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Congé paternité 2026 : l’employeur peut-il refuser les dates ou le fractionnement ?

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Depuis l’entrée en phase pratique du nouveau congé supplémentaire de naissance au 1er juillet 2026, beaucoup de parents salariés réorganisent leurs absences autour de la naissance d’un enfant. Une question revient très vite : l’employeur peut-il refuser le congé paternité, imposer d’autres dates ou bloquer un fractionnement parce que le service est tendu ?

La réponse doit être nuancée. Le congé de paternité et d’accueil de l’enfant est un droit du salarié. L’employeur ne peut pas le traiter comme un simple congé payé soumis à son accord discrétionnaire. En revanche, le salarié doit respecter les délais, annoncer clairement les dates, justifier sa situation et conserver une preuve écrite de sa demande.

Le point est important en 2026, car plusieurs droits peuvent s’enchaîner : congé de naissance de trois jours, congé paternité, éventuel fractionnement, puis congé supplémentaire de naissance dans les conditions prévues par les textes. Une erreur de calendrier peut provoquer un conflit de paie, une absence contestée ou une pression de l’employeur pour reporter la période.

Le congé paternité est un droit, pas une faveur

La fiche Service-Public consacrée au congé de paternité et d’accueil de l’enfant rappelle que ce congé concerne le salarié du secteur privé vivant avec la mère ou reconnu comme parent de l’enfant. Il s’agit d’un congé légal, indemnisé sous conditions par l’Assurance maladie.

Lorsque le salarié remplit les conditions et informe l’employeur dans le délai applicable, l’entreprise ne peut pas refuser le principe même du congé. Elle peut organiser l’absence dans le service, mais elle ne peut pas transformer ce droit familial en absence injustifiée.

En pratique, les refus prennent rarement la forme d’un courrier assumant clairement l’illégalité. Les réponses sont souvent plus ambiguës : “ce n’est pas possible cette semaine”, “il faut attendre la fin du pic d’activité”, “vous êtes en période d’essai”, “on manque de personnel”, “prenez plutôt vos congés payés” ou “le fractionnement ne nous arrange pas”.

Ces formules doivent être sécurisées par écrit. Le salarié ne doit pas se contenter d’un échange oral avec un manager. Il doit confirmer sa demande, rappeler les dates souhaitées et demander une réponse écrite si l’employeur maintient une objection.

Quel délai respecter pour prévenir l’employeur ?

Le salarié doit prévenir l’employeur au moins un mois avant la date de début du congé de paternité. La demande doit indiquer la date prévue du départ et la durée de la période prise.

Ce délai d’un mois est décisif. Si le salarié prévient trop tard, le litige devient plus fragile. L’employeur pourra contester l’organisation de l’absence, même s’il ne peut pas effacer le droit au congé. Il faut donc envoyer la demande dès que le calendrier est connu.

La preuve de l’information est aussi importante que le contenu de la demande. Le plus sûr est d’utiliser une lettre recommandée, une remise contre récépissé ou un courriel professionnel dont la réception peut être démontrée. Un message oral, une conversation WhatsApp non sauvegardée ou une demande transmise uniquement par un supérieur intermédiaire peuvent créer une difficulté.

La demande doit rester simple :

  • date de naissance ou date présumée de naissance ;
  • lien avec l’enfant ou situation du parent concerné ;
  • date de début du congé ;
  • durée demandée ;
  • périodes choisies en cas de fractionnement ;
  • justificatif disponible ou indication qu’il sera transmis dès réception.

L’employeur peut-il refuser les dates choisies ?

L’employeur ne dispose pas du même pouvoir que pour les congés payés. Pour les congés payés, il fixe l’ordre des départs selon les règles applicables dans l’entreprise. Pour le congé paternité, il s’agit d’un droit familial attaché à la naissance de l’enfant.

Si le salarié respecte le délai d’information et que les dates se situent dans la période légale, l’employeur ne peut pas imposer un report uniquement parce que l’absence le dérange. Une tension de planning, un remplacement difficile ou une période de forte activité ne suffisent pas, à eux seuls, à priver le salarié de son congé.

