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Généalogie génétique en enquête criminelle : ADN, FNAEG et droits de la défense

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Le projet de loi sur la justice criminelle et le respect des victimes remet la preuve ADN au centre du débat pénal. Le ministère de la Justice a présenté le 9 avril 2026 les principales mesures du texte : parmi elles, le recours à la généalogie génétique dans certaines enquêtes criminelles complexes, notamment pour des crimes sériels ou non élucidés.

Le sujet parle aux victimes de cold cases. Il parle aussi aux personnes convoquées parce qu’une trace biologique, un rapprochement FNAEG ou un prélèvement ADN les fait entrer dans une procédure pénale. La généalogie génétique n’est pas un simple test de curiosité. Dans un dossier criminel, elle peut orienter une enquête, désigner une parentèle, relancer une instruction ancienne et conduire à une garde à vue, une mise en examen ou une demande de comparaison génétique.

Google Ads confirme que la demande existe déjà. Les requêtes FNAEG atteignent 1 600 recherches mensuelles moyennes en France. Généalogie génétique atteint 590 recherches mensuelles, test ADN police combien de temps 170, et test ADN police reste recherché. À Paris, FNAEG atteint 480 recherches mensuelles et généalogie génétique 90. L’internaute ne cherche pas seulement une définition. Il veut comprendre ce que la police peut faire avec son ADN, si un refus est possible, ce qui peut être contesté, et comment éviter qu’une trace biologique soit traitée comme une preuve absolue.

Que prévoit la réforme sur la généalogie génétique ?

La généalogie génétique d’investigation consiste à utiliser une trace ADN inconnue pour rechercher des apparentements. L’objectif n’est pas seulement de comparer un profil à une personne déjà inscrite dans un fichier. Il s’agit de remonter par parentèle, à partir de correspondances génétiques, pour identifier une personne susceptible d’intéresser l’enquête.

Le ministère de la Justice présente cette technique comme un outil destiné aux affaires criminelles les plus graves. Vie-publique et le Sénat indiquent que le projet vise notamment les crimes sériels ou non élucidés, les actes de terrorisme et les dossiers dans lesquels l’auteur n’a pas été identifié après un certain délai.

Le Conseil d’État a attiré l’attention sur les garanties nécessaires. Il relève que le recours à cette technique doit être encadré par l’autorité judiciaire et concilié avec le droit au respect de la vie privée. Ce point est central : l’ADN ne concerne pas seulement la personne testée. Il peut aussi révéler des liens familiaux.

En pratique, si le texte est adopté, la défense devra vérifier plusieurs points : la nature exacte de l’infraction, l’ancienneté du dossier, l’autorisation judiciaire, la base utilisée, la traçabilité de la recherche, l’information des parties, la conservation des données et la manière dont l’hypothèse génétique a ensuite été confirmée ou non par d’autres éléments.

FNAEG, ADN de parentèle et généalogie génétique : quelles différences ?

Le FNAEG, fichier national automatisé des empreintes génétiques, existe déjà. Il centralise des profils génétiques dans les conditions prévues par le Code de procédure pénale. Service-Public rappelle qu’il peut contenir des empreintes de personnes condamnées, de personnes mises en cause pour certaines infractions, de traces non identifiées et, dans certains cas, d’éléments liés à des personnes disparues.

La comparaison FNAEG classique cherche un rapprochement entre une trace et des profils présents dans le fichier. Si une trace biologique correspond à un profil enregistré, l’enquête dispose d’une piste.

La recherche en parentèle est différente. Elle peut orienter vers un parent ou une lignée lorsque le profil de l’auteur supposé n’est pas directement présent. Elle ne désigne pas automatiquement un coupable. Elle ouvre une piste.

La généalogie génétique d’investigation va plus loin dans la logique d’apparentement. Elle peut utiliser des bases de données privées ou étrangères lorsque la loi l’autorise et que l’autorité judiciaire l’encadre. C’est précisément pour cette raison que les garanties doivent être fortes : le risque n’est pas seulement l’erreur technique, mais l’enchaînement d’hypothèses à partir d’un lien familial partiel.

Une trace ADN suffit-elle à prouver une culpabilité ?

Non. Une trace ADN peut être puissante. Elle n’est pas une preuve magique.

