Cabinet Kohen Avocats · Paris 17ᵉ

Maître Hassan KOHEN, avocat au Barreau de Paris. Intervention en urgence, du commissariat à la cour d'assises.

100 % confidentiel · Secret professionnel · Sans engagement

Barreau de Paris Garde à vue, instruction, assises Fiche CNB avocat.fr
Maître Hassan KOHEN, avocat pénaliste au Barreau de Paris
Maître Hassan KOHEN
Avocat au Barreau de Paris

Deepnude et faux nu par IA : plainte, retrait et risques pénaux en 2026

Parler à un avocat 06 89 11 34 45

Le mot deepnude n’est plus seulement une curiosité technique. Il désigne, dans le langage des internautes, les outils qui prétendent transformer une photo habillée en faux nu ou générer une image sexuelle à partir du visage d’une personne. Le risque pénal est immédiat : une photo récupérée sur Instagram, Snapchat, TikTok, WhatsApp ou un groupe privé peut devenir un faux contenu sexuel, puis circuler en quelques minutes.

L’actualité récente confirme que le sujet n’est pas marginal. Le 11 mai 2026, l’AFP a relayé l’alerte de l’association e-Enfance / 3018 sur l’intensification des violences numériques visant les mineurs, avec des schémas de prédation qui passent des plateformes publiques vers des messageries moins régulées. Les deepfakes sexuels, les faux nus, la sextorsion et la diffusion non consentie de contenus intimes s’inscrivent dans cette même mécanique : capter une image, intimider, obtenir de l’argent, obtenir d’autres images ou humilier publiquement.

La demande Google est très forte. Google Ads remonte deepnude à 27 100 recherches mensuelles moyennes en France, deepnude app à 1 300, deepnude online à 320, et deepfake sexuel à 70. À Paris, deepnude atteint encore 3 600 recherches mensuelles, avec deepnude ai à 1 600. Beaucoup de ces recherches sont ambiguës, parfois malsaines. C’est justement pour cela qu’un article juridique utile doit répondre clairement : utiliser, diffuser ou menacer de diffuser un faux nu généré par IA peut constituer une infraction pénale.

Le cabinet a déjà publié un guide sur la plainte pour deepfake sexuel ou harcèlement sur réseau social. Le présent article traite plus précisément du cas deepnude : application, site, bot Telegram, montage rapide, fausse image sexuelle, victime mineure ou majeure, retrait et plainte.

Deepnude : ce qui est pénalement dangereux

Le danger ne tient pas seulement au logiciel. Il tient à l’usage qui en est fait.

Trois situations doivent être distinguées.

La première est la génération privée d’un faux nu. Une personne utilise une photo réelle pour créer une image sexuelle qui reproduit le visage ou le corps d’une autre personne. Même sans publication immédiate, ce comportement peut préparer une diffusion, un chantage, un harcèlement ou une détention de contenu illicite lorsque la personne représentée est mineure ou a l’apparence d’un mineur.

La deuxième est la diffusion à un tiers ou au public. Envoyer le fichier dans un groupe WhatsApp, Telegram ou Snapchat, le poster sur un réseau social, le transmettre à un camarade, à un collègue ou à un proche suffit à changer d’échelle. Le faux nu devient une atteinte concrète à la personne représentée.

La troisième est la menace. L’auteur n’a pas forcément besoin de publier pour commettre une infraction. S’il menace de diffuser l’image pour obtenir de l’argent, d’autres photos, une relation sexuelle, un silence ou une renonciation, le dossier bascule vers le chantage, l’extorsion ou la sextorsion.

Le texte central : l’article 226-8-1 du code pénal

Depuis la loi SREN du 21 mai 2024, le code pénal vise expressément les contenus sexuels générés par traitement algorithmique.

L’article 226-8-1 du code pénal punit le fait de porter à la connaissance du public ou d’un tiers un montage à caractère sexuel réalisé avec l’image ou les paroles d’une personne sans son consentement. Le texte assimile aussi à cette infraction le contenu visuel ou sonore à caractère sexuel généré par traitement algorithmique qui reproduit l’image ou les paroles d’une personne non consentante.

En clair, un faux nu IA peut être pénalement poursuivi même s’il est présenté comme « fake », même s’il n’y a pas eu de nudité réelle, et même si la photo de départ était publique. Le consentement à poster une photo de profil ne vaut pas consentement à fabriquer ou diffuser un contenu sexuel.

La peine de base est de deux ans d’emprisonnement et 60 000 euros d’amende. Lorsque le contenu est publié via un service de communication au public en ligne, la peine peut atteindre trois ans d’emprisonnement et 75 000 euros d’amende.

Le Conseil constitutionnel a validé le dispositif issu de la loi SREN dans sa décision du 17 mai 2024. La décision figure dans la base Notion du cabinet : Cons. const., 17 mai 2024, n° 2024-866 DC.

Si la victime est mineure : le dossier devient beaucoup plus grave

Lorsque le faux nu concerne un mineur, ou une personne dont l’aspect physique est celui d’un mineur, il ne faut pas raisonner seulement en termes de « montage » ou de « blague ».