Un ajustement reste possible si le salarié l’accepte librement. Par exemple, les parties peuvent convenir d’un calendrier différent pour éviter un conflit inutile. Mais cet accord doit être clair et volontaire. Il ne doit pas résulter d’une menace sur la période d’essai, d’une pression hiérarchique ou d’une formule laissant croire au salarié qu’il n’a aucun choix.

Si l’employeur répond “ces dates sont refusées”, il faut demander le motif exact. Le salarié peut écrire :

Je vous confirme ma demande de congé de paternité et d’accueil de l’enfant pour la période du … au … . Cette demande respecte le délai de prévenance d’un mois. Je vous remercie de me confirmer par écrit votre position et, en cas de difficulté, d’indiquer le motif précis de votre refus ou du report demandé.

Cette formulation oblige l’entreprise à sortir de l’ambiguïté et crée une pièce utile si le litige continue.

Le congé paternité peut-il être pris en plusieurs fois ?

Le congé paternité peut être fractionné dans les conditions prévues par les textes. C’est un point très recherché par les parents, car le besoin familial ne se limite pas toujours aux premiers jours suivant la naissance.

Le salarié doit annoncer les périodes choisies. Il ne suffit pas d’écrire “je souhaite fractionner mon congé”. Il faut indiquer les dates, la durée de chaque période et conserver la preuve de l’information donnée à l’employeur.

Le fractionnement ne doit pas devenir un piège. Si l’employeur accepte la première période mais bloque la seconde, le salarié doit réagir immédiatement par écrit. Il faut rappeler que la seconde période avait été annoncée, joindre la demande initiale et demander la régularisation du planning.

Le salarié doit aussi vérifier les démarches d’indemnisation. L’Assurance maladie explique sur sa page dédiée au congé de paternité et d’accueil de l’enfant les conditions de versement des indemnités journalières. Une erreur de dates ou une transmission incomplète peut retarder le paiement.

Que change le congé supplémentaire de naissance au 1er juillet 2026 ?

Le nouveau congé supplémentaire de naissance ne remplace pas le congé paternité. Il peut s’y ajouter lorsque les conditions sont remplies. C’est justement ce qui rend les calendriers plus sensibles en 2026.

Le Code du travail numérique propose un modèle de courrier pour informer l’employeur d’un congé supplémentaire de naissance. Ce modèle insiste sur la date, la durée et le fractionnement éventuel. Il rappelle aussi l’importance d’informer l’employeur dans les délais.

Pour le salarié, le bon réflexe est de séparer les demandes. Le congé paternité doit être formulé clairement. Le congé supplémentaire de naissance doit ensuite faire l’objet d’une information distincte, avec ses propres dates et justificatifs. Mélanger les deux dans un message vague augmente le risque de refus, de malentendu ou de retard de paiement.

Exemple de mauvaise demande : “Je prendrai mes congés liés à la naissance en juillet et août.”

Exemple de demande plus solide : “Je souhaite prendre mon congé de paternité du … au … puis, sous réserve des conditions applicables, mon congé supplémentaire de naissance du … au … . Je vous joins les justificatifs disponibles et vous confirmerai les pièces complémentaires dès réception.”

Que faire si l’employeur menace de sanctionner l’absence ?

Le salarié ne doit pas partir sans preuve écrite si l’employeur conteste le congé. Le risque est que l’entreprise qualifie ensuite l’absence d’injustifiée, procède à une retenue de salaire, adresse un avertissement ou engage une procédure disciplinaire.

La première étape consiste à reconstituer la chronologie :

  • date de la naissance ou de l’accueil de l’enfant ;
  • date de la première information donnée à l’employeur ;
  • dates demandées ;
  • justificatifs transmis ;
  • réponse de l’employeur ;
  • éventuelles pressions ou demandes de report ;
  • conséquences sur le planning, la paie ou le contrat.

La deuxième étape consiste à envoyer une relance écrite. Le ton doit rester ferme, mais utile. Il faut éviter les accusations générales et viser la régularisation : confirmation des dates, correction du planning, transmission des éléments à la CPAM, retrait d’une menace disciplinaire ou paiement des sommes dues.

