Tribunal judiciaire de Mesnil-Amelot, le 9 décembre 2025, n°25/05013

Le tribunal judiciaire du Mesnil-Amelot, statuant le 9 décembre 2025, examine deux requêtes jointes. L’une émane de l’autorité préfectorale sollicitant la prolongation d’une rétention administrative. L’autre est un recours de l’étranger retenu contestant son placement. Le juge, saisi en urgence, doit contrôler la légalité de cette privation de liberté. Il rejette le recours et ordonne la prolongation de la rétention pour vingt-six jours.

Le contrôle concret de la nécessité d’une réitération

Le juge opère un contrôle in concreto de la régularité d’un nouveau placement. Il rappelle le cadre issu d’une décision du Conseil constitutionnel censurant l’article L. 741-7 du CESEDA. Le juge judiciaire, garant de la liberté individuelle, doit apprécier si la réitération n’excède pas la rigueur nécessaire. Cette appréciation se fonde sur les périodes de rétention antérieures subies par l’intéressé. Le juge procède ainsi à une balance des intérêts en présence.

La rigueur nécessaire du nouveau placement est ici établie. Le juge relève d’abord l’absence de droit absolu au séjour pour les étrangers. Il constate ensuite que l’intéressé s’est maintenu sur le territoire en bravade de l’obligation de quitter. Le régime de liberté ou d’assignation à résidence est jugé insuffisant. « Il a donc démontré qu’un régime de liberté voire même d’assignation à résidence ne sont pas suffisants » (Motifs). L’objectif de lutte contre l’immigration irrégulière, participant de l’ordre public, justifie la mesure.

L’appréciation souveraine des garanties de représentation

Le juge vérifie l’absence d’erreur manifeste d’appréciation sur les garanties de représentation. Le placement en rétention est autorisé en cas de risque de fuite ou de menace à l’ordre public. La motivation de l’arrêté préfectoral s’apprécie au jour de son édiction. Elle ne se limite pas à des garanties formelles comme un passeport ou une adresse. Elle inclut l’évaluation de la volonté de se conformer aux décisions administratives.

En l’espèce, le juge estime la motivation suffisante et l’appréciation correcte. L’arrêté mentionne l’absence de passeport valide et de résidence permanente effective. Il relève aussi la volonté expresse de ne pas quitter la France manifestée lors de l’audition. Le non-respect d’une précédente obligation de quitter le territoire est également noté. « Ces éléments caractérisent un risque de fuite ou de non-exécution de la mesure d’éloignement » (Motifs). Les antécédents judiciaires fondent enfin une menace pour l’ordre public.

Cette décision illustre la mise en œuvre pratique du contrôle constitutionnel sur les réitérations. Le juge judiciaire exerce désormais un pouvoir d’appréciation in concreto sur la nécessité de chaque nouveau placement. Il opère une conciliation entre la liberté individuelle et l’objectif d’éloignement. Cette conciliation repose sur un examen minutieux du comportement de l’intéressé. La volonté de se soustraire à l’éloignement devient un élément décisif du contrôle.

Le raisonnement sur les garanties de représentation consacre une approche substantielle. La motivation administrative est jugée sur la base d’une appréciation globale des risques. La simple existence d’une adresse ou de liens familiaux ne suffit plus. La volonté réelle d’obtempérer à la décision d’éloignement est centrale. Cette jurisprudence renforce ainsi les pouvoirs de l’administration. Elle conditionne le recours à des mesures alternatives comme l’assignation à résidence.

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