Cabinet Kohen Avocats, défense pénale d'urgence
Avocat instruction judiciaire à Paris : mise en examen, actes et nullités
Mise en examen, témoin assisté, contrôle judiciaire, saisies : l'instruction est une procédure longue où la défense active fait la différence, par les demandes d'actes, les nullités et le contrôle de chaque mesure.
Urgence confidentielle, 24h/24 – 7j/7. Intervention immédiate à Paris et dans toute l'Île-de-France, y compris la nuit et les week-ends.
Maître Hassan Kohen
Avocat au Barreau de Paris — droit pénal et défense d'urgence.
Fiche officielle sur l'annuaire des avocats de France (CNB) · 4,9/5 sur Google (233 avis)
Page mise à jour le 11 juin 2026.
Un statut à discuter
Mise en examen ou témoin assisté : le statut conditionne les droits et se conteste.
Une défense active
Demandes d'actes, contre-expertises, confrontations : la défense ne subit pas l'instruction, elle la travaille.
Les mesures se combattent
Contrôle judiciaire, saisies, détention : chaque mesure a ses voies de recours et ses délais.
Réponse rapide
L'instruction est confiée à un juge qui instruit à charge et à décharge ; la mise en examen exige des indices graves ou concordants, sinon le statut de témoin assisté s'impose. La défense agit : demandes d'actes portant sur des actes déterminés, contre-expertises, requêtes en nullité dans les délais, mainlevée ou modification du contrôle judiciaire, contestation des saisies pénales (comptes, immeubles, contrats d'assurance-vie, parts sociales). Le cabinet Kohen Avocats conduit cette défense active jusqu'à l'ordonnance de règlement. Confidentiel, au 06 89 11 34 45.
Comprendre votre situation
L'instruction judiciaire, expliquée
L'instruction est organisée par le Code de procédure pénale : une procédure à charge et à décharge où la défense dispose de vrais leviers. Tout ce qu'il faut comprendre, point par point.
Définition
Une information à charge et à décharge
Statuts, acteurs et enjeux de la procédure.
Un juge d'instruction saisi des faits, qui instruit à charge et à décharge.
La mise en examen exige des indices graves ou concordants ; à défaut, témoin assisté.
Des mesures de sûreté possibles : contrôle judiciaire, ARSE, détention provisoire.
Une clôture par ordonnance : non-lieu, renvoi ou mise en accusation.
Le statut de témoin assisté protège : pas de contrôle judiciaire ni de détention, mais un accès au dossier. La défense conteste la mise en examen quand les indices ne tiennent pas, et demande le statut le plus protecteur.
La défense
Demandes d'actes et nullités
Les deux moteurs de la défense pendant l'instruction.
Les demandes d'actes
- Auditions, confrontations, transports, expertises : tout se demande.
- La demande porte sur des actes déterminés et se motive précisément.
- Le refus du juge s'attaque devant la chambre de l'instruction.
Les nullités
- Perquisitions, écoutes, gardes à vue : chaque acte irrégulier se purge dans les délais.
- La requête se porte devant la chambre de l'instruction.
- Une nullité bien placée peut faire tomber des pans entiers du dossier.
Le conseil du cabinet : les saisies pénales (comptes, immeubles, assurance-vie, parts sociales) se contestent sans attendre le fond. Une demande rejetée ne se représente pas sur le même objet, sauf élément nouveau : chaque requête se prépare donc sérieusement.
Les mesures contrôlables pendant l'instruction :
Votre défense
Le rôle de l'avocat à chaque étape
De la première convocation à l'ordonnance de règlement.
Préparer l'interrogatoire
Première comparution : statut, déclarations, accès au dossier ; rien ne s'improvise.
Défense active
Demandes d'actes, contre-expertises, observations : le dossier se façonne.
Recours systématiques
Contrôle judiciaire, saisies, détention : mainlevée, modification, appel.
Peser sur l'issue
Observations sur le règlement : non-lieu plaidé, renvoi discuté, qualifications combattues.
La durée de l'instruction se contrôle aussi : les demandes de clôture et les recours contre l'inertie existent et s'utilisent.
Chronologie
De la saisine au règlement : le déroulé
Les étapes d'une information judiciaire.
Saisine du juge
Réquisitoire introductif ou plainte avec constitution de partie civile.
