Avocat instruction judiciaire à Paris : mise en examen, actes et nullités
Page pénale vérifiée le 28 avril 2026
Réponse rapide : reprendre l'initiative pendant l'information judiciaire
L'instruction n'est pas une attente passive : demandes d'actes, observations, expertises, nullités et stratégie de clôture peuvent changer le dossier. Il faut suivre les délais et documenter chaque demande utile.
Première comparution
Préparer le statut, les déclarations et les pièces personnelles avant l'audition par le juge.
Demandes d'actes
Solliciter confrontation, expertise, audition ou vérification utile à la manifestation de la vérité.
Clôture
Préparer non-lieu, requalification, renvoi ou stratégie devant la juridiction de jugement.
Pièces utiles à préparer
- Convocation, avis d'audience ou référence de procédure.
- Procès-verbaux, décision reçue ou courrier du parquet.
- Pièces d'identité, domicile, travail, santé ou scolarité.
- Messages, témoins, vidéos, justificatifs et chronologie.
- Antécédents, casier, mesures en cours ou décisions précédentes.
Questions fréquentes
Quand contacter le cabinet ?
Dès la convocation, la garde à vue, la mise en examen, l'audience ou le délai de recours. Plus les pièces arrivent tôt, plus la stratégie peut être structurée.
Quelles pièces envoyer en priorité ?
La convocation, la décision, les procès-verbaux disponibles, la chronologie et les justificatifs personnels utiles à la défense ou à la demande.
Le premier échange remplace-t-il l'étude du dossier ?
Non. Il sert à mesurer l'urgence et à organiser la suite ; l'analyse complète dépend du dossier pénal, des pièces et du stade de la procédure.
Par Maître Hassan KOHEN, avocat au Barreau de Paris. Mis à jour le .
L’instruction judiciaire constitue une étape décisive menée par un juge d’instruction dans les affaires pénales graves ou complexes. Qu’il s’agisse d’une convocation ou d’une mise en examen, cette phase exige une maîtrise approfondie du droit pénal et une défense rigoureuse assurée par un avocat pénaliste expérimenté.
Le Cabinet Kohen Avocats vous accompagne efficacement à tous les moments-clés de l’instruction : première comparution, interrogatoires, confrontations, demandes d’actes favorables, contestations relatives à la détention provisoire et recours contre les décisions du juge. Notre stratégie proactive vise en priorité à obtenir une ordonnance de non-lieu ou, si nécessaire, à anticiper et préparer au mieux votre défense devant la juridiction compétente.
Qu'est-ce que l'instruction judiciaire ?
L’instruction judiciaire, aussi appelée information judiciaire, constitue une phase d’investigation approfondie menée par un juge d’instruction afin d’établir la vérité concernant des infractions graves ou complexes.
L’ouverture d’une instruction intervient sur réquisition du procureur de la République ou sur plainte avec constitution de partie civile par la victime. Le juge d’instruction est initialement saisi de faits précis mais peut étendre ses investigations à des faits connexes découverts durant l’enquête.
Cette phase est obligatoire pour tous les crimes ainsi que pour les délits impliquant des mineurs. Elle est facultative mais fréquemment mise en œuvre pour les délits complexes tels que les escroqueries, les abus de biens sociaux, les infractions en bande organisée, ou encore les dossiers nécessitant des investigations longues et approfondies.
Le juge d’instruction dispose à cet effet de pouvoirs étendus : perquisitions, écoutes téléphoniques, surveillances, expertises techniques, interrogatoires, confrontations, délivrance de mandats divers (comparution, amener, arrêt, dépôt), ainsi que le placement en détention provisoire ou sous contrôle judiciaire.
Une défense proactive et stratégique
Notre cabinet adopte une défense proactive dès l’instruction, en sollicitant activement auprès du juge tous les actes susceptibles de vous disculper ou d’atténuer votre responsabilité, tels que des auditions de témoins favorables, des expertises techniques, des analyses médico-légales ou l’exploitation approfondie de données numériques.
Par ailleurs, nous constituons soigneusement un dossier détaillé relatif à votre personnalité, mettant en avant votre parcours personnel, professionnel et familial afin de démontrer votre insertion sociale et d’écarter toute présomption de dangerosité.
