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Grok, X et deepfake sexuel : PHAROS, Arcom ou plainte, que faire ?

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Depuis le début de l’année 2026, les deepfakes sexuels ne sont plus un risque théorique. L’Arcom a publié un communiqué spécifique sur des contenus intimes non consentis générés par Grok sur X. La CNIL a mis à jour ses recommandations sur les hypertrucages. En mai 2026, plusieurs affaires liées à l’intelligence artificielle et à des contenus sexuels ont aussi rappelé que la victime doit agir vite, avant que les images soient recopiées, commentées ou réutilisées.

La recherche Google le confirme : le mot « deepfake » atteint 22 200 recherches mensuelles moyennes en France, « grok deepfake » 390, « deepfake sexuel » 140, « deepfake pornographique » 70, « signalement PHAROS » 1 900, « PHAROS plainte » 590 et « Arcom signalement » 880. L’intention est claire. Les internautes ne cherchent pas seulement une définition. Ils veulent savoir où signaler, comment retirer l’image, quelles preuves conserver et quand déposer plainte.

La réponse dépend de la situation. PHAROS sert à signaler un contenu illicite en ligne. L’Arcom peut être saisie lorsque la plateforme ne traite pas correctement certains signalements relevant du règlement européen sur les services numériques. La plainte sert à déclencher l’enquête pénale, dater les faits, viser l’auteur et protéger les recours de la victime.

Deepfake sexuel : ce que la loi sanctionne

Un deepfake sexuel est un montage ou un contenu généré par intelligence artificielle qui donne l’impression qu’une personne est nue, se déshabille ou participe à une scène sexuelle, alors qu’elle n’a pas consenti à cette représentation.

Le droit pénal français vise directement cette situation. L’article 226-8-1 du Code pénal punit la diffusion d’un montage à caractère sexuel réalisé avec les paroles ou l’image d’une personne sans son consentement. L’article 226-8 sanctionne aussi la diffusion d’un montage réalisé avec l’image ou les paroles d’une personne lorsque le montage n’est pas évident ou n’est pas expressément mentionné.

Lorsque l’image concerne un mineur, la situation devient plus grave. L’article 227-23 du Code pénal vise les images ou représentations pornographiques de mineurs, y compris lorsque la représentation résulte d’outils d’intelligence artificielle ou donne l’apparence d’un mineur. La CNIL rappelle ce point dans sa fiche de février 2026 sur les hypertrucages.

Selon les faits, d’autres qualifications peuvent s’ajouter : cyberharcèlement, atteinte à l’intimité de la vie privée, usurpation d’identité, injure, diffamation, chantage, extorsion, menaces ou diffusion d’un contenu illicite concernant un mineur.

Il faut aussi distinguer le deepfake sexuel d’une image sexuelle réelle diffusée sans accord. Dans ce second cas, l’article 226-2-1 du Code pénal peut s’appliquer : il vise la diffusion non consentie d’enregistrements ou de documents portant sur des paroles ou images à caractère sexuel. Si la publication s’accompagne d’une adresse, d’un lieu de travail, d’un établissement scolaire ou d’autres informations permettant d’exposer la victime à un risque, l’article 223-1-1 du Code pénal sur la divulgation d’informations personnelles peut aussi être discuté.

PHAROS, Arcom, plainte : ne pas confondre les démarches

Le signalement PHAROS permet d’alerter les services spécialisés sur un contenu ou un comportement illicite visible sur internet. Il est utile lorsque le contenu circule publiquement sur X, Telegram, Discord, un forum, un site pornographique, un moteur de recherche ou un réseau social.

Ce signalement ne remplace pas une plainte. PHAROS peut orienter le signalement vers les autorités compétentes, mais il ne suffit pas toujours à établir que la victime a formellement déposé plainte. Si vous êtes la personne visée par le deepfake sexuel, le réflexe doit être double : signaler pour limiter la diffusion, puis déposer plainte pour permettre l’enquête et conserver un récépissé.

L’Arcom intervient sur un autre terrain. En janvier 2026, elle a invité les personnes victimes de contenus intimes non consentis générés par Grok sur X à la saisir lorsque le signalement auprès de la plateforme n’a pas permis de faire cesser la diffusion ou lorsque les mécanismes de signalement ne semblent pas fonctionner. L’objectif est de documenter un possible manquement de la plateforme à ses obligations.