L’article 227-23 du code pénal sanctionne notamment la fixation, l’enregistrement ou la transmission de l’image ou de la représentation d’un mineur lorsque cette image présente un caractère pornographique. Le texte vise aussi les représentations d’une personne dont l’aspect physique est celui d’un mineur, sauf preuve de sa majorité au moment de la fixation ou de l’enregistrement.

Pour un adolescent, un camarade de classe ou un majeur qui utilise une application deepnude sur la photo d’un mineur, le risque pénal est donc considérable. La défense ne peut pas se limiter à dire que « l’image est fausse ». Le droit pénal prend précisément en compte certaines représentations et certains contenus générés.

Pour les parents d’une victime, la priorité est de conserver la preuve sans rediffuser le fichier. Il faut éviter d’envoyer l’image à toute la famille, à l’établissement ou à un groupe de parents. On documente l’existence du contenu, les comptes, les messages, les liens, puis on organise un dépôt de plainte.

Chantage, sextorsion et demande d’autres images

Le faux nu est souvent utilisé comme levier. L’auteur écrit : « si tu ne paies pas », « si tu ne m’envoies pas d’autres photos », « si tu ne réponds pas », « je diffuse ».

Dans ce cas, l’article 312-10 du code pénal sur le chantage devient central. Depuis la loi SREN, la peine est aggravée lorsque le chantage est exercé par un service de communication au public en ligne au moyen d’images ou de vidéos à caractère sexuel ou en vue d’en obtenir. La peine peut alors atteindre sept ans d’emprisonnement et 100 000 euros d’amende.

Lorsque la menace s’accompagne de violences, de menace de violences ou d’une contrainte plus large, l’extorsion peut aussi être discutée sur le fondement de l’article 312-1 du code pénal.

Cybermalveillance.gouv.fr rappelle, dans sa fiche officielle sur la sextorsion, qu’il ne faut pas payer, ne pas transmettre d’autres contenus intimes, conserver les preuves et déposer plainte. Ce conseil est encore plus important avec les faux nus IA : payer ne garantit jamais la suppression et peut encourager de nouvelles demandes.

Victime d’un deepnude : que faire dans les premières heures ?

Il faut d’abord éviter deux réflexes.

Le premier est de négocier avec l’auteur. Répondre sous le choc peut conduire à reconnaître des faits, envoyer d’autres contenus, perdre du temps ou donner à l’auteur des indications sur la peur ressentie.

Le second est de supprimer trop vite. Demander le retrait est nécessaire, mais un contenu supprimé sans preuve peut devenir plus difficile à exploiter dans une plainte.

La méthode utile est simple.

Conservez les URL, les pseudonymes, les identifiants de compte, les dates, les heures, les captures d’écran complètes, les messages privés, les demandes d’argent, les menaces, les coordonnées bancaires ou crypto éventuellement envoyées, et les réponses des plateformes. Lorsque le contenu circule dans une conversation fermée, conservez la conversation complète et identifiez les participants visibles.

Si l’enjeu est important, faites établir un constat par commissaire de justice. Cela peut être déterminant lorsque l’auteur supprime le compte, lorsque la plateforme retire rapidement le contenu ou lorsque l’on craint une contestation de l’authenticité des captures.

Ensuite, signalez le contenu à la plateforme et conservez la preuve du signalement. Pour un contenu ou comportement illicite en ligne, le portail PHAROS présenté par Ma Sécurité permet d’alerter les services spécialisés. Le signalement ne remplace pas toujours la plainte, surtout si vous êtes directement victime.

Porter plainte : quoi dire et contre qui ?

La plainte peut être déposée contre une personne identifiée ou contre X. Il ne faut pas attendre de connaître l’identité civile derrière un pseudonyme pour agir.

Une plainte efficace doit être structurée. Elle doit expliquer la chronologie : photo d’origine, apparition du faux nu, comptes ayant diffusé, messages de menace, demandes formulées, signalements réalisés, impact sur la victime, témoins, établissement scolaire ou employeur éventuellement concerné, et risques de rediffusion.

Les qualifications à envisager peuvent être multiples : contenu sexuel généré par IA sans consentement, diffusion d’image intime, chantage, extorsion, cyberharcèlement, harcèlement sexuel, usurpation d’identité, ou infraction relative aux images de mineurs. Le choix dépend des faits exacts.

L’article 226-2-1 du code pénal reste utile lorsque le dossier porte sur la diffusion d’un document à caractère sexuel obtenu avec le consentement de la personne ou par elle-même, mais diffusé sans accord. Le Conseil constitutionnel en a confirmé la conformité dans une décision accessible dans la base Notion du cabinet : Cons. const., 30 septembre 2021, n° 2021-933 QPC.

Pour un mineur, il faut aussi penser à l’établissement scolaire, au 3018, aux parents, à la protection immédiate du téléphone et des comptes, et à l’accompagnement psychologique. Mais ces démarches doivent être coordonnées pour ne pas multiplier les rediffusions de l’image.