Nous procédons également à une analyse minutieuse de chaque acte de procédure afin de détecter toute irrégularité. Lorsqu’une anomalie est identifiée, nous soulevons systématiquement les nullités susceptibles d’entraîner l’annulation des actes incriminants.
Selon les spécificités du dossier, nous engageons lorsque cela est pertinent une négociation avec le parquet ou la partie civile en vue d’une éventuelle requalification des faits ou d’une transaction favorable.
Enfin, en cas de détention provisoire, nous pouvons déposer des demandes argumentées de mise en liberté, en soulignant notamment l’évolution favorable de votre situation et les garanties que vous présentez.
Ordonnance de non-lieu
Si les charges retenues contre vous sont insuffisantes, le juge d’instruction prononce une ordonnance de non-lieu, ce qui entraîne immédiatement l’arrêt définitif des poursuites. En cas de détention provisoire, vous êtes aussitôt remis en liberté. Cette décision représente naturellement l’issue la plus favorable.
Ordonnance de renvoi devant le tribunal correctionnel
Lorsque les faits sont qualifiés de délit, le juge d’instruction rend une ordonnance de renvoi devant le tribunal correctionnel, lequel sera chargé d’examiner l’affaire sur le fond.
Arrêt de mise en accusation devant la cour d’assises
Si les faits reprochés sont qualifiés de crime, c’est la chambre de l’instruction qui prononce un arrêt de mise en accusation vous renvoyant devant la cour d’assises pour y être jugé.
Recours possibles
Vous disposez toujours du droit de contester les ordonnances du juge d’instruction par un appel devant la chambre de l’instruction. Votre avocat doit alors agir rapidement, généralement dans un délai de cinq à dix jours, pour interjeter appel et déposer un mémoire argumenté.
Combien de temps dure une instruction judiciaire ?
Aucun délai légal absolu n’encadré la durée d’une instruction judiciaire en France. L’instruction se prolongé tant que les actes utiles à la manifestation de la verite n’ont pas été realises. En moyenne, une instruction dure entre deux et quatre ans, mais les dossiers complexes (criminalite organisée, terrorisme, infractions financieres) peuvent dépasser dix ans.
L’article 175-1 du Code de procédure pénale ouvre toutefois aux parties la possibilite de solliciter la cloture de l’information après expiration d’un délai d’un an pour la matiere correctionnelle, et de dix-huit mois en matiere criminelle. Le juge dispose alors d’un mois pour statuer ou poursuivre les investigations en motivant sa décision.
La Cour de cassation a fixe un cadre clair sur le délai raisonnable. Dans son arrêt de principe du 9 novembre 2022, la chambre criminelle a juge : « le dépassement du délai raisonnable défini à l’article 6, § 1, de la Convention européenne des droits de l’homme est sans incidence sur la validité de la procédure. Il ne saurait conduire à son annulation et, sous réserve des lois relatives à la prescription, il ne constitue pas une cause d’extinction de l’action publique » (Cass. crim., 9 nov. 2022, n° 21-85.655, Publie au Bulletin et au Rapport).
En revanche, le dépassement peut donner lieu a indemnisation devant le premier president de la cour d’appel sur le fondement de l’article L. 141-1 du Code de l’organisation judiciaire. Le cabinet pilote l’instruction par des demandes d’actes régulières et combat les délais excessifs.
Être mis en examen signifié-t-il être coupable ?
Être mis en examen ne signifié pas être coupable. La mise en examen est une mesure procedurale qui consacre l’existence d’indices graves ou concordants, mais elle ne tranche pas la culpabilite. La presomption d’innocence demeure entiere jusqu’au jugement definitif.
L’article 80-1 du Code de procédure pénale dispose : « Le juge d’instruction ne peut mettre en examen que les personnes à l’encontre desquelles il existe des indices graves ou concordants rendant vraisemblable qu’elles aient pu participer, comme auteur ou comme complice, a la commission des infractions dont il est saisi. » Le seuil exige des éléments objectifs, pas des soupcons.
L’article preliminaire du même code et l’article 9-1 du Code civil consacrent la presomption d’innocence comme un droit fondamental. Toute personne mise en examen conserve l’integralite de ses droits : droit au silence, droit d’être assiste d’un avocat, droit de demander des actes (article 82-1 CPP), droit de demander une mise en liberte (article 148 CPP).