La plainte, elle, vise l’auteur, les comptes relais et parfois les personnes qui ont demandé, partagé ou commenté le contenu. Elle peut être déposée au commissariat, à la gendarmerie ou par courrier au procureur de la République. Dans les dossiers sensibles, une plainte trop générale perd du temps. Il faut qualifier les faits, joindre les preuves et demander les actes utiles.

L’article 15-3 du Code de procédure pénale rappelle que les services de police judiciaire doivent recevoir les plaintes déposées par les victimes d’infractions pénales. En pratique, une victime peut donc insister pour déposer plainte lorsqu’un deepfake sexuel est diffusé, même si le contenu a déjà été signalé en ligne.

Que faire dans les premières heures ?

La première erreur consiste à supprimer immédiatement tous les messages. Il faut d’abord capturer les preuves. La victime doit conserver l’URL exacte, le nom du compte, l’identifiant, la date, l’heure, les captures d’écran, les commentaires, les messages privés, les demandes de suppression, les réponses de la plateforme et les preuves que l’image représente bien son visage ou son identité.

Lorsque le contenu est encore en ligne, il faut relever l’adresse de la publication avant de demander son retrait. Une capture sans URL exploitable sera moins utile. Si le contenu se diffuse vite, un constat par commissaire de justice peut être pertinent. À défaut, il faut faire des captures horodatées, sauvegarder les liens et conserver l’historique des démarches.

Il faut ensuite signaler le contenu à la plateforme. Sur X, le signalement doit viser le contenu intime non consenti ou le harcèlement, selon la catégorie disponible. Si le contenu reste en ligne, le signalement PHAROS permet d’alerter les autorités. Lorsque le dossier concerne Grok ou un dysfonctionnement plus général de X, la saisine de l’Arcom peut compléter la démarche.

La plainte doit être préparée sans attendre. Elle doit décrire le contenu, l’identité de la victime, les comptes qui diffusent l’image, les dates, les messages reçus, les conséquences concrètes et les démarches déjà accomplies. Si le contenu vise un mineur, l’urgence est renforcée.

Quelle preuve préparer pour la plainte ?

La plainte doit permettre à l’enquêteur de comprendre le dossier en quelques minutes. Un bon dossier de preuve contient une chronologie courte, les liens, les captures, les pseudonymes, les comptes suspects, les signalements déjà faits et les réponses obtenues.

Il faut éviter les formules vagues : « on a fait un deepfake de moi » ou « quelqu’un m’a affiché sur X ». Il faut écrire que l’image ou la vidéo présente un caractère sexuel, qu’elle reprend le visage, la voix ou l’identité de la victime, qu’elle a été diffusée sans consentement, que le caractère artificiel n’est pas clairement indiqué ou que la publication cherche à humilier, menacer ou exposer la victime.

Si l’auteur présumé est connu, il faut expliquer pourquoi : rupture récente, menace préalable, message privé, adresse mail, ancien compte, conversation Discord, numéro de téléphone, historique de chantage ou cercle de diffusion. Si l’auteur n’est pas connu, il faut donner les éléments techniques disponibles : URL, captures, heure de publication, identifiants, comptes relais, éventuel lien vers une image source.

Il faut aussi documenter le préjudice : anxiété, arrêt de travail, retentissement scolaire ou professionnel, messages reçus, exposition de proches, risques pour un mineur, diffusion dans un groupe local, menaces de republication, perte d’emploi, rupture de formation ou impossibilité de retourner au lycée, à l’université ou au travail.

Retrait du contenu : quelle stratégie ?

Le retrait doit viser trois niveaux. Le premier est la plateforme qui héberge la publication. Le deuxième est le moteur de recherche qui référence l’image ou la page. Le troisième est la conservation de la preuve pour éviter qu’un retrait rapide ne fasse disparaître le dossier pénal.

La CNIL rappelle que les personnes concernées peuvent exercer des droits auprès des organismes qui traitent leurs données, notamment lorsque l’image ou la voix est utilisée dans un hypertrucage. Le droit au retrait ou au déréférencement peut donc être utile, mais il n’est pas toujours suffisant lorsque l’auteur republie le contenu ailleurs.