Une trace doit être reliée aux faits. Il faut savoir où elle a été prélevée, quand, dans quelles conditions, par qui, avec quelle chaîne de conservation, et si elle peut s’expliquer autrement que par la participation à l’infraction.

Une trace sur un objet mobile ne dit pas la même chose qu’une trace sur le corps de la victime. Une trace ancienne ne dit pas la même chose qu’une trace fraîche. Un mélange de profils ne dit pas la même chose qu’un profil unique. Une présence ADN peut parfois résulter d’un contact indirect, d’un transfert, d’une manipulation d’objet, d’une contamination ou d’un passage antérieur.

La défense doit donc distinguer trois questions.

La première : le prélèvement est-il régulier ? L’autorisation, les réquisitions, les scellés, le laboratoire et les procès-verbaux doivent être vérifiés.

La deuxième : l’analyse est-elle fiable ? Il faut comprendre la quantité d’ADN, la qualité du profil, le risque de mélange, le rapport d’expertise et les limites mentionnées par le laboratoire.

La troisième : la conclusion est-elle compatible avec le reste du dossier ? Un rapprochement génétique ne remplace pas la chronologie, les témoins, la téléphonie, les images, les déplacements, les déclarations et les alibis.

Peut-on refuser un prélèvement ADN ?

Le refus d’un prélèvement destiné au FNAEG peut constituer une infraction dans les cas prévus par l’article 706-56 du Code de procédure pénale. C’est un point souvent mal compris. Beaucoup de personnes pensent qu’un refus protège leur dossier. Il peut au contraire créer une nouvelle difficulté pénale.

Il ne faut donc pas répondre à une demande de prélèvement ADN comme à une formalité administrative. Il faut demander pourquoi le prélèvement est sollicité, dans quel cadre, pour quelle infraction, avec quelle base légale, et quelles conséquences sont attachées au refus.

La Cour de cassation a encore précisé, dans un arrêt de chambre criminelle du 30 septembre 2025, les conditions dans lesquelles une empreinte génétique peut être identifiée à partir de matériel biologique naturellement détaché du corps. L’arrêt rappelle l’importance de caractériser l’impossibilité de procéder à un prélèvement biologique sur la personne, tout en admettant, dans le dossier jugé, un prélèvement sur un objet situé sur la voie publique.

Cette jurisprudence montre que le débat ne porte pas seulement sur le consentement. Il porte aussi sur le cadre légal, l’objet prélevé, le lieu, la proportionnalité de l’atteinte à la vie privée et la gravité des faits poursuivis.

Que vérifier en garde à vue ou en audition libre ?

Si la personne est convoquée après une trace ADN, le premier réflexe est de ne pas improviser.

Avant l’audition, il faut identifier le statut : témoin, suspect entendu librement, gardé à vue, mis en cause dans une enquête ancienne, personne simplement appelée pour comparaison, ou proche d’une personne recherchée.

Pendant la procédure, il faut vérifier si les droits ont été notifiés, si l’avocat peut accéder aux éléments utiles, si la demande de prélèvement est motivée, si l’infraction entre bien dans le champ légal du FNAEG, et si les procès-verbaux décrivent précisément l’opération.

Après l’audition, il faut obtenir les références de la procédure, conserver les convocations, noter les questions posées, les documents signés, les prélèvements effectués, les objets remis ou saisis, et les déclarations exactes. Une contestation utile dépend souvent de détails matériels.

Si une mise en examen intervient ensuite, l’avocat peut demander des actes, une contre-expertise, une expertise complémentaire, l’audition d’un expert, l’annulation d’un acte irrégulier ou la confrontation de l’hypothèse ADN aux autres éléments du dossier.

Quels recours contre un fichage FNAEG ?

Le FNAEG n’est pas seulement un outil d’enquête. C’est aussi un fichier. Une personne peut vouloir savoir si son profil y figure, demander un effacement, ou contester le maintien d’une donnée après classement sans suite, non-lieu, relaxe ou acquittement.

Le parcours dépend du motif d’inscription, de la qualité de la personne, de la nature de l’infraction, de l’issue de la procédure et du temps écoulé. La demande doit être documentée. Il faut joindre les décisions utiles : classement sans suite, ordonnance de non-lieu, jugement de relaxe, arrêt d’acquittement, convocation, numéro de procédure ou tout document permettant d’identifier le dossier.

