Tribunal judiciaire de Thonon-les-Bains, le 18 septembre 2025, n°23/01912

Le Tribunal judiciaire de Thonon-les-Bains, statuant le 18 septembre 2025, a examiné un litige relatif à un prêt immobilier. Suite au défaut de paiement des emprunteurs, l’établissement prêteur a prononcé la déchéance du terme. Les débiteurs ont contesté le caractère abusif de la clause résolutoire et demandé la réduction d’une clause pénale. Le tribunal a jugé la clause de déchéance abusive et rejeté la demande de la banque, condamnant cette dernière aux dépens.

La qualification abusive de la clause résolutoire

Le tribunal a d’abord rappelé le cadre légal de l’appréciation des clauses abusives. Il s’est référé à l’article L132-1 du code de la consommation, dans sa version antérieure applicable. Le juge a souligné que l’appréciation se fait en considérant toutes les circonstances entourant la conclusion du contrat. Il a également cité une jurisprudence de la Cour de cassation pour étayer son raisonnement sur le déséquilibre contractuel.

Le motif central retenu est le délai de préavis jugé déraisonnable. La clause stipulait que « La totalité des sommes dues (…) deviendra de plein droit immédiatement exigible huit jours après l’envoi d’une mise en demeure restée sans effet » (Motifs). Le tribunal a estimé qu’un délai de huit jours était insuffisant face aux conséquences de la déchéance. Il a ainsi considéré que cette clause créait un déséquilibre significatif au détriment des consommateurs.

La portée de cette analyse est de renforcer la protection des emprunteurs contre les clauses trop rigoureuses. Elle rappelle que le formalisme de la mise en demeure ne suffit pas à légitimer un délai de régularisation trop bref. Cette décision s’inscrit dans le sillage d’une jurisprudence constante sur le caractère raisonnable du préavis. Elle précise que l’enjeu financier considérable pour l’emprunteur doit être pris en compte.

Les conséquences de l’annulation sur les autres demandes

La nullité de la clause résolutoire a entraîné le rejet de la demande principale de la banque. Puisque la résolution n’était pas valablement intervenue, le capital restant dû n’était pas immédiatement exigible. Le tribunal a donc logiquement rejeté la demande de condamnation au paiement de la somme de 181 722,82 euros. Aucune demande subsidiaire n’ayant été formulée, la banque se trouve privée de tout recours sur ce fondement.

Concernant la clause pénale, le juge a constaté son inapplicabilité en l’espèce. L’article 1231-5 du code civil régit la modulation des pénalités manifestement excessives. Le tribunal a simplement noté que « En l’absence d’application de cette clause au présent litige, dès lors que la résolution n’est pas intervenue, il n’y a pas lieu à réduction » (Motifs). La question du caractère excessif de l’indemnité de sept pour cent n’a donc pas été examinée.

La valeur de cette partie du raisonnement réside dans son caractère systématique. Les conséquences accessoires du contrat sont neutralisées par l’anéantissement de sa clause essentielle. Le juge évite ainsi de statuer sur un point devenu sans objet. Cette approche garantit la cohérence de la décision et son économie procédurale. Elle laisse en suspens la question du plafonnement légal des indemnités forfaitaires.

En définitive, cette décision illustre le contrôle rigoureux des clauses résolutoires dans les contrats de prêt. Elle rappelle que la mise en demeure doit laisser un délai raisonnable pour se conformer à ses obligations. Le juge protège ainsi l’emprunteur contre une exécution trop brutale du contrat. Cette jurisprudence renforce les obligations d’information et de loyauté pesant sur les établissements financiers. Elle confirme la nature d’ordre public des règles sur les clauses abusives.

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Hassan KOHEN
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