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Maître Hassan KOHEN, avocat au Barreau de Paris
Maître Hassan KOHEN
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Tribunal judiciaire de Meaux, le 24 septembre 2025, n°25/01330

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Le tribunal judiciaire de Meaux, ordonnance du 24 septembre 2025 (RG 25/01330), se prononce sur la poursuite d’une mesure d’isolement. L’acte énonce « ORDONNANCE statuant sur la poursuite d’une mesure d’isolement ». Saisi par le directeur d’un établissement psychiatrique, le juge devait apprécier la nécessité de prolonger l’isolement au regard des exigences de subsidiarité, de proportionnalité et de traçabilité prévues par le code de la santé publique.

La situation procédurale est classique en matière d’isolement hospitalier : l’établissement sollicite l’autorisation de maintien au-delà des délais légaux, le ministère public est avisé, et la décision est publique. Le dispositif rappelle que le prononcé intervient selon la forme usuelle, « Statuant par ordonnance susceptible d’appel, prononcée publiquement par sa mise à disposition au greffe le 24 septembre 2025 à 17h40 ». La solution retient la poursuite, ainsi formulée : « AUTORISONS le maintien de la mesure d’isolement », et statue accessoirement sur les frais, « LAISSONS les dépens à la charge de l’Etat ». La question de droit porte sur l’étendue et les critères du contrôle juridictionnel exigé pour autoriser la prolongation d’une mesure attentatoire à la liberté d’aller et venir.

I. Le contrôle juridictionnel des mesures d’isolement

A. Le cadre légal et constitutionnel de l’isolement hospitalier
Le code de la santé publique érige l’isolement et la contention en pratiques de dernier recours, strictement nécessaires, adaptées et proportionnées, sous contrôle médical continu. Au-delà des seuils et modalités fixés par l’article L.3222-5-1, la poursuite n’est possible qu’après saisine du juge, afin d’assurer un contrôle effectif d’une restriction grave de liberté.

Ce contrôle juridictionnel trouve son ancrage dans la garantie de l’autorité judiciaire en matière d’atteintes à la liberté individuelle. La jurisprudence constitutionnelle a exigé un encadrement temporel, procédural et probatoire resserré, imposant la vérification d’une nécessité actuelle et d’une absence d’alternative moins restrictive.

B. L’office du juge des libertés dans la prolongation de l’isolement
Le juge doit s’assurer d’éléments médicaux circonstanciés, actuels, et individualisés, attestant le risque et l’intérêt thérapeutique, ainsi que la traçabilité des décisions et réévaluations. Il lui appartient de vérifier la subsidiarité de l’isolement, l’effectivité de la surveillance médicale, et l’existence d’options de moindre atteinte.

Le dispositif « AUTORISONS le maintien de la mesure d’isolement » implique, en droit positif, la réunion de ces conditions cumulatives. La mention d’un prononcé public et « susceptible d’appel » consacre l’exigence d’un contrôle contradictoire et d’un double degré de juridiction, gage d’un encadrement effectif de la restriction décidée.

II. Les exigences de motivation et de proportionnalité

A. L’obligation d’une motivation individualisée, contrôlable et traçable
L’autorisation de prolonger ne saurait résulter d’assertions générales ou stéréotypées ; elle requiert une motivation rendant compte des circonstances cliniques, des risques, et des essais de mesures alternatives. La traçabilité des durées, réévaluations et prescriptions est déterminante pour apprécier la proportionnalité dans le temps.

La décision doit, en outre, permettre le contrôle en appel de la stricte nécessité au moment du prononcé. À défaut d’éléments précis et contemporains, la poursuite méconnaîtrait l’exigence de dernier recours, privant le juge de la capacité d’exercer un contrôle réel et non abstrait.

B. La portée pratique de l’ordonnance et les garanties procédurales
L’énoncé « Statuant par ordonnance susceptible d’appel, prononcée publiquement… » souligne l’importance de la publicité du prononcé et de l’ouverture d’une voie de recours rapide et effective. Ces garanties complètent la dimension médicale par une supervision juridictionnelle continue et réactive.

La formule « LAISSONS les dépens à la charge de l’Etat » s’inscrit dans la logique d’un contentieux protecteur des libertés, sans entrave financière pour la personne concernée. L’économie générale de l’ordonnance illustre un équilibre attendu : maintien d’une mesure exceptionnelle lorsque justifiée, mais dans un cadre procédural et temporel strict, susceptible de réexamen.

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