Première comparution
Mise en examen ou témoin assisté : le statut se discute.
Mesures de sûreté
Contrôle judiciaire, ARSE ou détention : recours immédiats.
Actes d'instruction
Expertises, confrontations, commissions rogatoires ; la défense demande les siens.
Fin d'information
Avis de fin d'information ; observations et dernières demandes.
Ordonnance de règlement
Non-lieu, renvoi correctionnel ou mise en accusation ; appel possible.
Préparer la défense
Les pièces utiles à réunir
Pour une défense active dès la première comparution.
Convocation ou mandat reçu et tout document de procédure.
Chronologie écrite des faits visés par la saisine.
Pièces utiles aux demandes d'actes envisagées.
Justificatifs pour les obligations du contrôle judiciaire.
Inventaire des biens saisis le cas échéant.
Garanties de représentation : domicile, travail, famille, soins.
Transmettez ce que vous avez, même incomplet : le cabinet hiérarchise et complète avec vous en urgence au 06 89 11 34 45.
FAQ
Questions fréquentes
16 réponses détaillées, sourcées sur les textes et la jurisprudence.
Combien de temps dure une instruction judiciaire ?
Aucun délai légal absolu n'encadré la durée d'une instruction judiciaire en France. L'instruction se prolongé tant que les actes utiles à la manifestation de la vérité n'ont pas été réalisés. En moyenne, une instruction dure entre deux et quatre ans, mais les dossiers complexes (criminalité organisée, terrorisme, infractions financières) peuvent dépasser dix ans.
L'article 175-1 du Code de procédure pénale ouvre toutefois aux parties la possibilité de solliciter la clôture de l'information après expiration d'un délai d'un an pour la matière correctionnelle, et de dix-huit mois en matière criminelle. Le juge dispose alors d'un mois pour statuer ou poursuivre les investigations en motivant sa décision.
La Cour de cassation a fixe un cadre clair sur le délai raisonnable. Dans son arrêt de principe du 9 novembre 2022, la chambre criminelle a jugé : "le dépassement du délai raisonnable défini à l'article 6, § 1, de la Convention européenne des droits de l'homme est sans incidence sur la validité de la procédure. Il ne saurait conduire à son annulation et, sous réserve des lois relatives à la prescription, il ne constitué pas une cause d'extinction de l'action publique" (Cass. crim., 9 nov. 2022, n° 21-85.655, Publié au Bulletin et au Rapport).
En revanche, le dépassement peut donner lieu a indemnisation devant le premier président de la cour d'appel sur le fondement de l'article L. 141-1 du Code de l'organisation judiciaire. Le cabinet pilote l'instruction par des demandes d'actes régulières et combat les délais excessifs.
Être mis en examen signifie-t-il être coupable ?
Être mis en examen ne signifié pas être coupable. La mise en examen est une mesure procédurale qui consacre l'existence d'indices graves ou concordants, mais elle ne tranche pas la culpabilité. La présomption d'innocence demeure entière jusqu'au jugement définitif.
L'article 80-1 du Code de procédure pénale dispose : "Le juge d'instruction ne peut mettre en examen que les personnes à l'encontre desquelles il existe des indices graves ou concordants rendant vraisemblable qu'elles aient pu participer, comme auteur ou comme complice, a la commission des infractions dont il est saisi." Le seuil exige des éléments objectifs, pas des soupçons.
L'article préliminaire du même code et l'article 9-1 du Code civil consacrent la présomption d'innocence comme un droit fondamental. Toute personne mise en examen conserve l'intégralité de ses droits : droit au silence, droit d'être assisté d'un avocat, droit de demander des actes (article 82-1 CPP), droit de demander une mise en liberté (article 148 CPP).
La Cour de cassation veille au respect rigoureux de ce seuil et des droits de la défense. Dans son arrêt du 16 octobre 2019, la chambre criminelle a jugé que "l'absence d'assistance du mineur par un avocat dès le début de sa garde à vue, de même que l'absence d'information délivrée à ses représentants légaux de ce qu'ils peuvent solliciter un avocat pour l'assister, entraîne, en raison de l'atteinte aux droits de la défense du mineur qui en résulte, la nullité" (Cass. crim., 16 oct. 2019, n° 19-81.084, Publié au Bulletin). La mise en examen n'est qu'une étape, pas un verdict.