La Cour de cassation veille au respect rigoureux de ce seuil et des droits de la défense. Dans son arrêt du 16 octobre 2019, la chambre criminelle a juge que « l’absence d’assistance du mineur par un avocat des le debut de sa garde a vue, de même que l’absence d’information delivree à ses representants légaux de ce qu’ils peuvent solliciter un avocat pour l’assister, entraine, en raison de l’atteinte aux droits de la défense du mineur qui en resulte, la nullité » (Cass. crim., 16 oct. 2019, n° 19-81.084, Publie au Bulletin). La mise en examen n’est qu’une étape, pas un verdict.
Combien coûte un avocat pour une instruction judiciaire ?
Le cout d’un avocat pour une instruction judiciaire reflete la durée et la complexité particuliere de cette phase. L’instruction peut s’etaler sur plusieurs années et generer des dizaines d’actes : interrogatoires, confrontations, expertises, perquisitions, demandes d’actes, recours. Le cabinet propose des conventions d’honoraires écrites conformes à l’article 10 de la loi du 31 decembre 1971.
La prestation couvre l’assistance lors des interrogatoires (article 116 CPP), la consultation régulière du dossier (article 114 CPP), la formulation de demandes d’actes (article 82-1 CPP), les requetes en nullité, les demandes de mise en liberte, l’examen de l’avis de fin d’information et les observations finales. La quantite d’actes détermine le forfait.
L’article 80-1 du Code de procédure pénale impose au juge de ne mettre en examen que les personnes à l’encontre desquelles existent des indices graves ou concordants. La défense doit veiller au strict respect de ce seuil tout au long de la procédure et soulever toutes les irregularites.
La Cour de cassation rappelle que la qualité de la défense pendant l’instruction conditionne le sort du dossier au fond. Dans son arrêt du 9 novembre 2022, la chambre criminelle a juge que « le dépassement du délai raisonnable… ses éventuelles conséquences sur l’exercice de ces droits devant en revanche être prises en compte au stade du jugement au fond » (Cass. crim., 9 nov. 2022, n° 21-85.655, Publie au Bulletin et au Rapport). L’aide juridictionnelle reste accessible sous conditions de ressources. Le cabinet etablit un devis adapte au dossier.
Combien coûte un avocat pour la cour d'assises ?
Le cout d’un avocat pour la cour d’assises est plus élevé qu’en matiere correctionnelle, en raison de la durée des audiences (souvent plusieurs jours), de l’ampleur des dossiers (plusieurs milliers de pages fréquemment) et de la phase d’instruction préalable. Le cabinet propose des conventions d’honoraires écrites conformes à l’article 10 de la loi du 31 decembre 1971.
La prestation couvre l’instruction préalable (interrogatoires, demandes d’actes, expertises, requetes en nullité), l’etude approfondie du dossier de l’instruction, la preparation de chaque témoignage et de chaque expertise, la strategie aux debats, et la plaidoirie devant le jury.
L’article 359 du Code de procédure pénale fixe la majorite : « Toute décision defavorable à l’accusé se forme à la majorite de sept voix au moins lorsque la cour d’assises statue en premier ressort et à la majorite de huit voix au moins lorsque la cour d’assises statue en appel. » Cette regle structure la strategie defensive : convaincre suffisamment de jures du doute raisonnable.
La Cour de cassation, dans son arrêt du 9 novembre 2022, a juge : « il appartient au juge, en application de l’article 427 du code de procédure pénale, d’apprecier la valeur probante des éléments de preuve qui lui sont soumis et sont debattus contradictoirement devant lui » (Cass. crim., 9 nov. 2022, n° 21-85.655, Publie au Bulletin et au Rapport). L’aide juridictionnelle est accessible sous conditions de ressources. Le cabinet etablit un devis détaillé après examen du dossier d’instruction complet.
Quelle est la difference entre temoin assiste et personne mise en examen ?
Le statut de temoin assiste est une situation intermediaire entre celle de simple temoin et celle de mis en examen. Il s’applique lorsque la personne est nommement visee par une plainte, un requisitoire ou une mise en cause par la victime, sans que le juge dispose d’indices graves ou concordants suffisants pour la mettre en examen. Le temoin assiste bénéficie de l’assistance d’un avocat, de l’acces au dossier et du droit de demander des actes, mais il n’est pas place sous contrôle judiciaire et ne peut être détenu.
