Tribunal judiciaire de Béziers, le 16 décembre 2025, n°25/00274

Le tribunal judiciaire, statuant comme juge des contentieux de la protection, a rendu un jugement le 16 décembre 2025. L’affaire concernait le recouvrement de sommes dues suite à la résiliation d’un contrat de location avec option d’achat. Le juge a dû se prononcer sur la recevabilité de l’action en paiement au regard du délai de forclusion et sur les mesures d’exécution forcée. La solution a admis la recevabilité de l’action et condamné l’emprunteur défaillant au paiement et à la restitution du bien.

La qualification de l’événement déclencheur du délai de forclusion

Le juge a d’abord identifié le point de départ du délai pour agir. L’application du délai forclusif dépend de la caractérisation précise de l’événement initial. La décision retient la date du premier incident de paiement non régularisé. « La forclusion n’est pas encourue, l’action ayant été engagée le 20 mai 2025, soit moins de deux ans après le premier incident de paiement non régularisé, datant du 15 mars 2024. » (Motifs de la décision). Ce point de départ est conforme à la lettre du code de la consommation. La jurisprudence rappelle que « l’action en recouvrement mise en oeuvre le 22 novembre 2021 n’encourt pas la forclusion » lorsque la date d’action est postérieure au premier incident impayé (Cour d’appel de Versailles, le 16 mai 2023, n°22/02766). La portée de cette analyse est essentielle pour la sécurité juridique. Elle offre une prévisibilité certaine aux parties sur le délai pour agir.

La computation du délai et la recevabilité de l’action

Ensuite, le juge a procédé à la computation du délai entre l’événement déclencheur et l’action en justice. La vérification de ce point est impérative pour prononcer la forclusion. En l’espèce, l’action a été initiée le 20 mai 2025. Le premier incident non régularisé remontait au 15 mars 2024. Le délai de deux ans n’était donc pas écoulé. La solution consacre une application stricte du texte forclusif. « Les actions en paiement engagées à l’occasion de la défaillance de l’emprunteur doivent être formées dans les deux ans de l’événement qui leur a donné naissance à peine de forclusion. » (Cour d’appel de Douai, le 25 septembre 2025, n°23/04541). La valeur de ce contrôle est protectrice des droits de la partie créancière. Elle évite une extinction prématurée de son action en recouvrement.

Les mesures d’exécution et les modalités de la condamnation

La décision a ensuite ordonné des mesures contraignantes pour assurer l’exécution de la condamnation. Face à la défaillance persistante, le juge a combiné plusieurs instruments procéduraux. Il a d’abord condamné au paiement d’une somme d’argent avec intérêts légaux. Il a ensuite ordonné la restitution du véhicule financé. Pour vaincre une résistance prévisible, une astreinte a été prononcée. « L’astreinte est une mesure de contrainte ordonnée par le juge pour vaincre la résistance prévisible d’une partie à une décision. » (Motifs de la décision). La portée de cette mesure est d’assurer l’effectivité pratique de la décision de justice. Elle exerce une pression financière pour obtenir l’exécution spontanée.

L’articulation entre la restitution et le recouvrement pécuniaire

Enfin, le juge a organisé l’articulation entre la restitution du bien et la créance d’argent. La décision prévoit une imputation du produit de la vente du bien sur la dette. « Une fois le bien restitué ou saisi, le prix de vente du bien aux enchères s’imputera sur la somme due. » (Motifs de la décision). Cette disposition permet une exécution complète et cohérente de la condamnation. Elle évite un cumul injustifié au profit du créancier. La valeur de ce mécanisme est de garantir une exécution équitable et proportionnée. Il concilie le droit à recouvrement et la prévention d’une double sanction pour le débiteur.

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