Combien coûte un avocat pour une instruction judiciaire ?
Le coût d'un avocat pour une instruction judiciaire reflète la durée et la complexité particulière de cette phase. L'instruction peut s'étaler sur plusieurs années et générer des dizaines d'actes : interrogatoires, confrontations, expertises, perquisitions, demandes d'actes, recours. Le cabinet propose des conventions d'honoraires écrites conformes à l'article 10 de la loi du 31 décembre 1971.
La prestation couvre l'assistance lors des interrogatoires (article 116 CPP), la consultation régulière du dossier (article 114 CPP), la formulation de demandes d'actes (article 82-1 CPP), les requêtes en nullité, les demandes de mise en liberté, l'examen de l'avis de fin d'information et les observations finales. La quantité d'actes détermine le forfait.
L'article 80-1 du Code de procédure pénale impose au juge de ne mettre en examen que les personnes à l'encontre desquelles existent des indices graves ou concordants. La défense doit veiller au strict respect de ce seuil tout au long de la procédure et soulever toutes les irrégularités.
La Cour de cassation rappelle que la qualité de la défense pendant l'instruction conditionne le sort du dossier au fond. Dans son arrêt du 9 novembre 2022, la chambre criminelle a jugé que "le dépassement du délai raisonnable... ses éventuelles conséquences sur l'exercice de ces droits devant en revanche être prises en compte au stade du jugement au fond" (Cass. crim., 9 nov. 2022, n° 21-85.655, Publié au Bulletin et au Rapport). L'aide juridictionnelle reste accessible sous conditions de ressources. Le cabinet établit un devis adapté au dossier.
Combien coûte un avocat pour la cour d'assises ?
Le coût d'un avocat pour la cour d'assises est plus élevé qu'en matière correctionnelle, en raison de la durée des audiences (souvent plusieurs jours), de l'ampleur des dossiers (plusieurs milliers de pages fréquemment) et de la phase d'instruction préalable. Le cabinet propose des conventions d'honoraires écrites conformes à l'article 10 de la loi du 31 décembre 1971.
La prestation couvre l'instruction préalable (interrogatoires, demandes d'actes, expertises, requêtes en nullité), l'étude approfondie du dossier de l'instruction, la préparation de chaque témoignage et de chaque expertise, la stratégie aux débats, et la plaidoirie devant le jury.
L'article 359 du Code de procédure pénale fixe la majorité : "Toute décision défavorable à l'accusé se forme à la majorité de sept voix au moins lorsque la cour d'assises statue en premier ressort et à la majorité de huit voix au moins lorsque la cour d'assises statue en appel." Cette règle structure la stratégie défensive : convaincre suffisamment de jurés du doute raisonnable.
La Cour de cassation, dans son arrêt du 9 novembre 2022, a jugé : "il appartient au juge, en application de l'article 427 du code de procédure pénale, d'apprécier la valeur probante des éléments de preuve qui lui sont soumis et sont débattus contradictoirement devant lui" (Cass. crim., 9 nov. 2022, n° 21-85.655, Publié au Bulletin et au Rapport). L'aide juridictionnelle est accessible sous conditions de ressources. Le cabinet établit un devis détaillé après examen du dossier d'instruction complet.
Quelle est la différence entre témoin assisté et personne mise en examen ?
Le statut de témoin assisté est une situation intermédiaire entre celle de simple témoin et celle de mis en examen. Il s'appliqué lorsque la personne est nommément visée par une plainte, un réquisitoire ou une mise en cause par la victime, sans que le juge dispose d'indices graves ou concordants suffisants pour la mettre en examen. Le témoin assisté bénéficie de l'assistance d'un avocat, de l'accès au dossier et du droit de demander des actes, mais il n'est pas place sous contrôle judiciaire et ne peut être détenu.
La mise en examen suppose, selon l'article 80-1 du code de procédure pénale, l'existence d'indices graves ou concordants rendant vraisemblable que la personne ait pu participer, comme auteur ou comme complice, a la commission des infractions dont le juge est saisi. Ce critère a été rappelé avec force par la Cour de cassation (Cass. crim., 12 juill. 2016, n° 16-82.692, motifs : "il résulte de ce texte que le juge d'instruction peut mettre en examen les personnes à l'encontre desquelles il existe des indices graves ou concordants rendant vraisemblable qu'elles aient pu participer, comme auteur ou comme complice, a la commission des infractions dont il est saisi", lien : https://www.courdecassation.fr/décision/5fd9266060f7ee05604aab58).
