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Maître Hassan KOHEN, avocat au Barreau de Paris
Maître Hassan KOHEN
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Avocat suspension de peine raison médicale 720-1-1 CPP Paris

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La suspension de peine pour raison médicale relève de l’article 720-1-1 du Code de procédure pénale. Le texte ouvre deux fondements alternatifs : un pronostic vital engagé à court terme, ou un état de santé durablement incompatible avec la détention. Le cabinet Kohen Avocats assiste les détenus et leurs proches devant le juge de l’application des peines, à Paris, pour bâtir le dossier médical et obtenir la levée d’écrou.

VOUS ÊTES DÉTENU
Votre état de santé se dégrade en détention.
Pathologie évolutive, soins inadaptés, perte d’autonomie : la suspension de peine peut être sollicitée sans attendre la fin de la peine.

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VOUS ÊTES PROCHE D’UN DÉTENU
Le maintien en détention paraît contraire à la dignité.
L’incompatibilité durable entre la pathologie et l’univers carcéral justifie une requête immédiate au juge de l’application des peines.

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Comment ça se passe.

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Partie I

Cadre légal de la suspension de peine pour raison médicale.

01Les deux fondements alternatifs de l’article 720-1-1 CPP.+

L’article 720-1-1 du Code de procédure pénale prévoit deux voies distinctes. La première vise les condamnés dont le pronostic vital est engagé. La seconde vise ceux dont l’état est durablement incompatible avec la détention.

Code de procédure pénale, article 720-1-1 : « la suspension de peine peut être ordonnée pour les condamnés dont il est établi qu’ils sont atteints d’une pathologie engageant le pronostic vital ou que leur état de santé physique ou mentale est durablement incompatible avec le maintien en détention ».

Le juge de l’application des peines apprécie souverainement la réalité de l’un de ces critères. Art. 720-1-1 CPPLoi n° 2002-303 du 4 mars 2002

02La précision du 22 janvier 2025 : pronostic vital à court terme.+

La chambre criminelle a rappelé que la première branche ne joue qu’en faveur des condamnés dont le pronostic vital est engagé à court terme. Mais elle a imposé en parallèle un contrôle autonome sur le terrain de l’article 3 CEDH.

« Si l’article 720-1-1 du code de procédure pénale dispose que la suspension de peine peut être ordonnée pour les condamnés dont il est établi qu’ils sont atteints d’une pathologie engageant le pronostic vital ou que leur état de santé physique ou mentale est durablement incompatible avec le maintien en détention, il n’est applicable qu’aux condamnés dont le pronostic vital est engagé à court terme. Il résulte des articles 3 de la Convention européenne des droits de l’homme et 593 du code de procédure pénale qu’il entre dans l’office du juge saisi d’une demande de suspension de peine de rechercher si le maintien en détention de l’intéressé n’est pas constitutif d’un traitement inhumain ou dégradant en raison de son incompatibilité avec les garanties qui lui sont dues pour protéger sa santé, indépendamment du recours qu’il pourrait exercer sur le fondement de l’article 803-8 du code de procédure pénale. » Cass. crim., 22 janv. 2025, n° 23-86.433

Art. 720-1-1 CPPCass. crim., 22 janv. 2025, n° 23-86.433

03L’expertise médicale depuis la loi du 23 mars 2019.+

Pour l’incompatibilité durable, deux expertises concordantes sont en principe requises. Pour les détenus dont le pronostic vital est engagé à court terme, la loi n° 2019-222 du 23 mars 2019 a allégé l’exigence : une seule expertise suffit. L’objectif est d’éviter les délais incompatibles avec la fin de vie. Le cabinet vérifie le choix de l’expert, la communication contradictoire du rapport et la possibilité d’une contre-expertise. Art. D. 147-3 CPPLoi n° 2019-222 du 23 mars 2019

04Le juge compétent : JAP ou TAP selon le quantum.+

La compétence se répartit entre juge de l’application des peines et tribunal de l’application des peines, selon le quantum restant à exécuter. L’audience est publique sauf demande motivée. Le ministère public est entendu. La décision est susceptible d’appel devant la chambre de l’application des peines. Art. D. 147-3 CPPArt. D. 147-5 CPP

05Suspension et libération conditionnelle : l’arrêt du 3 mars 2021.+

La chambre criminelle a clarifié l’articulation entre suspension médicale et libération conditionnelle, y compris pendant la période de sûreté.

« L’article 729, dernier alinéa, du code de procédure pénale permet au condamné de bénéficier d’une libération conditionnelle lorsque l’exécution de sa peine est suspendue pour raison médicale grave, par application de l’article 720-1-1 du même code, dont le dernier alinéa autorise le prononcé d’une telle suspension, même au cours de la période de sûreté. » Cass. crim., 3 mars 2021, n° 20-81.692

Art. 729 CPPCass. crim., 3 mars 2021, n° 20-81.692

06Effets de la suspension : levée d’écrou et contrôle.+

La peine est suspendue, non remise. Le juge fixe des mesures de contrôle : résidence, suivi sanitaire, obligation de soins, interdictions, contrôle périodique. La suspension peut être révoquée si la santé s’améliore ou si les obligations sont méconnues. Un dossier qui anticipe l’hébergement et le suivi convainc davantage qu’un dossier purement médical. Art. D. 147-5 CPP

Texte. Expertise. Dignité.

