Cour d’appel de Lyon, le 23 octobre 2024, n°24/03880

La cour d’appel de Lyon, le 23 octobre 2024, statue sur un pourvoi relatif à un licenciement économique. L’employeur soutenait avoir satisfait à son obligation de reclassement en proposant plusieurs postes. La salariée contestait le sérieux des offres, notamment l’absence de mention du salaire. La juridiction devait déterminer si l’employeur avait loyalement exécuté son obligation. Elle juge le licenciement sans cause réelle et sérieuse et accorde une indemnité à la salariée.

L’exigence d’une offre de reclassement précise

L’obligation de reclassement impose à l’employeur des offres concrètes et individualisées. Le code du travail prévoit que les offres écrites doivent préciser plusieurs éléments essentiels. « Ces offres écrites précisent : a) L’intitulé du poste et son descriptif ; b) Le nom de l’employeur ; c) La nature du contrat de travail ; d) La localisation du poste ; e) Le niveau de rémunération ; f) La classification du poste. » (Article D.1233-2-1 du code du travail). La simple mise à disposition d’une liste consultable en ligne ne suffit pas à constituer une offre individualisée. Cette formalisation stricte garantit la loyauté de la procédure et la clarté pour le salarié.

L’absence de mention du montant exact de la rémunération vicie l’offre. La cour rappelle que « l’offre est imprécise, ce qui caractérise un manquement de l’employeur à son obligation de reclassement ». En l’espèce, les propositions indiquaient un salaire de base « non connu ». Une clause de maintien de rémunération ne pallie pas cette carence. « Cette seule mention est insuffisante à pallier l’absence de précision sur le montant de la rémunération » (Motifs de la décision). Cette rigueur protège le salarié qui doit pouvoir évaluer la proposition en toute connaissance de cause.

La sanction du manquement et la réparation du préjudice

Le défaut de reclassement loyal prive le licenciement de cause réelle et sérieuse. La cour estime que l’employeur n’a proposé que des offres « imprécises et formelles ». Elle en déduit que « la société ITM LAI ne justifie pas avoir complètement et loyalement satisfait à son obligation de reclassement ». Ce manquement rend inutile l’examen de la réalité des difficultés économiques. Cette solution rappelle la primauté de l’obligation de reclassement dans la procédure de licenciement économique.

L’indemnisation pour licenciement sans cause réelle et sérieuse est indépendante des indemnités de PSE. La cour précise que les mesures du plan de sauvegarde « n’ont pas le même objet ni la même cause que les dommages-intérêts pour licenciement sans cause réelle et sérieuse ». Elle fixe l’indemnité en fonction de l’ancienneté, de l’âge et des circonstances de la rupture. Cette réparation autonome sanctionne spécifiquement la faute de l’employeur dans l’exécution de son obligation.

📄 Circulaire officielle

Nos données proviennent de la Cour de cassation (Judilibre), du Conseil d'État, de la DILA, de la Cour de justice de l'Union européenne ainsi que de la Cour européenne des droits de l'Homme.
Hassan KOHEN
Avocat Associé

Hassan Kohen

Avocat au Barreau de Paris • Droit Pénal

Maître Kohen, avocat à Paris en droit pénal et droit du travail, accompagne ses clients avec rigueur et discrétion dans toutes leurs démarches juridiques, qu'il s'agisse de procédures pénales ou de litiges liés au droit du travail.

Analyse stratégique offerte

Envoyez vos pièces. Recevez une stratégie.

Transmettez-nous les pièces de votre dossier. Maître Hassan KOHEN vous répond personnellement sous 24 heures avec une première analyse stratégique de votre situation.

  • Première analyse offerte et sans engagement
  • Réponse personnelle de l'avocat sous 24 heures
  • 100 % confidentiel, secret professionnel garanti
  • Jusqu'à 1 Go de pièces, dossiers et sous-dossiers acceptés

Cliquez ou glissez vos fichiers ici
Tous formats acceptes (PDF, Word, images, etc.)

Envoi en cours...

Vos donnees sont utilisees uniquement pour traiter votre demande. Politique de confidentialite.

En savoir plus sur Maître Hassan Kohen, avocat en droit pénal à Paris

Abonnez-vous pour poursuivre la lecture et avoir accès à l’ensemble des archives.

Poursuivre la lecture