Si les indices se renforcent en cours d'information, le témoin assisté peut basculer vers la mise en examen, dans les formes de l'article 113-8 du code de procédure pénale. La défense visé donc a maintenir le client sous statut de témoin assisté aussi longtemps que possible. Le cabinet construit cette stratégie dès la première convocation et plaide systématiquement le défaut d'indices.
Comment contester une mise en examen depuis la loi du 20 novembre 2023 ?
La loi n° 2023-1059 du 20 novembre 2023, entrée en vigueur le 30 septembre 2024, a profondément modifie la procédure de contestation de la mise en examen. Avant la réforme, l'absence d'indices graves ou concordants pouvait être invoquée par voie de requête en nullité. Désormais, l'article 80-1-1 du code de procédure pénale impose une autre voie : la demande de placement sous le statut de témoin assisté, formée le jour même de la mise en examen ou dans les dix jours suivants, puis renouvelable tous les six mois.
La Cour de cassation a confirmé ce changement de régime (Cass. crim., 18 nov. 2025, n° 25-82.829, motifs : "la voie de la requête en nullité n'est ainsi plus ouverte pour contester le défaut d'indices graves ou concordants", lien : https://www.courdecassation.fr/décision/691c4bf88b6588a4f898c4b7). La requête en nullité reste cependant ouverte pour invoquer la violation d'autres règles de procédure, comme l'absence d'audition préalable ou un défaut d'information sur les droits.
Concrètement, la défense doit réagir vite : la demande de placement sous statut de témoin assisté se prépare en amont de l'interrogatoire de première comparution. Le délai de dix jours est très bref. Le cabinet rédigé cette demande et la transmet au juge d'instruction immédiatement après la notification de la mise en examen.
Comment demander un acte d'instruction au juge en cours de procédure ?
L'article 82-1 du code de procédure pénale permet aux parties de saisir le juge d'instruction d'une demande écrite et motivée tendant à une audition, a une confrontation, a un transport sur les lieux, a une expertise ou à tout autre acte utile à la manifestation de la vérité. Cette demande doit porter sur des actes déterminés et, lorsqu'elle vise une audition, préciser l'identité de la personne a entendre.
Le juge dispose d'un délai d'un mois pour rendre une ordonnance motivée s'il refuse de faire droit à la demande. Ce refus peut être frappe d'appel devant le président de la chambre de l'instruction. La Cour de cassation est venue préciser les pouvoirs de cette juridiction : lorsqu'elle infirme un refus, elle peut renvoyer le dossier au juge ou évoquer partiellement, mais elle ne peut pas enjoindre au juge de procéder à un acte tout en évoquant elle-même (Cass. crim., 22 janv. 2019, n° 18-83.304, motifs : "alors qu'ayant énoncé expressément qu'elle évoquait partiellement le dossier, elle pouvait seule procéder aux actes qu'elle estimait nécessaires avant de renvoyer le dossier au magistrat instructeur, la chambre de l'instruction a méconnu le texte susvisé", lien : https://www.courdecassation.fr/décision/5fca7a92567a0a68e2e0d017).
La demande d'acte est l'une des armes principales de la défense. Bien construite, elle force le magistrat a vérifier les versions adverses, a entendre les témoins favorables ou a confronter les déclarations. Le cabinet rédigé ces demandes avec une motivation factuelle précisé pour minimiser le risque de refus.
Comment obtenir une mise en liberté en cours d'instruction ?
La personne placée en détention provisoire peut, à tout moment, saisir le juge d'instruction d'une demande de mise en liberté sur le fondement de l'article 148 du code de procédure pénale. Le juge transmet la demande au juge des libertés et de la détention dans les dix jours, sauf s'il y donne lui-même une suite favorable. Le JLD doit statuer dans les cinq jours ouvrables, par une ordonnance motivée au regard des critères de l'article 144 du même code.