La mise en examen suppose, selon l’article 80-1 du code de procédure pénale, l’existence d’indices graves ou concordants rendant vraisemblable que la personne ait pu participer, comme auteur ou comme complice, a la commission des infractions dont le juge est saisi. Ce critère a été rappelé avec force par la Cour de cassation (Cass. crim., 12 juill. 2016, n° 16-82.692, motifs : « il resulte de ce texte que le juge d’instruction peut mettre en examen les personnes à l’encontre desquelles il existe des indices graves ou concordants rendant vraisemblable qu’elles aient pu participer, comme auteur ou comme complice, a la commission des infractions dont il est saisi », lien : https://www.courdecassation.fr/décision/5fd9266060f7ee05604aab58).
Si les indices se renforcent en cours d’information, le temoin assiste peut basculer vers la mise en examen, dans les formes de l’article 113-8 du code de procédure pénale. La défense vise donc a maintenir le client sous statut de temoin assiste aussi longtemps que possible. Le cabinet construit cette strategie des la première convocation et plaidé systématiquement le défaut d’indices.
Comment contester une mise en examen depuis la loi du 20 novembre 2023 ?
La loi n° 2023-1059 du 20 novembre 2023, entree en vigueur le 30 septembre 2024, a profondement modifie la procédure de contestation de la mise en examen. Avant la reforme, l’absence d’indices graves ou concordants pouvait être invoquee par voie de requete en nullité. Desormais, l’article 80-1-1 du code de procédure pénale impose une autre voie : la demande de placement sous le statut de temoin assiste, formee le jour même de la mise en examen ou dans les dix jours suivants, puis renouvelable tous les six mois.
La Cour de cassation a confirme ce changement de régime (Cass. crim., 18 nov. 2025, n° 25-82.829, motifs : « la voie de la requete en nullité n’est ainsi plus ouverte pour contester le défaut d’indices graves ou concordants », lien : https://www.courdecassation.fr/décision/691c4bf88b6588a4f898c4b7). La requete en nullité reste cependant ouverte pour invoquer la violation d’autres regles de procédure, comme l’absence d’audition préalable ou un défaut d’information sur les droits.
Concretement, la défense doit réagir vite : la demande de placement sous statut de temoin assiste se prepare en amont de l’interrogatoire de première comparution. Le délai de dix jours est tres bref. Le cabinet rédigé cette demande et la transmet au juge d’instruction immediatement après la notification de la mise en examen.
Comment demander un acte d'instruction au juge en cours de procédure ?
L’article 82-1 du code de procédure pénale permet aux parties de saisir le juge d’instruction d’une demande écrite et motivee tendant à une audition, a une confrontation, a un transport sur les lieux, a une expertise ou à tout autre acte utile à la manifestation de la verite. Cette demande doit porter sur des actes determines et, lorsqu’elle vise une audition, préciser l’identite de la personne a entendre.
Le juge dispose d’un délai d’un mois pour rendre une ordonnance motivee s’il refuse de faire droit à la demande. Ce refus peut être frappe d’appel devant le president de la chambre de l’instruction. La Cour de cassation est venue préciser les pouvoirs de cette juridiction : lorsqu’elle infirme un refus, elle peut renvoyer le dossier au juge ou evoquer partiellement, mais elle ne peut pas enjoindre au juge de proceder à un acte tout en evoquant elle-même (Cass. crim., 22 janv. 2019, n° 18-83.304, motifs : « alors qu’ayant enonce expressement qu’elle evoquait partiellement le dossier, elle pouvait seule proceder aux actes qu’elle estimait necessaires avant de renvoyer le dossier au magistrat instructeur, la chambre de l’instruction a meconnu le texte susvise », lien : https://www.courdecassation.fr/décision/5fca7a92567a0a68e2e0d017).
La demande d’acte est l’une des armes principales de la défense. Bien construite, elle force le magistrat a vérifier les versions adverses, a entendre les temoins favorables ou a confronter les déclarations. Le cabinet rédigé ces demandes avec une motivation factuelle précisé pour minimiser le risque de refus.
Comment obtenir une mise en liberte en cours d'instruction ?
La personne placee en détention provisoire peut, a tout moment, saisir le juge d’instruction d’une demande de mise en liberte sur le fondement de l’article 148 du code de procédure pénale. Le juge transmet la demande au juge des libertes et de la détention dans les dix jours, sauf s’il y donne lui-même une suite favorable. Le JLD doit statuer dans les cinq jours ouvrables, par une ordonnance motivee au regard des critères de l’article 144 du même code.
