Tribunal judiciaire de Havre, le 9 octobre 2025, n°25/00990

Le tribunal judiciaire, statuant par ordonnance du juge délégué, rejette une demande de mainlevée de soins psychiatriques sans consentement. La personne concernée avait été admise en hospitalisation complète pour péril imminent. Le juge, saisi sur le fondement de l’article L. 3211-12 du code de la santé publique, estime que l’amélioration de son état psychique est trop récente pour ordonner la levée de la mesure.

Le contrôle juridictionnel des soins sans consentement

Le juge délégué exerce un contrôle a posteriori sur la régularité de la procédure. Il vérifie que le requérant a été saisi dans les délais légaux et que l’admission a suivi les formes prescrites. Cette vérification préalable est essentielle pour garantir les droits fondamentaux de la personne faisant l’objet de soins. Elle constitue le préalable nécessaire à tout examen au fond de la situation médicale actuelle.

L’examen au fond se concentre sur la persistance des troubles ayant justifié l’admission. Le magistrat s’appuie sur les certificats médicaux produits et les éléments des débats. Il relève la persistance d’un délire avec hallucinations et un déni des troubles, notant toutefois une amélioration dans le contact. Le projet de vie formulé par l’intéressé, incluant un appartement thérapeutique, est pris en compte mais ne suffit pas à lui seul.

L’appréciation souveraine de l’évolution clinique

Le rejet de la mainlevée repose sur une appréciation concrète de l’état de la personne. Le juge constate que l’amélioration constatée dans le contact est encore trop récente. Il oppose cette situation à des cas où l’évolution favorable est avérée et stable. Cette décision souligne que la levée de la mesure nécessite une consolidation des progrès thérapeutiques. Elle ne peut intervenir sur la seule base d’un projet futur de soins ambulatoires.

La solution retenue diffère ainsi des hypothèses où la mainlevée est ordonnée. « Les certificats médicaux postérieurs établissaient pendant la période d’observation indiquaient que les troubles initialement décrits régressaient rapidement » (Tribunal judiciaire de Privas, le 16 février 2026, n°26/00469). Elle se distingue également des cas où la mesure initiale a déjà été modifiée. « Depuis la requête, la prise en charge a été modifiée et s’effectue désormais, au jour du jugement, sous la forme d’un programme de soins » (Tribunal judiciaire, le 7 février 2025, n°25/00158). Ici, le maintien de l’hospitalisation complète est justifié par l’absence de preuve d’une amélioration suffisante.

Cette décision rappelle le caractère strict du contrôle exercé par le juge délégué. Elle affirme que la liberté doit être restituée dès que l’état de la personne le permet. L’existence d’un projet de sortie ne suffit pas à compenser la persistance de troubles aigus. Le juge opère ainsi une balance entre la protection de la santé et le respect des libertés individuelles. Sa décision, susceptible d’appel, reste souveraine dans l’appréciation des éléments médicaux produits.

📄 Circulaire officielle

Nos données proviennent de la Cour de cassation (Judilibre), du Conseil d'État, de la DILA, de la Cour de justice de l'Union européenne ainsi que de la Cour européenne des droits de l'Homme.
Hassan KOHEN
Avocat Associé

Hassan Kohen

Avocat au Barreau de Paris • Droit Pénal

Maître Kohen, avocat à Paris en droit pénal et droit du travail, accompagne ses clients avec rigueur et discrétion dans toutes leurs démarches juridiques, qu'il s'agisse de procédures pénales ou de litiges liés au droit du travail.

Analyse stratégique offerte

Envoyez vos pièces. Recevez une stratégie.

Transmettez-nous les pièces de votre dossier pénal. Maître Hassan KOHEN vous répond personnellement sous 24 heures avec une première analyse stratégique de votre situation.

  • Première analyse offerte et sans engagement
  • Réponse personnelle de l'avocat sous 24 heures
  • 100 % confidentiel, secret professionnel garanti
  • Jusqu'à 1 Go de pièces, dossiers et sous-dossiers acceptés

Cliquez ou glissez vos fichiers ici
Tous formats acceptes (PDF, Word, images, etc.)

Envoi en cours...

Vos donnees sont utilisees uniquement pour traiter votre demande. Politique de confidentialite.

En savoir plus sur Maître Hassan Kohen, avocat en droit pénal à Paris

Abonnez-vous pour poursuivre la lecture et avoir accès à l’ensemble des archives.

Poursuivre la lecture