La motivation est essentielle. La Cour de cassation a jugé que les motifs du JLD n'ont pas a renvoyer aux cotes du dossier, l'avocat ayant un accès permanent au dossier (Cass. crim., 8 août 2018, n° 18-83.310, motifs : "aucun texte n'impose au juge des libertés et de la détention de corroborer ses motifs par des références à des cotes du dossier d'information pour rejeter une demande de mise en liberté", lien : https://www.courdecassation.fr/décision/5fca886d77097779d87aa862).
Une demande de mise en liberté se construit autour des éléments concrets qui ont évolue depuis le placement : nouvelles garanties de représentation, hébergement stable, contrat de travail, situation familiale, expertise favorable, avancement de l'instruction qui rend les risques de pression ou de concertation moins concrets. Le cabinet adapté la demande au moment procédural et privilégie une motivation chiffrée et documentée, plutôt qu'un argumentaire abstrait.
Le juge d'instruction peut-il ensuite statuer comme JLD dans le même dossier ?
Non. La Cour de cassation a pose une règle fermé d'incompatibilité entre les fonctions de juge d'instruction et celles de juge des libertés et de la détention dans un même dossier. L'article 137-1 du code de procédure pénale, lu à la lumière de l'article 6 de la Convention européenne des droits de l'homme et des travaux préparatoires de la loi du 15 juin 2000, impose une stricte séparation des rôles.
L'arrêt de principe est intervenu en 2022 (Cass. crim., 28 juin 2022, n° 22-82.698, motifs : "un magistrat ayant porte, en tant que juge d'instruction, une appréciation sur l'existence d'indices graves ou concordants rendant vraisemblable la participation à la commission des infractions dont il est saisi ne peut, dans la suite de la procédure, intervenir en qualité de juge des libertés et de la détention", lien : https://www.courdecassation.fr/décision/62bd3f7d57b55769b38b75f4). Le juge ayant déjà apprécié les indices ne peut donc statuer ensuite sur la détention.
Cette règle ouvre un moyen de nullité si elle est méconnue. La défense vérifie systématiquement, dans toute procédure d'instruction comportant un débat sur la détention, l'identité des magistrats successifs. Une violation rend l'ordonnance de placement ou de prolongation susceptible d'annulation.
Comment l'avocat peut-il transmettre les pièces du dossier à son client ?
L'article 114 du code de procédure pénale, dans sa rédaction issue de la loi du 20 novembre 2023, encadré strictement la communication des pièces. Après la première comparution, l'avocat peut se faire délivrer copie de tout ou partie du dossier. Pour transmettre une reproduction à son client, il doit informer le juge d'instruction et lui indiquer la liste des pièces concernées. Le juge dispose de cinq jours ouvrables pour s'opposer, par une ordonnance spécialement motivée au regard des risques de pression sur les victimes, les parties, les témoins ou les personnes concourant à la procédure.
La Cour de cassation veille à ce que ce refus soit strictement encadré. Récemment, elle a annulé une décision du président de la chambre de l'instruction qui s'était fondée sur des motifs étrangers au risque de pression (Cass. crim., 22 janv. 2025, n° 24-82.364, motifs : "en refusant ainsi la communication de pièces de la procédure aux parties civiles, pour des motifs étrangers au risque de pression sur les témoins, les victimes, les personnes qui sont parties à la procédure ou qui y concourent, le président de la chambre de l'instruction a excédé ses pouvoirs", lien : https://www.courdecassation.fr/décision/679093ad00cd7517a1e6fd0e).
L'accès aux pièces conditionne toute la stratégie de défense. Le cabinet veille à ce que la liste des pièces a transmettre soit précisé, motivée par l'utilité à la défense, et que tout refus injustifié soit déféré au président de la chambre de l'instruction.
Comment contester une expertise pénale ordonnée par le juge ?
L'article 167 du code de procédure pénale organisé les voies de contestation. Une fois les conclusions de l'expertise notifiées, le juge fixe un délai aux parties pour présenter des observations ou demander un complément d'expertise ou une contre-expertise. Ce délai ne peut être inférieur à quinze jours, ou à un mois pour une expertise comptable ou financière. Passé ce délai, plus aucune demande ne peut être formée sur le même objet, sauf survenance d'un élément nouveau.
