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Information préoccupante enfant en danger : que faire et quand saisir le juge des enfants en 2026 ?

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La protection de l’enfance revient au centre de l’actualité juridique en 2026. Le Gouvernement a lancé une refondation de la politique de protection de l’enfance et le ministère de la Justice a annoncé un projet de loi destiné à mieux coordonner les acteurs, à agir plus tôt et à rechercher davantage les solutions de stabilité pour l’enfant. Source : ministère de la Justice, protection de l’enfance et ministère des Solidarités, mobilisation interministérielle du 10 février 2026.

Pour les parents, les proches, l’école ou les professionnels, la question concrète n’est pas seulement de savoir ce que prévoit la réforme. La question est plus urgente : que faut-il faire lorsqu’un enfant paraît en danger ? Faut-il appeler le 119, écrire à la CRIP, saisir le procureur, déposer une requête devant le juge des enfants ou retourner devant le JAF ?

La réponse dépend du degré d’urgence, de la nature du danger et des pièces disponibles. Une information préoccupante peut protéger un enfant. Elle peut aussi, si elle est mal préparée ou utilisée comme arme dans un conflit parental, se retourner contre celui qui l’a déclenchée.

Information préoccupante : de quoi parle-t-on ?

L’information préoccupante est l’alerte transmise aux services du département lorsqu’une situation laisse craindre qu’un enfant soit en danger ou risque de l’être. Elle ne suppose pas d’avoir déjà prouvé une infraction pénale. Elle sert à déclencher une évaluation.

Le danger visé par le droit civil est large. L’article 375 du Code civil vise la santé, la sécurité, la moralité, les conditions d’éducation et le développement physique, affectif, intellectuel ou social du mineur. Source : article 375 du Code civil sur Légifrance.

En pratique, une information préoccupante peut concerner :

  • des violences physiques ou psychologiques ;
  • des violences conjugales auxquelles l’enfant assiste ;
  • un défaut de soins, d’hygiène, de nourriture ou de suivi médical ;
  • une déscolarisation ou des absences répétées ;
  • une exposition à des addictions, à des conflits graves ou à des adultes dangereux ;
  • un enfant livré à lui-même ;
  • une situation de rupture familiale dans laquelle les besoins élémentaires de l’enfant ne sont plus assurés.

Le conflit parental ne suffit pas toujours. Un désaccord sur les horaires, les vacances ou l’autorité parentale relève souvent du juge aux affaires familiales. Il devient un sujet de protection de l’enfance lorsque le conflit expose concrètement l’enfant à un danger.

Qui contacter : 119, CRIP, procureur ou juge ?

Si l’enfant est en danger immédiat, il ne faut pas attendre une évaluation administrative. Il faut appeler les secours, la police ou la gendarmerie. Le 119 est le numéro national de l’enfance en danger. Service-public rappelle qu’il peut être appelé par l’enfant lui-même, par un parent, par un proche, par un voisin ou par un professionnel inquiet. Source : Service-public, enfant en danger : comment le signaler.

Si le danger est sérieux mais qu’il n’y a pas de péril immédiat, l’alerte passe souvent par la CRIP, la cellule de recueil des informations préoccupantes du département. Elle centralise les informations et organise une évaluation par les services sociaux.

Si les faits sont graves, pénaux ou urgents, il peut être nécessaire de saisir directement le procureur de la République. C’est le cas notamment en présence de violences sexuelles, de violences physiques graves, de menaces, de séquestration, d’abandon caractérisé ou de danger actuel impossible à gérer par une simple évaluation sociale.

Le juge des enfants intervient lorsque la situation relève de l’assistance éducative. Il peut être saisi par les parents, par l’un d’eux, par la personne ou le service à qui l’enfant a été confié, par le tuteur, par le mineur lui-même ou par le ministère public. Les fiches institutionnelles de la justice rappellent que le placement judiciaire n’intervient que lorsque l’enfant doit être protégé hors de son milieu habituel.

