Cabinet Kohen Avocats · Paris 17ᵉ

Maître Hassan KOHEN intervient en urgence, du commissariat à la cour d'assises. Première analyse stratégique offerte, réponse personnelle sous 24 heures.

100 % confidentiel · Secret professionnel · Sans engagement

Barreau de Paris Garde à vue, instruction, assises Fiche CNB avocat.fr
Maître Hassan KOHEN, avocat au Barreau de Paris
Maître Hassan KOHEN
Avocat au Barreau de Paris

Cour d’appel de Paris, le 12 juin 2026, n°24/20293

Parler à un avocat 06 89 11 34 45

Le 12 juin 2026, la cour d’appel de Paris, pôle 4 chambre 1, a rendu un arrêt statuant sur la recevabilité de l’appel formé contre une ordonnance du juge de la mise en état du tribunal judiciaire de Créteil du 8 novembre 2024. Cette ordonnance avait débouté une compagnie d’assurance de sa demande de complément d’expertise. Des particuliers, maîtres d’ouvrage, avaient engagé une action en indemnisation après des désordres de construction. L’expert judiciaire avait préconisé la démolition-reconstruction. La compagnie d’assurance, assureur du constructeur, sollicitait une nouvelle expertise pour présenter une solution alternative. Le juge de la mise en état rejeta cette demande. La compagnie interjeta appel de cette ordonnance. Par un précédent arrêt du 19 décembre 2025, la cour avait rouvert les débats pour recueillir les observations sur la fin de non-recevoir d’ordre public tirée de l’absence de voie de recours contre une décision refusant une expertise. Les intimés conclurent à l’irrecevabilité de l’appel. La compagnie d’assurance ne présenta pas d’observations. La question de droit était de savoir si l’appel immédiat est ouvert contre l’ordonnance du juge de la mise en état rejetant une demande d’expertise. La cour a jugé que, selon les articles 795 et 272 du code de procédure civile, seule la décision ordonnant une expertise peut être frappée d’appel indépendamment du jugement sur le fond, après autorisation du premier président. La voie de l’appel n’est pas ouverte contre celle qui rejette une demande d’expertise. En conséquence, l’appel a été déclaré irrecevable. L’arrêt clarifie le régime des voies de recours contre les décisions du juge de la mise en état en matière d’expertise. Il convient d’expliquer le sens de cette solution (I), puis d’en apprécier la valeur et la portée (II).

I. L’irrecevabilité de l’appel immédiat contre le refus d’expertise

A. Le principe de l’absence de voie de recours immédiate contre les ordonnances du juge de la mise en état

L’article 795 du code de procédure civile édicte un principe général : les ordonnances du juge de la mise en état ne peuvent être frappées d’appel ou de pourvoi en cassation qu’avec le jugement statuant sur le fond. Ce principe tend à éviter la multiplication des recours dilatoires et à concentrer les contestations au sein d’une même instance. Il assure une bonne administration de la justice en réservant l’appel au moment où le sort du litige est définitivement tranché. Toutefois, le même texte prévoit des exceptions, notamment dans les cas prévus en matière d’expertise ou de sursis à statuer. Ces exceptions doivent être interprétées strictement car elles dérogent à la règle. La cour d’appel de Paris rappelle cette règle en précisant que les ordonnances du juge de la mise en état ne peuvent être frappées d’appel immédiat que dans les cas limitativement énumérés. En l’espèce, l’ordonnance attaquée a refusé d’ordonner un complément d’expertise. Une telle décision ne constitue pas une décision ordonnant une expertise, seul cas ouvrant la voie d’un appel immédiat. Dès lors, l’appel formé par la compagnie d’assurance était irrecevable, faute de pouvoir être disjoint du jugement sur le fond.