La défense doit réagir vite. La demande de contre-expertise se motivé sur des éléments concrets : insuffisance de la méthode, absence de pièces communiquées à l'expert, choix d'un expert dont l'impartialité est contestable, conclusions techniquement contestables. La Cour de cassation rappelle que la simple appartenance d'un expert au même laboratoire que le précédent ne suffit pas a faire douter de sa neutralité (Cass. crim., 20 mars 2018, n° 17-81.238, motifs : "le fait que le second expert exercé au sein du même laboratoire que celui ayant réalisé la première analyse n'est pas, en soi, de nature a faire douter de sa neutralité", lien : https://www.courdecassation.fr/décision/5fca972e576a028bf35968ae). La contestation passé donc par la critique technique du rapport, non par la dénonciation générale de l'expert.
Le cabinet collabore avec des experts indépendants, capables de produire une note technique de critique du rapport, qui sert ensuite de support à la demande de contre-expertise.
Comment contester une saisie pénale ordonnée par le juge d'instruction ?
Les saisies spéciales prévues par les articles 706-141 et suivants du code de procédure pénale (compte bancaire, immeuble, contrat d'assurance-vie, parts sociales) peuvent être ordonnées par le juge d'instruction. La décision est notifiée au ministère public, au propriétaire et aux tiers connus, qui disposent de dix jours pour la déférer au président ou à la chambre de l'instruction (article 706-153 du code de procédure pénale).
La défense dispose d'un levier majeur tiré du droit à un procès équitable. La Cour de cassation impose que les pièces sur lesquelles se fondé la saisie soient communiquées à l'appelant (Cass. crim., 13 juin 2018, n° 17-83.893, motifs : "la chambre de l'instruction saisie d'un recours forme contre une ordonnance de saisie spéciale au sens des articles 706-141 a 706-158 du code de procédure pénale, qui, pour justifier d'une telle mesure, s'appuie sur une ou des pièces précisément identifiées de la procédure, est tenue de s'assurer que celles-ci ont été communiquées à la partie appelante", lien : https://www.courdecassation.fr/décision/5fca8cc3b5e7677f2f76470c).
Le cabinet articule la contestation autour de trois axes : l'absence de communication des pièces fondant la mesure, la disproportion de la saisie au regard du produit suppose de l'infraction, et l'atteinte excessive au droit de propriété. Une saisie injustifiée peut paralyser un patrimoine entier pendant des années, justifiant une défense rigoureuse.
Combien de temps une instruction peut-elle durer en France ?
Aucun texte ne fixe une durée maximale absolue d'une information judiciaire. L'article préliminaire du code de procédure pénale impose une durée raisonnable, calquée sur l'article 6 paragraphe 1 de la Convention européenne des droits de l'homme. L'article 175-2 du code de procédure pénale prévoit pour sa part qu'au-delà de deux ans, le juge d'instruction doit rendre une ordonnance motivée expliquant la poursuite de l'information.
La durée raisonnable s'apprécié au regard de la gravité des faits, de la complexité des investigations et du comportement des parties. La Cour de cassation rappelle ce principe avec constance, notamment en matière de détention provisoire (Cass. crim., 28 oct. 2025, n° 25-85.273, motifs : "la détention provisoire ne peut excéder une durée raisonnable au regard de la gravité des faits reprochés à la personne mise en examen et de la complexité des investigations nécessaires à la manifestation de la vérité", lien : https://www.courdecassation.fr/décision/690317031e4ff47a82fc83e2).
En pratique, une instruction peut durer de quelques mois pour les dossiers simples à plusieurs années pour les dossiers de criminalité organisée, financière ou de violences sexuelles avec mineurs multiples. La défense peut accélérer la procédure par des demandes d'actes ciblées, par des observations en application de l'article 175 ou, en dernière ressort, par une saisine de la chambre de l'instruction lorsque les délais d'examen ne sont pas tenus. Le cabinet ajuste cette pression procédurale à la stratégie de fond.
Comment se passé le règlement de l'instruction et l'étape de l'article 175 ?
Lorsque le juge estime l'information terminée, il avise les parties et leurs avocats, soit verbalement avec émargement, soit par lettre recommandée. Cet avis ouvre la phase de règlement prévue par l'article 175 du code de procédure pénale. Le procureur dispose d'un mois si la personne est détenue, ou de trois mois sinon, pour adresser ses réquisitions. Les parties bénéficient du même délai pour présenter leurs observations écrites, formuler des demandes d'actes ou des requêtes en nullité.