Ce que doit contenir une information préoccupante utile

Une information préoccupante efficace n’est pas un récit général contre l’autre parent. Elle doit montrer les faits.

Il faut indiquer :

  • l’identité de l’enfant, son âge, son lieu de résidence et son établissement scolaire ;
  • les faits datés : ce qui a été vu, entendu, reçu ou constaté ;
  • les personnes présentes ;
  • les pièces disponibles : messages, certificats médicaux, attestations, mails de l’école, photographies, plaintes, mains courantes, décisions judiciaires ;
  • les conséquences sur l’enfant : sommeil, peur, refus d’aller chez un parent, chute scolaire, isolement, blessures, propos répétés ;
  • les démarches déjà faites : médecin, école, assistante sociale, police, JAF, avocat, 119 ;
  • ce qui est demandé concrètement : évaluation, protection, audition, mesure éducative, saisine du parquet.

Il faut éviter les formules vagues : “il est toxique”, “elle manipule”, “il est dangereux”. Ces phrases n’aident pas. Elles peuvent donner l’impression d’un conflit parental utilisé comme levier. Il vaut mieux écrire : “Le 3 mai 2026, l’enfant est revenu avec une trace bleue sur l’avant-bras. Il a dit que son beau-père l’avait saisi. Le lendemain, l’école a signalé une crise de panique. Le certificat médical du 4 mai est joint.”

Parent séparé : information préoccupante ou JAF ?

Dans une séparation, deux juges peuvent être concernés.

Le juge aux affaires familiales règle l’autorité parentale, la résidence, le droit de visite, la pension alimentaire et les mesures relatives à l’exercice de la parentalité. Le juge des enfants intervient lorsque le mineur est en danger.

Si l’autre parent ne respecte pas les horaires, refuse un appel ou dénigre l’autre parent, le dossier peut relever du JAF. Si l’enfant est exposé à des violences, à une emprise, à un adulte violent, à des scènes de menace ou à une absence de soins, la protection de l’enfance peut être concernée.

Les deux procédures peuvent se croiser. Un parent peut saisir le JAF pour modifier la résidence ou encadrer le droit de visite, tout en alertant la CRIP ou le parquet sur des faits de danger. Il faut alors garder une cohérence : les faits invoqués devant le JAF doivent correspondre aux faits transmis dans l’information préoccupante.

Le cabinet intervient en droit de la famille et en contentieux de l’autorité parentale : avocats en droit de la famille à Paris et autorité parentale.

Ce que peut décider le juge des enfants

Le juge des enfants peut ordonner des mesures d’assistance éducative lorsque le danger est caractérisé. Il peut notamment prévoir une mesure éducative en milieu ouvert, organiser un accompagnement, encadrer les relations familiales ou ordonner un placement si la protection de l’enfant l’exige.

L’article 375-3 du Code civil encadre les personnes et services auxquels l’enfant peut être confié, notamment l’autre parent, un membre de la famille, un tiers digne de confiance, un service départemental de l’aide sociale à l’enfance ou un établissement habilité. Source : article 375-3 du Code civil sur Légifrance.

Deux décisions récentes de la Cour de cassation sont importantes.

Le 14 janvier 2026, la première chambre civile a rappelé que le placement d’un mineur auprès de l’aide sociale à l’enfance suppose l’existence d’un danger et l’exigence de protection de l’enfant, indépendamment des causes de cette situation. Autrement dit, la question centrale n’est pas toujours de désigner un parent coupable. La question est de savoir si l’enfant est en danger et s’il faut le protéger. Source : Cour de cassation, 1re civ., 14 janvier 2026, n° 24-22.926.

Le 15 avril 2026, la Cour de cassation a aussi précisé qu’en assistance éducative, si une mesure de placement a pris fin, le juge peut ordonner un nouveau placement lorsqu’il reste saisi de la situation du mineur et que le danger justifie une nouvelle mesure. Source : Cour de cassation, 1re civ., 15 avril 2026, n° 25-14.116.

