Travailler le 1er mai 2026 : employeur, refus, salaire payé double et recours

Le 1er mai 2026 tombe un vendredi. Pour beaucoup de salariés, la question arrive maintenant, au moment où les plannings de mai sont affichés : l’employeur peut-il imposer de travailler le 1er mai, faut-il être payé double, et que faire si la paie ne suit pas.

La réponse est différente de celle applicable aux autres jours fériés. Le 1er mai n’est pas un jour férié ordinaire. En droit du travail, il est en principe chômé. Le salarié ne doit donc pas être privé de salaire parce que l’entreprise ferme ce jour-là. Si l’activité ne peut pas être interrompue et que le salarié travaille effectivement le 1er mai, il doit recevoir son salaire normal, plus une indemnité égale à ce salaire.

Autrement dit, pour un salarié du secteur privé, travailler le 1er mai 2026 doit conduire à une rémunération doublée, sauf cas particuliers très encadrés. La difficulté pratique vient rarement du principe. Elle vient du planning, de la convention collective, du bulletin de paie et de la preuve de ce qui a été demandé.

1er mai 2026 : ce que l’employeur peut vraiment imposer

Le Code du travail pose une règle simple : le 1er mai est jour férié et chômé. Cette règle figure aux articles L3133-4 à L3133-6 du Code du travail.

Elle signifie qu’un employeur ne peut pas traiter le 1er mai comme un jour férié banal. Le 8 mai, l’Ascension ou le 14 juillet peuvent être travaillés dans beaucoup d’entreprises si l’accord collectif, l’usage ou l’organisation du service le prévoit. Le 1er mai obéit à une règle plus stricte.

L’exception vise les établissements et services qui, en raison de la nature de leur activité, ne peuvent pas interrompre le travail. On pense notamment aux hôpitaux, aux transports, à certains hôtels, à certains services de sécurité, de soins, de restauration ou d’accueil continu. L’exception ne dépend pas seulement du souhait de l’employeur d’ouvrir. Elle dépend de la nature de l’activité et de la nécessité de continuité du service.

Un commerce, un bureau ou un service qui pourrait fermer sans atteinte réelle à la continuité de l’activité ne se trouve pas automatiquement dans cette exception. L’employeur qui impose une présence le 1er mai doit pouvoir expliquer pourquoi l’activité ne pouvait pas être interrompue.

Peut-on refuser de travailler le 1er mai ?

Si l’entreprise ne relève pas d’une activité qui doit continuer le 1er mai, le salarié dispose d’un argument sérieux pour contester la demande de présence. Dans ce cas, il faut éviter les réponses impulsives. Le bon réflexe consiste à demander une confirmation écrite du planning et du fondement retenu par l’employeur.

Un message simple suffit souvent :

Vous m’avez planifié le vendredi 1er mai 2026. Pouvez-vous me confirmer que l’entreprise estime relever d’un établissement ou service ne pouvant interrompre son activité au sens de l’article L3133-6 du Code du travail, ainsi que les modalités de rémunération prévues pour cette journée ?

Cette formulation a deux intérêts. Elle évite un refus brutal, et elle force l’employeur à prendre position sur le fondement juridique et sur la paie.

Si l’activité relève effectivement d’un service continu, la situation est différente. Le salarié ne peut pas se contenter d’invoquer le fait que le 1er mai est férié. Il faut alors vérifier le contrat, la convention collective, les usages de l’entreprise, le planning habituel, les contraintes familiales ou médicales, et les règles propres au secteur.

La question n’est donc pas seulement : « Ai-je le droit de refuser ? » La vraie question est : l’employeur peut-il justifier la présence ce jour-là, et a-t-il prévu la rémunération spéciale obligatoire ?

Travailler le 1er mai : le salaire doit être doublé

L’article L3133-6 du Code du travail prévoit que le salarié occupé le 1er mai dans un établissement ou service ne pouvant interrompre le travail a droit, en plus du salaire correspondant au travail accompli, à une indemnité égale au montant de ce salaire.