La motivation est essentielle. La Cour de cassation a juge que les motifs du JLD n’ont pas a renvoyer aux cotes du dossier, l’avocat ayant un acces permanent au dossier (Cass. crim., 8 aout 2018, n° 18-83.310, motifs : « aucun texte n’impose au juge des libertes et de la détention de corroborer ses motifs par des references à des cotes du dossier d’information pour rejeter une demande de mise en liberte », lien : https://www.courdecassation.fr/décision/5fca886d77097779d87aa862).
Une demande de mise en liberte se construit autour des éléments concrets qui ont evolue depuis le placement : nouvelles garanties de representation, hebergement stable, contrat de travail, situation familiale, expertise favorable, avancement de l’instruction qui rend les risques de pression ou de concertation moins concrets. Le cabinet adapte la demande au moment procedural et privilegie une motivation chiffree et documentée, plutot qu’un argumentaire abstrait.
Le juge d'instruction peut-il ensuite statuer comme JLD dans le même dossier ?
Non. La Cour de cassation a pose une regle ferme d’incompatibilite entre les fonctions de juge d’instruction et celles de juge des libertes et de la détention dans un même dossier. L’article 137-1 du code de procédure pénale, lu à la lumiere de l’article 6 de la Convention europeenne des droits de l’homme et des travaux preparatoires de la loi du 15 juin 2000, impose une stricte separation des roles.
L’arrêt de principe est intervenu en 2022 (Cass. crim., 28 juin 2022, n° 22-82.698, motifs : « un magistrat ayant porte, en tant que juge d’instruction, une appreciation sur l’existence d’indices graves ou concordants rendant vraisemblable la participation à la commission des infractions dont il est saisi ne peut, dans la suite de la procédure, intervenir en qualité de juge des libertes et de la détention », lien : https://www.courdecassation.fr/décision/62bd3f7d57b55769b38b75f4). Le juge ayant déjà apprecie les indices ne peut donc statuer ensuite sur la détention.
Cette regle ouvre un moyen de nullité si elle est meconnue. La défense vérifié systématiquement, dans toute procédure d’instruction comportant un debat sur la détention, l’identite des magistrats successifs. Une violation rend l’ordonnance de placement ou de prolongation susceptible d’annulation.
Comment l'avocat peut-il transmettre les pièces du dossier à son client ?
L’article 114 du code de procédure pénale, dans sa rédaction issue de la loi du 20 novembre 2023, encadré strictement la communication des pièces. Après la première comparution, l’avocat peut se faire delivrer copie de tout ou partie du dossier. Pour transmettre une reproduction à son client, il doit informer le juge d’instruction et lui indiquer la liste des pièces concernées. Le juge dispose de cinq jours ouvrables pour s’opposer, par une ordonnance specialement motivee au regard des risques de pression sur les victimes, les parties, les temoins ou les personnes concourant à la procédure.
La Cour de cassation veille à ce que ce refus soit strictement encadré. Recemment, elle a annule une décision du president de la chambre de l’instruction qui s’etait fondee sur des motifs etrangers au risque de pression (Cass. crim., 22 janv. 2025, n° 24-82.364, motifs : « en refusant ainsi la communication de pièces de la procédure aux parties civiles, pour des motifs etrangers au risque de pression sur les temoins, les victimes, les personnes qui sont parties à la procédure ou qui y concourent, le president de la chambre de l’instruction a excede ses pouvoirs », lien : https://www.courdecassation.fr/décision/679093ad00cd7517a1e6fd0e).
L’acces aux pièces conditionne toute la strategie de défense. Le cabinet veille à ce que la liste des pièces a transmettre soit précisé, motivee par l’utilite à la défense, et que tout refus injustifié soit defere au president de la chambre de l’instruction.
Comment contester une expertise pénale ordonnee par le juge ?
L’article 167 du code de procédure pénale organisé les voies de contestation. Une fois les conclusions de l’expertise notifiées, le juge fixe un délai aux parties pour presenter des observations ou demander un complément d’expertise ou une contre-expertise. Ce délai ne peut être inferieur a quinze jours, ou à un mois pour une expertise comptable ou financiere. Passe ce délai, plus aucune demande ne peut être formee sur le même objet, sauf survenance d’un élément nouveau.
