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Trop-perçu de salaire après arrêt maladie : remboursement, retenue sur paie et recours

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Un salarié en arrêt maladie peut découvrir, parfois plusieurs mois plus tard, que son employeur lui réclame un trop-perçu de salaire. Le cas revient fortement en 2026 : erreurs de maintien de salaire, subrogation IJSS mal régularisée, passage tardif à demi-traitement, ancien employeur qui réclame une somme après la fin du contrat, ou retenue massive sur la paie sans explication.

La question n’est pas seulement de savoir si l’argent doit être rendu. Elle est de savoir si la dette est réelle, si elle est encore réclamable, si l’employeur peut se rembourser directement sur la paie, et comment contester lorsque le calcul est incomplet.

La réponse pratique est la suivante : un trop-perçu réel peut être réclamé, mais l’employeur doit pouvoir l’expliquer. En pratique, le salarié doit demander le détail écrit du calcul avant de payer. Et si l’employeur procède par retenue sur salaire, il ne peut pas traiter cette retenue comme une sanction ni vider la paie du mois.

Pourquoi les trop-perçus explosent après un arrêt maladie

L’arrêt maladie crée souvent trois flux financiers différents.

D’abord, la Sécurité sociale verse des indemnités journalières. Leur calcul dépend des salaires antérieurs et de plafonds mis à jour en 2026. Ensuite, l’employeur peut compléter ces indemnités si les conditions du maintien de salaire sont réunies. Enfin, lorsqu’il pratique la subrogation, il peut percevoir directement les indemnités journalières à la place du salarié.

Une erreur peut donc venir de plusieurs endroits : arrêt enregistré trop tard, IJSS reçues après le bulletin de paie, maintien de salaire appliqué trop longtemps, mauvaise prise en compte d’une convention collective, ou absence de régularisation après une prolongation d’arrêt.

Le problème se voit souvent sur la fiche de paie sous des libellés peu clairs : « régularisation absence », « trop-perçu », « reprise maintien », « régularisation IJSS », « retenue diverse », « retenue net à payer » ou « absence maladie ». Ces mots ne suffisent pas. Le salarié doit pouvoir comprendre la période concernée, le salaire qui aurait dû être versé, les indemnités reçues, et la somme réclamée.

L’employeur peut-il réclamer le remboursement ?

Oui, si la somme n’était pas due.

Le principe vient de la répétition de l’indu : celui qui reçoit par erreur une somme qui ne lui est pas due doit la restituer. L’article 1302-1 du Code civil prévoit ce mécanisme général. En droit du travail, l’article L. 3245-1 du Code du travail encadre aussi l’action en paiement ou en répétition du salaire par une prescription de trois ans.

Concrètement, l’employeur doit donc identifier :

  • le mois concerné ;
  • le montant brut ou net versé ;
  • le montant qui aurait dû être payé ;
  • la raison de l’écart ;
  • la règle utilisée pour calculer la régularisation ;
  • les IJSS éventuellement perçues par subrogation ;
  • la convention collective appliquée, si elle prévoit un maintien plus favorable.

Un simple mail indiquant « vous devez 1 800 euros » ne suffit pas à sécuriser le dossier. Il peut déclencher une discussion, mais il ne remplace pas un décompte sérieux.

Le délai de trois ans ne veut pas dire que tout est dû

L’article L. 3245-1 du Code du travail fixe un délai de trois ans pour l’action en paiement ou en répétition du salaire. Ce délai court à compter du jour où celui qui agit a connu, ou aurait dû connaître, les faits lui permettant d’agir.

Cela signifie que l’employeur ne peut pas réclamer indéfiniment des erreurs anciennes. Mais cela ne veut pas dire que toute demande présentée dans les trois ans est automatiquement exacte.

Le salarié peut contester :

  • la période visée ;
  • le point de départ retenu ;
  • le montant brut ou net ;
  • l’existence du trop-perçu ;
  • le calcul des IJSS ;
  • le montant du maintien employeur ;
  • l’application de la convention collective ;
  • la régularisation sur le solde de tout compte.

La prescription est un filtre. Elle ne dispense pas l’employeur de prouver son calcul.

L’employeur peut-il faire une retenue directe sur salaire ?

La difficulté vient souvent de là.

Beaucoup de salariés ne reçoivent pas une demande de remboursement claire. Ils découvrent une retenue sur la paie du mois, parfois alors qu’ils sont déjà en arrêt maladie et avec des revenus réduits.

Le Code du travail encadre strictement les retenues. L’article L. 3251-3 prévoit que, pour les avances en espèces, les retenues successives ne peuvent pas dépasser le dixième du montant des salaires exigibles. Ce texte est souvent utilisé comme point de repère lorsque l’employeur veut récupérer progressivement une somme.

Surtout, l’employeur ne peut pas transformer une erreur de paie en sanction financière. La retenue doit correspondre à une somme réellement indue. Elle doit être lisible sur le bulletin. Elle ne doit pas masquer une baisse de salaire, une absence contestée, une sanction disciplinaire, ou une pression pour faire accepter un départ.

Si le salarié se retrouve avec une paie amputée sans explication, la première réponse n’est pas de payer immédiatement. Il faut écrire.

Que faire si la retenue est trop élevée ?

Le salarié doit réagir vite, par écrit, sans se limiter à un appel au service paie.

