Tribunal judiciaire de Paris, le 10 novembre 2023, n°24/00075

Le tribunal judiciaire de Paris, dans un jugement du 10 novembre 2023, a statué sur une demande en paiement entre une société de construction et son maître d’ouvrage. L’entrepreneur réclamait le règlement de plusieurs situations de travaux restées impayées. La question principale portait sur la répartition de la charge de la preuve concernant l’exécution de l’obligation de paiement. Le tribunal a fait droit à la demande de l’entrepreneur et a condamné le maître d’ouvrage au paiement des sommes dues.

La charge de la preuve de l’exécution contractuelle

Le tribunal rappelle un principe fondamental de procédure civile concernant la preuve des obligations. Il énonce que la preuve de l’exécution d’une obligation pèse sur le débiteur de celle-ci. Cette solution s’appuie sur une disposition générale du code de procédure civile. « Il appartient au débiteur d’une obligation de rapporter la preuve qu’il l’a exécutée en application des dispositions de l’article 9 du code de procédure civile » (Motifs de la décision). Ce principe trouve un écho dans la jurisprudence antérieure de la Cour de cassation. « Aux termes de ce texte, celui qui réclame l’exécution d’une obligation doit la prouver. Réciproquement, celui qui se prétend libéré doit justifier le paiement ou le fait qui a produit l’extinction de son obligation » (Cass. Troisième chambre civile, le 23 octobre 2025, n°24-16.503). La portée de cette règle est essentielle pour le déroulement du procès. Elle place la charge de la preuve sur la partie qui est en position défensive, alléguant avoir déjà rempli son engagement. Cette répartition influence stratégiquement la conduite de l’instance et la production des pièces.

L’application du principe aux obligations de paiement

En l’espèce, le tribunal applique concrètement ce principe probatoire au cas des créances commerciales. Le maître d’ouvrage ne contestait pas l’existence de la dette ni son montant, se bornant à un règlement partiel. Les situations de travaux émises constituaient la preuve de l’obligation de paiement. « Les pièces produites confortent l’obligation de paiement du maitre d’ouvrage au terme du contrat passé entre les parties » (Motifs de la décision). Le débiteur n’ayant pas rapporté la preuve d’un paiement intégral, sa défaillance est établie. La solution consacre une application stricte de la règle de charge de la preuve en matière contractuelle. Sa valeur réside dans la sécurité juridique qu’elle offre au créancier, une fois l’obligation initiale démontrée. La portée pratique est significative pour les relations commerciales, incitant à une documentation précise des paiements. Elle souligne que la simple contestation ne suffit pas à renverser la présomption d’inexécution pesant sur le débiteur.

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Hassan KOHEN
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