B. L’exception limitée à l’ordonnance ordonnant une expertise

L’article 272 du code de procédure civile prévoit que  » la décision ordonnant l’expertise peut être frappée d’appel indépendamment du jugement sur le fond sur autorisation du premier président de la cour d’appel s’il est justifié d’un motif grave et légitime « . Cette disposition instaure une voie de recours immédiate, mais strictement encadrée. Elle ne concerne que la décision qui ordonne une expertise, non celle qui la refuse. La cour d’appel de Paris le souligne explicitement dans ses motifs :  » il en résulte que seule peut être frappée d’appel, après autorisation du premier président, la décision du juge de la mise en état qui ordonne une expertise mais que la voie de l’appel n’est pas ouverte à l’encontre de celle qui rejette une demande d’expertise « . Cette interprétation est conforme à la jurisprudence constante. La cour d’appel de Metz a jugé que  » l’ordonnance du juge de la mise en état qui refuse de faire droit à une demande d’expertise ne peut être frappée d’appel indépendamment du jugement sur le fond «  (Cour d’appel de Metz, 27 mars 2025, n°22/01346). De même, la cour d’appel de Nîmes a rappelé que  » les dispositions visant l’autorisation de faire appel d’un jugement ordonnant une expertise sont prévues par l’article 272 du code de procédure civile «  (Cour d’appel de Nîmes, 25 avril 2025, n°25/00022). La solution est ainsi parfaitement établie : le refus d’expertise ne relève pas de l’exception et l’appel immédiat est exclu.

II. La confirmation d’une solution conforme à la lettre et à l’esprit des textes

A. Une interprétation littérale des articles 795 et 272 du code de procédure civile

La lettre des textes est claire. L’article 795 énonce une règle générale d’irrecevabilité de l’appel immédiat, puis renvoie aux cas prévus  » en matière d’expertise « . L’article 272, seul texte de procédure applicable en matière d’expertise pour l’appel immédiat, ne vise que  » la décision ordonnant l’expertise « . Le législateur n’a pas inclus la décision refusant l’expertise dans le champ de l’appel immédiat. Une interprétation extensive serait contraire à la volonté du législateur, qui a entendu limiter les recours dilatoires. En l’espèce, la compagnie d’assurance n’a pas sollicité l’autorisation du premier président, ce qui aurait été de toute façon impossible puisque l’article 272 ne s’applique pas aux refus. La cour applique donc strictement les textes. Cette approche littérale est sécurisante pour les justiciables car elle évite toute incertitude sur les voies de recours. Elle empêche également que des parties tentent de contourner la règle en interjetant appel d’un refus d’expertise sous prétexte que l’expertise aurait pu être ordonnée. La solution retenue est donc juridiquement irréprochable.

B. Une solution conforme à la jurisprudence constante

La décision commentée s’inscrit dans un courant jurisprudentiel bien établi. La cour d’appel de Metz a déjà jugé que le refus d’expertise par le juge de la mise en état ne peut faire l’objet d’un appel immédiat. La cour d’appel de Nîmes a confirmé que l’article 272 ne concerne que les décisions ordonnant une expertise. La cour d’appel de Paris ajoute une nouvelle décision à cette lignée. Cette solution présente une portée pratique importante. Elle évite que les parties multiplient les appels contre des décisions interlocutoires, ce qui retarderait le jugement au fond. Elle garantit également que le premier président n’aura à connaître que des mesures d’expertise réellement ordonnées, pour lesquelles un motif grave et légitime justifie un contrôle immédiat. À l’inverse, le refus d’expertise pourra être critiqué lors de l’appel contre le jugement final. La décision est ainsi conforme à la logique de concentration des recours qui anime le code de procédure civile. Elle pourrait être censurée si le législateur modifiait les textes, mais en l’état du droit positif, elle s’impose comme une application rigoureuse des dispositions en vigueur.

Jurisprudences utilisées pour enrichir le commentaire

Fondements juridiques

Article L. 2314-23 du Code du travail En vigueur

Pour les salariés mis à disposition qui remplissent les conditions mentionnées au 2° de l’article L. 1111-2, la condition de présence dans l’entreprise utilisatrice est de douze mois continus pour y être électeur. Les salariés mis à disposition ne sont pas éligibles dans l’entreprise utilisatrice.

Les salariés mis à disposition qui remplissent les conditions mentionnées au premier alinéa choisissent s’ils exercent leur droit de vote dans l’entreprise qui les emploie ou l’entreprise utilisatrice.