La défense doit réagir vite. La demande de contre-expertise se motive sur des éléments concrets : insuffisance de la methode, absence de pièces communiquees à l’expert, choix d’un expert dont l’impartialite est contestable, conclusions techniquement contestables. La Cour de cassation rappelle que la simple appartenance d’un expert au même laboratoire que le précédent ne suffit pas a faire douter de sa neutralite (Cass. crim., 20 mars 2018, n° 17-81.238, motifs : « le fait que le second expert exerce au sein du même laboratoire que celui ayant réalisé la première analyse n’est pas, en soi, de nature a faire douter de sa neutralite », lien : https://www.courdecassation.fr/décision/5fca972e576a028bf35968ae). La contestation passe donc par la critique technique du rapport, non par la denonciation générale de l’expert.
Le cabinet collabore avec des experts indépendants, capables de produire une note technique de critique du rapport, qui sert ensuite de support à la demande de contre-expertise.
Comment contester une saisie pénale ordonnee par le juge d'instruction ?
Les saisies speciales prévues par les articles 706-141 et suivants du code de procédure pénale (compte bancaire, immeuble, contrat d’assurance-vie, parts sociales) peuvent être ordonnees par le juge d’instruction. La décision est notifiée au ministere public, au proprietaire et aux tiers connus, qui disposent de dix jours pour la deferer au president ou à la chambre de l’instruction (article 706-153 du code de procédure pénale).
La défense dispose d’un levier majeur tire du droit à un procès équitable. La Cour de cassation impose que les pièces sur lesquelles se fonde la saisie soient communiquees à l’appelant (Cass. crim., 13 juin 2018, n° 17-83.893, motifs : « la chambre de l’instruction saisie d’un recours forme contre une ordonnance de saisie speciale au sens des articles 706-141 a 706-158 du code de procédure pénale, qui, pour justifier d’une telle mesure, s’appuie sur une ou des pièces précisément identifiées de la procédure, est tenue de s’assurer que celles-ci ont été communiquees à la partie appelante », lien : https://www.courdecassation.fr/décision/5fca8cc3b5e7677f2f76470c).
Le cabinet articule la contestation autour de trois axes : l’absence de communication des pièces fondant la mesure, la disproportion de la saisie au regard du produit suppose de l’infraction, et l’atteinte excessive au droit de propriete. Une saisie injustifiée peut paralyser un patrimoine entier pendant des années, justifiant une défense rigoureuse.
Combien de temps une instruction peut-elle durer en France ?
Aucun texte ne fixe une durée maximale absolue d’une information judiciaire. L’article preliminaire du code de procédure pénale impose une durée raisonnable, calquee sur l’article 6 paragraphe 1 de la Convention europeenne des droits de l’homme. L’article 175-2 du code de procédure pénale prévoit pour sa part qu’au-delà de deux ans, le juge d’instruction doit rendre une ordonnance motivee expliquant la poursuite de l’information.
La durée raisonnable s’apprecie au regard de la gravite des faits, de la complexité des investigations et du comportement des parties. La Cour de cassation rappelle ce principe avec constance, notamment en matiere de détention provisoire (Cass. crim., 28 oct. 2025, n° 25-85.273, motifs : « la détention provisoire ne peut exceder une durée raisonnable au regard de la gravite des faits reproches à la personne mise en examen et de la complexité des investigations necessaires à la manifestation de la verite », lien : https://www.courdecassation.fr/décision/690317031e4ff47a82fc83e2).
En pratique, une instruction peut durer de quelques mois pour les dossiers simples à plusieurs années pour les dossiers de criminalite organisée, financiere ou de violences sexuelles avec mineurs multiples. La défense peut accelerer la procédure par des demandes d’actes ciblees, par des observations en application de l’article 175 ou, en derniere ressort, par une saisine de la chambre de l’instruction lorsque les délais d’examen ne sont pas tenus. Le cabinet ajuste cette pression procedurale à la strategie de fond.
Comment se passe le règlement de l'instruction et l'étape de l'article 175 ?