Et si vous êtes convoqué pour avoir utilisé un outil deepnude ?

Une convocation pour un faux nu IA ne doit pas être traitée comme une simple discussion informatique. Les enquêteurs peuvent chercher le téléphone, l’ordinateur, les comptes, l’historique, les conversations, les groupes, les transferts, les paiements et les autres victimes.

Avant une audition libre ou une garde à vue, il faut clarifier plusieurs points : qui a généré l’image, avec quelle photo de départ, qui l’a reçue, si elle a été publiée, si la personne représentée est mineure, si une menace a été formulée, si de l’argent ou d’autres images ont été demandés, et si le compte utilisé appartient réellement à la personne convoquée.

La défense peut parfois porter sur l’identification de l’auteur, l’absence de diffusion, l’absence de caractère sexuel, le consentement allégué, la minorité non connue, la participation exacte dans un groupe ou la différence entre recevoir un contenu et le transmettre. Mais ces points ne se plaident pas dans l’improvisation.

Si une perquisition ou une saisie de téléphone intervient, il faut aussi vérifier les conditions de procédure et les demandes de déverrouillage. Sur ce point, vous pouvez consulter notre article sur le refus de donner le code de déverrouillage du téléphone à la police ou à la gendarmerie.

Paris et Île-de-France : pourquoi agir vite

À Paris et en Île-de-France, les dossiers de deepnude peuvent être traités par les services locaux de police ou de gendarmerie, puis être orientés vers des services spécialisés lorsque le dossier présente une dimension cyber, plusieurs victimes, des mineurs ou des plateformes étrangères.

Le point pratique est le délai. Les contenus disparaissent vite, les pseudonymes changent, les comptes sont supprimés, les stories expirent, les groupes se ferment et les conversations sont effacées. Une plainte déposée avec des captures propres, des URL, des heures, des identifiants et un constat éventuel a plus de chances d’être exploitable.

Pour une victime francilienne, l’objectif n’est pas seulement de « faire retirer ». Il faut aussi éviter la rediffusion, identifier l’auteur si possible, qualifier correctement les faits, préserver les preuves et demander les réquisitions utiles.

Pour une personne mise en cause, l’enjeu est inverse : éviter une reconnaissance mal formulée, comprendre les qualifications, vérifier la preuve technique et préparer l’audition.

Les erreurs à éviter

Ne publiez pas le faux nu pour dénoncer l’auteur. Même avec une bonne intention, vous pouvez aggraver la diffusion.

Ne payez pas une rançon et n’envoyez pas d’autres images.

Ne vous contentez pas d’un signalement plateforme si vous êtes victime d’une infraction grave.

Ne supprimez pas toutes les conversations avant d’avoir conservé les preuves.

Ne partez pas du principe qu’un contenu généré par IA est juridiquement « moins grave » qu’une vraie photo. Depuis 2024, le code pénal vise précisément les contenus sexuels générés par traitement algorithmique.

Besoin d’un avis rapide sur votre dossier

Consultation téléphonique en 48 heures avec un avocat du cabinet.

Le cabinet peut analyser les captures, qualifier les infractions, préparer une plainte, organiser les demandes de retrait ou préparer une audition si vous êtes convoqué pour un faux nu généré par IA.

06 89 11 34 45
Page contact du cabinet

Le cabinet intervient à Paris et en Île-de-France en droit pénal, cyberharcèlement, sextorsion, plainte, garde à vue et défense des victimes ou des personnes mises en cause.

Sources

📄 Circulaire officielle

Nos données proviennent de la Cour de cassation (Judilibre), du Conseil d'État, de la DILA, de la Cour de justice de l'Union européenne ainsi que de la Cour européenne des droits de l'Homme.

Recherche dans la base juridique

Trouvez une décision, une chambre, un thème

Plus de 100 000 décisions commentées par notre intelligence artificielle, indexées en temps réel.

    Recherche propulsée par Meilisearch sur kohenavocats.com et kohenavocats.fr.
    Analyse stratégique offerte

    Envoyez vos pièces. Recevez une stratégie.

    Transmettez-nous les pièces de votre dossier. Maître Hassan KOHEN vous répond personnellement sous 24 heures avec une première analyse stratégique de votre situation.

    • Première analyse offerte et sans engagement
    • Réponse personnelle de l'avocat sous 24 heures
    • 100 % confidentiel, secret professionnel garanti
    • Jusqu'à 1 Go de pièces, dossiers et sous-dossiers acceptés

    Cliquez ou glissez vos fichiers ici
    Tous formats acceptes (PDF, Word, images, etc.)

    Envoi en cours...

    Vos donnees sont utilisees uniquement pour traiter votre demande. Politique de confidentialite.

    En savoir plus sur Maître Hassan Kohen, avocat en droit pénal à Paris

    Abonnez-vous pour poursuivre la lecture et avoir accès à l’ensemble des archives.

    Poursuivre la lecture