Article 795 du Code de procédure civile En vigueur

Les ordonnances du juge de la mise en état ne sont pas susceptibles d’opposition.

Elles ne peuvent être frappées d’appel ou de pourvoi en cassation qu’avec le jugement statuant sur le fond.

Toutefois, elles sont susceptibles d’appel dans les cas et conditions prévus en matière d’expertise ou de sursis à statuer.

Elles le sont également, dans les quinze jours à compter de leur signification, lorsque :

1° Elles statuent sur une exception d’incompétence, une exception de connexité, une exception de litispendance ou une exception dilatoire ;

2° En statuant sur une exception de nullité, une fin de non-recevoir ou un incident d’instance, elles mettent fin à l’instance ;

2° bis Elles statuent sur une demande de rejet rapide en application de l’article 499-1 ;

3° Elles ont trait aux mesures provisoires ordonnées en matière de divorce ou de séparation de corps ;

4° Dans le cas où le montant de la demande est supérieur au taux de compétence en dernier ressort, elles ont trait aux provisions qui peuvent être accordées au créancier au cas où l’existence de l’obligation n’est pas sérieusement contestable.

Article 272 du Code de procédure civile En vigueur

La décision ordonnant l’expertise peut être frappée d’appel indépendamment du jugement sur le fond sur autorisation du premier président de la cour d’appel s’il est justifié d’un motif grave et légitime.

La partie qui veut faire appel saisit le premier président qui statue selon la procédure accélérée au fond. L’assignation doit être délivrée dans le mois de la décision.

S’il fait droit à la demande, le premier président fixe le jour où l’affaire sera examinée par la cour, laquelle est saisie et statue comme en matière de procédure à jour fixe ou comme il est dit à l’article 948 selon le cas.

Si le jugement ordonnant l’expertise s’est également prononcé sur la compétence, l’appel est formé, instruit et jugé selon les modalités prévues aux articles 83 à 89.

Envoyez vos pièces. Recevez une stratégie.

Transmettez les pièces de votre dossier au cabinet. Maître Hassan KOHEN vous répond personnellement sous 24 heures avec une première analyse stratégique.

Première analyse offerte
Réponse personnelle sous 24 h
100 % confidentiel
Jusqu’à 1 Go de pièces

📄 Circulaire officielle

Nos données proviennent de la Cour de cassation (Judilibre), du Conseil d'État, de la DILA, de la Cour de justice de l'Union européenne ainsi que de la Cour européenne des droits de l'Homme.

Recherche dans la base juridique

Retrouvez une décision, un texte ou une analyse

Plus de 100 000 décisions commentées par notre intelligence artificielle, indexées en temps réel.

    Recherche propulsée par Meilisearch sur kohenavocats.com et kohenavocats.fr.
    Étude préalable de dossier

    Envoyez vos pièces. Recevez une analyse.

    Transmettez-nous les pièces de votre dossier. Maître Hassan KOHEN les étudie personnellement et vous adresse une première analyse écrite de votre situation sous 24 heures ouvrées.

    • Analyse écrite de l'avocat, 80 € TTC
    • Réponse personnelle sous 24 heures ouvrées
    • 100 % confidentiel, secret professionnel garanti
    • Jusqu'à 1 Go de pièces, dossiers et sous-dossiers acceptés
    80 €TTC

    Étude préalable de votre dossier. Examen de vos pièces et première analyse écrite de Maître Hassan KOHEN, sous 24 heures ouvrées. Le règlement s'effectue en ligne après l'envoi de ce formulaire.

    Cliquez ou glissez vos fichiers ici
    Tous formats acceptés (PDF, Word, images, etc.)

    Envoi en cours...

    Le règlement vaut demande d'exécution immédiate de votre analyse. Vos données sont utilisées uniquement pour traiter votre demande.
    Conditions · Politique de confidentialité.

    En savoir plus sur Maître Hassan Kohen, avocat en droit pénal à Paris

    Abonnez-vous pour poursuivre la lecture et avoir accès à l’ensemble des archives.

    Poursuivre la lecture