Tribunal judiciaire de Bobigny, le 19 décembre 2025, n°25/03225

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Le juge des contentieux de la protection a rendu un jugement le 19 décembre 2025. L’affaire concernait la restitution d’un dépôt de garantie en matière de bail d’habitation. L’ancienne locataire demandait le remboursement intégral ainsi que les majorations pour retard. La propriétaire opposait des dégradations imputables à la locataire. Le tribunal a ordonné la restitution partielle du dépôt. Il a aussi condamné la bailleuse au paiement de majorations pour retard significatives.

Le contrôle strict des justifications des retenues

Le juge opère un examen rigoureux des preuves apportées par la bailleuse. Il écarte les pièces produites tardivement ou sans lien causal établi. Le tribunal observe « que le constat de sortie qui comporte 77 pages est d’une extrême précision, ce qui rend malaisé toute comparaison ». Il relève aussi que le devis principal est produit « presque 3 ans après le départ ». La propriétaire ne démontre pas que les travaux correspondent à l’usage de l’ancienne locataire. Seules les pièces contemporaines du départ et liées à l’état des lieux sont retenues. Cette analyse protège le locataire contre des réclamations abusives ou non fondées. Elle rappelle que la charge de la preuve incombe pleinement au bailleur. Celui-ci doit justifier précisément chaque retenue sur le dépôt de garantie.

L’application automatique des majorations pour retard

Le juge applique strictement le régime des pénalités prévu par la loi. Le délai de restitution court à compter de la remise des clés. La décision note que « la somme n’a pas été restituée » et que la locataire « avait, en outre, mentionné sa nouvelle adresse ». Aucune cause exonératoire n’étant établie, la majoration est due. Le calcul est effectué sur la totalité de la période de retard, soit trente-quatre mois. Cette solution est conforme à la jurisprudence récente sur ce point. Un tribunal a déjà jugé qu’il « convient de condamner […] à payer une somme équivalente à 10% du dépôt de garantie pour chaque mois de retard » (Tribunal judiciaire de Limoges, le 10 décembre 2025, n°24/01094). La portée de cette règle est dissuasive et compensatrice. Elle sanctionne tout retard injustifié dans la restitution des sommes dues au locataire sortant.

La sanction des comportements procéduraux abusifs

La décision sanctionne indirectement la mauvaise foi de la bailleuse dans la procédure. Le tribunal relève le caractère tardif et disproportionné des devis produits. Il constate que la propriétaire a convenu « ne pas avoir formellement répondu à la locataire dans les délais habituels ». Ces éléments fondent l’allocation de frais irrépétibles au profit de la locataire. Le juge estime que « la présente procédure ayant été nécessaire pour récupérer son dépôt de garantie ». La condamnation aux dépens et à l’article 700 du code de procédure civile en découle. Cette approche vise à décourager les stratégies dilatoires ou vexatoires. Elle réaffirme que le droit à un procès équitable inclut une bonne foi procédurale. La valeur de cette sanction est à la fois punitive et corrective pour l’avenir.

La réaffirmation des obligations liées à l’état des lieux

Le jugement rappelle l’importance cruciale de l’état des lieux contradictoire. Les désordres imputables doivent être établis par une comparaison fiable entre les deux états. La décision écarte les pièces sans rapport avec cette comparaison, comme un devis de réfection complète. Seules les réparations locatives dûment justifiées peuvent être retenues. Le tribunal rappelle le principe selon lequel « le preneur doit rendre la chose telle qu’il l’a reçue, suivant cet état » (article 1730 du Code civil). La charge de la preuve des dégradations pèse sur le bailleur, conformément à l’article 1353 du Code civil. La solution renforce la sécurité juridique des parties à la fin du bail. Elle limite les conflits en s’appuyant sur un document objectif et partagé. La portée est pratique et incite à la rigueur lors de l’établissement des constats.

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