Le tribunal judiciaire de Paris, le 23 septembre 2025, statue par défaut sur un litige contractuel. Un consommateur avait versé un acompte pour une installation de climatisation qui ne fut jamais commencée. Après plusieurs mises en demeure restées infructueuses, il demande la résolution du contrat, la restitution des sommes et des dommages-intérêts. Le tribunal fait droit à ses demandes en s’appuyant sur les dispositions protectrices du code de la consommation et du droit commun des contrats.
La sanction de l’inexécution totale par la résolution
Les conditions légales d’une résolution unilatérale. Le juge constate d’abord l’absence totale d’exécution par le professionnel malgré des relances. Il applique alors le mécanisme de résolution unilatérale offert au consommateur par l’article L. 261-6 du code de la consommation. « Le contrat est considéré comme résolu à la réception par le professionnel de la lettre ou de l’écrit l’informant de cette résolution » (L. 261-6 du code de la consommation). La décision rappelle ainsi la procédure sécurisée dont bénéficie le consommateur en cas de manquement du professionnel à son obligation de délivrance.
La restitution automatique de l’intégralité des sommes versées. La résolution du contrat entraîne une obligation de remboursement intégral pour le professionnel. Le tribunal se fonde sur l’article L. 216-7 du code de la consommation qui prévoit que « le professionnel rembourse le consommateur de la totalité de la somme versée ». Cette restitution est due indépendamment de toute faute prouvée, du seul fait de l’inexécution. La portée est claire : le consommateur doit être replacé dans la situation antérieure au contrat sans délai ni justification supplémentaire.
La réparation du préjudice né de l’inexécution
La condamnation à des dommages-intérêts pour préjudice subi. Au-delà de la simple restitution, le juge accorde une indemnisation distincte. Il retient l’existence d’un préjudice lié aux démarches répétées et à la privation du service attendu. Ce préjudice est réparé sur le fondement de l’article 1231-1 du Code civil, relatif aux conséquences de l’inexécution. La solution affirme que l’inexécution contractuelle cause nécessairement un dommage au créancier, justifiant une compensation financière additionnelle.
La distinction entre restitution et indemnisation. La décision opère une nette séparation entre la restitution de l’acompte et l’allocation de dommages-intérêts. Cette distinction illustre le principe du cumul des sanctions rappelé par l’article 1217 du Code civil. « Les sanctions qui ne sont pas incompatibles peuvent être cumulées; des dommages et intérêts peuvent toujours s’y ajouter » (article 1217 du Code civil). La portée est significative : la réparation intégrale du préjudice peut requérir plusieurs têtes de condamnation distinctes, l’une restitutive, l’autre compensatoire.