Le cabinet a déjà publié un guide dédié à l’effacement du FNAEG après classement sans suite, non-lieu ou relaxe. Le présent article traite d’une autre question : l’utilisation de la généalogie génétique et de la preuve ADN dans l’enquête criminelle.

Les deux sujets se rejoignent toutefois sur un point : la défense doit garder une trace écrite de chaque étape. La preuve génétique se conteste rarement par une formule générale. Elle se conteste en reprenant les actes, les dates, les autorisations, les scellés, les analyses et les conclusions.

Victime d’un cold case : que peut changer la généalogie génétique ?

Pour une victime ou une famille de victime, l’intérêt de la réforme est évident : une enquête ancienne peut être relancée si une trace biologique exploitable existe et si les autres pistes ont échoué.

Mais l’attente doit rester juridiquement cadrée. La généalogie génétique ne garantit pas une identification. Elle suppose une trace exploitable, une base pertinente, une autorisation, des comparaisons possibles et des vérifications indépendantes. Elle peut désigner une piste. Elle ne remplace pas l’instruction.

Dans un dossier ancien, la partie civile peut demander où en sont les expertises, si les scellés biologiques existent encore, si une nouvelle analyse est possible, si le dossier relève du pôle des crimes sériels ou non élucidés, et si les évolutions techniques justifient une demande d’acte.

La stratégie n’est pas de demander “un test ADN” de manière abstraite. Elle consiste à identifier les scellés, l’état du dossier, les précédentes expertises, les refus ou impossibilités antérieurs, puis à formuler une demande utile au juge ou au parquet.

Paris et Île-de-France : quelles juridictions et quels réflexes ?

À Paris et en Île-de-France, les dossiers criminels complexes peuvent mobiliser plusieurs acteurs : services d’enquête spécialisés, parquet, juge d’instruction, chambre de l’instruction, laboratoire, expert, pôle cold cases à Nanterre lorsqu’un dossier répond à ses critères, et juridictions criminelles compétentes.

Si vous êtes convoqué pour un prélèvement ADN, une audition ou une garde à vue, il faut préparer un dossier court : convocation, ancienne procédure, décisions pénales, documents de classement ou de relaxe, justificatifs de présence, éléments d’alibi, échanges avec les enquêteurs, et tout document permettant d’identifier le numéro de procédure.

Si vous êtes victime ou proche de victime, il faut réunir les décisions, les références de plainte, les courriers du parquet ou du juge, les expertises anciennes, les éléments sur les scellés et les demandes déjà formulées. Une nouvelle demande ne doit pas ignorer ce qui a déjà été tenté.

Le cabinet intervient à Paris et en Île-de-France pour les personnes mises en cause, les victimes et les parties civiles confrontées à une preuve ADN, à un fichage FNAEG ou à une demande d’acte dans un dossier criminel ancien.

Méthode de défense face à une preuve ADN

Nous commençons par isoler l’acte déclencheur : convocation, prélèvement, rapprochement FNAEG, rapport d’expertise, mention d’une recherche en parentèle, demande d’acte ou décision d’instruction.

Nous vérifions ensuite la base légale. L’infraction entre-t-elle dans le champ du FNAEG ? Le prélèvement était-il autorisé ? L’objet prélevé est-il clairement identifié ? La chaîne de conservation est-elle complète ? Le rapport d’analyse indique-t-il des limites ?

Nous confrontons enfin la preuve scientifique au reste du dossier. La présence ADN est-elle compatible avec la chronologie ? Existe-t-il un transfert possible ? L’objet a-t-il circulé ? La personne a-t-elle eu un contact légitime avec le lieu ou le support ? Les autres éléments confirment-ils ou contredisent-ils l’hypothèse ?

Une preuve ADN doit être prise au sérieux. Elle doit aussi être discutée avec méthode.

Sources utiles

Pour replacer ce sujet dans une stratégie pénale complète, vous pouvez aussi lire nos pages sur l’effacement du FNAEG, les droits en garde à vue, la mise en examen et l’accompagnement par un avocat pénaliste à Paris.

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Le cabinet vérifie la régularité du prélèvement ADN, l’inscription éventuelle au FNAEG, les recours possibles, les demandes d’actes et la stratégie de défense ou de partie civile.

Pour un dossier à Paris ou en Île-de-France, appelez le 06 89 11 34 45 ou utilisez la page de contact du cabinet : contacter le cabinet Kohen Avocats.

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