En pratique, cela revient à une rémunération doublée pour les heures effectuées le 1er mai.

Exemple simple : un salarié travaille 7 heures le vendredi 1er mai 2026, sur un taux horaire brut de 15 euros. Pour cette journée, l’employeur doit payer le salaire correspondant aux 7 heures travaillées, soit 105 euros bruts, puis ajouter une indemnité spéciale de 105 euros bruts. La journée représente donc 210 euros bruts, hors éventuelles majorations conventionnelles plus favorables.

Il ne suffit pas de donner un repos plus tard, sauf si un texte conventionnel prévoit un avantage supplémentaire. Le Code du travail impose une indemnité égale au salaire. Un repos compensateur ne remplace pas automatiquement cette indemnité.

Il ne suffit pas non plus d’inscrire le 1er mai comme une journée de solidarité. La journée de solidarité peut prendre plusieurs formes, mais elle ne peut pas effacer la règle spéciale du 1er mai.

Le 1er mai chômé ne doit pas réduire le salaire

Le salarié qui ne travaille pas le 1er mai ne doit pas subir de retenue de salaire lorsque cette journée correspond à un jour normalement travaillé. L’article L3133-5 du Code du travail prévoit que le chômage du 1er mai ne peut pas entraîner de réduction de salaire.

La règle protège notamment les salariés payés à l’heure, à la journée ou au rendement. Ils ont droit à une indemnité égale au salaire perdu du fait du chômage du 1er mai, à la charge de l’employeur.

Deux erreurs apparaissent souvent sur les bulletins de paie.

Première erreur : l’employeur décompte un jour de congé payé alors que l’entreprise était fermée le 1er mai. Si le 1er mai tombe sur un jour qui aurait dû être travaillé, il ne doit pas être traité comme un congé payé ordinaire imposé pour masquer la fermeture.

Deuxième erreur : l’employeur retire des heures au motif que le salarié n’a pas travaillé. Le 1er mai chômé n’autorise pas une baisse de rémunération lorsque la journée aurait dû être travaillée.

Les autres jours fériés de mai 2026 ne suivent pas forcément la même règle

Mai 2026 concentre plusieurs jours fériés : le vendredi 1er mai, le vendredi 8 mai, le jeudi de l’Ascension le 14 mai et le lundi de Pentecôte le 25 mai.

Le risque de confusion est élevé. Beaucoup de salariés pensent que tout jour férié travaillé doit être payé double. Ce n’est pas le principe légal général.

Le 1er mai est à part. Pour les autres jours fériés, la majoration dépend en général de la convention collective, d’un accord d’entreprise, d’un usage ou du contrat de travail. Certains secteurs prévoient des majorations, des repos compensateurs ou des règles spécifiques. D’autres non.

Il faut donc isoler le 1er mai sur le bulletin. Si le salarié travaille le 8 mai ou l’Ascension, la réponse se cherche dans les textes applicables à l’entreprise. Si le salarié travaille le 1er mai, la règle spéciale du Code du travail s’applique directement.

Que vérifier sur le bulletin de paie de mai 2026 ?

Le contrôle doit être concret. Il ne suffit pas de regarder le net à payer.

Le salarié doit vérifier :

  • le nombre d’heures réellement travaillées le 1er mai ;
  • la ligne de salaire correspondant à ces heures ;
  • la présence d’une indemnité spéciale 1er mai ou d’une ligne équivalente ;
  • l’absence de déduction injustifiée pour jour férié chômé ;
  • l’absence de décompte de congé payé pour une fermeture liée au 1er mai ;
  • les majorations conventionnelles éventuellement prévues en plus.

L’intitulé exact de la ligne peut varier. Ce qui compte est le résultat. Le salarié qui travaille le 1er mai doit percevoir son salaire pour cette journée, plus une indemnité du même montant.

S’il manque la majoration, il faut conserver le planning, les messages de convocation, les feuilles d’heures, les badgeages, les SMS, les courriels, les échanges de groupe et le bulletin de paie. Une photographie du planning affiché peut être utile si elle permet d’identifier la date, le service et les salariés concernés.