La défense d’une demande de suspension de peine pour raison médicale repose sur trois piliers : la fidélité au libellé de 720-1-1, la rigueur du dossier d’expertise, et la mobilisation de l’article 3 CEDH lorsque les conditions de détention aggravent la pathologie.

Partie II

Stratégie de défense en pratique.

01Constituer le dossier médical avant la requête.+

La requête doit s’appuyer sur un dossier médical complet : comptes-rendus hospitaliers, certificats de l’unité sanitaire en milieu pénitentiaire, bilans d’imagerie, prescriptions, courriers des praticiens hospitaliers. La chronologie médicale doit être lisible. Le secret médical n’est pas un obstacle : le détenu autorise expressément la communication des pièces utiles à sa propre défense. Pour les pathologies psychiatriques, l’angle peut converger avec le sujet du détenu hospitalisé en psychiatrie. Art. 720-1-1 CPP

02L’argument autonome de l’article 3 CEDH.+

L’arrêt du 22 janvier 2025 a verrouillé un point. Même si le pronostic vital n’est pas à court terme, le juge doit examiner si le maintien en détention n’est pas, en lui-même, constitutif d’un traitement inhumain ou dégradant. Cet examen est autonome du recours 803-8. La défense doit donc systématiquement décliner un moyen tiré de l’article 3 CEDH, étayé par les soins refusés, les délais d’accès aux soins, l’inadaptation des cellules. Art. 3 CEDHArt. 593 CPPCass. crim., 22 janv. 2025, n° 23-86.433

03L’articulation avec le recours 803-8 CPP.+

L’article 803-8 du Code de procédure pénale, issu de la loi du 8 avril 2021, ouvre un recours préventif au profit du détenu dont les conditions de détention sont indignes. Ce recours est distinct de la suspension médicale, mais peut être engagé en parallèle, notamment pour les détenus en quartier disciplinaire dont la pathologie s’aggrave. Art. 803-8 CPP

04Appel et pourvoi en cassation.+

La décision du juge est susceptible d’appel devant la chambre de l’application des peines. Délai : dix jours à compter de la notification. L’arrêt peut faire l’objet d’un pourvoi en cassation. Le contrôle porte sur la motivation, au regard de l’article 593 CPP. Une motivation insuffisante sur le critère du court terme, ou sur le moyen tiré de l’article 3 CEDH, est censurée. Art. 593 CPP

05Articulation avec les autres aménagements de peine.+

Selon la pathologie et la durée restante, la suspension peut être envisagée en alternative ou en complément d’autres mesures : semi-liberté, détention à domicile sous surveillance électronique, libération conditionnelle. Le cabinet présente la mesure la plus adaptée à la pathologie et au projet de soins. Art. 720-1-1 CPPArt. 729 CPP

06Urgence vitale : agir vite.+

Lorsque le pronostic est engagé à court terme, chaque semaine compte. Le cabinet sollicite l’inscription rapide de la requête, demande la désignation d’un expert sous délai contraint et mobilise, le cas échéant, le moyen tiré de l’article 3 CEDH pour obtenir un examen prioritaire. La loi n° 2024-364 du 22 avril 2024 a renforcé l’accès aux soins en détention. Loi n° 2024-364 du 22 avril 2024

FAQ

Questions fréquentes.

Une suspension de peine est-elle possible pour toute pathologie grave ?+

Non. Deux conditions alternatives sont posées par l’article 720-1-1 du Code de procédure pénale : un pronostic vital engagé à court terme, ou un état durablement incompatible avec la détention. La chambre criminelle a confirmé cette lecture dans l’arrêt du 22 janvier 2025, n° 23-86.433.

Combien d’expertises médicales faut-il fournir ?+

Pour l’incompatibilité durable, deux expertises concordantes sont en principe requises. Pour le pronostic vital engagé à court terme, la loi n° 2019-222 du 23 mars 2019 a réduit l’exigence à une seule expertise.

La suspension est-elle possible pendant la période de sûreté ?+

Oui. Le dernier alinéa de 720-1-1 l’autorise. L’arrêt du 3 mars 2021, n° 20-81.692, précise que le condamné dont la peine est suspendue pour raison médicale grave peut prétendre à la libération conditionnelle, même pendant la période de sûreté, en application du dernier alinéa de l’article 729.

Que faire si l’expertise conclut au maintien en détention ?+

Le cabinet sollicite une contre-expertise et présente, le cas échéant, un avis médical privé concordant. Le moyen tiré de l’article 3 CEDH est mobilisé en parallèle. L’arrêt du 22 janvier 2025 impose au juge d’examiner ce moyen indépendamment du recours 803-8.

Quel délai pour faire appel ?+

Dix jours à compter de la notification. L’appel est porté devant la chambre de l’application des peines de la cour d’appel. Le pourvoi en cassation est ensuite ouvert dans les cinq jours du prononcé de l’arrêt.

La suspension peut-elle être révoquée ?+

Oui. Elle est révocable si l’état médical s’améliore au point de rendre la détention à nouveau compatible, ou si le condamné méconnaît les mesures de contrôle. La défense doit donc préparer un suivi sanitaire et un cadre de vie cohérents.

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