate le refus de coopérer pour un recours au fonds de solidarité pour le logement. “Le gérant du logement, M. [B] a fait preuve de mauvaise foi et de déloyauté, en refusant le FSL.” (Motifs) Elle retient également l’état insalubre du logement et la perception continue des aides au logement. La valeur de ces constats est de poser en principe que la mauvaise foi du créancier est un élément pertinent dans le contentieux de l’exécution. Ce raisonnement rejoint l’esprit de l’article L121-2 du code des procédures civiles d’exécution.

Le rejet de la qualification d’abus malgré des manquements graves

L’exigence persistante de la bonne foi du débiteur.

La solution dénie le caractère abusif de l’expulsion en se fondant sur le comportement de la locataire. Le juge oppose aux manquements du bailleur l’absence de paiement du loyer sur une longue période. “Elle ne pouvait se prévaloir de la bonne foi pourtant nécessaire à l’octroi de délais pour quitter les lieux.” (Motifs) Cette interprétation fait de la bonne foi du débiteur une condition sine qua non pour obtenir réparation. La portée est restrictive car elle semble subordonner la sanction de l’abus à une exécution parfaite des obligations par le débiteur, malgré les manquements du créancier.

La dissociation entre la faute du créancier et l’abus de procédure.

La décision opère une distinction nette entre la violation des obligations du bailleur et l’abus dans le recours à l’expulsion. Elle admet des “manquements graves du bailleur à ses obligations” mais en tire une conséquence limitée. “Il n’y a pas lieu de considérer que l’expulsion ait été abusive.” (Motifs) Le sens de cette dissociation est de circonscrire la notion d’abus aux seuls vices de la mesure d’exécution elle-même. Cette analyse peut être rapprochée d’une jurisprudence exigeant un paiement intégral pour bénéficier de délais. “La condition pour qu’il soit fait application des dispositions rappelées ci-dessus est celle de la reprise du versement intégral du loyer courant par le locataire avant la date de l’audience.” (Tribunal judiciaire de Castres, le 19 février 2026, n°25/00397) La valeur de l’arrêt est ainsi de maintenir une conception exigeante de l’abus, protégeant le droit à l’exécution tout en censurant les comportements déloyaux.

📄 Circulaire officielle

Nos données proviennent de la Cour de cassation (Judilibre), du Conseil d'État, de la DILA, de la Cour de justice de l'Union européenne ainsi que de la Cour européenne des droits de l'Homme.
Hassan KOHEN
Avocat Associé

Hassan Kohen

Avocat au Barreau de Paris • Droit Pénal

Maître Kohen, avocat à Paris en droit pénal et droit du travail, accompagne ses clients avec rigueur et discrétion dans toutes leurs démarches juridiques, qu'il s'agisse de procédures pénales ou de litiges liés au droit du travail.

Analyse stratégique offerte

Envoyez vos pièces. Recevez une stratégie.

Transmettez-nous les pièces de votre dossier. Maître Hassan KOHEN vous répond personnellement sous 24 heures avec une première analyse stratégique de votre situation.

  • Première analyse offerte et sans engagement
  • Réponse personnelle de l'avocat sous 24 heures
  • 100 % confidentiel, secret professionnel garanti
  • Jusqu'à 1 Go de pièces, dossiers et sous-dossiers acceptés

Cliquez ou glissez vos fichiers ici
Tous formats acceptes (PDF, Word, images, etc.)

Envoi en cours...

Vos donnees sont utilisees uniquement pour traiter votre demande. Politique de confidentialite.

Maître Hassan Kohen, avocat en droit pénal à Paris sitesinden daha fazla şey keşfedin

Okumaya devam etmek ve tüm arşive erişim kazanmak için hemen abone olun.

Okumaya Devam Edin