Lorsque le juge estime l’information terminee, il avise les parties et leurs avocats, soit verbalement avec emargement, soit par lettre recommandee. Cet avis ouvre la phase de règlement prévue par l’article 175 du code de procédure pénale. Le procureur dispose d’un mois si la personne est détenue, ou de trois mois sinon, pour adresser ses requisitions. Les parties bénéficient du même délai pour presenter leurs observations écrites, formuler des demandes d’actes ou des requetes en nullité.
S’ouvre ensuite un délai de dix jours pour adresser des requisitions ou des observations complementaires au vu des écrits adverses. C’est le moment crucial pour la défense : presenter une derniere ligne argumentaire avant l’ordonnance de règlement (non-lieu, renvoi correctionnel ou mise en accusation). Toute carence à ce stade ferme des moyens. La Cour de cassation a précisé que les requisitions supplémentaires intervenues posterieurement à un avis de fin d’information rouvrent le délai de l’article 175 (Cass. crim., 6 janv. 2015, n° 13-88.227, lien : https://www.courdecassation.fr/décision/613fd16b6bcfa769025a09bf).
Le cabinet construit un memoire de règlement qui peut atteindre cinquante pages et qui combine les demandes d’actes finales, les requetes en nullité et les observations sur le fond. Cette étape détermine la suite de la procédure, voire son issue par non-lieu.
Peut-on faire appel d'une ordonnance de mise en accusation devant la cour d'assises ?
L’ordonnance de mise en accusation rendue par le juge d’instruction sur le fondement de l’article 181 du code de procédure pénale est susceptible d’appel devant la chambre de l’instruction. La défense peut contester l’existence des charges, la qualification criminelle retenue ou demander une requalification correctionnelle. Cet appel obéit aux délais et formes des articles 186 et suivants du même code.
L’enjeu est déterminant. Une fois l’ordonnance de mise en accusation devenue definitive, elle couvre les vices de la procédure, sous reserve des cas ou les parties n’auraient pu les connaître. Cette regle a été reaffirmee par la Cour de cassation, qui veille au respect strict des délais d’appel. La partie civile dispose elle aussi d’un droit d’appel spécifique de l’ordonnance de renvoi devant le tribunal correctionnel lorsqu’elle estime que les faits sont de nature criminelle (Cass. crim., 5 janv. 2022, n° 21-86.007, motifs : « la faculte, ouverte par l’article 186-3 du code de procédure pénale à la partie civile, si elle estime que les faits sont de nature criminelle, de relever appel de l’ordonnance de renvoi devant le tribunal correctionnel rendue par le juge d’instruction, s’etend au cas ou le renvoi, pour un delit connexe, est ordonne devant la juridiction criminelle », lien : https://www.courdecassation.fr/décision/61d84e7b9d5a5d8d13e07305).
Le cabinet évalué systématiquement, a la cloture de l’instruction, l’opportunite de l’appel et la chance d’une requalification, qui peut transformer un dossier criminel en dossier correctionnel et changer radicalement les enjeux.
Comment obtenir une modification du contrôle judiciaire en cours d'instruction ?
Le contrôle judiciaire prévu par les articles 138 et suivants du code de procédure pénale peut comporter des obligations lourdes : pointage, interdiction de paraitre, interdiction professionnelle, cautionnement, remise de passeport. La personne mise en examen peut à tout moment demander la mainlevee ou la modification de ces obligations. La requete est adressée au juge d’instruction, qui doit statuer par ordonnance motivee.
La determination de la juridiction competente peut soulever des difficultes en fin d’instruction. La Cour de cassation a précisé que la determination de la juridiction competente pour statuer sur une requete modificative du contrôle judiciaire posterieure à l’ordonnance de renvoi s’apprecie au jour du dépôt de cette requete (Cass. crim., 17 avr. 2019, n° 19-80.950, lien : https://www.courdecassation.fr/décision/5fca71a63a47785d9aa914d8). En cas d’incompetence, la chambre de l’instruction est competente lorsqu’aucune autre juridiction n’est saisie.
La demande se motive sur l’évolution de la situation : nouvelle activite professionnelle incompatible avec le pointage, soins necessaires hors de la zone d’interdiction, contraintes familiales, eloignement du risque initialement craint. Le cabinet construit la requete autour d’éléments concrets et documentes, qui permettent au juge d’apprecier qu’une mesure moins contraignante reste suffisante au regard des objectifs de l’article 144 du code de procédure pénale.
Convoqué par le juge d'instruction ? Mis en examen ?
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