Employeur qui refuse de payer double : que faire ?

La première étape consiste à demander une régularisation écrite. Le salarié peut viser le 1er mai 2026, rappeler les heures travaillées et demander le paiement de l’indemnité spéciale prévue par le Code du travail.

Le message doit rester factuel :

J’ai travaillé le vendredi 1er mai 2026 de 9 heures à 16 heures. Mon bulletin de paie ne fait pas apparaître l’indemnité spéciale correspondant au travail du 1er mai. Je vous remercie de régulariser la paie en appliquant les articles L3133-4 à L3133-6 du Code du travail.

Si l’employeur ne répond pas, il faut envoyer une mise en demeure plus formelle, idéalement par lettre recommandée ou par courriel dont la réception est traçable. Le salarié peut ensuite saisir le conseil de prud’hommes pour obtenir un rappel de salaire.

Lorsque le montant est clair et que les pièces sont simples, le référé prud’homal peut être envisagé. Lorsque l’employeur conteste l’existence des heures, la nature de l’activité ou le calcul, une procédure au fond peut être plus adaptée.

Dans les situations de tension, il faut aussi regarder le contexte. Une réclamation de salaire peut déclencher une sanction, une mise à l’écart, une modification de planning ou un licenciement. Ces réactions doivent être documentées immédiatement.

Paris et Île-de-France : quel conseil de prud’hommes saisir ?

Pour un salarié travaillant à Paris ou en Île-de-France, la juridiction prud’homale compétente dépend en principe du lieu de travail, de l’établissement auquel le salarié est rattaché, ou du domicile lorsque le travail est accompli à domicile ou hors établissement.

Un salarié affecté dans un restaurant parisien ne saisira pas nécessairement le même conseil qu’un salarié rattaché à un établissement des Hauts-de-Seine, du Val-de-Marne ou de Seine-Saint-Denis. Le lieu d’exécution du contrat et l’établissement de rattachement doivent être vérifiés avant de déposer la requête.

Cette vérification est importante lorsque l’entreprise possède plusieurs sites, par exemple un siège à Paris et un lieu de travail effectif en banlieue. Elle évite une perte de temps procédurale.

Pour les dossiers de paie, d’heures travaillées et de rappel de salaire, notre page avocat en droit du travail à Paris permet d’identifier les principaux contentieux prud’homaux traités par le cabinet.

Les erreurs fréquentes à éviter

La première erreur est de confondre le 1er mai avec les autres jours fériés. Le salarié qui réclame un double paiement pour tous les jours fériés sans vérifier la convention collective risque d’affaiblir sa demande. Il faut concentrer la réclamation sur ce qui est incontestable : le travail effectué le 1er mai et l’indemnité spéciale due.

La deuxième erreur est de réclamer sans preuve. L’employeur peut contester la présence, les horaires, ou soutenir que le salarié n’était pas planifié. Le planning, les badgeages, les messages et les témoignages sont souvent plus utiles qu’un long récit.

La troisième erreur est de laisser passer plusieurs mois. Un rappel de salaire peut se prescrire, et les preuves deviennent plus difficiles à réunir avec le temps. Il faut agir dès la réception du bulletin de paie de mai 2026.

La quatrième erreur est d’accepter une compensation floue. Un repos accordé plus tard, une prime globale ou une régularisation orale ne suffisent pas toujours. La paie doit permettre de comprendre comment le 1er mai a été traité.

Sources juridiques utiles

Les règles applicables se trouvent dans le Code du travail :

  • article L3133-1 : liste des fêtes légales, dont le 1er mai ;
  • article L3133-4 : le 1er mai est jour férié et chômé ;
  • article L3133-5 : le chômage du 1er mai ne peut pas réduire le salaire ;
  • article L3133-6 : le salarié qui travaille le 1er mai dans un service ne pouvant interrompre l’activité a droit au salaire, plus une indemnité égale à ce salaire.

La section officielle Legifrance consacrée à la journée du 1er mai est accessible ici : articles L3133-4 à L3133-6 du Code du travail.

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