Tribunal judiciaire de Créteil, le 23 septembre 2025, n°24/07214

Le Tribunal judiciaire de [Localité 6], statuant le 23 septembre 2025, examine une demande de résolution d’un prêt immobilier pour défaut de paiement. L’emprunteur, absent à l’audience, ne conteste pas les faits. La juridiction prononce la résolution judiciaire et condamne au remboursement des sommes dues. Elle réduit également une indemnité contractuelle jugée excessive, appliquant le pouvoir modérateur du juge.

La régularité procédurale et le fondement de la résolution

La sanction de l’absence et le cadre des prétentions
La décision applique strictement les règles de procédure en l’absence du défendeur. Le tribunal rappelle qu’il « ne fait droit à la demande que dans la mesure où il l’estime régulière, recevable et bien fondée » (article 472 du Code de procédure civile). Cette application garantit le principe du contradictoire malgré une défaillance procédurale. La portée est essentielle pour sécuriser les jugements par défaut. La juridiction écarte aussi les simples « dire et juger » qui ne constituent pas des prétentions. Cette rigueur initiale circonscrit le débat aux seules demandes formulées au dispositif.

La qualification d’une inexécution suffisamment grave
Le juge fonde sa décision sur l’inexécution contractuelle constatée. Il relève que l’emprunteur « a cessé de procéder au paiement des mensualités du prêt à compter du mois de septembre 2023 ». Les défauts de paiement répétés constituent un manquement justifiant la résolution. La solution rejoint une jurisprudence constante sur la gravité des défaillances. « Ces défaillances dans le remboursement du prêt sont suffisamment graves pour justifier la résolution » (Tribunal judiciaire de Nice, le 20 novembre 2025, n°25/00300). La valeur de l’arrêt est de rappeler les conditions cumulatives des articles 1217 et 1224 du Code civil.

Les conséquences pécuniaires de la résolution judiciaire

L’octroi limité de la créance principale
Suite à la résolution, le juge accueille la demande de paiement du capital et des intérêts. Il constate l’absence de preuve de libération par l’emprunteur défaillant. Le calcul des sommes dues s’effectue conformément à l’article L. 313-51 du Code de la consommation. La décision condamne au remboursement immédiat du capital restant dû et des intérêts échus. La portée est classique et assure l’effet utile de la résolution pour le créancier. Les intérêts de retard courent au taux conventionnel, évitant ainsi une majoration automatique.

Le contrôle et la réduction d’une clause pénale excessive
Le tribunal exerce son pouvoir modérateur sur l’indemnité contractuelle de sept pour cent. Il estime que le montant initial « apparaît manifestement excessive ». Le préjudice du prêteur est déjà couvert par les intérêts conventionnels. Le juge réduit donc l’indemnité de 11 062,23 euros à 1 000 euros. Cette modération illustre l’application de l’article 1231-5 du Code civil. La valeur de la décision réside dans ce contrôle concret de proportionnalité. Elle rappelle la soumission des clauses pénales au pouvoir d’appréciation du juge, au nom de l’équité contractuelle.

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