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Article 131-21 – Code pénal

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Article 131-21 du Code pénal

Définition et application par la jurisprudence


Texte de loi

Article 131-21

La peine complémentaire de confiscation est encourue dans les cas prévus par la loi ou le règlement. Elle est également encourue de plein droit pour les crimes et pour les délits punis d’une peine d’emprisonnement d’une durée supérieure à un an, à l’exception des délits de presse. La confiscation porte sur tous les biens meubles ou immeubles, quelle qu’en soit la nature, divis ou indivis, ayant servi à commettre l’infraction ou qui étaient destinés à la commettre, et dont le condamné est propriétaire ou, sous réserve des droits du propriétaire de bonne foi, dont il a la libre disposition. Elle porte également sur tous les biens qui sont l’objet ou le produit direct ou indirect de l’infraction, à l’exception des biens susceptibles de restitution à la victime. Si le produit de l’infraction a été mêlé à des fonds d’origine licite pour l’acquisition d’un ou plusieurs biens, la confiscation peut ne porter sur ces biens qu’à concurrence de la valeur estimée de ce produit. La confiscation peut en outre porter sur tout bien meuble ou immeuble défini par la loi ou le règlement qui réprime l’infraction. S’il s’agit d’un crime ou d’un délit puni d’au moins cinq ans d’emprisonnement et ayant procuré un profit direct ou indirect, la confiscation porte également sur les biens meubles ou immeubles, quelle qu’en soit la nature, divis ou indivis, appartenant au condamné ou, sous réserve des droits du propriétaire de bonne foi, dont il a la libre disposition, lorsque ni le condamné, ni le propriétaire, mis en mesure de s’expliquer sur les biens dont la confiscation est envisagée, n’ont pu en justifier l’origine. Lorsque la loi qui réprime le crime ou le délit le prévoit, la confiscation peut aussi porter sur tout ou partie des biens appartenant au condamné ou, sous réserve des droits du propriétaire de bonne foi, dont il a la libre disposition, quelle qu’en soit la nature, meubles ou immeubles, divis ou indivis. La confiscation est obligatoire pour les objets qualifiés de dangereux ou nuisibles par la loi ou le règlement, ou dont la détention est illicite, que ces biens soient ou non la propriété du condamné. La peine complémentaire de confiscation s’applique dans les mêmes conditions à tous les droits incorporels, quelle qu’en soit la nature, divis ou indivis. La confiscation peut être ordonnée en valeur. La confiscation en valeur peut être exécutée sur tous biens, quelle qu’en soit la nature, appartenant au condamné ou, sous réserve des droits du propriétaire de bonne foi, dont il a la libre disposition. Pour le recouvrement de la somme représentative de la valeur de la chose confisquée, les dispositions relatives à la contrainte judiciaire sont applicables. La chose confisquée est, sauf disposition particulière prévoyant sa destruction ou son attribution, dévolue à l’Etat, mais elle demeure grevée, à concurrence de sa valeur, des droits réels licitement constitués au profit de tiers. Lorsque la chose confisquée est un véhicule qui n’a pas été saisi ou mis en fourrière au cours de la procédure, le condamné doit, sur l’injonction qui lui en est faite par le ministère public, remettre ce véhicule au service ou à l’organisme chargé de sa destruction ou de son aliénation.

Source : Légifrance (DILA) – Licence Ouverte 2.0

Consulter sur Légifrance

Application par la jurisprudence

Nota bene — art. 131-21 CP en pratique: la jurisprudence distingue les confiscations « spéciales » (instrument, objet, produit) et « patrimoniales » (étendue/générale), exige une base légale, et impose au juge d’identifier précisément les biens, leur nature et leur origine, avec un contrôle de proportionnalité sauf si le bien confisqué est intégralement le produit de l’infraction.

La confiscation peut être ordonnée « en valeur » et exécutée sur tout bien appartenant au condamné ou dont il a la libre disposition, sous réserve d’un examen de proportionnalité.

Les droits des tiers de bonne foi sont protégés: la restitution s’impose si leur mauvaise foi n’est pas caractérisée par un lien avec l’infraction.

Hors cas de confiscation obligatoire (objets dangereux/illicites), le juge doit motiver la peine au regard des circonstances, de la personnalité et de la situation du condamné.


Jurisprudence citant cet article

Nos analyses de décisions de la Chambre criminelle qui appliquent cet article :

Chambre criminelle de la Cour de cassation, le 4 février 2026, n°23-86.648

Analyse disponible sur notre site

4 février 2026 – Cour de cassation

Chambre criminelle de la Cour de cassation, le 25 juin 2025, n°24-80.445

Analyse disponible sur notre site

25 juin 2025 – Cour de cassation

Chambre criminelle de la Cour de cassation, le 25 juin 2025, n°24-84.828

Analyse disponible sur notre site

25 juin 2025 – Cour de cassation

Chambre criminelle de la Cour de cassation, le 18 juin 2025, n°24-85.088

Analyse disponible sur notre site

18 juin 2025 – Cour de cassation

Chambre criminelle de la Cour de cassation, le 15 octobre 2025, n°25-81.358

Analyse disponible sur notre site

15 octobre 2025 – Cour de cassation


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