Ces décisions confirment une idée pratique : le dossier doit être construit autour du danger de l’enfant, pas seulement autour du reproche fait à l’adulte.

Vous recevez une information préoccupante contre vous : que faire ?

Recevoir un appel de l’ASE ou une convocation après une information préoccupante est éprouvant. Il ne faut pourtant pas répondre dans la panique.

La première étape consiste à comprendre les faits reprochés, sans exiger nécessairement l’identité de la personne qui a alerté. Les services évaluent la situation de l’enfant. Ils peuvent rencontrer les parents, l’enfant, l’école, le médecin ou d’autres intervenants.

Il faut préparer les pièces qui montrent la réalité du quotidien :

  • certificats de scolarité ;
  • suivis médicaux ;
  • échanges avec l’école ;
  • attestations de tiers sérieux ;
  • preuves de logement stable ;
  • décisions JAF ;
  • justificatifs de prise en charge ;
  • échanges écrits avec l’autre parent.

Il faut aussi éviter trois erreurs.

La première erreur est de refuser tout contact avec les services sociaux. Ce refus peut être interprété comme un obstacle à l’évaluation.

La deuxième est de tout ramener à la vengeance de l’autre parent. Même si l’alerte est instrumentalisée, il faut répondre point par point aux faits.

La troisième est de produire trop tard les pièces utiles. En protection de l’enfance, le temps compte. Une audience devant le juge des enfants peut arriver vite.

Fausse alerte ou signalement abusif : quels risques ?

Une alerte sincère n’est pas fautive parce qu’elle n’aboutit pas à une mesure. Les adultes doivent pouvoir alerter lorsqu’ils pensent qu’un enfant est en danger.

En revanche, une dénonciation volontairement mensongère peut entraîner des conséquences. Service-public rappelle aussi que ne pas alerter sur une situation de mise en danger peut être sanctionné dans certaines hypothèses. Source : Service-public, enfant en danger.

Dans un conflit de séparation, il faut donc agir avec précision. Si le danger est réel, il faut alerter. Si le désaccord porte seulement sur l’organisation parentale, il faut plutôt préparer une saisine JAF solide.

Paris et Île-de-France : quel réflexe pratique ?

À Paris et en Île-de-France, la difficulté tient souvent à la multiplicité des interlocuteurs : école, médecin, PMI, ASE, CRIP départementale, commissariat, parquet, juge aux affaires familiales et juge des enfants.

Le bon réflexe est de classer le dossier en trois colonnes.

Première colonne : l’urgence. L’enfant est-il exposé aujourd’hui ? Faut-il appeler le 17, le 119 ou saisir immédiatement le parquet ?

Deuxième colonne : les preuves. Quels faits sont datés ? Quels documents existent déjà ? Qui peut attester ?

Troisième colonne : la demande. Faut-il une évaluation CRIP, une mesure éducative, une modification de résidence, un droit de visite médiatisé, une ordonnance de protection ou une audience devant le juge des enfants ?

Pour les dossiers mêlant violences intrafamiliales, enfants et séparation, l’articulation avec l’ordonnance de protection doit aussi être examinée : avocats violences conjugales à Paris.

Les questions à se poser avant d’envoyer l’alerte

Avant d’envoyer une information préoccupante, posez-vous cinq questions :

  1. Quels faits précis montrent le danger ou le risque de danger ?
  2. Depuis quand la situation existe-t-elle ?
  3. Quels éléments concernent directement l’enfant, et non seulement le conflit entre adultes ?
  4. Que peut vérifier un service social, un médecin, une école ou un juge ?
  5. Quelle mesure concrète pourrait protéger l’enfant maintenant ?

Si vous ne pouvez répondre à aucune de ces questions, le dossier doit être retravaillé. Si les réponses sont claires, il faut agir sans tarder.

Complément pratique pour les parents convoqués ou suivis après une information préoccupante. AEMO, AED et intervention de l’ASE.

Sous-angle recours parent visé par une IP abusive, école ou autre parent information préoccupante abusive.

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