Pour un contenu public illicite, PHAROS est pertinent. Pour une plateforme qui ne traite pas le signalement, l’Arcom peut être saisie dans les hypothèses relevant de ses compétences. Pour l’auteur, la plainte reste centrale. Ces démarches doivent être coordonnées, car chacune produit des preuves utiles pour l’autre.

Dans un dossier de deepfake sexuel, il faut garder une trace de chaque demande : date, canal, formulaire utilisé, numéro de ticket, réponse automatique, refus ou absence de réponse. Ces éléments montrent que la victime a agi vite et que la plateforme ou l’auteur a laissé le contenu circuler.

Et si le deepfake est partagé dans un groupe privé ?

Un deepfake diffusé dans un groupe WhatsApp, Telegram, Discord, Snapchat ou une conversation privée peut tout de même relever du pénal. La diffusion à un tiers suffit souvent à sortir d’un simple usage strictement personnel. Il ne faut donc pas renoncer parce que le contenu n’est pas public.

La difficulté est probatoire. Il faut identifier le groupe, les participants connus, la date de partage, les captures de messages, le lien de l’image, les réactions et les personnes qui ont relayé. Si une personne du groupe accepte de témoigner, une attestation peut aider, surtout si elle précise comment elle a reçu le contenu.

Si le contenu concerne un mineur, le partage entre camarades ou dans un groupe scolaire doit être traité rapidement. Il peut exister un volet pénal, un volet scolaire et un volet de protection de l’enfant. Les parents peuvent déposer plainte, saisir l’établissement et demander la conservation des éléments utiles.

Paris et Île-de-France : organiser la réponse

À Paris et en Île-de-France, les deepfakes sexuels se retrouvent souvent dans des contextes très concrets : rupture, conflit professionnel, harcèlement scolaire, exposition sur un groupe local, compte X anonyme, diffusion dans une promotion universitaire ou menace de publication contre paiement.

La stratégie doit être rapide. Il faut figer la preuve, signaler le contenu, préparer la plainte et, si nécessaire, demander une intervention urgente contre l’hébergeur, la plateforme ou le moteur de recherche. Lorsque l’image touche un mineur, la coordination avec les parents, l’établissement et les services d’enquête doit être plus serrée.

Le cabinet peut aussi relier ce dossier à d’autres démarches : plainte pour cyberharcèlement, demande de retrait, action contre l’auteur identifié, accompagnement d’une audition, constitution de partie civile si le parquet classe sans suite ou préparation d’une demande indemnitaire.

Candidats écartés et raison du choix

Plusieurs sujets étaient possibles. « Plainte en ligne escroquerie » avait le meilleur volume brut, mais l’inventaire signale déjà un article publié sur THESEE, plainte en ligne et récupération d’argent. « Faux conseiller bancaire remboursement » est également couvert. « Port de couteau » n’atteint pas le seuil de volume utile. « Victime prévenue de la sortie de prison » est lié à l’actualité parlementaire, mais la demande Google est quasi nulle.

L’angle retenu est donc plus précis : Grok, X, deepfake sexuel, PHAROS, Arcom et plainte. Il reprend une actualité 2026, répond à des requêtes effectivement cherchées et complète l’article existant sur la plainte pour deepfake sexuel ou harcèlement sur réseau social par une entrée plus opérationnelle sur les plateformes et les signalements.

Checklist pratique

Dans les premières minutes, conservez les liens, captures, pseudos, dates, heures et messages privés. Ne vous contentez pas d’une capture isolée.

Dans les premières heures, signalez le contenu à la plateforme, utilisez PHAROS si le contenu illicite circule publiquement, et préparez une plainte documentée.

Si la plateforme ne réagit pas, conservez les tickets de signalement et envisagez une saisine de l’Arcom lorsque le dossier concerne le fonctionnement de la plateforme ou la mauvaise prise en charge du signalement.

Si l’auteur est connu ou soupçonné, rassemblez les messages antérieurs, menaces, ruptures, conflits et éléments d’identification. Si l’auteur est inconnu, listez les comptes, liens, horaires et canaux de diffusion.

Si la victime est mineure, agissez immédiatement avec le représentant légal, l’établissement scolaire si nécessaire et les services d’enquête.

Sources utiles

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