S'ouvre ensuite un délai de dix jours pour adresser des réquisitions ou des observations complémentaires au vu des écrits adverses. C'est le moment crucial pour la défense : présenter une dernière ligne argumentaire avant l'ordonnance de règlement (non-lieu, renvoi correctionnel ou mise en accusation). Toute carence à ce stade fermé des moyens. La Cour de cassation a précisé que les réquisitions supplémentaires intervenues postérieurement à un avis de fin d'information rouvrent le délai de l'article 175 (Cass. crim., 6 janv. 2015, n° 13-88.227, lien : https://www.courdecassation.fr/décision/613fd16b6bcfa769025a09bf).
Le cabinet construit un mémoire de règlement qui peut atteindre cinquante pages et qui combine les demandes d'actes finales, les requêtes en nullité et les observations sur le fond. Cette étape détermine la suite de la procédure, voire son issue par non-lieu.
Peut-on faire appel d'une ordonnance de mise en accusation devant la cour d'assises ?
L'ordonnance de mise en accusation rendue par le juge d'instruction sur le fondement de l'article 181 du code de procédure pénale est susceptible d'appel devant la chambre de l'instruction. La défense peut contester l'existence des charges, la qualification criminelle retenue ou demander une requalification correctionnelle. Cet appel obéit aux délais et formes des articles 186 et suivants du même code.
L'enjeu est déterminant. Une fois l'ordonnance de mise en accusation devenue définitive, elle couvre les vices de la procédure, sous réserve des cas ou les parties n'auraient pu les connaître. Cette règle a été réaffirmée par la Cour de cassation, qui veille au respect strict des délais d'appel. La partie civile dispose elle aussi d'un droit d'appel spécifique de l'ordonnance de renvoi devant le tribunal correctionnel lorsqu'elle estime que les faits sont de nature criminelle (Cass. crim., 5 janv. 2022, n° 21-86.007, motifs : "la faculté, ouverte par l'article 186-3 du code de procédure pénale à la partie civile, si elle estime que les faits sont de nature criminelle, de relever appel de l'ordonnance de renvoi devant le tribunal correctionnel rendue par le juge d'instruction, s'étend au cas ou le renvoi, pour un délit connexe, est ordonné devant la juridiction criminelle", lien : https://www.courdecassation.fr/décision/61d84e7b9d5a5d8d13e07305).
Le cabinet évalue systématiquement, a la clôture de l'instruction, l'opportunité de l'appel et la chance d'une requalification, qui peut transformer un dossier criminel en dossier correctionnel et changer radicalement les enjeux.
Comment obtenir une modification du contrôle judiciaire en cours d'instruction ?
Le contrôle judiciaire prévu par les articles 138 et suivants du code de procédure pénale peut comporter des obligations lourdes : pointage, interdiction de paraître, interdiction professionnelle, cautionnement, remise de passeport. La personne mise en examen peut à tout moment demander la mainlevee ou la modification de ces obligations. La requête est adressée au juge d'instruction, qui doit statuer par ordonnance motivée.
La détermination de la juridiction compétente peut soulever des difficultés en fin d'instruction. La Cour de cassation a précisé que la détermination de la juridiction compétente pour statuer sur une requête modificative du contrôle judiciaire postérieure à l'ordonnance de renvoi s'apprécié au jour du dépôt de cette requête (Cass. crim., 17 avr. 2019, n° 19-80.950, lien : https://www.courdecassation.fr/décision/5fca71a63a47785d9aa914d8). En cas d'incompétence, la chambre de l'instruction est compétente lorsqu'aucune autre juridiction n'est saisie.
La demande se motivé sur l'évolution de la situation : nouvelle activité professionnelle incompatible avec le pointage, soins nécessaires hors de la zone d'interdiction, contraintes familiales, éloignement du risque initialement craint. Le cabinet construit la requête autour d'éléments concrets et documentés, qui permettent au juge d'apprécier qu'une mesure moins contraignante reste suffisante au regard des objectifs de l'article 144 du code de procédure pénale.
Références
Textes officiels et pages liées
Les sources de cette page et les expertises voisines du cabinet.
Textes officiels
Pour aller plus loin
Convoqué devant un juge d'instruction ?
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