Il peut demander :

  • le détail du trop-perçu mois par mois ;
  • les bulletins corrigés ou les lignes de régularisation ;
  • les bordereaux IJSS ou justificatifs de subrogation ;
  • la convention collective utilisée ;
  • la base légale de la retenue ;
  • le calendrier de remboursement proposé ;
  • la suspension de toute retenue contestée le temps de vérifier les calculs.

Le ton doit rester simple : le salarié ne nie pas par principe toute régularisation, mais conteste le paiement forcé sans calcul vérifiable.

Une formulation utile peut être :

« Je vous demande de me communiquer le détail écrit du trop-perçu allégué, mois par mois, avec les IJSS prises en compte, les règles de maintien de salaire appliquées et la base de la retenue opérée. Dans l’attente de ces éléments, je conteste la retenue figurant sur mon bulletin et vous demande de régulariser le net à payer si elle ne repose pas sur un décompte vérifiable. »

Ce message crée une trace. Il évite que le litige soit réduit à une discussion orale.

Arrêt maladie, subrogation et maintien de salaire : les points à vérifier

En arrêt maladie, le calcul doit être repris dans l’ordre.

Il faut d’abord vérifier les dates exactes d’arrêt et de prolongation. Un jour non couvert par un arrêt peut justifier une absence non rémunérée, mais il ne doit pas être confondu avec un trop-perçu.

Il faut ensuite vérifier les IJSS. Les indemnités journalières sont versées par l’Assurance maladie au salarié ou à l’employeur en cas de subrogation. Si l’employeur a maintenu le salaire puis a reçu les IJSS, il doit régulariser proprement. Il ne peut pas réclamer deux fois la même somme.

Il faut enfin vérifier la convention collective. Certaines conventions prévoient un maintien plus favorable que le minimum légal. D’autres organisent des garanties de prévoyance. Une paie apparemment trop élevée peut donc être due si elle correspond à un maintien conventionnel ou à une indemnisation complémentaire.

L’article L. 1226-1 du Code du travail fixe le socle légal du complément employeur en cas de maladie ou d’accident, sous conditions. Mais ce socle peut être amélioré par la convention collective, un accord d’entreprise ou un usage.

Ancien salarié : l’employeur peut-il réclamer après la rupture du contrat ?

Oui, mais il doit encore prouver sa demande.

La fin du contrat ne supprime pas automatiquement une dette de trop-perçu. Un employeur peut écrire à un ancien salarié après un CDD, une démission, une rupture conventionnelle ou un licenciement. Mais il doit expliquer le calcul et agir dans les délais.

Le salarié doit être particulièrement attentif si la demande arrive après le solde de tout compte. Le reçu pour solde de tout compte peut avoir des effets sur les sommes qui y sont mentionnées, mais il ne règle pas toujours toutes les difficultés. Il faut donc lire précisément ce qui a été signé, la date de signature, les montants détaillés et les réserves éventuelles.

Si l’employeur menace immédiatement de transmettre le dossier au recouvrement, il faut répondre par écrit, demander les justificatifs et proposer, si la dette est confirmée, un échéancier réaliste. Le silence est rarement utile.

Quand saisir le conseil de prud’hommes ?

Le conseil de prud’hommes devient utile si l’employeur maintient une retenue injustifiée, refuse de communiquer les calculs, exige un remboursement disproportionné, ou utilise le trop-perçu pour exercer une pression.

Le salarié peut demander :

  • le paiement du salaire retenu à tort ;
  • la remise de bulletins rectifiés ;
  • des dommages-intérêts si la retenue a causé un préjudice distinct ;
  • la clarification du solde de tout compte ;
  • la contestation d’une demande de remboursement non prouvée.

En urgence, un référé prud’homal peut être envisagé si la retenue prive le salarié d’une somme manifestement due ou si le bulletin de paie est incohérent. Le choix dépend du montant, de la preuve disponible et de la réaction de l’employeur.

À Paris et en Île-de-France : les pièces à préparer

Pour un dossier à Paris, Bobigny, Nanterre, Créteil, Versailles, Évry ou Meaux, le contenu du dossier compte plus que le récit général.

Il faut réunir :

  • le contrat de travail ;
  • les bulletins de paie avant, pendant et après l’arrêt ;
  • les arrêts de travail et prolongations ;
  • les relevés IJSS Ameli ;
  • les mails du service paie ;
  • la convention collective ;
  • le solde de tout compte, si le contrat est terminé ;
  • les captures de l’espace Ameli ou les bordereaux de paiement ;
  • le courrier par lequel l’employeur réclame la somme.

Un avocat peut ensuite reconstruire le calcul mois par mois. C’est souvent ce travail qui fait basculer le dossier : soit le trop-perçu existe et il faut négocier l’échéancier, soit l’employeur a mélangé maintien de salaire, IJSS et absence, et la retenue doit être contestée.

Les liens utiles à vérifier

Le salarié peut d’abord consulter les règles officielles sur le paiement du salaire, les indemnités journalières en arrêt maladie, la subrogation en cas d’arrêt de travail, l’article L. 3245-1 du Code du travail, l’article L. 3251-3 du Code du travail, l’article L. 1226-1 du Code du travail et l’article 1302-1 du Code civil.

Pour replacer ce litige dans un dossier plus large de paie, de maladie ou de prud’hommes, vous pouvez aussi consulter notre page dédiée au droit du travail à Paris.

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