Tribunal judiciaire de Lyon, le 14 décembre 2020, n°21/00315

Le tribunal judiciaire, statuant en matière correctionnelle, a rendu un jugement le 14 décembre 2020. Un enfant de trois ans, renversé par un scooter, a subi divers préjudices corporels. Le conducteur a été reconnu pénalement responsable. La juridiction a dû statuer sur l’indemnisation provisionnelle de la victime mineure, dans l’attente d’une consolidation future. Elle a alloué une indemnité complémentaire tout en réservant l’examen définitif des préjudices.

La reconnaissance de la responsabilité indemnitaire

Le fondement légal de l’obligation de réparation est clairement établi. Le jugement correctionnel a reconnu l’auteur des faits coupable de blessures involontaires. Cette condamnation pénale entraîne nécessairement sa responsabilité civile pour les préjudices causés. « Il est donc tenu de l’indemniser en application des dispositions de la Loi du 5 juillet 1985. » (Motifs de la décision). Le tribunal applique ainsi le régime spécial d’indemnisation des accidents de la circulation. Ce régime favorise la victime non conductrice en écartant l’exception de sa faute simple. La solution s’inscrit dans la logique protectrice de la loi Badinter, confirmée par une jurisprudence constante. « Aux termes de l’article 3 de la loi du 5 juillet 1985, les victimes, hormis les conducteurs de véhicules terrestres à moteur, sont indemnisées des dommages résultant des atteintes à leur personne qu’elles ont subis, sans que puisse leur être opposée leur propre faute à l’exception de leur faute inexcusable » (Cour d’appel, le 5 juin 2025, n°23/09776). La décision assure donc une réparation certaine, fondée sur le lien de causalité entre l’accident et le préjudice.

La gestion procédurale des parties et des frais

Le tribunal organise les rapports entre les différents intervenants à la procédure. Il admet l’intervention de l’assureur du condamné en application du code de procédure pénale. « L’intervention volontaire de la compagnie L’ÉQUITÉ, assureur de Monsieur [N], est recevable en application de l’article 388-1 du Code de Procédure Pénale. » (Motifs de la décision). Le jugement lui sera ensuite déclaré opposable, ce qui permet d’éviter une condamnation directe de l’assureur par le pénal. Par ailleurs, la décision est déclarée commune à la caisse primaire d’assurance maladie, autorisant son recours subrogatoire. En revanche, l’appel en cause d’une mutuelle est rejeté pour défaut de justification. Enfin, le tribunal répartit les frais de justice selon des règles spécifiques. Les frais d’expertise sont mis à la charge du condamné, partie qui succombe. Cette répartition distingue les frais généraux, supportés par l’État, et les dépenses liées à l’instruction, supportées par la partie perdante.

L’évaluation provisionnelle du préjudice de l’enfant

L’expertise médicale guide le tribunal dans son appréciation des préjudices actuels. Le médecin-expert constate des séquelles psychiques et comportementales chez l’enfant. « Il évoque un traumatisme crânien avec une courte perte de connaissance, des dermabrasions, une lésion dentaire, et des troubles psychiques (agressivité). » (Motifs de la décision). Toutefois, le tribunal adopte une position prudente concernant l’imputabilité de certains troubles. Il estime que les difficultés d’apprentissage scolaires ne peuvent être imputées à l’accident sans examen spécialisé ultérieur. « Compte tenu du jeune âge de l’enfant à la date de l’accident, il ne peut être considéré dès à présent que les difficultés d’apprentissage scolaire sont imputables à l’accident. » (Motifs de la décision). Cette prudence est dictée par l’incertitude liée au développement naturel de l’enfant. Le tribunal statue donc sur une base provisionnelle, en attendant une consolidation future. Il alloue une indemnité complémentaire de trois mille euros, s’ajoutant à une provision initiale. Cette méthode permet une réparation immédiate sans préjuger de l’évaluation définitive.

Les mesures d’organisation de la procédure future

La décision met en place un cadre procédural pour l’achèvement futur de l’indemnisation. Le tribunal ordonne l’exécution provisoire de l’allocation provisionnelle, répondant à un besoin urgent. Il rejette le surplus des demandes actuelles, les réservant pour un examen ultérieur. Surtout, il renvoie explicitement l’affaire à une audience future fixée en 2026. Ce renvoi correspond aux préconisations de l’expert, qui propose un nouvel examen lorsque l’enfant aura douze ans. L’objectif est de permettre une évaluation des préjudices stabilisés, notamment sur le plan scolaire. La juridiction organise ainsi un suivi de l’état de la victime dans le temps. Cette temporalité de la procédure est essentielle pour les préjudices évolutifs des mineurs. Elle garantit que la réparation définitive interviendra lorsque les séquelles seront pleinement connues. La décision actuelle n’est donc qu’une étape dans un processus indemnitaire plus long.

📄 Circulaire officielle

Nos données proviennent de la Cour de cassation (Judilibre), du Conseil d'État, de la DILA, de la Cour de justice de l'Union européenne ainsi que de la Cour européenne des droits de l'Homme.
Hassan KOHEN
Avocat Associé

Hassan Kohen

Avocat au Barreau de Paris • Droit Pénal

Maître Kohen, avocat à Paris en droit pénal et droit du travail, accompagne ses clients avec rigueur et discrétion dans toutes leurs démarches juridiques, qu'il s'agisse de procédures pénales ou de litiges liés au droit du travail.

Analyse stratégique offerte

Envoyez vos pièces. Recevez une stratégie.

Transmettez-nous les pièces de votre dossier. Maître Hassan KOHEN vous répond personnellement sous 24 heures avec une première analyse stratégique de votre situation.

  • Première analyse offerte et sans engagement
  • Réponse personnelle de l'avocat sous 24 heures
  • 100 % confidentiel, secret professionnel garanti
  • Jusqu'à 1 Go de pièces, dossiers et sous-dossiers acceptés

Cliquez ou glissez vos fichiers ici
Tous formats acceptes (PDF, Word, images, etc.)

Envoi en cours...

Vos donnees sont utilisees uniquement pour traiter votre demande. Politique de confidentialite.

En savoir plus sur Maître Hassan Kohen, avocat en droit pénal à Paris

Abonnez-vous pour poursuivre la lecture et avoir accès à l’ensemble des archives.

Poursuivre la lecture