La troisième étape dépend du dommage. Si l’employeur refuse seulement de répondre, une mise en demeure peut suffire. Si une retenue de salaire est appliquée, si le salarié est sanctionné ou si la période d’essai est rompue après la demande, une analyse prud’homale devient nécessaire.

Période d’essai, CDD, intérim : les situations à risque

Le congé paternité n’est pas réservé aux salariés en CDI anciennement présents dans l’entreprise. Les litiges apparaissent pourtant souvent lorsque le salarié est en CDD, en intérim, en période d’essai ou vient de changer d’employeur.

L’employeur peut être tenté de répondre que le salarié “vient d’arriver” ou que l’absence “tombe mal”. Ce n’est pas un motif suffisant pour effacer le droit au congé. En revanche, le salarié doit être encore plus rigoureux sur la preuve de sa demande.

En période d’essai, une rupture qui intervient juste après une demande de congé familial doit être examinée avec prudence. L’employeur peut rompre une période d’essai pour un motif lié aux compétences ou à l’adaptation au poste. Il ne peut pas utiliser la période d’essai pour sanctionner l’exercice d’un droit familial.

Pour un CDD ou une mission d’intérim, il faut vérifier la durée du contrat, les dates du congé, les règles d’indemnisation et les échanges avec l’agence ou l’entreprise utilisatrice. Un conflit mal géré peut provoquer une perte d’indemnisation ou une rupture anticipée contestable.

Quelles pièces garder pour défendre le dossier ?

Les pièces utiles sont très concrètes. Il faut conserver l’acte de naissance ou le justificatif d’accueil de l’enfant, la demande de congé, l’accusé de réception, les réponses de l’employeur, les plannings avant et après la demande, les bulletins de paie, les messages RH, les échanges avec la CPAM, les éventuelles retenues de salaire et toute convocation disciplinaire.

Il faut aussi garder les preuves de pression : message demandant un report, remarque sur la période d’essai, menace de désorganisation du service, invitation à poser des congés payés à la place, ou consigne orale confirmée ensuite par écrit.

Si le salarié agit devant le conseil de prud’hommes, il devra montrer trois choses : le droit au congé existait, l’employeur a été informé correctement, et le refus ou la sanction a causé un préjudice. Plus la chronologie est précise, plus le dossier est exploitable.

Paris et Île-de-France : quand consulter avant de s’absenter ?

À Paris et en Île-de-France, les conflits liés au congé paternité se rencontrent souvent dans les secteurs où les plannings sont serrés : restauration, sécurité, commerce, nettoyage, hôtellerie, services, intérim, plateformes, transport ou jeunes entreprises.

Il est préférable de consulter avant que la situation ne dégénère. Un courrier bien rédigé peut éviter une absence contestée, une retenue de salaire ou une rupture de période d’essai. Lorsque le salarié a déjà reçu un refus ou une menace, l’analyse doit porter sur les délais, les preuves, le préjudice financier et la juridiction prud’homale compétente.

Le cabinet intervient en droit du travail à Paris pour vérifier les demandes de congé, rédiger une mise en demeure, répondre à un refus de l’employeur ou contester une sanction liée à la situation familiale.

Pour les parents qui cherchent plutôt les règles générales du nouveau congé, voir aussi notre article sur le congé naissance 2026 et le refus de l’employeur.

À retenir

L’employeur ne peut pas refuser le principe du congé paternité lorsque le salarié remplit les conditions et respecte le délai d’information.

Le salarié doit prévenir l’employeur au moins un mois avant le départ, avec des dates précises et une preuve de transmission.

Le fractionnement doit être annoncé clairement, période par période.

Une nécessité de service ne suffit pas à imposer un report si cela prive le salarié de son droit.

Le nouveau congé supplémentaire de naissance, applicable à partir du 1er juillet 2026, doit être distingué du congé paternité pour éviter les confusions de calendrier.

En cas de refus, de pression, de retenue de salaire ou de sanction, la chronologie écrite est la pièce centrale du dossier.

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